Musée Ariana
musée suisse de la céramique et du verre dans la ville de Genève, Suisse
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Le Musée Ariana est un musée suisse de la céramique et du verre, situé à Genève, dans le parc homonyme. Le palais des Nations, siège de l'Office des Nations unies à Genève se dresse à deux pas, sur l'emprise du parc originel du musée.
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Musée d'art, institution patrimoniale (en), collection (en) |
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Bien culturel suisse d'importance nationale (d) (bâtiment) |
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Historique

Gustave Revilliod, collectionneur et mécène, fait construire entre 1877 et 1884[1], par les architectes Émile Grobéty et Jacques-Élysée Goss (de), un musée privé destiné à recevoir ses collections personnelles (céramiques, peintures, sculptures, monnaies, etc.). La première salle du musée, dénommée Salle des Étrusques, est ouverte officiellement au public en 1883. L'ouverture générale du musée au public a lieu quant à elle le 8 mars 1884, en hommage à la date de naissance de sa mère, Ariane de La Rive (1791-1876). Cette ouverture avait été annoncée dans La Tribune de Genève (deuxième édition du 1 décembre 1883)[2]. Par testament de 1890, Gustave Revilliod lègue notamment le musée, ainsi que le domaine sur lequel il est construit, à la Ville de Genève et ses habitants[3]. À son décès, le legs (estimé alors à plus de 5 millions de francs de l'époque) est accepté avec une vive reconnaissance par les autorités de la Ville de Genève[4].
L'intendant, conseiller et ami de Gustave Revilliod, Godefroy Sidler, est le premier conservateur du musée, de 1891 à sa mort en 1910 ; c'est à lui que l'on doit en particulier l'inventaire des collections du fonds[5].
La muséographie initiale du musée avait pour mot d’ordre l’exhaustivité et l’horror vacui[6]. Les salles étaient organisées par pays et par centres de production.
À l’entrée, dans le vestibule, les visiteurs étaient accueillis par trois vases-balustres et deux cornets de porcelaine japonaises de type Imari produits à Arita au XVIIIe siècle ainsi que des lanternes monumentales de deux mètres de la manufacture de Yamamoto Shuzo[6].
La salle européenne présentait la vaisselle de Meissen, des figures ornementales et productions viennoises, des pièces de manufacture hongroise, porcelaines à bas-relief italiennes, ainsi que des objets provenant des manufactures suisses de Zurich et de Nyon[7]. De même, les peintures sur porcelaine de l’atelier genevois de Jean-Pierre Mulhouse, les productions des Pays-Bas, de Belgique, d’Espagne et du Danemark occupaient une place importante. En ce qui concerne la porcelaine française et anglaise, le corpus se composait principalement des manufactures de Dagoty et de Sèvres, et des grès de Wedgwood représentés par les jasperware et les figures en black basalt[8].
Au sein de la salle des étrusques et des faïences, on y retrouvait une jardinière monumentale de Théodore Deck créée pour l’exposition universelle de Vienne en 1873. Mais aussi, des faïences fines suisses et néerlandaises, poteries, et pâtes siliceuses persanes. Le parcours se poursuivait sur des manufactures anglaises, françaises et allemandes. Enfin, la salle présentait des productions Perses, d’Arabie et d’Inde probablement acheminée au musée à la suite du tour du monde entreprit par Gustave Revilliod[9].
La salle du Japon était ornée, entre autres, d’une potiche monumentale japonaise de la manufacture de Fukagawa à Arita qui avait reçu le prix d’honneur à l’exposition universelle de Paris en 1878, d’une collection d’Imari, de porcelaines acheminées par la Compagnies des Indes orientales et d’autres pièces d’exportation chinoise d’époque Qing et Qianlong ainsi que trois éléments en faïence provenant du palais d’été[10].
Finalement, le parcours muséographique du musée se poursuivait avec la salle orientale, la galerie chinoise et japonaise ainsi que par la galerie des étains[11].
