Musée Goya

musée d'art hispanique de Castres, France From Wikipedia, the free encyclopedia

Le musée Goya est un musée d'art hispanique situé à Castres dans le département français du Tarn.

Ouverture
1947
Dirigeant
Joëlle Arches
Surface
1 500 m2
Faits en bref Type, Ouverture ...
Musée Goya
Musée Goya, situé au palais de l'évêché à Castres.
Informations générales
Type
Ouverture
1947
Dirigeant
Joëlle Arches
Surface
1 500 m2
Visiteurs par an
42 055 (2024)
Site web
Collections
Collections
Nombre d'objets
500
Label
Bâtiment
Protection
Localisation
Pays
France
Commune
Adresse
1 rue de l'Hôtel de Ville 81100 Castres
Coordonnées
Fermer

Le musée est consacré aux peintres espagnols en général et à Francisco Goya en particulier[1]. Il est situé dans l'ancien palais épiscopal, construit en 1675 sur les plans de Jules Hardouin-Mansart, architecte de Versailles. Le palais est aussi réputé pour ses jardins, dessinés par André Le Nôtre, jardinier du roi Louis XIV.

Historique

Fondation d'un musée d'histoire naturelle à Castres en 1840

Le musée[2] a été créé en 1840 à la suite de l'acquisition par la Ville de Castres de neuf tableaux, installés au rez-de-chaussée dans l'actuelle salle du conseil municipal, de peintres français et aussi d'une collection de minéralogie, de paléontologie (fossiles de mollusques marins des côtés de la région) et de zoologie (collection d'oiseaux naturalisés et d'insectes) occupant une salle du premier étage de l'aile est. Le premier conservateur castrais du cabinet d'histoire naturelle est Jean-Baptiste Brianne (1798-1882), taxidermiste et passionné de science naturelle. Il exerce le rôle de conservateur du cabinet d'histoire naturelle de Castres de 1844 à sa mort en 1882. Avec Adalbert Chamayou conservateur de 1892 à 1914, ainsi que quelques généreux amateurs dont Léonce Roux du Carla, jeune botaniste et géologue originaire de Burlats, ils vont enrichir la collection d'histoire naturelle.

Dans les années 1870, le désormais Musée de Castres regroupe des objets d'art, des peintures, des sculptures et le cabinet d'histoire naturelle. Le musée s'agrandit et occupe plusieurs salles à l'étage. Le faible nombre de dons ajouté au désintérêt de cette collection et les legs des œuvres de Goya par la famille Briguiboul à la ville de Castres entraîne le transfert en 1943 au collège Jean-Jaurès. En 1949, le chef d'établissement veut se débarrasser de cette collection encombrante, très peu visité ou occasionnellement par des professeurs de biologie avec des élèves, et ainsi libérer de l'espace pour des salles de classe.

Enfin, les collections sont malheureusement détruites et jetées dans une décharge en 1956...

Dons du collectionneur et artiste Marcel Briguiboul à la fin du XIXe siècle

Une grande part des œuvres exposées faisaient à l'origine partie de la collection privée du peintre, dessinateur et collectionneur Marcel Briguiboul (1837-1892). Par décisions successives du peintre puis de son fils unique (1893) et de sa veuve (1927), la Ville de Castres hérite de tout l'œuvre et, de tous les biens et fortune[3], notamment et dès 1893, de trois peintures et des gravures de Francisco Goya qui deviennent, avec nombre d'œuvres prestigieuses, le point initial de la collection d'art hispanique du musée de Castres. Ses collections deviennent alors de première importance.

Naissance du musée Goya en 1947 sous l'égide de Gaston Poulain

Après la Seconde Guerre mondiale, Gaston Poulain (1903-1973)[4], écrivain et aussi conservateur au musée Goya de 1947 à 1969, rebaptise le musée de Castres en "Musée Goya", marquant un tournant majeur dans l'orientation artistique et culturelle désormais hispanique du Musée. M. Poulain obtient de nombreux dépôts du Musée du Louvre et se rapproche également de la Casa de Velázquez.

Le Musée Goya dans les années 1980-1990

Salle des états diocésains au Musée Goya

Au début des années 1990, le Musée Goya se compose de 11 salles situées au premier étage du palais. L'accueil est situé dans la Salle des États où l'accès se faisait depuis le grand escalier d'honneur se trouyvant dans le péristyle du palais épiscopal. Le musée se compose de salles consacrées aux arts primitifs, avec également une salle Briguiboul, une salle Philippe IV, une salle Valdes Leal, une salle Cano, une salle des Tapisseries, des salles des Contemporains, d'une salle des armes et deux salles pour les expositions temporaires avec un atelier, une bibliothèque et de quelques bureaux.

