Newcleo

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Newcleo
logo de Newcleo

Création Voir et modifier les données sur Wikidata
Fondateurs Stefano Buono (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Forme juridique Société à responsabilité limitée
Siège social Paris
Drapeau de la France France
Actionnaires Exor, Inarcassa, Club degli Investitori, Bpifrance
Produits LFR-AS-30 (démonstrateur)
LFR-AS-200
TL-400
Effectif 1 100 (2025)
Site web www.newcleo.com

Chiffre d'affaires 9,15  (2023)

Newcleo est une entreprise franco-italienne fondée en , spécialisée dans le développement d'un petit réacteur nucléaire modulaire (dit PRM ou SMR en anglais) dénommé LFR-AS-200. Il s'agit plus précisément d'un petit réacteur nucléaire avancé (AMR pour Advanced Modular Reactor) d'une puissance électrique nette de 200 MWe. Il appartient à la filière nucléaire des réacteurs à neutrons rapides (RNR) refroidis au plomb, dit RNR-pb. Un réacteur de plus faible puissance est également développé pour des applications mobiles (propulsion navale) le TL-40.

En 2025, le LFR-AS-200 est en cours de conception, avec des projets de construction de démonstrateurs en Italie puis en France (LFR-AS-30), suivis d'un premier modèle au Royaume-Uni et d'un à quatre en Slovaquie.

Organisation

Basée à Paris, avec des implantations en Italie, au Royaume-Uni, en Suisse, en Belgique et en Slovaquie, Newcleo s'est donné pour mission de produire une énergie bas-carbone en fermant le cycle du combustible nucléaire via le recyclage multiple du combustible MOX, censé réduire également la quantité de déchets radioactifs. L’entreprise s’appuie sur des recherches internationales pour concevoir des réacteurs sûrs, durables et compétitifs[1].

Newcleo est fondée en par Stefano Buono, Luciano Cinotti et Elisabeth Rizzotti, avec l’acquisition de Hydromine Nuclear Energy et de son portefeuille de brevets, accompagnée d’une levée de fonds de 100 M€[2]. En , elle lève 300 M€ et signe un partenariat avec l’Agenzia nazionale per le nuove tecnologie, l'energia e lo sviluppo economico sostenibile (acronyme ENEA), l’agence italienne pour les nouvelles technologies. En 2023, Newcleo conclut des accords avec Enel, Fincantieri et RINA, et reçoit 15 M€ du programme France 2030[3].

L'entreprise développe son projet de RNR-pb par étapes successives avec la construction de différents prototypes, dans plusieurs pays européens[4],[5],[6],[7]:

  1. la R&D ainsi que la fabrication d'un premier précurseur non-nucléaire de 10 MWe sur un site nucléaire de l'ENEA à Brasimone en Italie à l'horizon 2026, afin d'approfondir les connaissances sur les réacteurs au plomb, tester différents matériaux ainsi que les options technologies retenues ;
  2. un premier prototype nucléaire de faible puissance (30 MWe) en France à l'horizon 2031, baptisé LFR-AS-30 (pour Lead Fast Reactor - Amphora-Shaped) ;
  3. un premier réacteur standard de 200 MWe, nommé LFR-AS-200 au Royaume-Uni à l'horizon 2033 ;
  4. et un réacteur de faible puissance nommé TL-40 pour des applications mobiles (propulsion nucléaire de navires marchands).

En 2024, Newcleo finalise la phase préparatoire d’autorisation avec l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) française, rejoint l’Alliance industrielle européenne sur les petits réacteurs modulaires (sigle SMR), et signe un partenariat avec Saipem pour des applications en mer[8],[9]. En , le siège est transféré de Londres à Paris[10].

Dans une démarche de production d'acier bas-carbone, Newcleo signe en un protocole de collaboration avec l'aciériste italien Danieli pour l'utilisation future d'un réacteur LFR-AS-200 afin de fournir ses aciéries en chaleur à haute température, ainsi qu'en électricité bas-carbone (en remplacement de l'utilisation de gaz fossile et de charbon)[11],[12].

En , Newcleo et Nextchem (filiale de l'entreprise italienne Maire S.p.A.) lancent la coentreprise NextCleo chargée de développer l'îlot conventionnel (la partie non nucléaire du réacteur comprenant le groupe turbo-alternateur chargé de produire l'électricité) du réacteur LFR-AS-200. L'accord prévoit également une participation de Nextchem au capital de Newcleo[13],[14].

Newcleo emploie environ une centaine de personnes en 2025, sous la direction de Stefano Buono (PDG) et Elisabeth Rizzotti (directrice des opérations). Ses bureaux sont situés à Paris, Londres, Turin, Lyon et Bratislava. L’entreprise collabore avec des partenaires comme l’ENEA et le Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA)[15],[16].

Financement

Depuis son lancement, Newcleo réalise plusieurs levées de fonds : 100 M€ à sa fondation en [2], 300 M€ en [3], 15 M€ issu du programme France 2030 en [17], 151 M€ en portant son financement total à 535 M€[10]; et 685 M€ sur cinq tours de financement, avec des investisseurs tels que Exor, Inarcassa, Club degli Investitori et Bpifrance. Sa valorisation atteint 1,29 Md£ en [réf. nécessaire].

