Pacherenc du Vic-Bilh
appellation viticole
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Un pacherenc du Vic-Bilh[note 2] est un vin blanc français d'appellation d'origine contrôlée produit à cheval sur le Gers, les Hautes-Pyrénées et les Pyrénées-Atlantiques. Il peut s'agir d'un vin blanc sec, comme d'un moelleux ou d'un liquoreux.
| Pacherenc du Vic-Bilh | |
| Désignation(s) | Pacherenc du Vic-Bilh |
|---|---|
| Type d'appellation(s) | AOC / AOP |
| Reconnue depuis | 1948 |
| Pays | |
| Région parente | vignoble du Sud-Ouest |
| Sous-région(s) | piémont pyrénéen (Armagnac) |
| Localisation | Pyrénées-Atlantiques, Hautes-Pyrénées et Gers |
| Climat | tempéré océanique dégradé à tendance méditerranéenne |
| Sol | molasses |
| Superficie plantée | 282 hectares (en 2023)[1] |
| Cépages dominants | petit manseng[note 1] et gros manseng |
| Vins produits | 55 % blancs secs, 45 % moelleux ou liquoreux |
| Production | 8 617 hectolitres (en 2023)[1] |
| Pieds à l'hectare | minimum 4 000 ceps/ha[2] |
| Rendement moyen à l'hectare | 36 hl/ha en sec et 26 en doux[1] |
| Site web | madiran-pacherenc.com |
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Le nom original et très ancien de l'appellation vient du gascon « vin de vits paisheradas » ou « vin de vigne en échalas » de la région gasconne du Vic-Bilh.
Historique
Le nom même de l'appellation est assez récent, puisqu'il y a une cinquantaine d'années, on parlait parfois de vin de Portet (du nom d'un village voisin de Viella). Lors des comices agricoles de Garlin en 1928, le stand s'intitulait « pachereng des coteaux de Portet ». Une des premières étiquettes à parler de pacherenc est celle du clos La Perle en 1932. C'est la reconnaissance comme une appellation d'origine contrôlée (AOC) par le décret du (en même temps que le madiran et avec la même aire d'appellation alors sur 36 communes)[3] à l'initiative du docteur Doléris qui labellisa ce terme. En septembre 1966, la commune de Viella est rajoutée à l'aire d'appellation[4] et Saint-Mont refusée. L'aire d'appellation est de nouveau modifiée en août 1975 (totalisant désormais 30 communes)[5] et en février 1976 (ajout des communes de Gayon, Lasserre, Lembeye, Mascaraàs, Moncla et Monpezat)[6].
Le pacherenc n'a réellement progressé qu'après 1980. Ce développement est le fruit de l'implication de tous les acteurs, coopératives et particuliers. Après avoir boudé ce type de vin jusqu'en 1982, la coopérative Plaimont Producteurs (la réunion des caves de Plaisance, Aignan et Saint-Mont) s'y est lancée résolument depuis ; de 200 hl, sa production est passée à 8 000 hl aujourd'hui, largement produits à Viella (45 ha). C'est le moment aussi où l'on réactive la très ancienne tradition des vendanges tardives de la Saint-Sylvestre à Viella à laquelle sont consacrés cinq à six hectares.
L'appellation est réglementée par un cahier des charges ; ce dernier a été modifié en mai 1997 (rajout de Moncaup pour atteindre un total de 37 communes ; distinction entre les appellations « Pacherenc du Vic-Bilh » et « Pacherenc du Vic-Bilh Sec »)[7], en février 2005 (encépagement)[8], en octobre 2009 (regroupement des deux appellations en une seule)[9], en novembre 2023[10] et en novembre 2025[2]. Depuis quelques années, une grande vente est organisée à l'automne dans le Vic-Bilh : « Les Barriques d'or », manifestation qui connaît un succès croissant et l'intérêt de la presse écrite. Le record de cette vente est détenu par le viticulteur Nicolas Tortigue[11].
