Paprec
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Le groupe Paprec ou Paprec est une entreprise française spécialisée dans le recyclage, la gestion des déchets et la production d'énergies vertes. Il est fondé en 1994 par Jean-Luc Petithuguenin à La Courneuve, en Seine-Saint-Denis. Paprec compte 16 000 salariés présents dans onze pays et réalise un chiffre d'affaires de 3 milliards d'euros en 2024. C'est l'un des principaux acteurs du recyclage, de la gestion des déchets et de la valorisation énergétique des déchets.
| PAPREC | |
| Création | |
|---|---|
| Forme juridique | Société anonyme à conseil d'administration (s.a.i.) (d)[1] |
| Slogan | Pour une planète plus verte et une société plus fraternelle |
| Siège social | Paris |
| Direction | Sébastien Petithuguenin (d) |
| Président | Mathieu Petithuguenin (d) |
| Activité | Recyclage et gestion des déchets |
| Effectif | 16 000 () |
| SIREN | 489455360 |
| Site web | www.paprec.com/fr |
| Chiffre d'affaires | 3 G€ ()[2] |
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Histoire
1994-2010 : fondation et premiers investisseurs
En 1994, Jean-Luc Petithuguenin, cadre dirigeant de la Compagnie générale des eaux, décide de racheter Paprec au groupe pour trois millions d'euros[3]. À cette époque, Paprec emploie 45 personnes et réalise un chiffre d'affaires de cinq millions d'euros[4]. Spécialisée à l'origine dans le recyclage du papier, activité dont elle tire son nom, la société se développe dans d'autres activités de recyclage telles que le recyclage des plastiques, celui des déchets industriels, le produits de tri des déchets ou le bois[5].
En 2006, Paprec annonce un changement parmi ses actionnaires[5]. Les banques Crédit agricole, entrée au capital de l'entreprise en 2000, et Société générale, présente depuis 2003, sont remplacées par BNP Paribas, la Caisse des dépôts et consignations et Banque populaire[5]. Ensemble, ces trois groupes acquièrent 35 % du capital de la société pour renforcer sa capacité financière[5]. Jean-Luc Petithuguenin, fondateur et PDG de la société, augmente également sa participation à 40 %[5].
En 2006, le groupe Paprec emploie alors 1 100 salariés, pour un chiffre d'affaires total de 200 millions d'euros, et a acquis 45 sociétés depuis sa création[5]. Néanmoins, 60 % de la croissance de Paprec est interne, et 40 % provient d'acquisitions[6].
La holding de Bernard Arnault, Financière Agache, en association avec la banque Rothschild & Co et le fonds Quilvest, achète 37 % des parts de Paprec en 2008, tandis que Jean-Luc Petithuguenin conserve la majorité du capital[7],[8]. À cette époque, Paprec réalise un chiffre d'affaires de 320 millions d'euros et emploie environ 2 000 personnes[7].
En 2009, Paprec acquiert Boucou Recyclage[9] à Montardon, qui se nomme désormais Paprec Sud-Ouest Atlantique et Chèze Environnement[10]. En 2010, Paprec acquiert Interseroh France renommé CDI Recyclage[11], le groupe suisse Lottner Gruppe[12], sa première acquisition à l'étranger et ISS Environnement[13] qui deviendra NCI Environnement.
Années 2010 : nouveaux actionnaires et transition écologique
En 2011, Paprec achète Sophed-Santiard à Marseille (déchets de chantiers)[14], Data Ex 4000[15], une seconde entreprise suisse, et Action Environnement Services (AES), spécialisée dans les déchets verts et le bois[16].
En 2012, Paprec réalise sa quatrième levée de fonds, de 100 millions d'euros, ce qui permet au fonds souverain français, le Fonds stratégique d'investissement, d'entrer à son capital à hauteur de 25 %[17]. À cette occasion, Jean-Luc Petithuguenin augmente également son contrôle en passant à 65 %, après avoir acquis la majorité des actions détenues par la holding de Bernard Arnault, ainsi que toutes celles détenues par Quilvest et la banque Rothschild[17]. Elle est l'une des premières entreprises françaises à émettre en 2015 des obligations vertes, un instrument financier spécifiquement développé pour faciliter la transition écologique, pour un montant total d'environ 500 millions d'euros[18].