Visite du musée Goya par des personnalités

Depuis les années 1950, de nombreuses personnalités du monde politique visitèrent le musée Goya comme des présidents de la République (Vincent Auriol, Charles De Gaulle[5], Georges Pompidou), des ministres et des députés (François Mitterrand, Guy Mollet, Jacques Toubon, Robert Schuman, Jules Moch,), des souverains étrangers (le roi de Suède Gustave IV et le prince royal hongrois Otto de Habsbourg), le diplomate britannique Sir John Balfour, le Consul d'Espagne, des artistes étrangers (le chanteur espagnol Luis Mariano, le musicien espagnol Pablo Casals, le clown italien Béby) et français (Marcel Pagnol, Micheline Presle, Catherine Deneuve, Raymond Bussières, Albert Préjean, Jean Tissier, Jean-François Zygel, Léonor de Récondo, etc.).

Développement des collections et œuvres hispaniques (1950-2020)

À partir de 1950, les conservateurs successifs poursuivirent cette spécialisation. Le musée Goya et la Ville de Castres, avec l'aide financière de l'État, de la FRAM (Fonds Régional des Acquisitions des Musées), du Ministère de la Culture, de mécènes à travers les Laboratoires Pierre Fabre, de l'association des amis des Musées, continuent d'acquérir des peintures, des gravures, des lithographies, des dessins et objets divers d'artistes espagnols et du monde latino-américaine. Le Musée Goya expose des œuvres d'art hispanique déposé par d'autres musées comme le musée des Augustins et Les Abattoirs de Toulouse, le musée des Beaux-Arts de Lyon et de Musée des Beaux-Arts de Rennes, le musée national de la Renaissance d'Écouen, plusieurs musées nationaux de Paris tels que le musée Picasso, le musée d'Orsay, le Centre Georges Pompidou, le Musée de Cluny, et.

De nombreuses expositions temporaires ponctuent la vie culturelle du Musée Goya. Elles sont consacrées à des artistes français comme François Malbreil, Jean-Baptiste Sécheret, Christian d'Espic, Jacques Muron, Lucie Bouniol, Colette Beleys, René Izaure, Damien Deroubaix, des artistes étrangers comme l'artiste russe Georges Artemoff, l'artiste allemande Elke Daemmrich, l'artiste péruvien Walter Barrientos et également des artistes espagnols tels que José Subirà-Puig, Carlos Pradal, Pablo Gargallo, Salvador Dali, Mariano Fortuny, Pablo Picasso, Joan Miró, Pilar Albarracín pour la plupart influencés par l'art hispanique, les œuvres de Francisco Goya, le Siècle d'or espagnol et aussi les paysages, le folklore, les coutumes ainsi que les traditions de la péninsule ibérique.

Inauguration du nouveau musée Goya en 2023

À partir de 2020, le palais est engagé dans un vaste projet de rénovation et de modernisation et est fermé au public. Le nouveau musée d'Art hispanique Goya est inauguré le avec plus de 5 000 visiteurs français et étrangers, dont beaucoup d'Espagnols[6] et plus de 20 000 visiteurs[7], un record deux mois seulement après la réouverture.

Entrée du musée Goya et la tour médiévale Saint-Benoît.

Un an et demi après la réouverture du nouveau musée Goya, entre avril 2023 et juillet 2024, il y a eu plus de 77 795 visiteurs[8]. Depuis la réouverture, près de 58 visiteurs de nationalités différentes visitèrent le Musée dont en majorité des Français (73 258 entrées), puis des Espagnols (1 161 entrées), des Belges (461 entrées) et également dans une moindre mesure des Néerlandais, des Anglais, des Américains ou encore des Asiatiques (Chine, Corée, Japon)[9]. La fréquentation du nouveau Musée Goya reste élevée puisqu'en 2023 il y a eu 54 000 visiteurs puis 42 000 visiteurs[10] en 2024.

