Nicolas Tenzer

essayiste et haut fonctionnaire français From Wikipedia, the free encyclopedia

Nicolas Tenzer, né le , est un philosophe politique, essayiste, enseignant universitaire et haut fonctionnaire français.

Faits en bref Président Centre d'étude et de réflexion pour l'action politique (d), depuis 1986 ...
Nicolas Tenzer
Nicolas Tenzer en 2018.
Fonction
Président
Centre d'étude et de réflexion pour l'action politique (d)
depuis
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (65 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
Membre de
Centre d'étude et de réflexion pour l'action politique (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Site web
Fermer

Biographie

Jeunesse et études

Il est le fils de Martha Tenzer, résistante, déportée à Ravensbrück et diplomate belge.

Nicolas Tenzer fait ses études à l'École normale supérieure (L1980)[1], à Sciences Po Paris (1982, section Service Public)[2] et à l'École nationale d'administration (1984-1986)[3].

Il est titulaire d'une maîtrise d'histoire «Le Trésor public en crise (1936-1939)» obtenue en 1982 à l'université de Nanterre[4].

Parcours professionnel

Il est affecté, à l'issue de sa scolarité à l'ENA, à la Caisse des dépôts et consignations (CDC)[5].

Enseignant en philosophie politique à Sciences Po de 1986 à 2004, il y enseigne à nouveau depuis 2014, au sein de la Paris School of International Affairs[6].

Il est successivement membre du cabinet du ministre de l'Économie et des Finances (1987-1988)[réf. nécessaire], rapporteur à la Cour des comptes (1991-1993), chef de service au Commissariat général du Plan (1994-2002), et responsable d’une mission interministérielle sur l’expertise internationale (2007-2008)[7].

Il préside d' à l’Initiative pour le développement de l’expertise française à l’international et en Europe (IDEFIE), dont il est membre fondateur puis président d'honneur[8] jusqu'à la dissolution de l'association en décembre 2023.

Il est entre et le membre du directoire de l'Institut Aspen France, dont il assure successivement les fonctions de trésorier et de président[9].

Il est actuellement président fondateur du Centre d’étude et de réflexion pour l’action politique (CERAP), dont il a été directeur de la publication et de la rédaction de la revue, Le Banquet [10], de 1992 à 2015, date à laquelle la revue a cessé de paraître.

De 2021 à 2023, il est directeur de la publication de Desk Russie, une lettre d'information créée en 2021 sur la Russie et les pays issus de l’ex-URSS[11]. En 2022, il rejoint le Center for European Policy Analysis (CEPA), think tank américain pro-OTAN[12]

En 2023, il est auditionné à l'Assemblée nationale dans le cadre de la Commission d'enquête relative aux ingérences politiques, économiques et financières de puissance étrangères. Il y indique qu'un certain nombre de personnalités connues sont des relais de la Russie, notamment Hubert Védrine, dont les discours seraient depuis longtemps « favorables à la puissance russe », ainsi que les anciens premiers ministres Jean-Pierre Raffarin et Dominique de Villepin. Il cite aussi Nicolas Sarkozy, qui aurait eu des déclarations « extrêmement favorables à la Russie » et révèle que le Parquet national financier a engagé une enquête à cet égard. Il suggère des investigations sur les intérêts financiers des personnes qui nuancent le discours accusatoire envers la Russie et l'examen de la qualification pénale d'intelligence avec l'ennemi[13][source secondaire nécessaire].

En 2025, il rejoint le board consultatif du think tank français Euro Créative, spécialisé sur l'Europe centrale et orientale[14].

Prises de position

Dans le cadre de la guerre civile syrienne, il considère que le gouvernement de Bachar el-Assad et ses alliés russes mènent « une guerre d'extermination » montrant « une volonté de tuer tout le monde. De tuer tout ce qui peut être tué ». Il estime que le gouvernement américain n'aurait jamais dû s'engager dans des discussions bilatérales avec la Russie car « concrètement, chaque seconde, chaque minute, chaque mois qui passe, ce sont des milliers voire des centaines de milliers de morts ». Pour cette raison, il affirme que la seule solution n'est pas d'armer les rebelles mais d'empêcher que les avions russes et syriens survolent les villes. « C'est d'empêcher qu'ils puissent décoller et, donc, prendre le risque d'une confrontation avec la Russie »[15].

