Ménilles

commune française du département de l'Eure From Wikipedia, the free encyclopedia

Ménilles est une commune française située dans le département de l'Eure, en région Normandie.

Faits en bref Administration, Pays ...
Ménilles
Ménilles
L'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul.
Blason de Ménilles
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Eure
Arrondissement Les Andelys
Intercommunalité Seine Normandie Agglomération
Maire
Mandat
Didier Courtat
2020-2026
Code postal 27120
Code commune 27397
Démographie
Gentilé Ménillons
Population
municipale
1 708 hab. (2023 en évolution de −1,16 % par rapport à 2017)
Densité 294 hab./km2
Géographie
Coordonnées 49° 02′ 03″ nord, 1° 21′ 58″ est
Altitude Min. 35 m
Max. 138 m
Superficie 5,81 km2
Type Petite ville
Unité urbaine Pacy-sur-Eure
(banlieue)
Aire d'attraction Paris
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Pacy-sur-Eure
Législatives Première circonscription
Localisation
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte topographique de France
Ménilles
Géolocalisation sur la carte : France
Voir sur la carte administrative de France
Ménilles
Géolocalisation sur la carte : Eure
Voir sur la carte topographique de l'Eure
Ménilles
Géolocalisation sur la carte : Normandie
Voir sur la carte administrative de Normandie
Ménilles
Liens
Site web https://menilles.fr/
    Fermer

    Géographie

    Localisation

    Le bourg de Ménilles est bâti au bas du coteau où coule la rivière d'Eure.

    Hydrographie

    La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par l'Eure et divers autres petits cours d'eau[1],[Carte 1].

    L'Eure, un canal, chenal et cours d'eau naturel non navigable d'une longueur de 229 km, prend sa source dans la commune de Longny les Villages et se jette dans la Seine à Saint-Pierre-lès-Elbeuf, après avoir traversé 91 communes[2].

    Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune
    Réseau hydrographique de Ménilles[Note 1].

    Climat

    Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[3]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[4]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[5] et est dans la région climatique Sud-ouest du bassin Parisien, caractérisée par une faible pluviométrie, notamment au printemps (120 à 150 mm) et un hiver froid (3,5 °C)[6]. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[7],[8].

    Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,9 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 14,3 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 661 mm, avec 11,2 jours de précipitations en janvier et 0,8 jours en juillet[3]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Huest à 12 km à vol d'oiseau[9], est de 11,2 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 600,6 mm[10],[11]. La température maximale relevée sur cette station est de 40,9 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −18,6 °C, atteinte le [Note 2].

    Urbanisme

    Typologie

    Au , Ménilles est catégorisée petite ville, selon la nouvelle grille communale de densité à 7 niveaux définie par l'Insee en 2022[12]. Elle appartient à l'unité urbaine de Pacy-sur-Eure, une agglomération intra-départementale dont elle est une commune de la banlieue[13],[14]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Paris, dont elle est une commune de la couronne[Note 3],[14].

    Occupation des sols

    L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (59,5 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (60,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (45,1 %), zones urbanisées (25,7 %), forêts (14,8 %), prairies (14,4 %)[15]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

    Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
    Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

    Toponymie

    Le nom de la localité est attesté sous les formes Menila vers 1024 (charte de Richard II), Menilla en 1025, Menilæ (charte de la Noë), de Menilis en 1223[16], Menilles en 1226[17], Menil en 1740 (sentence de la vicomté de l’Eau)[18].

    Histoire

    Ménilles était connu au XIIe siècle pour sa production de vin : les religieux de l'abbaye de la Noë avaient en 1223 le droit de pressurage sur toutes les vignes de ce territoire. En 1194, le roi Philippe-Auguste installe des bornes à la sortie de Ménilles, à l'extrémité du Hameau de la Grande Cour, Ménilles étant sur le domaine français et non sur le domaine anglais de Richard Cœur de Lion, duc de Normandie et roi d'Angleterre.

    La culture du safran y était répandue au XVIIe siècle : on déposait les produits de cette plante dans les caves souterraines au pied du coteau.

    Au XIIIe siècle, Ménilles constituait un quart de fief relevant de la châtellenie de Pacy.

    Héraldique

    Armes de Ménilles

    Ces armes peuvent se blasonner ainsi aujourd'hui :

    de gueules aux six billettes d'or ordonnées 3, 2, 1.