En 2013, Paprec acquiert l'Office de triage et de conditionnement (recyclage des papiers-cartons)[19], SEF Environnement (déchets verts) et Matières plastiques de Bourgogne (recyclage plastique)[20]. En 2014, Paprec acquiert le groupe Desplat[21] et ses filiales Léty Récupération et Mielle Récupération ainsi que l'entreprise Atlantic Metal, spécialisés dans le recyclage des ferrailles et métaux[22].
En 2016, Paprec annonce (en décembre) l'acquisition de Coved (acronyme de COllecte Valorisation Énergie Déchets)[23], la filiale spécialisée dans le traitement de déchets de Saur, pour entre 240 et 260 millions d’euros. Cette acquisition fait passer le groupe de 4 500 à 8 000 employés, pour un chiffre d'affaires de 1,3 milliard d’euros[24], le chiffre d'affaires de Coved étant de 330 millions d'euros[25]. En , Paprec annonce l'acquisition Delta Recyclage, société de recyclage présent dans le Sud-Est de la France[26].
En 2017, Jean-Luc Petithuguenin et sa famille détiennent toujours 70 % de l'entreprise, les 30 % restants étant détenus par Bpifrance, le nouveau fonds souverain français[3]. L'année suivante, Paprec lève un milliard d'euros, dont 800 millions d'euros sous forme d'obligations vertes et 200 millions d'euros sous forme de prêt bancaire, pour financer sa croissance organique et externe[27].
En , Paprec achète Ikos Environnement, puis en mars la société de recyclage et de transport Deroo (basée dans le Pas-de-Calais (créée en 1951, composée de 310 employés et dont le chiffre d'affaires est de 48 millions d'euros) « pour développer son activité dans les Hauts-de-France (où Paprec est déjà présent à Béthune, Harnes et Quesnoy-sur-Deûle) et étendre son expertise sur l’ensemble de la chaîne du recyclage des déchets » ; Deroo apporte au groupe 230 chauffeurs habitués de la région et des pays limitrophes. Ceci porte à environ 1 000 le nombre d'employés de Paprec en région Hauts-de-France[28].
En juin, Paprec annonce que s'il a l'accord des autorités de la concurrence, il va aussi acheter Inova Opérations, une filiale d'Altawest qui emploie environ 1 000 personnes avec environ 200 millions d'euros d'activité annuelle ; mi-2018, Inova Opérations gère trois incinérateurs : à Chinon (Indre-et-Loire), Noyelles-sous-Lens (Pas-de-Calais) et Pithiviers (Loiret) et en tant que sous-traitant gère la centrale à biomasse de Brignoles (Var)[29].
Histoire récente depuis 2019
En juillet 2021, Paprec rachète Dalkia Wastenergy (ex-Tiru), la filiale de valorisation énergique des déchets de Dalkia, créant par la suite un pôle Paprec Énergies[30] à la suite de négociations exclusives depuis le mois de mars[31]. Paprec avait racheté la division Opération et maintenance des CNIM en février 2021, ce qui lui avait déjà permis d'obtenir l'exploitation de plusieurs usines d'incinération[32]. En juillet 2021, le groupe annonce la construction d'une usine de tri des déchets à Richwiller (Haut-Rhin) en remplacement de son actuelle usine située à Aspach-Michelbach (également dans le Haut-Rhin). Cet investissement de 20 millions d'euros aura une capacité de traitement de 45 000 tonnes de déchets par an[33]. En août 2021, l'entreprise familiale annonce l'acquisition de 20 % de son concurrent Pizzorno Environnement[34].
En octobre 2023, Paprec se lance sur le marché écossais avec un investissement de 120 millions d’euros. Le groupe français va également concevoir, construire et exploiter une unité de valorisation énergétique des déchets (UVE) dans la commune de Perth, en partenariat avec Binn Group, une entreprise locale spécialisée dans le traitement des déchets[35].
En novembre 2025, Paprec annonce la signature du plus gros contrat de son histoire (1,3 milliard d'euros) pour l'incinération des déchets d'une trentaine de communes de Seine-et-Marne et de Seine-Saint-Denis[36].
Le , Paprec et Pizzorno Environnement ont annoncé que Paprec devrait acheter, au printemps 2026, 30,64% du capital de Pizzorno, portant ainsi sa participation à 50,64%, après son achat de 20% des actions en 2021[37].