Fervent défenseur de l'action de l'OTAN dans le monde, il considère que « l'OTAN n'a jamais agressé personne »[16].

Depuis l’invasion russe de l’Ukraine en février 2022, Nicolas Tenzer adopte une ligne dure et sans concession envers la Russie de Vladimir Poutine, qu’il qualifie de régime totalitaire, génocidaire et structurellement criminel[17],[18].

Tenzer critique vivement les responsables politiques français qu’il accuse d’avoir été, volontairement ou non, des « relais » des intérêts russes, citant notamment Hubert Védrine, Dominique de Villepin, Jean-Pierre Raffarin et Nicolas Sarkozy. Lors de son audition par la commission d’enquête parlementaire sur les ingérences étrangères (29 mars 2023), il a évoqué une possible enquête du Parquet national financier à leur encontre[19],[20]. Par ailleurs, l'engagement pro-ukrainien de Nicolas Tenzer est parfois critiqué, notamment par Pierre Lellouche, ancien ministre de Nicolas Sarkozy[21][pertinence contestée].

Publications

  • La Région en quête d'avenir (La Documentation française, 1986)
  • La Société dépolitisée (PUF, 1990)[22]
  • La Politique (PUF, Que sais-je ?, 1991)
  • La République (PUF, Que sais-je ?, 1993)
  • Philosophie politique (PUF, 1994, 2e éd., 1998)
  • Histoire des doctrines politiques en France (PUF, Que sais-je ?, 1996)
  • Le Tombeau de Machiavel. De la corruption intellectuelle de la politique (Flammarion, 1997)
  • La Face cachée du gaullisme. De Gaulle ou l’introuvable tradition politique (Hachette littératures, 1998)[23], [24]
  • Les Valeurs des Modernes. Réflexions sur l’écroulement politique du nouveau siècle (Flammarion, 2003)
  • France : la réforme impossible ? (Flammarion, 2004)
  • Pour une nouvelle philosophie politique (PUF, 2007)
  • Quand la France disparaît du monde (Grasset, 2008, 3e éd. 2010)[25]
  • Le Monde à l'horizon 2030. La règle et le désordre (Perrin, 2011)
  • La Fin du malheur français (Stock, 2011)
  • La France a besoin des autres (Plon, 2012)
  • Notre guerre. Le crime et l'oubli : pour une pensée stratégique (L'Observatoire, 2024)
  • Fin de la politique des grandes puissances. Petits et moyens Etats à la conquête du monde (L'Observatoire, 2025).

Postface

  • « Double nation ou nation impossible ? », pour Qu'est-ce qu'une nation ? d'Ernest Renan (Mille et une Nuits, 1997)

Direction d’ouvrage

  • Pour le CERAP[26], Un projet éducatif pour la France (PUF, 1989)

Collaborations

  • Avec Frank Magnard
    • La Crise africaine : quelle politique de coopération pour la France ? (PUF, 1988)[27]
    • Spermatozoïde hors la loi. De la bioéthique à la biopolitique (Calmann-Lévy, 1991)
  • Avec Rodolphe Delacroix, Les Élites et la fin de la démocratie française (PUF, 1992 ; 2e éd., 2015)
  • Avec Monique Canto-Sperber, Faut-il sauver le libéralisme ? (Grasset, 2006)
  • Avec Michel de Fabiani, De l’esprit de décision… pour sortir de l’approximation politique (Gualino, 2006)
  • (en) Avec Ramin Jahanbegloo, Resisting Despair in Confrontational Times (Har-Anand Publications, 2019)

Récompenses et distinctions

Notes et références

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI