Nina Boyle
journaliste britannique, militante les droits des femmes, travailleuse sociale et romancière.
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Constance Antonina Boyle, née le et morte le , est une journaliste britannique, militante pour le droit de vote et les droits des femmes, travailleuse sociale et romancière.
Biographie
Enfance
Nina Boyle nait à Bexley[1], dans le Kent. Elle est une descendante des comtes de Glasgow par son père, Robert Boyle (1830-1869), capitaine dans l'Artillerie royale et fils cadet de David Boyle, Lord Boyle. Sa mère, Frances Sydney Fremoult Sankey, est la fille d'un médecin.
Activisme de la Ligue pour la liberté des femmes
Deux des frères de Boyle servent pendant la guerre des Boers pendant son séjour en Afrique du Sud. Elle travaille dans des hôpitaux en Afrique et est journaliste. Durant son séjour en Afrique du Sud, elle s'intéresse aux droits des femmes et fonde la Women's Enfranchisement League de Johannesburg[1].
En 1911, elle retourne en Grande-Bretagne et, forte de son expérience en Afrique du Sud, elle s'implique dans la Colonial Intelligence League for Educated Women, dirigée par la princesse Christian, fille de la reine Victoria. Cette ligue voit le jour pour aider les femmes ayant reçu une bonne éducation formelle à mettre leurs compétences à profit : sur les territoires britanniques et une fois rentrées chez elles[2].
Boyle a des opinions radicales sur la façon dont la position des femmes dans la société peut être améliorée. Elle intègre la Women's Freedom League (WFL) aux côtés d'autres suffragettes célèbres dont Charlotte Despard, Teresa Billington-Greig, Edith How-Martyn et Margaret Nevinson. Boyle accède au comité exécutif de la WFL et devient l'une de ses principales oratrices. En 1912, elle en est la secrétaire.[réf. nécessaire]
Boyle s'oppose au recensement de 1911 et inscrit « Pas de vote. Pas de recensement. Des votes pour les femmes » sur son formulaire[3]. L'année suivante, Boyle devient chef du département politique et militant de la WFL[4].
Elle et Watson s'opposent aux injustices du système judiciaire dominé par les hommes, les femmes et les filles n'étant pas tenues de témoigner devant un tribunal rempli d'hommes[5].
Watson se met à documenter les pratiques déloyales. Elle consigne les crimes de viol, d'agression sexuelle et d'inceste dans une chronique, ironiquement, intitulée « The Protected Sex »[6]. Watson continue pendant trois ans à comparer les peines prononcées avec celles prononcées pour perte ou dommages matériels. En 1913, elle écrit le livre The Traffic in Women: Unchallenged facts and figures for the League.
Boyle joue un rôle de premier plan dans les campagnes et manifestations de la WFL. Elle est arrêtée à plusieurs reprises et emprisonnée trois fois[7]. En 1913, elle proteste contre les conditions dans lesquelles elle et une autre suffragiste sont incarcérées après avoir été arrêtées pour obstruction et condamnées à 14 jours de prison. En 1914, avant le déclenchement de la guerre et la fin du militantisme suffragette, Boyle et Watson se rendent au tribunal de première instance de Marlborough Street et mènent une protestation plus militante. Watson est arrêtée ainsi que d'autres femmes pour s'être enchaînées aux grilles du tribunal[6].
Première Guerre mondiale
Forte de son expérience au sein de la police et du système judiciaire pénal, et conformément à la politique de la WFL sur l'égalité des chances en matière d'emploi, Boyle lance une campagne pour l'implication des femmes dans les forces spéciales de la police. Cette campagne coïncide avec le déclenchement de la Première Guerre mondiale en 1914 et l'appel aux volontaires pour l'effort de guerre. Lors du rejet officiel de sa demande, Boyle, aidée de Margaret Damer Dawson riche philanthrope et elle-même militante pour les droits des femmes[8], crée la première force de police féminine volontaire, les Women Police Volunteers (WPV). En février 1915, cependant, Boyle se sépare de l'organisation en raison de l'utilisation des WPV pour imposer un couvre-feu aux femmes dites « de mauvaise moralité » près d'une base militaire à Grantham.
À la fin de 1916, Boyle se rend en Macédoine et en Serbie pour effectuer des missions hospitalières. Elle effectue d'autres missions de secours dans les Balkans, pour lesquelles elle reçoit l'Ordre des Samaritains de Serbie et la Médaille alliée[9]. Après la Révolution russe, elle entreprend un voyage en Russie en compagnie de sa compatriote suffragette Lilian Lenton, une expérience qui fait d'elle une anticommuniste à vie.[réf. nécessaire]
Élection partielle de Keighley
En mars 1918, la mort du député libéral de Keighley, dans le West Riding of Yorkshire, Sir Swire Smith provoque la tenue d'une élection partielle. Bien que les femmes de plus de trente ans obtiennent le droit de vote en 1918, des doutes subsistent quant à leur éligibilité au Parlement.[réf. nécessaire] Elle fait connaître son intention de se présenter comme candidate de la WFL à Keighley et, en cas de refus, de porter l'affaire devant les tribunaux pour obtenir une décision définitive.