Vignoble
Cette appellation occupe la même aire que le madiran, à proximité de celle du jurançon.
Aire d'appellation

| Images externes | |
| Cartes cadastrales de l'appellation | |
| Orthophotos du parcellaire de l'AOC | |
L'appellation est située dans le pays du Vic-Bilh, dans un coude de la rive gauche de l'Adour, aux confins de trois départements :
- trois communes dans le département du Gers : Cannet, Maumusson-Laguian et Viella ;
- 28 communes dans le département des Pyrénées-Atlantiques : Arricau-Bordes, Arrosès, Aubous, Aurions-Idernes, Aydie, Bétracq, Burosse-Mendousse, Cadillon, Castetpugon, Castillon, Conchez-de-Béarn, Corbère-Abères, Crouseilles, Diusse, Escurès, Gayon, Lasserre, Lembeye, Mascaraàs-Haron, Mont-Disse, Moncla, Monpezat, Moncaup, Portet, Saint-Jean-Poudge, Séméacq-Blachon, Tadousse-Ussau et Vialer ;
- et six dans le département des Hautes-Pyrénées : Castelnau-Rivière-Basse, Hagedet, Lascazères, Madiran, Saint-Lanne et Soublecause[2].
La surface déclarée en production en 2023 a été d'un total de 282 hectares, dont 149 en moelleux ou liquoreux, et 132 en sec[1].
Géologie et orographie
Les sols sont constitués de roches détritiques et sédimentaires. Le relief est constitué des petites vallées du Bergons, du Saget et du Léez, séparées par des collines vallonnées.
Le haut des collines est constitué de sols siliceux à gros galets roulés[12]. Ce terrain chaud et sec draine bien les excès d'eau, la réserve estivale étant contenue dans le sous-sol plus profond.
Les flancs de colline sont des sols argilo-calcaires sur sous-sol de molasse et calcaire[12]. Ce type de sol contient une bonne réserve en eau, mais laisse ruisseler l'excédent.
Le bas des coteaux, en fond de vallée, est représenté par un sol limono-argileux de type boulbène[12]. Ce terroir particulier est peu perméable, donnant une terre en surface humide l'hiver et un sol battant en été.
Climatologie
La région est sous l'influence prépondérante du climat océanique de l'océan Atlantique voisin. Toutefois, une tendance continentale agît au nord-est du vignoble[12]. Le climat local donne des hivers doux et des étés chauds. Les précipitations, importantes pour un vignoble, sont bien réparties, au printemps et à l'automne. L'ensoleillement important (1 909 heures par an en moyenne sur 1991-2020 à Pau-Uzein)[13] et les précipitations modérées l'été constituent un élément qualitatif pour la maturité du raisin, à condition que l'orientation et la topographie des parcelles soient aussi favorables[12]. La station météorologique de Maumusson-Laguian (au lieu-dit Tailleurguet, à 164 mètres : 43° 36′ 16″ N, 0° 05′ 48″ O)[14] est représentative de l'aire d'appellation.
