Naïmans

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Les Naimans (mongol : ᠨᠠᠢᠮᠠᠨ, cyrillique : найман, MNS : naiman), sont des mongols turcophones. Il s'agit d'un groupe tribal médiéval originaire du territoire de la Mongolie occidentale moderne, et est l'une des 92 tribus ouzbèkes, mongols modernes, dans le juz moyen des Kazakhs, des Karakalpaks, des Kirghizes et des Nogais.

L'Asie vers 1200, montrant la tribu des Naïman et ses voisins

Histoire

carte de 1903 montrant la région des Naimans au nord du Lac Balkhach, au Kazakhstan

Ils sont les descendants des habitants d'un royaume turco-mongole présente au Sud-Ouest du plateau de Mongolie avant la formation de l'empire Mongol. Les Naïmans sont situés à l'ouest des Mongols et sont plus nombreux que ces derniers à la fin du XIIe siècle[1]. Ils sont mentionnés pour la première fois dans les sources au XIe siècle mais ne constituent pas une puissance majeure. Vers 1160, ils parviennent toutefois à dominer lors du règne de Inanch Bilge Khan qui soumet plusieurs autres groupes tribaux. Cependant, ils ne parviennent pas à maintenir le contrôle au sein de leur confédération, permettant à d'autres groupes influents de se distinguer[2].

Au sein du territoire mongol, ils s'allient à Djamuqa pour contrer Toghril et Temujin (Gengis Khan)[2]. Après leur défaite, Gengis Khan s'allie à Ong Khan et lance une campagne contre les Naïmans[1]. La confédération Naïman est alors gouvernée par une dynastie souveraine nestorienne en contact avec les Ouïgour et les Kara-Khitans. La confédération est défaite après la bataille de Chakirmaut en 1203. Kütchlüg, chef Naïman, se réfugie chez les Kara-Khitan et tente de devenir leur Gurkhan, poussant les mongols à envoyer une armée commandée par Djebé afin de conquérir le territoire et tuer Kutchlug[2].

Les Naïmans intègrent l'empire mongol et intègrent la nouvelle organisation dynastique et aristocratique mise en place. Töregene est par exemple Naïman. Cependant une partie des tribus sont dispersées, entrainées dans les conquêtes mongoles[2].

Après l'effondrement de la dynastie Yuan, les Naïmans sont finalement assimilés aux tribus mongoles, tatares et kazakhes[3].

La tribu moderne Naiman est un groupe ethnique de la bannière de Naiman, en Mongolie-Intérieure (Chine). Le clan Naiman a changé de nom et s'est mélangé à d'autres tribus de Mongolie[4].

Origine du nom

naïm (mongol : ᠨᠠᠢᠮᠠ, cyrillique : найм) signifie huit auquel est ajouté le suffixe de déclinaison -an, le passant du nom commun huit à l'adjectif numéral huit. Leur nom correspond au nombre de tribus qui forment la confédération tribale naïman[2].

Dispersion

Une population considérable de Naïmans se trouve parmi les Kazakhs de Chine, d'Ouzbékistan et de Russie. En Chine, leur population s'élève à 700 000 personnes, voire plus, vivant principalement dans la partie occidentale de la région autonome ouïghoure du Xinjiang, dans la préfecture autonome kazakhe d'Ili. Les Naïmans constituent également l'une des principales ethnies kazakhes d'Ouzbékistan et sont aussi présents au Kirghizistan et en Russie[5].

Les deux haplogroupes les plus fréquents chez les Naïmans du Kazakhstan sont O2a2b1-M134 (42 %) et C2-M217 (37 %). Au niveau clanique, l’haplogroupe O2a2b1-M134 est plus caractéristique du clan Tolegetai (70 %), tandis que l’haplogroupe C2b1a2-M48 est plus fréquent chez le clan Saryzhomart (61 %)[6].

Génétiquement, les Kazakhs du Kazakhstan sont plus étroitement apparentés aux Ouzumchins, qui vivent en Mongolie intérieure et en Mongolie orientale[7].

Selon des études génétiques, les Naïmans du Kazakhstan descendent très probablement, en ligne paternelle directe, d'ancêtres porteurs de l'haplogroupe O, qui est généralement associé aux populations d'Asie de l'Est[8].

Les Naïmans, ainsi que des groupes tribaux tels que les Uisun, Zhalayir, Kerey, Konyrat, Alimuly, Bayuly, Zhetiru et Tore, sont inclus dans un groupe qui présente une proximité génétique avec les populations du district de Bouriatie Ekhirit-Bulagatsky, divers groupes de Mongols, les populations karakalpaks, khamniganes, hazaras et evenks[9].

Religion

La religion principale des Naïmans est le chamanisme et le christianisme nestorien. Les Naïmans qui adoptent le nestorianisme se convertissent probablement à peu près en même temps que les Kéraites, au XIe siècle[3]. Ils conservent cette religion après la conquête mongole et font partie de la seconde vague de chrétiens à entrer en Chine avec Kubilai Khan. Certains Naïmans nestoriens s'enfuient au Kara Khitai pendant les conquêtes mongoles, où certains se convertissent au bouddhisme[3].

Le nestorianisme décline et disparait chez les Naïmans peu après la chute de la dynastie Yuan. Les Naïmans de Mongolie se convertissent au bouddhisme tibétain au XVIe siècle. Ils s'assimilent aux autres groupes ethniques d'Eurasie et adoptent probablement la religion et la culture du groupe dominant[3].

Notes et références

Liens externes

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