Office anti-cybercriminalité
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L'office anti-cybercriminalité (OFAC) a été créé par un décret du [a] et se substitue à la sous-direction de la lutte contre la cybercriminalité (SDLC) et à l’office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC). Il est rattaché à la direction nationale de la Police judiciaire, l'une des directions actives de la direction générale de la Police nationale du ministère de l'Intérieur français. Il est chargé notamment de l’animation et de la coordination au niveau national sur le plan opérationnel de la lutte contre les auteurs et complices d’infractions spécifiques ou ayant recours aux technologies de l'information et de la communication.
| Office anti-cybercriminalité | |
Logo de l'OFAC. |
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| Création | |
|---|---|
| Siège | Nanterre (Hauts-de-Seine, France) |
| Ministre responsable | Laurent Nuñez (Ministre de l'Intérieur) |
| modifier |
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Historique
Dès , la France prend conscience de la menace liée au développement du numérique. À l’époque, le champ d’action est limité. Il concerne principalement la menace financière.
En , les services de police s’organisent pour lutter contre la délinquance et le crime informatique. Cette organisation donne naissance à une brigade spécialisée : la brigade centrale de répression de la criminalité informatique (BCRCI)[1],[2]. Elle est rattachée à la Direction centrale de la police judiciaire. Elle mène des enquêtes nationales ou internationales et assure la liaison avec les services internationaux comme Interpol.
En , l’office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de la communication (OCLCTIC) est mis en place par décret du [b], en remplacement de la BCRCI. À sa création, il dépend de la sous-direction de la lutte contre le crime organisé et la délinquance financière. Il constitue alors un pôle de compétence national de lutte contre la cybercriminalité.
À la suite des préconisations du rapport sur la cybercriminalité du [3] par le procureur général Marc Robert[4], la sous-direction de la lutte contre la cybercriminalité (SDLC) est créée par l’arrêté du [c]. Cet arrêté étend le champ d’action de l’OCLCTIC au développement d’une politique globale de lutte contre la cybercriminalité.
En , la Police nationale se dote d’un plan national cyber quinquennal de renforcement de la lutte contre la cybercriminalité qui prévoit la création de l’office anti-cybercriminalité chargé de la déclinaison des 37 mesures pour une police plus cyber, une cyber police plus efficace qui détecte, partage et protège[5].
Missions et compétences
L'office anti-cybercriminalité est chargé de lutter contre toutes les formes de délinquance apparues avec l'avènement des nouvelles technologies de l'information et de la communication.
Pôle de compétence national, le décret de création conforte l’office anti-cybercriminalité dans son rôle de « coordination opérationnelle des services de lutte contre la cybercriminalité[a] » en intégrant les missions d’enquête, d’appui, de renseignement et de détection.
Les principaux domaines d’intervention de ce service sont :
- la lutte contre les atteintes aux systèmes de traitement automatisé de données (les attaques informatiques et rançongiciels notamment) ;
- la lutte contre les cyber services criminels ;
- l’accompagnement dans la mise en œuvre de cyber-investigations ;
- les contenus illicites sur l'Internet.
Organisation
En , l’office anti-cybercriminalité est composé d’environ 180 personnes, policiers, gendarmes, ingénieurs, techniciens, administratifs, contractuels et apprentis. Cette synergie des compétences participe de la performance de la structure.
L’office anti-cybercriminalité est composé de quatre pôles structurés autour de quatre missions et d’un maillage territorial composé d’antennes et de détachements de l'office anti-cybercriminalité.
Missions
Elles sont au nombre de quatre :
Enquêter : le pôle des cyber-enquêtes
Un pôle créé pour faire face à l’augmentation significative des atteintes au STAD et contrer la multiplication des cyber-services mis à disposition des groupes criminels. Constitué d’enquêteurs et d’ingénieurs, ce pôle agrège des capacités opérationnelles, techniques et d’analyse permettant d’accroître la synergie des compétences.
Appuyer : le pôle de l’appui opérationnel cyber
Ce pôle assure l’appui les services judiciaires dans la mise en œuvre de cyber-investigations au niveau national et international. Il regroupe l’ensemble des moyens techniques répartis entre deux sections et un plateau.
Il chargé également de la formation des investigateurs en cybercriminalité.
Renseigner : le pôle du renseignement cyber
Ce pôle développe les échanges avec les différents partenaires étatiques et privés sur les informations relatives aux faits et infractions relevant de la cybercriminalité pour laquelle l’office anti-cybercriminalité est compétent. L’office anti-cybercriminalité constitue également le point de contact central opérationnel à l’international.
Détecter : le pôle de détection des menaces cyber
Dans le cadre de la modernisation des politiques publiques et de dématérialisation des démarches citoyennes, l’office anti-cybercriminalité propose différents téléservices aux citoyens prenant en compte les victimes[6].
Maillage territorial
Pour accroitre ses capacités de réponse aux attaques informatiques et aux besoins exprimés par les services d’enquête, l’office anti-cybercriminalité dispose d’antennes et de détachements auprès des services territoriaux de la Police nationale en tout point du territoire (métropole et outre-mer).
Dotées d’équipements de pointe et disposant d’enquêteurs formés aux enquêtes numériques, leur mission est de faciliter la prise en compte systématique de la dimension cyber des enquêtes.
Plates-formes de signalement et de dépôt de plainte
Dans le cadre de la modernisation des politiques publiques et de dématérialisation des démarches citoyennes, l'office anti-cybercriminalité propose différents téléservices aux citoyens agissant pour une meilleure prise en compte des victimes.
PHAROS
La plate-forme d'harmonisation, d'analyse, de recoupement et d'orientation des signalements (PHAROS) a été créée en par le Gouvernement pour signaler des contenus publics et comportements en ligne illicites.
Peuvent être signalés tous les contenus illicites sur l'Internet, dont :
- atteintes aux mineurs ;
- contenus haineux (loi no 2020-766 du visant à lutter contre les contenus haineux sur internet) ;
- escroqueries et arnaques financières utilisant Internet.
Infos escroqueries
Lancé en , Info-escroqueries est une plate-forme téléphonique d’information et de prévention sur les escroqueries sur Internet[7].
THESEE
Lancé le , THESEE est le premier dispositif de dépôt de plainte en ligne pour les majeurs victimes d’arnaques en ligne[8].
Une personne physique majeure peut déposer plainte pour les faits suivants :
- piratage de compte mail ou de réseau social avec demande d’argent ;
- escroquerie à la petite annonce, faux acheteur ou faux vendeur ;
- fausse location ;
- rançongiciel ;
- chantage en ligne ;
- escroquerie aux sentiments ;
- faux site de vente.
Quelques dossiers traités
- Affaire Hive
- Affaire alerte à la bombe sur les espaces numériques de travail
- Affaire Locker Goga
- Affaire Egregor
- Affaire Gatehub
- Affaire Jackpotting
- Affaire Sky ECC
- Affaires Emotet
- Affaire Clearstream
- Affaire Guillermito
- Affaire du Temple solaire
- Affaire Humpich
- Affaire SOS-Racaille
- Affaire Mohammed Merah
- Démantèlement de la messagerie cryptée Matrix fin [9]
Polémique
Selon Midi libre[10] qui reprend une information de Lumen[11] du , l'OCLCTIC a demandé dans le cadre de sa mission de traitement de contenus illicite qui lui sont signalés au réseau social Google+ de supprimer la publication d'un montage photo basé sur un cliché de Chas Gerretsen (en) de qui présente le général Augusto Pinochet, la tête du dictateur chilien étant remplacée par celle d'Emmanuel Macron et les têtes d'Édouard Philippe et Christophe Castaner remplaçant celles d'autres officiers en arrière-plan sur le cliché original.