Le musée Goya possède 23 salles sur une surface de 1 500 m2, une collection totale de 5 000 œuvres dont une partie en réserve. Le musée s'est doté d'écrans tactiles et de vidéo-projections afin de rendre plus interactive les visites. Un ascenseur et deux élévateurs permettent l'accès aux collections pour des personnes en situation de handicap. Le musée possède aussi un nouveau logo et des pages sur Facebook et Instagram, une bibliothèque sur l'art hispanique, un guichet, une boutique et un accès pour les personnes à mobilité réduite. Le musée Goya possède le label Tourisme et Handicap.

Collaboration avec des musées nationaux, régionaux et autres partenariats

Partenariat avec le musée du Louvre depuis les années 1980

Le musée Goya de Castres avec le musée du Louvre de Paris rassemblent les plus grandes collections d'art hispaniques en France. De nombreux dépôts du Louvre (environ une quarantaine de tableaux) se trouvent au Musée Goya depuis les années 1950 et 1960. Dans les années 1980, Jeannine Baticle, conservatrice au musée du Louvre, assure la direction du musée Goya.

Un premier partenariat est ensemble conclu entre la Ville de Castres et le musée du Louvre en 2007 afin d'effectuer des prêts et dépôts de peintures pour des expositions temporaires, des acquisitions, des restaurations, d'échanger des recherches et publications afin d'améliorer les connaissances sur les arts hispaniques. Pour l'exposition Goya dans l'œil de Picasso en 2023, le musée du Louvre prête une rare nature morte de Francisco Goya intitulée Nature morte avec des côtes et une tête d'agneau[11] (1808).

Puis, deux ans plus tard, Le Louvre restaurant sa grande galerie consacrée à la peinture espagnole profite pour de nouveau prêter au Musée Goya en 2025, quelques œuvres de peintres espagnols. En effet, on retrouve dans cette exposition intitulée "Les chefs-d'œuvre du Louvre"[12] notamment le portrait de "Saint-Louis, roi de France, et un page" (1585-1590) d'El Greco et aussi quelques natures mortes de Luis Meléndez "Nature morte aux figues" (1760), de Juan de Espinosa "Nature morte aux raisins, fleurs et coquillages" (avant 1645) et enfin du peintre portugais Balthazar Gomes Figueira "Nature morte au poisson avec crabe, crevettes, oignons et oranges" (1645).

Partenariat avec les musées régionaux d'Occitanie

Depuis 2024, le musée Goya signe un partenariat avec un réseau de musées régionaux[13] comme le musée Toulouse-Lautrec d'Albi, le musée Ingres de Montauban, le musée Soulages de Rodez et le Musée Dom Robert de Sorèze. Les visiteurs de ces musées bénéficient de tarifs préférentiels.

Partenariat avec le Groupe Pierre Fabre

Les Laboratoires pharmaceutiques Pierre-Fabre de Castres contribuèrent depuis les années 1980 à enrichir les collections permanentes du musée Goya notamment en permettant l'achat d'œuvres de peintres espagnols comme Francisco Pacheco ("Christ servit par les anges dans le désert", "Le jugement dernier" et "Régine d'Alésia") de Sebastián Muñoz ("Le martyre de Saint Sébastien"). En 2024, le Groupe Pierre Fabre offre généreusement un tableau du peintre catalan Santiago Rusinol[14] intitulé "Le jardin de San Just D'Esvern"[15] rejoignant une autre œuvre de l'artiste "La cour des orangers".

Tableau de Santiago Rusinol offert par le Groupe Pierre Fabre en 2024 au Musée Goya.

Partenariat avec les Amis des Musées de Castres

Cette association, fondée en 1942, vise à promouvoir et faire rayonner les musées de Castres (le musée Goya, le Centre National et Musée Jean Jaurès et le CERAC), à acquérir des œuvres d'art afin d'en faire don par la suite et attirer des publics. En 2025, les Amis des Musées de Castres de la présidente Mme Maribel Auger font un don[16] de cinq œuvres du XXe siècle de Pablo Picasso (un plat en céramique et trois lithographies sur la corrida) et Juan Miró (une lithographie et un ouvrage dédicacé).

Plat en faïence de Pablo Picasso sur le thème de la corrida. Don des Amis des Musées de Castres en 2025.


Collections

Les collections du musée Goya sont éclectiques[17] et riche[18] allant de l'art religieux espagnol à l'art moderne et contemporain, en passant par les arts décoratifs ou l'art ibère. Le musée possède également une collection d'armes, une collection numismatique, ainsi qu'une collection de céramiques de la Faïencerie de Castres.

