Ottrott
commune française du département du Bas-Rhin
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Ottrott est une commune française, située dans la circonscription administrative du Bas-Rhin et, depuis le , dans le territoire de la collectivité européenne d'Alsace, en région Grand Est.
| Ottrott | |
Vue depuis le Mont Sainte-Odile, Ottrott s'étire autour de l'arborétum du Windeck. Au premier plan, les carrières d'Ottrott-Saint-Nabor. | |
Blason |
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| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Grand Est |
| Collectivité territoriale | Collectivité européenne d'Alsace |
| Circonscription départementale | Bas-Rhin |
| Arrondissement | Molsheim |
| Intercommunalité | Communauté de communes des Portes de Rosheim |
| Maire Mandat |
Claude Deybach 2020-2026 |
| Code postal | 67530 |
| Code commune | 67368 |
| Démographie | |
| Gentilé | Ottrottois(es)[1] |
| Population municipale |
1 620 hab. (2023 |
| Densité | 56 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 48° 27′ 31″ nord, 7° 25′ 35″ est |
| Altitude | Min. 230 m Max. 1 052 m |
| Superficie | 28,89 km2 |
| Type | Bourg rural |
| Unité urbaine | Bœrsch (banlieue) |
| Aire d'attraction | Strasbourg (partie française) (commune de la couronne) |
| Élections | |
| Départementales | Canton de Molsheim |
| Législatives | Sixième circonscription |
| Localisation | |
| Liens | |
| Site web | www.ottrott.fr |
| modifier |
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Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace.
Ottrott est réputée pour son rouge d'Ottrott, un vin rouge qui se singularise dans la famille des cépages d'Alsace. La commune est connue aussi pour être l'étape habituelle des promeneurs en route vers le Champ du Feu à 20 km par la route et des marcheurs qui partent à l'ascension du mont Sainte-Odile à 4,4 km à travers la forêt.
Ses habitants sont appelés les Ottrottois (Ottrotter en alsacien).
Géographie
Localisation
Ottrott est située sur la route des vins d'Alsace, à moins de 5 km à l'ouest de la ville d'Obernai et environ 30 km au sud-ouest de Strasbourg. C'est un village touristique situé au pied de l'Elsberg (700 m) et du mont Sainte-Odile (764 m).
Le territoire de la commune est principalement occupé par la forêt (2 500 ha). Il est bordé du côté du massif des Vosges par le mont Sainte-Odile et du côté de la plaine d'Alsace par la vallée de l'Ehn.
Le hameau de Klingenthal, qui s'étire au fond du vallon de l'Ehn, est rattaché à Ottrott, pour la partie du hameau située sur la rive droite de la rivière, et de la commune de Bœrsch pour la majeure partie située sur l'autre versant.
Le territoire communal s’étend sur un dénivelé important : 230 m en bordure de plaine - 1 050 m près du Champ du Feu.
Ottrott étant adossée au massif des Vosges, les communes à l'ouest sont des communes de montagne situées autour de 500 mètres d'altitude, alors qu'à l'est ce sont des communes de la plaine d'Alsace situées à une altitude d'environ 200 mètres. Les communes du canton de Rosheim apparaissent dans le tableau ci-dessous en gras.
| Grendelbruch et Mollkirch | St Léonard, Bœrsch et Rosenwiller | Rosheim, Bischoffsheim et Griesheim | ||
| Neuviller-la-Roche et Natzwiller | N | Obernai | ||
| O Ottrott E | ||||
| S | ||||
| Le Hohwald | Saint-Nabor et Barr | Bernardswiller |
Géologie
À la limite des communes d’Ottrott et de Saint-Nabor se situent les carrières d'Ottrott-Saint-Nabor dont on extrayait les roches pyroclastiques (porphyre).
Entre les granites du Champ du Feu, on rencontre une « bande médiane » constituée de formations volcaniques rapportées au Dévonien. Dans la carrière de la Katzmatt affleurent des tufs à lapilli et des laves sombres de type andésitique[2], carrière située dans le vallon du ruisseau de la Magel[Carte 1].
Hydrographie
La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par le ruisseau l'Ehn, le ruisseau la Magel, le ruisseau Dimpfelbach, le ruisseau Eisenbach, le ruisseau Fullochbach, le ruisseau Kalterbach, le ruisseau la Petite Magel et le ruisseau Moosbach[3],[Carte 2].
L'Ehn, d'une longueur de 36 km, prend sa source dans la commune et se jette dans l'Ill à Geispolsheim, après avoir traversé dix communes[4].
La Magel, d'une longueur de 17 km, prend sa source dans la commune et se jette dans la Bruche à Heiligenberg, après avoir traversé sept communes[5].

Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[6]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[7]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental[8] et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée (1 500 à 2 000 mm/an) en toutes saisons et un hiver rude (moins de 1 °C)[9]. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[10],[11].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,1 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 17,4 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 783 mm, avec 1 jours de précipitations en janvier et 1,1 jours en juillet[6]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune du Hohwald à 9 km à vol d'oiseau[12], est de 8,8 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 1 129,1 mm[13],[14]. La température maximale relevée sur cette station est de 35,6 °C, atteinte le ; la température minimale est de −20,5 °C, atteinte le [Note 2].
Urbanisme
Typologie
Au , Ottrott est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022[15]. Elle appartient à l'unité urbaine de Bœrsch[Note 3], une agglomération intra-départementale regroupant trois communes, dont elle est une commune de la banlieue[Note 4],[16],[17]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Strasbourg (partie française), dont elle est une commune de la couronne[Note 5],[17]. Cette aire, qui regroupe 268 communes, est catégorisée dans les aires de 700 000 habitants ou plus (hors Paris)[18],[19].
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (91,9 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (92,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (91 %), zones urbanisées (3,6 %), cultures permanentes (2,6 %), prairies (1,2 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (1 %), mines, décharges et chantiers (0,6 %)[20]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 3].

Lieux-dits et écarts
- Ottrott-le-Haut ;
- Ottrott-le-Bas ;
- Roedel, lieu-dit du ban d'Obernai, situé à l'entrée est de la commune ;
- Eichwaeldel (littéralement petite forêt de chênes), quartier résidentiel créé en 1974 entre Ottrott-le-Haut et Klingenthal ;
- Klingenthal, annexe de la commune qui s'étire au nord-ouest dans la vallée de l'Ehn ;
- Kupferhammer, lieu-dit, situé entre Ottrott et Klingenthal ;
- Mont Sainte-Odile, annexe de la commune située à 2,5 km à vol d'oiseau et à 764 mètres d'altitude, au sud-ouest d'Ottrott-le-Haut.
Voies de communication et transports
La ville d'Ottrott est une étape de la voie verte qui relie Rosheim à Saint-Nabor ouverte en 2019. Elle possède une station de gonflage pour les pneus de vélo ainsi que d'anciennes installations ferroviaires non loin de l'ancienne gare : quatre vérins, une grue de soulevage et une plateforme de pesée de wagons.
Toponymie

La première mention écrite date d'un document de l'an 1059, rédigé en latin, à la suite de l'ordonnance du roi Heinrich IV (roi et empereur germanique) envers l'évêque Hezel de Strasbourg, qui cite la « villa Otonis, quae dicitur Ottenroden ». Il semble donc qu'un certain chevalier Oton ou Otton s'était installé dans cette contrée alors sauvage et recouverte de forêts (« Rode » en langage haut allemand). D'autres[Lesquels ?] estiment que ce nom vient de Ot-Trott (cave ou cellier d'Oton). Selon une autre hypothèse[réf. nécessaire], Ottenroden signifierait « auf der roten Erde » (sur la terre rouge).
Niederottrott (1793), Ottrott-le-Bas (1801).
Histoire
Ottrott est née en 1858 de la fusion de deux anciennes communes : Ottrott-le-Bas et Ottrott-le-Haut[21]. En souvenir de cet évènement, la mairie, construite en 1861, porte sur sa façade les armoiries des deux communes primitives. Le premier conseil municipal est élu le , et le premier maire de la nouvelle commune est Théodore de Dartein.
Politique et administration
Découpage territorial
La commune d'Ottrott est membre de la communauté de communes des Portes de Rosheim[22], un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé le dont le siège est à Rosheim. Ce dernier est par ailleurs membre d'autres groupements intercommunaux[23].
Sur le plan administratif, elle est rattachée à l'arrondissement de Molsheim, à la circonscription administrative de l'État du Bas-Rhin, en tant que circonscription administrative de l'État, et à la région Grand Est[22].
Sur le plan électoral, elle dépendait jusqu'en 2020 du canton de Molsheim pour l'élection des conseillers départementaux au sein du conseil départemental du Bas-Rhin. Depuis le , elle dépend du même canton pour l'élection des conseillers d'Alsace au sein de la collectivité européenne d'Alsace[24].
Liste des maires
Jumelages
Seebach im Scharzwald (Allemagne) depuis le [28]. Seebach est située dans le massif de la Forêt-Noire, à l'est de Strasbourg ;
Saussignac (France) depuis le .
Équipements et services publics
Population et société
Démographie
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[29]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[30].