Marques et entités
Le groupe Paprec comporte de nombreuses marques et entités parmi lesquelles :
| Code Postal | Ville | CA k€ | Année | ||
|---|---|---|---|---|---|
| Paprec Grand-Est | 69680 | Chassieu | 138 660 | 2018 | Récupération de déchets triés |
| Paprec Grand Île-de-France | 93120 | La Courneuve | 114 443 | 2018 | Récupération de déchets triés |
| Paprec Grand Ouest | 44800 | Saint Herblain | 69 062 | 2018 | Récupération de déchets triés |
| Paprec Nord-Normandie | 75008 | Paris | 56 322 | 2018 | Récupération de déchets triés |
| Paprec Sud-Ouest | 75008 | Paris | 44 289 | 2018 | Récupération de déchets triés |
| Echalier Paprec Auvergne | 63230 | Saint Ours | 31 733 | 2017 | Récupération de déchets triés |
| Paprec D3E | 75008 | Paris | 25 256 | 2018 | Déchets d'équipements électriques et électroniques |
| Paprec Techniques | 75008 | Paris | 28 445 | 2018 | Récupération de machines et équipements mécaniques |
| Paprec Agro | 24800 | Saint Paul la Roche | 9 037 | 2018 | Récupération de déchets triés |
- Paprec Plastiques (entité spécialisée dans le recyclage du plastique)
- Paprec Chantiers (spécialisée dans le traitement des déchets de chantiers et BTP)
- La Corbeille Bleue (recyclage des papiers de bureaux et archives)
- Confidentialys (Destruction confidentielle de documents)
- Recydis (traitement des déchets industriels dangereux)
- Prévost Environnement
- FCR (cellule de ventes des matières premières secondaires)
- NCI Environnement
- Gros Environnement
- CDI Recyclage
- AES (Action Environnement Services)
- SEF Environnement
- MPB (Matières plastiques de Bourgogne)
- France Plastiques Recyclage
- Echalier
- Lottner AG (Suisse)
- E.Mueller AG (Suisse)
- Lopatex (Suisse)
- Data Ex 4000 AG (Suisse)
- Desplat
- Léty Récupération
- Mielle Récupération
- Atlantic Métal
Organisation
En 2018, Paprec Group dispose et gère 210 sites[réf. nécessaire] en France, en Suisse, en Inde et au Togo dont :
- 30 centres de tri ;
- 27 installations de stockage de déchets non dangereux (ISDND) en activité en France ;
- 7 agences de trading et de négoce chargées de la vente des matières premières secondaires (MPS).
Charte de la laïcité et de la diversité
Le , Paprec Group devient la première entreprise privée française à se doter d'une charte de la laïcité et de la diversité votée à l'unanimité par les salariés du groupe[39].
Activités
Paprec Group intervient sur les métiers liés au recyclage, la gestion des déchets et les services à l'environnement[40] : le recyclage des papiers et cartons, des déchets du secteur tertiaire, de déchets industriels banals (DIB), des déchets de chantiers, de la collecte sélective des ménages, des plastiques, du bois, des ferrailles et métaux, des déchets industriels dangereux ou spéciaux (DID ou DIS), des déchets d'équipements électroniques et électriques (DEEE), des piles, des déchets verts.
Paprec Group collecte, trie et recycle les déchets produits par ses clients (clients industriels et collectivités). Il revend ensuite les matières premières secondaires (MPS) produites. Paprec Group a développé les activités de gestion d'installations de stockage de déchets non dangereux (ISDND), la collecte des déchets ménagers ou le nettoiement urbain depuis notamment le rachat d'ISS Environnement.
Commercialisation
Paprec Group exporte en 2018 vers la Chine 20 % de sa production de plastique recyclé, et 33 % de sa production de carton recyclé. Cependant, la volonté chinoise d'acheter des produits recyclés plus purs conduit à une chute de ces exportations, et à une situation de surproduction. Ceci pourrait générer une relocalisation de l'économie circulaire, alors que les prix des films plastiques issus du recyclage ont été divisés par trois en quelques années[41].