C'est cependant sa collection d'art hispanique, particulièrement exceptionnelle avec 200 peintures[19],[20], contre 173 au Louvre[21],[22], ainsi que près de 140 sculptures, des gravures, dont les quatre séries de Goya (Les Caprices, La Tauromachie, Les Désastres de la guerre et les Proverbes ou Disparates) et des dessins, qui fait du musée Goya la première institution française à pouvoir proposer au public une vision complète de l'art espagnol des grands maîtres des XIVe et XVIe siècles jusqu'à nos jours.

Les artistes représentés sont, entre autres, Juan Rexach, Diego Vélasquez, Bartolomé Esteban Murillo, José de Ribera, Juan de Valdés Leal, Alonso Cano, Léon Soulié, Francisco Pacheco, Francisco de Zurbarán, Pablo Picasso, et surtout Francisco Goya, dont le musée possède trois toiles capitales : l’Autoportrait aux lunettes (vers 1800), le Portrait de Francisco del Mazo (vers 1815-1820) et La Junte des Philippines (vers 1815).

Parcours muséographique

Le musée Goya est organisé autour de 20 salles présentant de façon chronologique, du Moyen Âge à l'époque contemporaine, des œuvres d'artistes espagnols et du monde latino-américain lors du Siècle d'or. Les expositions temporaires, situées au rez-de-chaussée après la réception dans le musée Goya en 2023.

Expositions temporaires

Anciennes expositions temporaires (de 1947 à 2019) situées au premier étage du palais de l'Évêché

  • Pablo Gargallo. "Le vide est plénitude" (de juin à octobre 2018)
  • Maldague. "Les aventures du crâne de Goya, désastre et desengaño" (de mars à juin 2018)[23]
  • "Soleils en Catalogne. Barbarà, Dalí, Miró, Picasso, Tàpies" (de juin à octobre 2017)
  • Morgan Bancon. "Voyages en Espagne" (de mars à juin 2017)
  • "Gilles Sacksick ou l’Ombre Claire" (de mars à juin 2016)

Salles 21, 22 et 23, expositions temporaires au rez-de-chaussée

Certaines expositions temporaires parfois occupent également, outre les trois salles du rez-de-chaussée du palais, les salles du premier étage afin de créer un dialogue et une mise en abîme entre les diverses œuvres des collections permanentes des peintres espagnols et les œuvres des artistes invités.

2023, l'année du renouveau avec Miró et Picasso

À l'occasion de sa nouvelle inauguration, le musée Goya a exposé la série complète de 21 gravures de Joan Miró en hommage à Antoni Gaudí suivi d'une autre exposition de Francisco Goya dans l'œil de Pablo Picasso abordant la tauromachie, le combat entre l'homme et l'animal, l'arène et la mort. L'année 2023 se poursuit avec une exposition de trois artistes de la Casa de Velázquez, section artistique de l'ambassade de France à Madrid, Najah Albukai, Arnaud Rochard et Eve Malherbe. Deux ans plus tard, deux autres artistes de la Casa de Velázquez, Francis Harburger (1905-1998), artiste de la promotion 1928, et Bilal Hamdad[24] (1987), peintre lors de la promotion 2024 sont mis à l'honneur dans le cadre de la Biennale Écho (s). Chacun développe une vision de l'Espagne différente.

2024, hommages à Pierre-Fabre et Mariano Fortuny

L'exposition temporaire "Visions plurielles"[25] rend hommage à Pierre Fabre (1926-2013), homme d'affaires, mécène et pharmacien castrais fondateur d'une multinationale pharmaceutique. Les salles exposent des œuvres habituellement conservées au domaine du Carla où sont invités les partenaires du groupe Pierre-Fabre. Le public peut observer en particulier des portraits et des natures mortes de peintres espagnols, hollandais, français ou anonymess.

Damien Deroubaix est un artiste français d'art contemporain originaire du Nord de la France s'inspirant des œuvres de Francisco de Goya, de la mythologie, de la sorcellerie. L'exposition "La vida es sueño"[26] se compose de toiles, de peintures, de gravures, de collage, de statuettes de cire, d'assiettes avec un vaisselier, de broches, de panneaux en bois taillés, etc. À la fin de l'année 2024, la Catalogne célèbre le peintre Mariano Fortuny disparu il y a 150 ans en 1874. Le Musée Goya, en partenariat avec le musée d'Orsay[27], le Musée National d'art de Catalogne et sa ville natale de Reus situé en Catalogne, expose des œuvres relatives à son voyage au Maroc notamment à travers des paysages nord-africains, l'architecture arabe, des bédouins au XIXe siècle, des autochtones...