    Politique et administration

    Davantage d’informations Date Début, Date Fin ...
    Liste des Maires de Ménilles
    Date Début Date Fin Prénom Nom Parti Occupation
    2020 En Cours Didier Courtat Apolitique Retraité
    2001 2020 Yves Rochette UMP-LR Retraité
    Fermer

    Politique de développement durable

    En 2017, la commune a été labellisée « 3 fleurs » par le Conseil national de villes et villages fleuris de France[19].

    Vie associative

    Au centre de la vie du village, le Comité des fêtes de Ménilles est une association majeure de la commune avec l'organisation de multiples évènements importants dans l'année. Un évènement notable de la vie du village est le rassemblement de Porsche ayant lieu tous les ans depuis la présidence de Didier Courtant. Puis par son successeur, Cyril Guibert, ayant pris la présidence de cette association en 2018.

    Davantage d’informations Date Début, Date Fin ...
    Liste des Présidents du Comité des Fêtes de Ménilles
    Date Début Date Fin Prénom Nom
    2018 En cours Cyril Guibert
    Inconnu 2018 Didier Courtat
    Inconnu Inconnu Yves Rochette
    Fermer

    Démographie


    L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[20]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[21].

    En 2023, la commune comptait 1 708 habitants[Note 4], en évolution de −1,16 % par rapport à 2017 (Eure : +0,14 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

    Évolution de la population  [modifier]
    1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
    1 2441 2171 2309961 0081 0281 011931925
    1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
    831763749717738721696680719
    1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
    760814833688720633668698850
    1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2013
    9569091 1831 2481 4491 3821 4861 5161 576
    Davantage d’informations - ...
    2018 2023 - - - - - - -
    1 7391 708-------
    Fermer
    De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
    (Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[22] puis Insee à partir de 2006[23].)
    Histogramme de l'évolution démographique

    Lieux et monuments

    Il existe deux châteaux à Ménilles : le Grand Château situé sur la colline dominant la vallée et le Petit Château de La Grande Cour situé en contrebas en direction du petit village de Cocherel.

    Le Grand château

    À l'origine, le fief de Ménilles (avec son manoir à tourelle, son colombier, son pressoir, ses souterrains…) appartenait à la famille du même nom. La dernière héritière des Ménilles se maria avec messire Le Sesne (alias Le Cesne). Commencé sous le règne de François Ier, le Grand Château, dit château de Ménilles, ne put être terminé par le seigneur du lieu, mort prématurément. Ménilles devint « une terre vague » sans seigneur pour rendre aveu, les enfants dudit seigneur étant trop jeunes ; sa veuve fut expropriée par le roi Henri II.

    Il ne restait que des fondations imposantes sur lesquelles l'architecte Philibert de l'Orme construisit en 1551 (achèvement des travaux) et 1552 (décoration intérieure) le château actuel en pierre de taille et brique orangée sur l'ordre du roi qui l'offrit à sa favorite Diane de Poitiers[24]. Diane habitait le château d'Anet et venait chasser jusqu'à Ménilles en passant par la forêt de Pacy. Ses chevaux étaient tellement sacrés qu'elle avait ordonné l'installation de mangeoires en marbre dans les écuries. Un rare mur incorporant des emblèmes de brique du XVIe siècle subsiste[25].

    Par la suite, le château retourne à la famille Le Sesne dont le dernier héritier mâle a été titré marquis de Ménilles par Louis XV. La fille du vieux marquis épousa le comte Joseph de Puisaye, général royaliste qui voulut libérer Louis XVII du Temple. Ils auront une fille unique prénommée Joséphine Louise, qui décède à l'âge de l'adolescence.