En 1929, afin d'ancrer la Société des Nations (SdN) à Genève, mais malgré les termes du testament de Gustave Revilliod, la ville de Genève accorde à la SdN un droit de superficie sur les 88 % du parc de l'Ariana (environ 250 000 m2) pour y construire le palais des Nations, ne conservant que le musée Ariana et la petite partie du parc autour de celui-ci (28 000 m2)[12]. À la suite de cela, comme la vue sur le Léman et le mont Blanc est dès lors obstruée par les bâtiments de la SdN, l'entrée du musée qui se trouvait initialement face au lac est transférée à l'arrière, du côté de la route de Pregny[13].
Rattaché au Musée d'art et d'histoire de Genève en 1934, le musée Ariana est par la suite spécialisé dans le domaine de la céramique (grès, faïence et porcelaine) devenant un musée encyclopédique. Le Musée Ariana se voit également confier, entre 1943 et 1944, une partie des collections du Musée d'ethnographie de Genève. La spécialisation dans le domaine de la céramique a permis en 1952 l'installation au musée, en tant que siège, de l'Académie Internationale de la Céramique, fondée par Henry J. Reynaud. Cette présence entraîne une modification de la politique d'acquisitions avec un intérêt plus marqué pour la céramique d'art moderne[14].
En 1993, le musée est rouvert au public après douze ans de travaux de rénovation et la construction d'un abri des biens culturels. En 1986, les collections de verre du Musée d'art et d'histoire avaient été transférées à l'Ariana, pour en faire un musée des arts du feu, et en 2000, la collection de vitraux du Musée d'art et d'histoire y sont transférées à leur tour[15]. Dès lors, l'Ariana est le musée suisse de la céramique et du verre.
À partir de mai 2010, le Musée Ariana redevient indépendant du Musée d'art et d'histoire et rejoint en tant que cinquième institution muséale la communauté des musées municipaux genevois. Depuis 2018, il est l'une des rares institutions suisses au bénéfice d'une aide financière de l'Office fédéral de la culture[16].
Architecture
Le plan du bâtiment, d'architecture fastueuse, se compose de deux ailes symétriques, séparées d’un grand hall entouré d’une colonnade sur deux étages et couronné d’une coupole de forme elliptique. Les ailes s'élèvent sur deux niveaux, un de baie et un second de niches ornées de bustes d'hommes illustres tels que Raphaël, Michel-Ange, Sophocle, Platon, Homère, Dante, Cervantès, Shakespeare, Gutenberg ou Jean-Jacques Rousseau, qui évoquent la dimension culturelle et universelle du musée. L'ensemble architectural du musée est une inspiration du style Renaissance et baroque des palais italiens du XVIIIe siècle tels que le palais royal de Caserte par Luigi Vanvitelli ou le pavillon de chasse de Stupinigi par Filippo Juvarra[17].
Sa voûte étoilée, de même que les deux sphinx qui veillent sur l’entrée principale côté lac, sont l’œuvre d’Émile-Dominique Fasanino (1851-1910) et constituent une particularité parmi les musées genevois. Il ne s'agit pas du seul décor remarquable du musée, à l'image des plafonds peints par Frédéric Dufaux ou encore les statues et bustes réalisés par Luigi Guglielmi et Émile Leysalle (1847-1912).
Expositions
Le premier dimanche du mois, les expositions temporaires du musée Ariana sont ouvertes au public[18].
Bibliographie
- Roland Blaettler, Musée Ariana : Genève, Genève/Zurich, Banque Paribas/Institut suisse pour l'étude de l'art, , 128 p. (ISBN 3-908184-46-0)
- Anne-Claire Schumacher, Terres d'Islam : les collections de céramique moyen-orientale du musée Ariana à Genève, Ariana, 5 continents éditions/musée Ariana, , 343 p. (ISBN 978-88-7439-534-7)
- Musée Ariana : musée suisse de la céramique et du verre, Genève, Ville de Genève, , 82 p. (ISBN 2-8306-0099-1)Plaquette publiée à l'occasion de la réouverture du musée Ariana le 16 septembre 1993 par le département municipal des affaires culturelles et le département municipal de l'aménagement des constructions et de la voirie