Exposition temporaire "Visions d'Orient". Mariano Fortuny. Croquis Bataille de Tétouan (2024).

2025, l'art contemporain hispanique à l'honneur

Une nouvelle exposition temporaire intitulée "N'éteins pas la flamme"[28], est consacrée à Pilar Albarracín, artiste espagnole originaire de Séville en Andalousie, photographe, vidéaste et plasticienne. Elle s'empare du folklore, des traditions et de l'identité espagnole afin de les détourner pour dénoncer le franquisme, le patriarcat, l'Inquisition, se réaproprie des symboles du virilisme à travers la tauromachie. Ces œuvres dialoguent avec les œuvres de Francisco Goya[29] et d'autres œuvres de peintres espagnols dans les salles des collections permanentes.

Exposition temporaire "N'éteins pas la flamme". Pilar Albarracín (2025).

Atelier pédagogique

Cet atelier est situé après l'accueil et les salles d'exposition temporaire. Dans cet atelier, les enfants des écoles primaires, collèges et lycées ou également des particuliers réalisent des activités ludiques comme des dessins, des peintures, des collages, des découpages, modeler de la terre glaise en lien avec les œuvres hispaniques du Musée Goya. Ils exposent[30] parfois aussi leurs œuvres réalisées dans un cadre pédagogique et scolaire. L'atelier est aussi équipé d'une grande presse afin de réaliser des gravures.

Bibliothèque Jeannine-Baticle

Entrée au 1er étage de la bibliothèque Jeannine-Baticle.

Cette bibliothèque est située à l'étage avant d'entrer dans les salles sur la période de l'art espagnol au Moyen Âge. Elle porte le nom de l'historienne française de l'art Jeannine Baticle (1935-2015), spécialiste de l'art espagnol, d'abord directrice adjointe et conservatrice en chef du département des peintures du Musée du Louvre puis directrice du Musée Goya de 1980 à 1986. En 2005, Jeannine Baticle a fait don de milliers d'ouvrages au Musée Goya. Cette bibliothèque et centre de documentation regroupent plus de 6 000 ouvrages, périodiques, dossiers et archives en rapport avec l'histoire de l'art espagnol et français ou les peintres du Siècle d'or espagnol. Ce centre de ressources est accessible sur rendez-vous et aussi un lieu de recherche pour les étudiants, les stagiaires et les chercheurs.

Salles médiévales et du XIVe au XVIe siècle

Salle 1, l'art espagnol au Moyen Âge

En 711, la péninsule ibérique est occupée par les Maures. En 722 démarre la Reconquista par l'Église catholique qui commande de nombreuses œuvres en bois peints ou des retables.

Salle 1. Mobiliers liturgiques espagnols à la fin du Moyen Âge. Musée Goya.
  • Juan Mates : Saint Jean à Patmos et La Déploration du Christ, XVIe siècle.
  • Juan de la Abadía (en) : Saint Évêque, Saint Vincent de Saragosse.
  • Juan Rexach : La Crucifixion et la Transfiguration.
  • Maître d'Alcira : La Prédelle.
  • Maître de Riofrio : Retable de Saint Martin, dépôt du musée de Cluny.
  • Maître de Viella : L'Adoration des Mages, 2e moitié du XVe siècle.
  • Juan de Juanes : La Déploration du Christ, XVIe siècle.

Par ailleurs, la collection conserve aussi des peintures de Lluís Borrassà, Alejo Fernández, Francisco de Osona et Vicente Macip.

Salle 2, l'art espagnol à la Renaissance

La découverte de l'Amérique par Christophe Colomb en 1492 marque la fin du Moyen Âge. L'empire espagnol de Charles Quint domine le monde en 1516 et prospère sur le plan économique. La Renaissance italienne et son goût pour l'art gréco-romain influence les artistes espagnols.

Salles du Siècle d'or espagnol (XVIIe siècle)

Salle 3, le Siècle d'or ou " el Siglo de oro "

Sous le règne de Philippe II, Philippe IV et Charles II, l'Espagne connaît une fort développement artistique, culturel et musical. Au XVIIe siècle, Séville est l'une des plus grandes villes européennes avec un port ouvert sur les Amériques. La cité sévillane attire de nombreux artistes dont le peintre Pacheco qui formera le jeune Vélazquez.