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. | année |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température minimale moyenne (°C) | 2,9 | 3 | 5,4 | 7,6 | 11,1 | 14,3 | 16,1 | 16,1 | 13 | 10,1 | 6 | 3,6 | 9,1 |
| Température moyenne (°C) | 6,7 | 7,5 | 10,6 | 12,9 | 16,5 | 19,8 | 21,8 | 22 | 18,9 | 15,2 | 10,1 | 7,4 | 14,1 |
| Température maximale moyenne (°C) | 10,6 | 12,1 | 15,7 | 18,2 | 21,8 | 25,3 | 27,4 | 27,8 | 24,7 | 20,4 | 14,2 | 11,3 | 19,1 |
| Nombre de jours avec gel | 8,4 | 7,4 | 2,6 | 0,2 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0,5 | 2,8 | 7,3 | 29,2 |
| Précipitations (mm) | 98,2 | 76 | 80,3 | 97,3 | 97,2 | 80,4 | 59,7 | 64,6 | 72 | 81,5 | 114,4 | 99,9 | 1 021,5 |
| Diagramme climatique | |||||||||||
| J | F | M | A | M | J | J | A | S | O | N | D |
| Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm | |||||||||||
Encépagement
Le pacherenc-du-vic-bilh est issu des cépages proches de ceux du jurançon. Selon le cahier des charges, les cépages principaux (leur ensemble doit représenter au moins 60 % de l'encépagement des parcelles, chacun limité à 60 %) sont le courbu B[note 1], le petit courbu B (qui apporte de la rondeur), le petit manseng B (arômes fruités et floraux dont le degré alcoolique peut atteindre 17 à 19° avec des concentrations aromatiques très riches indispensables pour les moelleux) et le gros manseng (vivacité et charpente). Se rajoutent comme cépages accessoires l'arrufiac (finesse et élégance) et le sauvignon B (ce dernier limité à 10 %)[2].
Vendanges
L'arrière-saison très ensoleillée, permet en effet de vendanger tard à pleine maturité (première quinzaine d'octobre pour le madiran et jusque fin novembre, voire au-delà pour les pacherencs moelleux). Ces vendanges tardives ne datent pas d'hier : un édit de 1745 interdisait déjà de récolter le pacherenc, avant le . La vendange s'effectuait durant l'été de la Saint-Martin pour prendre fin le , jour de la Saint-Albert et de la foire de Viella. Les rendements sont plafonné à un maximum de 40 hectolitres par hectare pour le moelleux et de 60 pour le vin sec (butoir à 66)[2].
Le liquoreux des vendanges tardives (de la Saint-Albert au , ou de la Saint-Sylvestre) est produit à partir de raisins passerillés (raisins blettis par le froid et le soleil où se concentrent les sucres mais où l'équilibre du fruit perdure, et notamment l'acidité).
Les vignes réservées pour ce cru tardif (quatre à cinq hectares) sont protégées des oiseaux par des filets. Les raisins sont très dorés et très sucrés. Certaines années, le raisin peut titrer jusqu'à 19 degrés d'alcool naturel. Une fois vinifié, on obtiendra un vin liquoreux aux arômes mélangés d'épices, de miel et de fruits tropicaux.
Les pacherenc secs préfèrent les collines donnant à l'ouest, un peu moins chaudes, et les moelleux, cueillis à surmaturité, préfèrent les versants exposés au sud.
Vins
Elle produit des vins blancs sec, des moelleux, voire des liquoreux (vendanges tardives). Les vins secs doivent rajouter au nom de l'appellation « pacherenc-du-vic-bilh » la mention « sec ».
Volumes
En 2023, le volume produit de l'appellation a été d'un total de 8 617 hectolitres, dont 4 735 hl de sec (55 %) et 3 881 hl de moelleux ou liquoreux (45 %)[1].
Gastronomie
Le pacherenc moelleux, avec son nez de fruits clairs confits (poire, pomme, coing) et d'épices, sa bouche ample et équilibrée, laisse une impression de fraîcheur (bergamote), de bonne persistance. Les secs possèdent de beaux arômes floraux, d'agrumes, de fruits secs. Le moelleux de vendange tardive a des arômes de nèfles et de fruits confits. Le pacherenc-du-vic-bilh sec se consomme dans sa jeunesse tandis que le moelleux se bonifie avec l'âge. Tout comme les crus du madiran, ceux du pacherenc moelleux peuvent facilement dépasser 10 ans d'âge.
Il se consomme entre 10 et 12,5 °C à l'apéritif, sur foie gras frais ou au naturel (mi-cuit) ou encore escalopé avec des raisins, avec des fromages (des Pyrénées, des bleus) et des desserts (brioche, crème brûlée, glace à la vanille au coulis de framboises).