En 2025, le gouvernement italien exprime un intérêt stratégique pour investir dans l’entreprise[18]. Le , La Tribune révèle que la continuité de l’exploitation de la société était menacé[19]. NewCleo a enregistré 103 millions d’euros de pertes en 2024, soit plus du double de ses pertes de 2023 (45 millions d’euros)[20]. « Les alertes comme celles-ci sont tout à fait normales pour des entreprises comme la nôtre, qui investissent beaucoup dans l’innovation », a déclaré Stefano Buono, directeur général de Newcleo, à La Tribune. Elle a fermé son bureau britannique durant l'été 2025 [19], du fait de l'absence de soutien des autorités britanniques à sa technologie de réacteur refroidi au plomb et de l'impossibilité d'accéder au stock de plutonium des centrales locales[21], alors qu'en France, où Newcleo a relocalisé en 2024 son siège social, auparavant installé à Londres, elle discute avec l'État, EDF et Orano pour l'utilisation de matières issues de combustible usé dans son projet d'usine de MOX, près de Nogent sur Seine[22].

Le , la Commission nationale du débat public (CNDP) ouvre un débat public sur les projets de Newcleo : le LFR-AS-30, réacteur à neutrons rapides refroidi au plomb qui serait construit en Indre-et-Loire, et une usine de fabrication de combustible MOX-LFR, du mox pour réacteur refroidi au plomb, installée dans l’Aube[23].

Caractéristiques techniques du réacteur LFR-AS-200

Schéma générique de fonctionnement d'un réacteur à caloporteur plomb

Cœur du réacteur

Le réacteur LFR-AS-200 appartient à la génération IV. C'est un réacteur à neutron rapide, modéré et refroidi au plomb, ce qui en fait un réacteur à neutron rapide à caloporteur plomb. Sa puissance thermique est de 480 MWth pour une puissance électrique nette (disponible pour le réseau électrique) de 200 MWe, soit un rendement de 41,7%. Sa durée de vie à la conception est de 60 ans.

Le cœur du réacteur est composé d'une cuve de type piscine, d'environ 6,5 mètres de hauteur dans laquelle se trouve le combustible nucléaire et le plomb liquide. Six pompes assurent la circulation du plomb liquide qui entre dans la cuve à 420 °C et en ressort à 530 °C, pour être dirigé vers six générateurs de vapeur à tubes spiralés. Ces derniers produisent de la vapeur d'eau à 500 °C et 150 bars par l'intermédiaire d'un circuit secondaire à eau légère. La vapeur est ensuite détendue dans un turbine entrainant un alternateur produisant l'électricité.

12 barres de contrôle et 6 barres d'arrêt assurent le pilotage de la réaction nucléaire à l'intérieur du cœur[24].

Combustible nucléaire

Le combustible nucléaire envisagé est retraité (acronyme MOX en anglais), produit à partir de combustible nucléaire usagé issu des réacteurs à eau pressurisée (REP) français actuellement en exploitation. Le cœur du réacteur LFR-AS-200 est chargé de 133 assemblages combustibles, chacun fait de 198 aiguilles de 10,5 mm de diamètre et 90 cm de long[24].

L'utilisation de combustible MOX dans un réacteur à neutron rapide permet de « brûler » (c'est-à-dire consommer en fissionnant) les métaux lourds, les actinides mineurs, présents dans le MOX. Les actinides mineurs sont aujourd'hui considérés comme des déchets nucléaires car non fissibles dans les REP du parc nucléaire français. Ces derniers fonctionnent avec un spectre de neutrons thermiques qui ne permet que de fissionner le plutonium et produisant ces actinides mineurs[25].

L'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection émet un avis d'expertise en , concernant l'usine de fabrication de combustibles avancés de Newcleo. Dans cet avis, l'ASNR note que le risque d'incendie et le risque d'une agression extérieure (comme une chute d'un avion) ne sont pas assez pris en compte[26].

Caractéristiques techniques du réacteur LFR-AS-30

Le réacteur LFR-AS-30 est un prototype du LFR-AS-200 de conception similaire mais plus petit (cuve haute de 5 mètres, seulement 3 pompes primaires et 3 générateurs de vapeur) et moins puissant (30 MWe). Il est également prévu qu'il soit utilisé pour irradier des échantillons dans le cadre de la R&D de Newcleo. Deux phases de fonctionnement sont prévues pour ce prototype[24]:

  • une première phase à basse température et faible puissance : puissance thermique maximale à 60 MWth, température du plomb en entrée à 370 °C et 440 °C en sortie, vapeur secondaire à 400°C et 150 bars ;
  • une deuxième phase à haute température et pleine puissance (similaire à LFR-AS-200) : puissance thermique maximale à 90 MWth, température du plomb en entrée à 420 °C et 530 °C en sortie, vapeur secondaire à 500 °C et 150 bars.

Sites d'implantation envisagés

Notes et références

Voir aussi

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