Néguev
désert du sud d'Israël et de la Palestine
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Le Néguev (de l'hébreu : נֶגֶב ; en arabe : النقب - Naqab) est une région désertique du sud d'Israël. En hébreu biblique, Néguev signifie « sud ». Le Néguev couvre la plus grande part du district sud d’Israël.
| Néguev | |
La vallée du Zin et le Nahal Havarim, près de Midreshet Ben-Gourion. | |
| Localisation | |
|---|---|
| Pays | |
| Superficie | 13 000 km2 |
| Coordonnées | 30° 30′ nord, 34° 55′ est |
Carte de localisation du Néguev. | |
| Altitude | |
| Minimale | −432 m (Mer Morte) |
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Villes du désert du Néguev *
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| Pays | |
|---|---|
| Numéro d’identification |
1107 |
| Année d’inscription | (29e session) |
| Type | Culturel |
| Critères | (iii)(v) |
| Superficie | 6 655 ha |
| Zone tampon | 63 868 ha |
| Région | Europe et Amérique du Nord ** |
| * Descriptif officiel UNESCO ** Classification UNESCO |
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Géographie
Localisation
Géographiquement, d'une superficie de 13 000 km2, ce désert forme un triangle posé sur l'un de ses angles, au sud au niveau du golfe d'Aqaba et de la ville d'Eilat. Il est limité à l'ouest par la péninsule du Sinaï et la bande de Gaza et, à l'est, par la vallée de l'Arabah qui constitue la frontière entre Israël et la Jordanie. Au nord, la limite est plus diffuse mais se situe le long d'une ligne entre Gaza et la mer Morte.

Flore
La végétation est très rare : seuls subsistent quelques arbres et de maigres buissons desséchés par le soleil. La vie dans le désert se situe toujours autour des oasis ou autour des puits creusés par l’homme.
Faune
Dans les années 1970, il y avait encore une vingtaine de panthères d'Arabie (Panthera pardus nimr), mais cette sous-espèce de léopard a presque disparu du Néguev depuis[1].
Géologie
On y trouve plusieurs curiosités géologiques et culturelles, notamment trois grands cirques ou makhtesh : HaMakhtesh HaGadol, HaMakhtesh HaKatan et Makhtesh Ramon, le plus vaste des trois.
Histoire