Après un examen juridique, le directeur du scrutin se dit prêt à accepter sa candidature, créant ainsi un précédent important pour les candidates. Cependant, il juge sa candidature invalide pour d'autres motifs.[réf. nécessaire]
Elle revendique une victoire morale pour le droit de vote des femmes. Les Lords juges conviés à examiner la question concluent que la loi de 1832 sur la Grande Réforme interdit expressément aux femmes de se présenter comme candidates parlementaires. La loi sur la représentation du peuple, adoptée plus tôt dans l’année, ne change rien à cela.[réf. nécessaire]
Le Parlement adopte à la hâte la loi de 1918 sur la qualification des femmes au Parlement, juste à temps pour permettre aux femmes de se présenter aux élections générales de décembre 1918. Cette loi ne compte que 27 mots et constitue la loi la plus courte du Royaume-Uni[10].
Après la guerre
Après 1918, elle fait campagne ou prend la parole lors de réunions au nom du Syndicat national des enseignantes , du Comité électoral des femmes, du Conseil de la porte ouverte (qui vise à supprimer les barrières qui limitent les possibilités d'emploi des femmes) et également d'organisations soucieuses du bien-être des femmes et des enfants dans les pays en développement. Elle est active au sein du Save the Children Fund (SCF)[1] en 1921, elle se rend en URSS pour travailler dans un programme de secours contre la famine du SCF.
Elle utilise sa position au sein du SCF pour soulever la question de l'esclavage sexuel et du trafic de femmes à des fins de prostitution. Elle prononce de nombreux discours et écrit de nombreux articles en tant que représentante du SCF ainsi que pour le livre What is Slavery? An Appeal to Women publié en 1931 à Croydon par H. R. Grubb[11].
Elle soutient le travail de l’Association pour l’hygiène morale et sociale, une organisation qui fait campagne contre l’exploitation des prostituées et leur bien-être[12].
Après la guerre et la conquête des droits politiques des femmes, Boyle ainsi que de nombreuses ex-suffragettes, se tourne vers la droite politique, mais pas dans la même mesure que son ancienne associée Mary Allen. En 1921, Boyle est l'un des orateurs lors d'une réunion de l' Union de l'Empire britannique (BEU) anti-allemande et anti-immigrante et partage une réunion avec Margaret Lloyd George plus tard la même année.[réf. nécessaire]
Lors de l' élection partielle pour la division de l'abbaye de Westminster tenue le 25 août 1921, elle se prononce en faveur du candidat conservateur victorieux, John Sanctuary Nicholson. Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle est active dans la Never Again Association[1], un organisme similaire à la BEU qui fait campagne pour le démembrement de l'Allemagne et l'expulsion de Grande-Bretagne de toutes les personnes nées dans les pays de l'Axe[réf. nécessaire].
Mort et héritage
Boyle décède le 4 mars 1943, à l'âge de 77 ans, dans une maison de retraite située au 99 Cromwell Road, à Londres. Sa dépouille est incinérée le 9 mars à Golders Green[11].
Durant certaines années ayant suivies sa mort, le Bedford College offre un prix commémoratif Nina Boyle pour le meilleur essai sur un sujet lié à la position et au travail des femmes[13]. Désormais, il se décerne par Royal Holloway, Université de Londres (qui fusionne avec le Bedford College), à un étudiant des départements d'histoire ou de politique sociale[14].
Bibliographie
En dehors de ses publications journalistiques en rapport à ses campagnes électorales, Boyle écrit des romans d'aventure et de mystère. Ses romans mettent en scène des personnages féminins :
- (en) C. Nina Doyle, Out of the frying pan, New York, T. Seltzer, , 383 p. (lire en ligne)[15],[16]
- (en) Nina Boyle, WHAT BECAME OF MR. DESMOND (1922), KESSINGER PUBLISHING, [S.l.], (ISBN 9781164180845, lire en ligne) 1922[17]
- (en) Nina Boyle, Nor all thy tears, New York, T. Seltzer, , 315 p. (lire en ligne)[18]
- (en) Nina Doyle, Allen & Unwin, London, 1925, London, Allen & Unwin, , 350 p. (lire en ligne)[19]
- (en) Nina Doyle, Moteley's concession; a tale of Torronascar, London, Allen & Unwin, (lire en ligne)[20]
- The Stranger Within the Gates - Allen and Unwin, London 1926
- The Rights of Mallaroche - Allen and Unwin, London 1927
- Treading on Eggs - Stanley Paul & Co., London 1929
- My Lady's Bath - Stanley Paul & Co., London 1931
- (en) Nina Doyle, The late unlamented, London, Stanley Paul & Co., 288 p. (lire en ligne)[21]
- (en) C; Nina Doyle, What is slavery? : an appeal to women, London, Grubb, circa 1932 (lire en ligne)[22]
- How Could They? - Stanley Paul & Co., London 1932
- Good Old Potts! – Stanley Paul & Co., London 1934