En 2023, la commune comptait 1 620 habitants[Note 6], en évolution de +4,79 % par rapport à 2017 (Bas-Rhin : +3,4 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
L'évolution démographique d'Ottrott suit le même profil que celui de la plupart des communes du canton, à savoir :
- Une croissance de la population qui atteint son apogée entre 1840 et 1865, limitée par les conditions économiques de l'époque ;
- De 1870 à 1910, une baisse liée à l'exode rural et à l'émigration des Alsaciens-Lorrains qui ont opté pour la France ;
- De 1910 à 1921, on constate les ravages de la Première Guerre mondiale ;
- De 1921 à 1936, stabilisation ;
- En 1941, l'exode, les expulsions par les nazis et les victimes de la Deuxième Guerre mondiale font à nouveau baisser la population.
- À partir de 1960 - année où la population atteint son niveau le plus bas avec environ 1 000 habitants - la croissance démographique reprend grâce au développement des voies de communication, des transports, de l'installation d'entreprises en zone rurale et la création successive de lotissements en 1969, 1971 et 1974.
Économie
Jusqu'au début du vingtième siècle, les activités de la commune sont restées traditionnelles. En 1922, les Établissements Frédéric Jacquel de Neuviller-Natzwiller, fleuron de l'industrie textile de la vallée de la Bruche, créent un atelier de tissage à Ottrott, au lieu cadastré Bachscheid[33]. Le long bâtiment, au toit d'usine à sheds abritant l'atelier, compte une superficie de plus de 2 300 m2. Du fait de la crise du textile des années 1960, l'entreprise propriétaire du tissage fusionne dans un premier temps avec la société Sincotex, puis est reprise par le groupe textile Willot. L'atelier d'Ottrott est définitivement fermé en 1969, l'activité et les emplois étant partiellement transférés vers l'établissement de Dinsheim-sur-Bruche[34]. Les locaux existent toujours, situés derrière le Domaine des Naïades.
Dans les années 1960, la municipalité a renoncé à l'implantation d'activités industrielles afin de préserver son cadre rural exceptionnel et a fait le choix du tourisme en favorisant l'installation d'établissements hôteliers et de restaurants. Le tourisme est devenu le moteur de l'activité de la commune[28].
Culture locale et patrimoine
Lieux et monuments
- Les carrières d'Ottrott-Saint-Nabor.
- Le château d'Altkeller.
- Le château du Birkenfels, XIIIe siècle.
- Le château de Dreistein, XIIIe siècle.
- Le château du Hagelschloss, XIIIe siècle.
- Le château du Kagenfels, XIIIe siècle.
- Le château de Koepfel.
- Le château du Bas-Ottrott, motte castrale surmontée d'une tour en maçonnerie[35], dans le parc d'une demeure du XVIIIe siècle.
- Le château de Lutzelbourg, XIIIe – XVe siècle.
- Le château du vieux Lutzelbourg, XIe – XIIe siècle.
- Le château de Rathsamhausen, XIIIe – XVe siècle.
- Le château de Windeck, milieu du XVIIe siècle, agrandi au XIXe siècle.
- La chapelle Saint-Nicolas, fin XIIe siècle.
- L'église Saints-Simon-et-Jude, 1771.
- Le mont Sainte-Odile.
- Le monument « Lancaster » à la Saegmuhlmatt[Note 7], érigé à la mémoire de l'équipage du bombardier Avro Lancaster no NE 164 abattu dans la nuit du au [36].
- Le mur païen.
- La pierre druidique d'Ottrott, mégalithe.
La basilique du mont Sainte Odile et Ottrott en contrebas. Le couvent du mont Saint Odile vu du jardin. Une portion de l'énigmatique mur païen, qui entoure le mont Sainte-Odile. Le château d'Altkeller. Le château du Birkenfels. Le château de Dreistein. Le château du Hagelschloss. Le château du Kagenfels en cours de restauration. Le château de Lutzelbourg. Le château de Rathsamhausen, sur les hauteurs dominant le village d'Ottrott. Le château de Windeck. L'église Saint-Simon-et-Jude à Ottrott-le-Haut.
Personnalités liées à la commune
- Armand Théodore de Dartein : officier, conseiller général, maire d'Ottrott, propriétaire du château du Windeck dont il aménagea le parc en arboretum (1799-1884).
- Charles Greyenbühl : artiste peintre, graveur et imprimeur, élève de Charles Spindler à Saint-Léonard. Il publia des recueils de ses gravures sur bois portant sur divers sujets alsaciens. Il illustra en 1954 l'étude de Frédéric Koritké sur la manufacture d'armes de Klingenthal (né à Ottrott 27/1/1900, Rosheim 3/6/1962).
- Louis Laurent-Atthalin : artiste auteur de 48 croquis remarquables sur Ottrott et ses environs initialement publiés dans Bleistiftsskizzen von Laurent Atthalin aus dem Jahre 1836 (1818-1893).
- Famille Wertheimer : hommes d’affaires et financiers, propriétaires de la marque Chanel, originaires d’une lignée de bouchers, rabbins, et marchands de bétail d’Ottrott-le-Bas.
