Réception d'ovocytes de la partenaire
technique de reproduction assistée
From Wikipedia, the free encyclopedia
La réception d'ovocytes de la partenaire (ROPA), aussi appelée FIV réciproque, maternité partagée, FIV par la partenaire, FIV conjointe, PMA croisée ou méthode ROPA, est une méthode de procréation médicalement assistée utilisée par les couples dont les deux membres ont un appareil reproducteur féminin, l'une d'elles étant à l'origine des gamètes maternels et l'autre assumant la grossesse et l'accouchement.

Description
La réception d'ovocytes de la partenaire (parfois appelée également réception d'ovocytes du partenaire ou des ovocytes du couple en raison de la diversité des identités de genre) fait appel à la fécondation in vitro (FIV), qui consiste à prélever des ovules dans les ovaires, à les féconder en laboratoire (à la suite d'un don de sperme), puis à placer un ou plusieurs des embryons obtenus dans l'utérus pour faire démarrer la grossesse. La FIV réciproque diffère de la FIV standard dans un couple de femmes en ce sens que les deux partenaires sont impliquées, car cette méthode mobilise les ovules d'une personne et l'utérus de l'autre, alors qu'en cas de FIV standard, la même partenaire parmi les deux assume tous les aspects physiques de la maternité, en tant que mère génétique et gestatrice[1].
Le processus est mécaniquement identique à la FIV avec don d'ovocyte[2]. La FIV réciproque offre les meilleures chances de grossesse et un risque moindre de naissance multiple[3]. Ce procédé garantit que chaque partenaire est parent biologique de l'enfant (au sens large et pas exclusivement génétique, puisque l'enfant n'aura qu'une mère génétique, dont la gestatrice sera dissociée)[4].
Ce processus de fertilité permet aux deux membres des couples de lesbiennes et d'hommes transgenres de participer physiquement à la procréation[5].
Le procédé est utilisé pour la première fois en Espagne en 2007 à l'institut CEFER[6].
Aspects législatifs
La réception d'ovocytes de la partenaire est légale en Espagne depuis la loi sur le mariage pour tous de 2005 et est aussi autorisée au Portugal, en Belgique[7] et dans certains États des États-Unis[8], avec des conditions plus ou moins souples quant au statut notamment matrimonial du couple demandeur. Elle demeure interdite dans la plupart des juridictions, y compris celles qui ont ouvert aux couples de femmes l'assistance médicale à la procréation.
En France, elle est écartée lors du vote de la loi bioéthique de 2021 par la majorité à l'Assemblée nationale, qui y voit une contradiction avec le principe d'anonymat des dons de gamètes, ce que confirme une décision du Conseil d'État le [9]. La méthode ROPA serait effectivement assimilable à une grossesse avec don d'ovocytes par la partenaire de la gestatrice, laquelle saurait donc qui a donné les gamètes féminins. C'est pour cela que les députés rejettent en majorité un amendement selon lequel toute personne ou tout couple qui mène un parcours de procréation médicalement assistée doit pouvoir recourir à ses propres gamètes, formulation large qui signifie la légalité de cette méthode. Cette option avait été défendue par certaines voix en cas de stérilité ou d'infertilité de la gestatrice[10], mais cette condition n'est pas inhérente à la notion de réception d'ovocytes de la partenaire et n'est par exemple pas requise par la loi espagnole[11].
Par ailleurs, des personnalités politiques opposées à ces pratiques affirment que permettre à une personne de mettre au monde un enfant dont elle n'est pas la mère génétique, en particulier avec don d'ovocytes non anonyme, serait proche d'une maternité de substitution, ici dans un couple de femmes dont l'une ne souhaiterait pas assumer la grossesse mais avoir une descendance génétique, tandis que l'autre adopterait le rôle inverse. Selon des personnes conservatrices, cela pourrait profondément brouiller les rôles familiaux et sociaux, en lien avec la fertilité et le genre des parents, et occasionner un glissement vers la gestation pour autrui en général[10].