Siècle d'or espagnol, du XVIe au XVIIe siècle. Salle 3.

Par ailleurs, la collection conserve aussi des peintures de Pedro Orrente, Francisco Ribalta, Sebastián Muñoz, Pedro Núñez de Villavicencio et Gregori Bausà.

Salle 4, une nouvelle iconographie

L'Église catholique met en place la Contre-Réforme face à l'essor du protestantisme depuis Luther en 1517. Afin d'affermir et instruire les croyants catholiques, l'Église commande des œuvres illustrant le Christ relatant les différents événements de sa vie.

Le Christ servi par les anges, (1663) par Juan de Valdés Leal[35] et sculptures de saints en bois anonymes.

Salle des États diocésains

Salle 5, lieu historique et prestigieux aux différentes fonctions

La salle des États diocésains est utilisée comme accueil des publics dans l'ancien musée Goya jusqu'à la fermeture pour travaux en 2019. Cette vaste salle, jouxtant le grand escalier d'honneur, sert pour organiser notamment des conférences, des séminaires ou encore des événements particuliers tels que des concerts avec à l'occasion l'installation d'un piano, des spectacles de danse, du yoga, des cérémonies officielles. Une frise des armoiries des 35 évêques de Castres, du Moyen Âge à l'époque contemporaine, de 1317 à 1801, se trouve sur la partie supérieure murale avec aussi une évocation du passage du roi de France Henri IV à Castres en 1585 au XVIe siècle. Il y a un plafond à la française avec les poutres apparentes.

Le mobilier (table, miroir, horloge et lustre) et la cheminée ont été installés ultérieurement au XIXe siècle. Les murs en trompe-l'œil évoquent le marbre et les colonnades comme au château de Versailles.

Le buste du maréchal de l'armée anglaise John Ligonier, protestant natif de Castres, est exposé sur une table de marbre du Minervois ou la cheminée.

Il y a aussi le casque d'apparat en ivoire de George II d'Angleterre (1683-1760), pièce léguée par Pierre Briguiboul. Ce casque royal richement orné fut offert au maréchal castrais John Ligonier. On observe sur la plaque frontale la couronne britannique avec inscrit en français : « Honi soit qui mal y pense ».

Salles du XVIIe et XVIIIe siècles

Salle 6, la figure féminine au Siècle d'or

Les peintres espagnols au XVIIe siècle représentent des femmes telles des figures allégoriques, des déesses, des saintes ou encore des héroïnes.

Salle 7, objets religieux et quotidiens

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, l'Espagne se caractérise par un fort dynamisme dans la production artisanale raffinée et maîtrisée, longtemps influencée par la présence musulmane. Ces objets du quotidien et de la religiosité de composent de faïencerie, objets de culte, de cuirs de Cordoue exportés dans l'Europe entière. Des collections de monnaies anciennes ibériques sont exposées dans des vitrines (reales, escudos, dinars) et aussi des céramiques lustrées hispaniques. Le cabinet possède un plafond évoquant des personnages locaux qui se distinguèrent dans l'agriculture.

Salle 8, l'influence de l'Italie

De nombreux artistes italiens travaillent pour la cour, les grands chantiers et les constructions royales, pour le monastère de l'Escurial et le palais du Buen Retiro à Madrid. Ces artistes transalpins encouragent les échanges culturels.

Salle 9, les saints martyrs du XVIIe siècle

Dans l'Espagne du Siècle d'or, les artistes espagnols exécutent des représentations de la foi empreintes de violence et de mysticisme notamment dans la peinture et la sculpture.

Salle 10, l'art de la nature morte

Dès les premières décennies du XVIIe siècle, l'art espagnol élabore un genre de nature morte appelé le bodegón, emblématique de l'école espagnole.

Salon Goya

Salle 11, Francisco de Goya y Lucientes (1746-1828), un artiste de génie

Tout d'abord, une frise chronologique récapitule la vie de Goya, les principaux événements de son existence, les réalisations de ses œuvres majeures, ses différentes fonctions et voyages en Italie ou en France.

