Mouvement d'Oxford

courant théologique anglais du XIXe siècle From Wikipedia, the free encyclopedia

Le Mouvement d’Oxford (en anglais Oxford Movement) est un courant théologique et ecclésiastique né dans les années 1830 à l'université d'Oxford. Situé à l'intérieur de la Haute Église (High Church) anglicane, il s'efforce de rapprocher la théologie anglicane du catholicisme. Par la suite, plusieurs de ses membres les plus influents, dont John Henry Newman, ont demandé leur admission dans l'Église catholique.

Oriel College, d'où sont issus la plupart des fondateurs du Mouvement d'Oxford.

Histoire

Les promoteurs de ce mouvement sont pour la plupart des professeurs et étudiants de l’Université d'Oxford (d'où son nom) qui, réfléchissant à la question de la succession apostolique, doutent qu'elle aboutisse à l’Église anglicane.

Ce courant théologique est également connu sous le nom de tractarianisme (Tractarian movement), en référence à la publication des Tracts for the Times, de 1833 à 1841. Ses promoteurs sont aussi parfois nommés, de manière péjorative, « puseyistes » (et le courant de puseyisme ou puséisme[1]), du nom de l’un de leurs chefs, Edward Bouverie Pusey, professeur d’hébreu à Christ Church, à Oxford.

Début du Mouvement

Dans le cadre de la Reform Bill, le gouvernement britannique décide de supprimer 10 sièges parlementaires qui étaient dévolus à des évêques anglicans d'Irlande[2]. Certains envisageaient par ailleurs de réformer la liturgie eucharistique[3] et réintroduire une pratique sacramentelle.

Face à cette réforme gouvernementale John Keble (1792-1866), dans un sermon célèbre prononcé le dans l'église universitaire d'Oxford, critique l’« apostasie nationale »[4] et la mainmise de l’État sur la vie de l’Église anglicane: il en appelle l’Église anglicane à se réveiller et réaliser sa mission sacrée[5]. Ce prêche de John Keble conduit certains professeurs et membres d’Oxford à vouloir agir afin de développer un mouvement de renouveau de l’anglicanisme. Le , une conférence sur la défense de l’Église est organisée en présence de William Palmer, Froude et Perceval, mais la réunion n'aboutit pas[6]. Il n'empêche que plusieurs personnalités s’engagent alors personnellement dans une défense de l’anglicanisme, dont Richard Whately qui prône une séparation de l'Église anglicane et de l’État[7].

Publication des Tracts

John Henry Newman, alors prêtre anglican à Oxford, est fortement influencé par le sermon prononcé par John Keble et décide de diffuser des tracts (les Tracts for the Times) où il défend une conception moderne de l’anglicanisme[8]. Il critique la sécularisation croissante de l’Église d’Angleterre (son libéralisme), la mainmise gouvernementale sur les structures d'Église, et le déclin de la vie religieuse en général. Les autres personnalités éminentes du Mouvement d’Oxford sont l’archidiacre Henry Edward Manning, Richard Hurrell Froude, Robert Wilberforce et William Palmer.

En 1836, Edward Bouverie Pusey (1800-1882) signe un tract avec ses initiales, conduisant à un engagement visible de sa part dans le mouvement. Certains donnent le nom de « puseyisme » au mouvement d’Oxford, voyant en Pusey le chef et l’instigateur du mouvement[9]. Cette dénomination a quelque chose de péjoratif et renvoie à une expression anglaise « Pussy cat ». Avant 1845, les membres sont parfois appelés « newmanites », en référence à John Henry Newman, l'initiateur des Tracts.

Le Tract 90

En 1841, la publication du 90e Tract marque un tournant : John Henry Newman y affirme que les doctrines de l’Église catholique, telles que le concile de Trente les a définies, sont compatibles avec les Trente-neuf articles, fondateurs de l’Église anglicane au XVIe siècle. Dominique Barberi, religieux passioniste italien, envoie une lettre à Newman et à ses amis. Le , Georges Spencer informe Barberi que sa lettre a fait l’objet d’une lecture attentive de la part des membres du groupe d’Oxford.

Progressivement le mouvement d’Oxford évolue vers un rapprochement vers le catholicisme et la reconnaissance de la place particulière de l'évêque de Rome dans la succession apostolique. Le Mouvement se montre de plus en plus critique vis-à-vis du protestantisme et de son influence sur l'Église dAngleterre[10].

Enfin, le Mouvement perd de sa vitalité lorsque Newman, après un long processus de discernement, comme il s'en explique dans son Apologia Pro Vita Sua (1864), ouvrage qui eut un grand retentissement, demande son admission dans l'Église catholique en 1845. Il lui en coûte beaucoup, financièrement et socialement. Manning le suit en 1851. Newman confie qu’il choisit le P. Barberi pour le recevoir dans l’Église catholique, parce qu’il voit en lui un prêtre catholique qui aime les anglicans et qui vit saintement.

Réaction au mouvement d'Oxford

L’émergence du mouvement d’Oxford est au commencement bien accueillie auprès du clergé d’Angleterre. Cependant très vite, dans l'Église anglicane, deux courants vont s’opposer et critiquer le mouvement d’Oxford: les évangéliques et les libéraux, qui y voient une tentative de renaissance d’un catholicisme anglican[9]. La presse, le gouvernement et l'establishment en général lui sont plutôt hostiles. Le mouvement eut cependant une influence non négligeable sur la rénovation des cérémonies religieuses, l'action sociale de l'Église (le slum settlement movement programme) et contribua à la renaissance de communautés religieuses dans la tradition anglicane.

Le mouvement a d’importantes répercussions aux États-Unis au sein de l’Église épiscopalienne. De nombreux religieux se reconnaissent dans ses principes théologiques comme Samuel Seabury.

Jusqu’à nos jours, l’anglo-catholicisme, qui doit sa renaissance au Mouvement d’Oxford, a largement influencé l’anglicanisme dans son ensemble.

Conversion au catholicisme

Le principal protagoniste du Mouvement d’Oxford, John Henry Newman, après la rédaction du tract 90, est convaincu de l’inadéquation de la « théorie des branches » et, à sa demande, est admis dans l'Eglise catholique (1845). Sa conversion est l’une des plus célèbres. Cependant plusieurs membres et sympathisants du Mouvement d’Oxford firent la même démarche dans les années qui suivirent:

Ainsi :

Autres personnalités liées au mouvement d'Oxford

Notes et références

Annexes

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