Musée Mimara
musée d'art à Zagreb, Croatie
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L'institution publique de la collection d'art d'Ante et Wiltrud Topić Mimara, plus connue sous le nom de musée Mimara (en croate : Muzej Mimara), ouvert en 1987, est un musée d’art situé dans la ville de Zagreb en Croatie, abritant la collection de Wiltrud et Ante Topić Mimara. D'après un historien de l'art croate, « cela pourrait être la plus grande collection de faux au monde »[1].
Emplacement
Situé sur la place Roosevelt, le bâtiment date du XIXe siècle ; il a été dessiné par Kuno Waidmann et a précédemment servi de lycée.
Histoire
Ante Topić Mimara nait le 7 avril 1898 à Topići, en Dalmatie. Il apprend à lire en étant enfant de chœur. Lorsqu'il habite Split, il apprend l'italien. À 17 ans, il est enrôlé dans l'armée austro-hongroise et combat pendant deux ans. Il est blessé en 1918 dans la bataille du Piave et emmené comme prisonnier à Rome par les italiens. Il y reste lorsqu'il est libéré à la fin de la guerre. Il se forme dans l'atelier d'Antonio Mancini, y apprenant la restauration. Il est introduit dans des cercles artistiques. Il quitte finalement Rome en 1924 et voyage en Europe avant de s'installer à Berlin en 1927[2].
Thomas Hoving a mené une enquête sur le personnage et surtout sur la façon dont il a constitué sa collection, dans le cadre de son livre King of the Confessors, puis s'appuyant sur l'enquête du journaliste serbe Milomir Marić. Dans les années 1920, un grand nombre d'œuvres sont volées dans des églises croates mineures ; peu de temps après, Ante Topić Mimara (un nom usurpé) essaie de vendre des tableaux qu'il présente comme étant des Titien, Rubens ou des Giotto, sans succès. Il épouse une vieille et riche aristocrate italienne, Edina Pjelik de Ina, prenant également son nom. Il augmente considérablement sa fortune en produisant et vendant des faux, copies faites d'après sa collection de photographies d’œuvres d'art ; il se lie dans le même temps avec Josip Broz Tito, devenant ensuite un de ses agents. En , la Croatie demande à la France son extradition pour le vol du trésor de la cathédrale de Zagreb, remplacé par des faux[3].
Pour sa biographe Vesna Kusin, le début de sa collection coïncide avec l'arrivée au pouvoir des nazis[2]. Il affirme être proche d'Hermann Göring et avoir reçu une commande pour un portrait de Hitler[4]. Il achète à bas prix des œuvres confisquées aux Juifs, tout en fournissant des renseignements à Tito et Staline[3].
À la fin de la seconde guerre mondiale, il est arrêté par les forces d'occupation française, soupçonné d'être un espion soviétique. Proche de Tito qui est désormais au pouvoir en Yougoslavie, il parvient à se faire nommer directeur du musée national de Belgrade, lui cédant sa collection, mais gardant les pièces les plus importante dans un coffre à Zurich[2].
En 1949, au dépôt central de Munich, sous le nom Mate Topić il séduit Wiltrud Mersmann, une employée de la réserve où sont rassemblées les œuvres d'art volées par les nazis, notamment issues de la collection personnelle de Goering. Connaissant par sa maîtresse la description de chaque pièce, il se fait fournir en documents officiels yougoslaves reprenant cette description, ainsi que des emplacements d'origine inventés, par exemple dans d'obscurs églises ou monastères yougoslaves. En , il se fait remettre 166 pièces, dont 56 peintures, en gardant une grande partie par-devers lui. Seules trois revenaient aux Yougoslaves d'après le département d'État américain[2]. Chargées dans des camions, les œuvres disparaissent avec Ante Topić Mimara. D'après Thomas Hoving, il devient par la suite une grande source de faux[5],[4].
On retrouve alors sa trace dans plusieurs pays d'Europe occidentale[2]. Il est suspecté d'être un espion yougoslave dans Berlin occupée, avant de réapparaître à Tanger[4], et de retourner en Croatie dans les années 1970, résidant à Zagreb. Il lègue sa collection à la Croatie en deux fois (1973 et 1986)[6], en échange d'une indemnité annuelle de 100 000 dollars et deux maisons. Il meurt en 1987. Wiltrud Mersmann, devenue sa femme, touche toujours 50 000 dollars annuels de l'État croate[4].
Collections

Sur 3 700 œuvres d'art, 1 500 sont exposées de manière permanente, allant de la préhistoire au XXe siècle.
Pour Thomas Hoving, cette collection est constituée à 95 % de faux, faits par Ante Topić Mimara (en) ou ses artisans[3]. Pour Federico Zeri, 90 % est à jeter, ajoutant que « Mimara ne connaissait rien. C'était un total ignorant, de ce fait il constitua sa collection à l'aveugle. »[1].
Pour David Ekserdjian, Ante Topić Mimara « était enclin de manière pathologique à croire que ses plus vilains petit canards étaient les plus somptueux des cygnes. En conséquence, et malgré les tentatives énergiques depuis sa mort d'étudier sa collection avec la rigueur adéquate, avoir comme règle une bonne dose de scepticisme reste la bonne réponse à l'optimisme des attributions présentées par le musée Mimara »[7].
D'après le catalogue, cela comprend :
- des œuvres de Lorenzetti, Raphaël, Giorgione, Veronese, du Caravage, de Canaletto
- 60 peintures de maîtres hollandais (Van Goyen, Ruisdael)
- 50 œuvres de maîtres flamands (Van der Weyden, Bosch, Rubens, Van Dyck)
- plus de 30 par des maîtres espagnols (Vélasquez, Murillo, Goya)
- 20 peintures de maîtres allemands (Holbein, Liebermann, Leibl)
- 30 peintures de maîtres anglais (Gainsborough, Turner, Bonington)
- plus de 120 peintures par des maîtres français (Georges de La Tour, Boucher, Chardin, Delacroix, Corot, Manet, Renoir, Degas)
- 200 dessins de Bronzino, Guardi, Claude Lorrain, Le Brun, Oudry, Greuze, Géricault, Friesz.
Financement
Voir aussi
Article connexe
Liens externes
- (hr) Site officiel
