Frei Otto
architecte allemand
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Frei Otto (né le à Siegmar et mort le [1]) est un architecte allemand.
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(de + en) www.freiotto.com |
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Prix Pritzker () Liste détaillée Prix Auguste-Perret () Berliner Kunstpreis () Docteur honoris causa de l'université de Duisbourg et Essen () Prix Wolf en architecture () Ordre du Mérite du Land de Bade-Wurtemberg () Docteur honoris causa de l'université technique de Munich () Médaille d'or royale pour l'architecture () Officier de l'ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne () Praemium Imperiale () Docteur honoris causa de l'université d'Innsbruck () Prix Pritzker () |


Pionnier de l'architecture légère et de l'éco-conception, il est mondialement reconnu pour l'emploi de structures tendues (réseaux de câbles et membranes textiles) et pour son langage formel s'inspirant directement de la nature, faisant de lui l'un des précurseurs de l'architecture bionique. Cherchant toujours à couvrir de vastes espaces avec le strict minimum de matériaux, il étudiait la géometrie des bulles de savon ou des toiles d'araignée pour concevoir ses bâtiments.
Il est notamment le concepteur du célèbre pavillon de l'Allemagne de l'Ouest à l'Expo 67 de Montréal, et du toit du stade olympique de Munich, stade des Jeux olympiques d'été de 1972, qui met à profit la notion mathématique de surface minimale.
En reconnaissance de son influence majeure sur l'architecture contemporaine, il a reçu de nombreux distinctions, dont le Praemium Imperiale en 2006 et le prestigieux prix Pritzker en 2015, qui lui fut exceptionnellement décerné quelques jours après sa mort.
Biographie
Jeunesse et l'expérience décisive de la guerre
Frei Otto naît en 1925 en Allemagne. Issu d'une famille de sculpteurs, il travaille d'abord comme apprenti tailleur de pierre avant d'entamer des études d'architecture à l'université technique de Berlin. Ses études sont brutalement interrompues par la Seconde Guerre mondiale lorsqu'il est enrôlé dans la Luftwaffe (l'armée de l'air allemande) en tant que pilote de chasse. Capturé, il passe la fin de la guerre dans un camp de prisonniers près de Chartres, en France. Face au manque cruel de matériaux de construction dans le camp, il commence à expérimenter et à fabriquer des abris et des tentes pour ses codétenues en utlisant le strict minimum ( des toiles et de fins morceaux de bois). Cette ingénierie de la nécessité marque le point de départ de sa quête pour l'architecture légère[2].
Formation et premières agences
De retour en Allemagne en 1948, il reprend ses études. En 1950, grâce à une bourse, il effectue un voyage d'étude décisif aux Etats-Unis où il rencontre des architectes et ingénieurs visionnaires comme Frank Lloyd Wright, Eero Saarinen et Charles Eames, qui l'influencent profondément.
En 1952, il ouvre sa première agence d'architecture à Berlin, avec un principe de fonctionnement très novateur pour l'époque : les ingénieurs et les architectes y travaillent sur un strict pied d'égalité, effaçant la frontière entre conception esthétique et calcul de structure.
L'Institut des structures légères et le biomimétisme
En 1964, il fonde l'Institut des structures légèrs (Institut für leichte Flächentragwerke ou IL) à l'université de Stuttgart. En 1968, il s'installe à Warmbronn, près de Stuttgart, et y transfère son centre de développement, où il enseignera de nombreuses années. C'est dans cet institut qu'il mène ses expériences les plus fascinantes. Pour concevoir ses toitures, Frei Otto n'utilise pas d'ordinateurs, mais des maquettes physiques analogiques. Il trempe des boucles de fil de fer dans de l'eau savonneuse pour observer la forme naturelle des bulles de savon (qui cherchent toujours la surface minimale avec la tension maximale). En travaillant avec des biologistes, il étudie également les toiles d'araignée et la structure des crânes d'oiseaux, devenant ainsi l'un des grands précurseurs de l'architecutre bionique.
Héritage et influence au XXIe siècle
Ses recherches pionnières sur les structures minimales ont révolutionné la manière de concevoir l'architecture. Les principes physiques qu'il a découverts avec ses maquettes analogiques font aujourd'hui l'objet de très sérieuses études pour les architectes du XXie siècle, alliant sa modélisation classique aux outils numériques modernes. Par exemple, la firme d'architecture australienne PTW s'est directement inspirée des travaux de Frei Otto sur les bulles de savon pour concevoir la célèbre structure de la piscine olympique (le Water Cube) des Jeux de Pékin en 2008 (sous la direction du chef de projet Chris Bosse)[3].
Il est reconnu pour l'emploi de structures textiles, et pour son langage formel inspiré de l'étude de la nature. En effet, s'inspirant des formes organiques pour la réalisation de structures, il fait partie des précurseurs de l'architecture bionique.
Il est notamment le concepteur du toit du stade olympique de Munich, qui met à profit la notion de surface minimale.
Frei Otto fut le concepteur du pavillon de l'Allemagne de l'Ouest à l'Expo 67 à Montréal.
Principales réalisations
- 1955 Pavillon des Floralies nationales de Cassel[4]
- 1957 Pavillon des Floralies nationales de Cologne
- 1967 Pavillon allemand pour l'Exposition universelle de Montréal (avec Rolf Gutbrod)
- 1970-1972 Toitures du centre olympique de Munich (avec Günther Behnisch et Fritz Auer)
- 1971-1974 Complexe hôtelier et Centre de congrès de La Mecque (avec Ove Arup et Rolf Gutbrod)
- 1975 Volière du zoo de Munich [5]
- 1986-1989 Eco-immeuble à Berlin
Prix et récompenses
- Prix Wolf (1997)
- Praemium Imperiale (2006)
- Prix Pritzker (2015)
Distinctions
- Membre de l'Académie des arts de Berlin (1970)[6]
- Docteur honoris causa de l'université de Duisbourg et Essen (1990)
- Docteur honoris causa de l'université technique de Berlin (2005)
- Officier de l'ordre du Mérite de la République fédérale d'Allemagne (Bundesverdienstkreuzes 1. Klasse) (2006)
Bibliographie
- Architecture et bionique : constructions naturelles, Delta et Spes, 1985.