Salle 12, les œuvres de Goya à Castres

Des peintures et gravures de l'artiste Francisco Goya sont exposées. Une salle regroupe les trois œuvres majeures du peintre offert par Marcel Briguiboul à la fin du XIXe siècle. Un écran tactile décrit ces œuvres, retrace la biographie de l'auteur, les collections de Goya dans les différents musées de France, l'héritage de la famille Briguiboul, des casques permettent également d'écouter des effets sonores face aux œuvres de Goya.

Le cabinet d'arts graphiques est constitué des fonds du musée présentés au public par roulement tous les 3 ou 4 mois. Un écran diffuse un film pédagogique sur la réalisation d'une gravure et un autre écran tactile permet de consulter les autres collections de gravures et lithographies du musée Goya non exposées aux publics. On y trouve les quatre séries de gravures de Goya :

À l'époque de Goya

Salle 13, au temps de Goya

De nombreux artistes espagnols se forment à Paris auprès de David, maître du néoclassicisme. De retour en Espagne, ils imposent la grandeur morale, la mesure et la sérénité dans leur art. La famille Madrazo règne sur la société de son temps. Au début du XIXe siècle, la période romantique commence où l'on voit apparaitre en Espagne un nouveau courant artistique inspiré des coutumes locales appelé le costumbrisme. Eugenio Lucas Velázquez en est l'un de ses plus illustre représentant.

Les donateurs du musée Goya

Salle 14, salon des donateurs

Cette salle rend hommage aux différents donateurs du musée Goya. En 1998, un ancien résistant René Gayral du Corps-franc de la Montagne Noire et collectionneur d'armes fait don au musée de 400 pièces d'armement : épées, sabres de cavalerie, casques, tromblons, revolvers (américain, britannique, français) et dagues. Une partie de la vitrine est consacrée aux armes allemandes saisies aux Nazis lors de la Seconde Guerre mondiale. Un écran tactile permet d'observer les autres collections dans les réserves et l'histoire des donateurs. On y voit aussi des tableaux et une sculpture du peintre, collectionneur et donateur Marcel Briguiboul.

  • Marcel Briguiboul : Autoportrait au haut de forme et à la pipe, Narcisse, Portrait de Valentine Briguiboul et de nombreux autres dessins, esquisses, etc.

Époque moderne

Salle 15, redécouverte de l'Espagne par les artistes français aux XVIIIe et XIXe siècles

Au XIXe siècle, l'Europe connaît la révolution industrielle. L'Espagne attire les artistes français pour son aspect pittoresque. Ils voyagent pour découvrir un monde folklorique, chevaleresque et religieux. Ces artistes français ont été inspirés par l'art hispanique du Siècle d'or. On y trouve des œuvres d'Eugène Giraud, Léon Bonnat et Henri Fantin-Latour.

Salle 16 du XIXe siècle

Salle 17 du XXe siècle

Par ailleurs, la collection conserve aussi des peintures de Valentín Zubiaurre, Antonio Muñoz Degrain, Antonio de La Gandara, Mariano Fortuny y Madrazo, Manuel Ortiz de Zárate, Ismael González de la Serna, Celso Lagar, Maruja Mallo, Oscar Dominguez, Rafael Durancamps, Manolo Millares et Mentor Blasco.


Salle 18, les grands maîtres du XXe siècle

Au XXe siècle, les artistes espagnols s'imposent sur la scène artistique grâce aux grands maîtres avant-gardistes Dalí, Picasso, Miró. Ils s'installent à Paris.

Art contemporain

Salles 19 et 20 du XXe au début du XXIe siècle

Les deux dernières salles du parcours muséographique sont consacrées aux œuvres du musée des Abattoirs de Toulouse et du Centre national des arts plastiques exposés avec également un écran diffusant un film sur l'art contemporain sur Guernica. Depuis la fin du franquisme en Espagne en 1975, la démocratie et la liberté stimule énormément les artistes pour s'exprimer.

Autres activités culturelles

Le service des publics du musée Goya conçoit chaque année un programme culturel à destination de tous les publics : visites guidées[53], conférences sur l'histoire de l'art hispanique, séances de bien-être comme du yoga et de la sophrologie, concerts de musique ou spectacles.

Historique des conservateurs des musées de Castres

  • M. Gaston POULAIN (1947-1969)
  • M. Roger GAUD (1969-1980)
  • Mme Jeannine BATICLE (1980-1986),
  • M. Jean-Louis AUGÉ (1986-2021)[54]
  • Mme Joëlle ARCHES (depuis 2021)

Notes et références

Annexes

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