    C'est l'abbé d'Auxais, parent de la jeune fille, qui hérite du domaine. Le château devient la résidence d'été des évêques d'Évreux. Peu après la mort de l'abbé d'Auxais, son neveu se débarrasse du château en le vendant au baron Antoine-Marie Roederer. Son épouse conserve le château jusqu'à sa mort en 1874, date à laquelle la marquise Artus de Montalembert d'Essé née Marie Marthe de Choiseul-Praslin (fille de la duchesse assassinée par son mari) s'en rend acquéreur. Elle donne, en guise de cadeau de mariage, le château à son fils le comte Raoul de Montalembert d'Essé (1860-1944). Sous l'Occupation, Raoul de Montalembert meurt d'une crise cardiaque en 1944. La Wehrmacht s'empare du château et y accueille ensuite des Waffen-SS. Les enfants et héritiers du comte de Montalembert d'Essé subissent alors la terreur et l'humiliation. Alix de Montalembert d'Essé, fille aînée de Raoul, fut une grande résistante française qui fut emprisonnée[26],[27]. Elle était une des secrétaires du réseau secret de la résistance française aux ordres du général de Gaulle[28]. Repris par Alix en 1945, le château est acquis en 1950 par une société immobilière appartenant au maire de Ménilles (M. Morel) qui va revendre le domaine en morceaux pendant dix ans. En 1960, le domaine est racheté par la ville de Gennevilliers, grâce à son maire Waldeck Lhuillier, qui le transforme en centre de vacances, de loisirs pour les jeunes et de repos pour les anciens de Gennevilliers. Le château, très abîmé, fut ainsi sauvé.

    Le Petit Château

    Il s'agit du château de la Grand'Cour. Ancien domaine religieux appartenant au prieuré de Saulseuse, le fief de la Grand'Cour (comprenant ferme, logis seigneurial, chapelle et communs) est vendu par morceaux à la Révolution. Le logis seigneurial des religieux est racheté par les chevaliers Cauvin de Lemperière qui le transforment. Le comte Antoine de La Rochefoucauld, collectionneur, musicien, mécène et rosicrucien, rachète la propriété en 1894. Il en fait son pavillon de chasse.

    L'église

    Placée sous le vocable de saint Pierre et saint Paul, est inscrite aux monuments Historiques[29]. C'est une des plus anciennes de la vallée d'Eure. Elle date du XVIe siècle et fut consacrée le par Toussaint Varin, évêque de Thessalonique, comme indiqué sur une plaque située à gauche de l'entrée du chœur.

    L'église fut construite vraisemblablement à la place d'une plus ancienne, datée du XIe siècle, puisque Raoul, comte d'Ivry et de Bayeux, donna l'église de Ménilles à l'abbaye de Fécamp en 1026. Le clocher est daté su XVe siècle et quelques aménagements datent du XVIIe siècle.

    Le portail de l'église.

    Le monument est construit en pierres de taille du XVIe siècle et est composé d'une nef flanquée de deux bas-côtés, dont l'un est terminé par la chapelle de la Vierge, et d'un chœur en retrait. La loge seigneuriale qui ouvre dans le chœur est du XIXe siècle.

    Le portail en plein cintre, classé monument historique, est un bel exemple de l'art de la Renaissance, daté de 1562. Les socles des niches ornent son trumeau et les contreforts qui flanquent le portail sont décorés de feuillages découpés encadrant des écus. Les dais gothiques de l'archivolte (moulure ornementée des voussures d'une arcade) offrent à la vue des anges tenant les instruments de la Passion. Le remplage de la fenêtre des tympans est flamboyant.

    Les vantaux des deux portes présentent des personnages sculptés dont saint Sébastien (patron des archers et des prisonniers) et saint Martin (patron des militaires et des soldats) de style Renaissance.

    Le marquis de Ménilles et sa première épouse sont enterrés dans le chœur de l'église sous les marches de l'autel.

    Personnalités liées à la commune

    • Joseph de Puisaye, qui s'installa au château de Ménilles après en avoir épousé l'héritière en 1788. Député aux États-Généraux, à la Constituante, fédéraliste, chouan, il passa en Angleterre.
    • Antoine-Marie Roederer, baron d'Empire, propriétaire du château de Ménilles, est enterré avec sa femme Adélaïde Berthier dans le cimetière de Ménilles.
    • Albert Miserey (1862-1938), sculpteur, ayant réalisé entre autres la statue de Boieldieu sur la façade du théâtre d'Évreux et un buste d'Adolphe Barette, maire de Vernon, à l'occasion de la construction de l'hôtel de ville de Vernon.
    • Le comte Antoine de La Rochefoucauld, propriétaire du château de la Grand'Cour.
    • Gérard Delpon de Vissec (1912-1940), chef de char, mortellement blessé le . Fils de l'écrivain Lucien Delpon de Vissec (plaque commémorative apposée dans l'église et une autre sur le monument aux morts).

    Sources

    • Nouvelles de l'Eure, numéro 1, 1959 - Texte de M. Baudot.

    Notes et références

    Voir aussi

    Related Articles

    Wikiwand AI