Historiquement, le Néguev fut le théâtre des activités de la civilisation des Nabatéens qui y fondèrent la cité de Avdat, l'Oboda antique, sur l'itinéraire de leurs caravanes reliant notamment Pétra et Gaza. De nombreux graffitis datant des débuts de l'ère islamique y ont été étudiés par l'archéologue Yehuda D. Nevo[2].
Selon la Bible, le roi David (Xe siècle av. J.-C.) trouve refuge dans le canyon Ein Gedi au Néguev, tandis que la citadelle de Massada située dans le parc national de Massada (inscrit sur la liste de l’Unesco), a été bâtie par le roi Hérode (Ier siècle av. J.-C.)[3]. Son peuple, en rébellion contre l'Empire romain, tient le siège contre les légions romaines grâce à cette citadelle perchée sur un piton rocheux qui offre une vue à 360° sur le désert du Néguev, la mer Morte et les montagnes Moab en Jordanie[3].
Avant la naissance d’Israël en 1948, de nombreux juifs ont été envoyés dans le Néguev, l’une des terres de prédilection de l’Agence juive pour y installer des migrants, dont les dernières vagues venues de Russie et d’Éthiopie ont vécu sous des tentes[3].
Le Néguev, dans le plan de partage de la Palestine par l’ONU en 1947, revenait essentiellement à Israël. Ce plan, refusé par les dirigeants arabes, ne vit finalement jamais le jour. L'armée israélienne a conquis le reste du Néguev en 1948 après une victoire sur l’armée égyptienne. Une grande partie de la population arabe de la région, estimée selon les sources à environ 70 à 90 % [4] ont choisi, ou ont été contraints de fuir principalement vers Gaza[5]. Les Bédouins ayant pu rester dans le Néguev ont acquis la nationalité israélienne mais furent soumis, comme l’ensemble des Arabes israéliens, à un régime d’administration militaire jusqu’en 1966, limitant notamment la liberté de circulation[réf. nécessaire]. Par ailleurs, des pressions multiformes sont exercées sur les Bédouins pour les contraindre à s’installer dans sept « villes nouvelles », établies de 1968 à 1990[5].
Le premier ministre Benyamin Nétanyahou lance en 2011 un plan d’urbanisation forcée des dizaines de milliers de Bédouins du Néguev qui demeurent encore isolés dans leurs villages ancestraux, mais non reconnus par l’État israélien. Ce plan provoque chez les Bédouins un mouvement de protestation inédit par son ampleur. Les incidents impliquant la police israélienne se multiplient, surtout lors des démolitions, conduisant à la mort de Bédouins. Les localités non reconnues sont privées d’eau, d’électricité, de tout-à-l’égout et d’abris antiaériens, ce qui expose cette population bédouine aux tirs de roquettes du Hamas sur Israël[5].
Démographie
Le Néguev constitue 60 % de la surface de l'État d'Israël mais n'abrite que 8 % de sa population, dont une forte communauté de Bédouins (25 % de la population régionale)[3].
La principale agglomération est Beer-Sheva, située au nord du désert, dont la population est passée d'environ 6 000 habitants en 1930 à près de 200 000 habitants au début du XXIe siècle [6]. Plus de la moitié de ses habitants a moins de 35 ans[3], la ville est reliée au littoral par une liaison ferroviaire avec Tel-Aviv-Jaffa[3]. À l’extrémité sud du Néguev se trouve la ville d’Eliat, sur le Golfe d'Aqaba. Parmi les autres villes figurent Dimona, Mitzpe Ramon, ainsi que plusieurs localités bédouines planifiées, dont Rahat et Tel Sheva (en).
La population de Bédouins, qui sont pour la plupart des Arabes israéliens, est estimée a 160 000 personnes. À partir des années 1960, une partie importante de cette population a été relocalisée par les autorités israéliennes dans des villages et des villes planifiés, dans le cadre de politiques de sédentarisation[réf. nécessaire]. Parallèlement, une proportion significative des Bédouins du Néguev vit dans des localités non reconnues par l’État, dépourvues de statut administratif officiel. Ces localités disposent généralement d’un accès limité aux infrastructures publiques, telles que l’eau courante, l’électricité ou les réseaux d’assainissement, et font l’objet de démolitions de constructions considérées comme illégales par les autorités[7],[8].
La situation est parfois conflictuelle entre les autorités israéliennes et la population bédouine, et des incidents se déroulent de manière récurrente[9]. Plusieurs opérations de démolition de villages ou de quartiers non reconnus ont suscité des protestations, notamment la destruction du village de Wadi al-Khalil en 2024 dans le cadre d’un projet d’autoroute[10].
Développement

Aujourd'hui, cette région se situe au centre du programme israélien de développement du pays par de nombreux programmes de reforestation du désert, d'implantation de nouveaux migrants et de développement économique afin de désengorger le littoral méditerranéen. À cet égard, une nouvelle liaison ferroviaire a été inaugurée en 2005 entre Tel Aviv-Jaffa et Beer-Sheva, la « capitale du désert », afin de faciliter le décloisonnement de cette portion du territoire. Le Néguev est également connu sur le plan international car il abrite les installations de la centrale nucléaire de Dimona, le cœur présumé du programme nucléaire militaire d'Israël.
Sur le plan technologique et économique, Be’er-Sheva est devenue un pôle de recherche et d’innovation, parfois comparé à une « Silicon Valley du désert ». La ville accueille 150 start-up, des filiales de grandes compagnies technologiques comme IBM et Oracle, ainsi que trois centres de recherche liés à l’université Ben Gourion (elle aussi située dans le Neguev) spécialisés en technologies de pointe, sciences de l’informatique, cybersécurité, environnement, chimie et robotique[3].
En 2006, un nouveau ministère dirigé par l'ancien Premier ministre Shimon Peres a été créé exclusivement pour la mission de « refleurir le désert du Néguev » d'ici l'an 2015 (et également pour faire prospérer la région nord de la Galilée) [11].
Galerie
- Vue aérienne
- Ruines dans le désert du Néguev
- Désert du Néguev.
- Nahal Havarim.
- Vue des étendues du désert du Néguev.