Mécénat et sponsoring
Mécénat artistique
Depuis sa création, Paprec parraine chaque année un artiste, lui permettant d'exprimer sa vision du recyclage[42]. L'entreprise soutient depuis 2000 l'Opéra de Paris en parrainant plusieurs opéras et ballets et est depuis 2010 le principal mécène du ballet de l'Opéra de Paris[42]. Elle a notamment financé plusieurs opéras (L'Élixir d'amour en 2009, Don Giovanni en 2012, Giulio Cesare en 2013 et ballets (La Fille mal gardée en 2007, La Bayadère en 2012 et des œuvres de Béjart, Nijinski, Cherkaoui, Jallet). Paprec est membre de l'AROP (Association pour le Rayonnement de l'Opéra national de Paris)[43].
Sponsoring sportif
À partir de 2004, Paprec sponsorise le navigateur français Jean-Pierre Dick dans les circuits IMOCA 60 et MOD70, avec notamment des bateaux co-sponsorisés par Virbac, une entreprise de santé animale[44]. Paprec sponsorie Yann Eliès lors de la Route du Rhum 2014 sur un Ultim 70 baptisé Paprec Recyclage[45]. Par la suite, l'entreprise accompagne, avec Arkéa, le skipper Sébastien Simon, vainqueur de la Solitaire du Figaro 2018 et participant du Vendée Globe 2020-2021[46]. Les deux entreprises créent ensuite une écurie dédiée à la course au large et construisent un nouveau bateau avec le skipper Yoann Richomme : mis à l’eau en 2023, l’IMOCA Paprec Arkéa, termine le Vendée Globe 2024-2025 en deuxième place[47]. Paprec annonce en juin 2025 un projet Vendée Globe 2028 avec Yoann Richomme et la construction d’un nouveau bateau[48]. En 2022, le groupe s'engage pour un partenariat de six ans en tant que sponsor principal de la Solitaire du Figaro Paprec et, en tant que partenaire titre, donne son nom à la Transat Paprec, anciennement appelée Transat en double Concarneau-Saint-Barthélémy[49]. La Transat Paprec a été la première course au large en double à imposer la mixité[50].
Paprec sponsorise également d'autres clubs et sports, notamment l'équipe de football américain Flash de La Courneuve[51].
Mises en cause et controverses
Non respect du droit du travail, accidents et morts
Paprec fait régulièrement l'objet de critiques, qui mettent en cause l'opacité financière de l'entreprise[52], les discriminations mises en œuvre par la direction à l'encontre des représentants syndicaux[53] et l'utilisation de sans-papiers en dehors de tout respect du code du travail par l'intermédiaire de NTI, une entreprise sous-traitante[54],[55],[56].
Sont aussi relevées dans la presse, les conditions de travail dangereuses[57] ayant occasionné de graves accidents du travail[58],[59] et la mort de trois salariés[60]. En 2026, il a été requis une amende de 250 000 € et trois ans de prison avec sursis contre le directeur du site[61].
Poursuites judiciaires pour corruption et favoritisme
Fin mai 2022, Jean-Luc Petithuguenin est mis en examen à Paris dans le cadre d'une enquête pour corruption et favoritisme[62]. Les faits portent sur deux marchés publics remportés par Paprec. Le PDG nie et rejette les accusations de corruption à son encontre[63]. Il est toutefois contraint par la justice de céder sa place à la tête de l'entreprise[64]. À sa demande afin d'avoir accès au dossier judiciaire[65], le dirigeant est ensuite mis en examen et placé sous contrôle judiciaire par un juge d'instruction le [66],[67]. Il fait appel de cette mesure, à la suite de quoi la Cour d’appel de Paris lève, le 25 juillet 2022, son contrôle judiciaire et lui permet de reprendre la direction du groupe à l’international, qui avait été entre temps cédée à son fils Sébastien Petithuguenin[68],[69].
En février 2025, l'entreprise accepte de payer 17,5 millions d’euros contre l'abandon des poursuites dans ce dossier de soupçons de corruption, d’entente et de favoritisme, tout en récusant les faits allégués[70].
Allégation de financement par des sociétés détenues par des sociétés extraterritoriales
Selon France Info, le rachat de Paprec en 1994 aurait été financé par des sociétés luxembourgeoises détenues par des sociétés extraterritoriales au Panama et aux Îles Vierges britanniques[71].