Musée d'histoire

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Un musée d'histoire ou plus rarement musée historique est un musée consacré à un ou plusieurs événements historiques. Pour N. Wadbled, « le musée d'histoire est l'occasion de faire l'expérience d'un évènement […] le visiteur d'un musée d'histoire entre en relation avec l'évènement que ce musée expose à travers une expérience où ce qu'il apprend sur cet évènement est moins important que ce qu'il accomplit en entrant en contact avec lui[1] ».

Le musée d'histoire national ou musée national d'histoire, en particulier, montre l'identité historique individuelle de chaque pays[2]. Il joue un rôle dans les constructions nationales et constitue un vecteur de légitimation politique : chaque changement de régime voit naître de nouveaux établissements qui servent à l'« affirmation d'une identité politique et sociale nouvelle[3],[4] ».

Selon F. Marcot, inspiré par la nuance entre histoire et mémoire faite par Pierre Nora, les musées d'histoire se distinguent, de même, des musées lieux de mémoire[5].

Histoire

Environ les quatre cinquièmes des musées dans le monde datent de la seconde moitié du XXe siècle. Les musées d’histoire en constituent la catégorie la plus importante – à condition de prendre l’histoire en un sens large qu’on lui accorde depuis longtemps. Dans l’histoire des musées, ils arrivent pourtant assez tard. Jusqu’au XVIIIe siècle, on connaissait seulement les musées d’art et d’antiquités, et les musées d’histoire naturelle (lesquels n’avaient rien à voir avec l’histoire telle que nous l’entendons depuis cette époque). Le musée d’histoire naît avec la Révolution française et le romantisme[6].

L’exposition de traces visibles du passé – images ou objets – dans des espaces dédiés aurait été l’un des vecteurs de l’émergence des États-Nations. Depuis leur naissance au cours du XIXe siècle, les musées d’histoire ont vu leurs missions s’élargir. Le musée participe désormais d’une logique d’inclusion sociale et se doit d’être un « agent de changement pour la personne et un agent favorisant le changement social ». Ce nouveau musée, que d’aucuns qualifient de post-museum, se doit d’être un instrument de politique sociale, d’éducation à la tolérance, au vivre-ensemble, à la citoyenneté et à la paix. Ainsi, depuis maintenant vingt ans, les memorial museums se multiplient[7].

Dans les années 2010, alors que de nombreuses expositions historiques usent de mises en scène linéaires, souvent fondées sur un déroulement chronologique, afin de produire des récits « dont le dessein est d’inspirer et de mobiliser les engagements sociétaux cohésifs ancrés dans les dynamiques de la reconnaissance, de l’identification, de l’affirmation et du jugement », un nombre croissant d’expositions cherchent à faire tout le contraire : à utiliser les dynamiques de la reconnaissance et de l’identification pour ébranler les récits consacrés sur le passé et/ou produire de nouvelles formes de subjectivité. Il y a une augmentation des expositions qui traitent de sujets « difficiles », en particulier ceux qui concernent des histoires sombres telles que les génocides, l’histoire des prisons, le colonialisme, le racisme et la guerre[8].

Dans le but d’engager les visiteurs dans un dialogue sur l’histoire, de développer des connaissances et de stimuler la réflexion sur des événements historiques, des peuples et des cultures et susciter de l’empathie historique, les musées d’histoire ont de plus en plus recours aux nouvelles technologies et au numérique[9].

Rôle dans le conditionnement des mémoires collectives

L'historien français Pierre Nora en 2011.

Le rôle des monuments et des musées dans le conditionnement des mémoires collectives est de plus en plus important. Selon l’analyse désormais classique de Pierre Nora, notre période actuelle se caractérise par une tension entre « histoire » et « mémoire ». La mémoire est le produit significatif d’une société traditionnelle dans laquelle les gens vivent à l’« intérieur » du passé à travers les traditions anciennes et les valeurs partagées. En revanche, une perception historique du passé est le fruit d’une société laïque et critique dans laquelle le passé est vu de l’« extérieur » et ne peut être aisément partagé avec les générations précédentes. Les musées historiques contemporains sont confrontés à une tâche presque impossible : dans les années 2000, O. Mayers note à la fois une augmentation du nombre de musées commémorant le passé et une hausse de l’aliénation de beaucoup de gens face au passé tel qu’il était réellement vécu[10].

Afrique

Amérique

Asie

Europe

Albanie

Allemagne

Autriche

  • Historisches Museum der Stadt Wien (de)

Belgique

Bosnie-Herzégovine

Bulgarie

Danemark

Espagne

France

Italie

Hongrie

Luxembourg

Norvège

Pays-Bas

  • Musée historique d'Arnhem (nl) (fermé le )
  • Musée historique juif, Amsterdam
  • Musée historique de Bleiswijk, à Bleiswijk
  • Musée historique d'Ede (nl)
  • Musée historique de Haarlem (nl)
  • Musée historique de Vught (Vughts Historisch Museum)
  • Musée historique de La Haye (Haags Historisch Museum)
  • Musée historique académique (Academisch Historisch Museum), Leyde
  • Musée historique de Deventer (nl)
  • Musée historique de Hengelo (nl)
  • Musée historique de Vriezenveen (nl), à Vriezenveen
  • Musée historique De Bevelanden

Pologne

Roumanie

Russie

Serbie

Suède

Suisse

Ukraine

Références

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