Parosmie
dysosmie
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La parosmie est une perception olfactive qui ne correspond pas à la stimulation. Le sujet confond les odeurs, percevant par exemple une odeur fétide alors qu'on lui présente un parfum. C'est un symptôme parfois retrouvé en cas de maladie de Parkinson. Il est aussi décrit chez les patients ayant été atteints par la Covid-19.
Épidémiologie
Un sondage chez des adultes d'une ville suédoise montre qu'elle existe chez près de 4 % de la population interrogée, concernant essentiellement les personnes de moins de 30 ans[1].
Description
Elle est fréquemment associée à une diminution de sensibilité aux odeurs, voire à une anosmie[2].
Lorsqu'il s'agit de la perception d'une odeur alors qu'elle n'existe pas, on parle de « phantosmie ».
Causes
Elle peut être une conséquence de la prise de certains médicaments[3].
Elle se voit après certains traumatisme crâniens, certaines maladies neuro-dégénératives.
Elle peut exister en cas de Covid-19, soit de manière précoce, soit au bout de plusieurs semaines[4]. Elle peut persister, même après récupération complète de l'odorat[5] et peut parfois être transitoire, au cours de la récupération, de ce sens[6]. Elle peut être associée à une altération du goût : dysgueusie ou agueusie[7] et être responsable d'une altération de la qualité de vie, notamment au cours du Covid long[8].
Traitement
La pandémie a entraîné une recrudescence des traitements aux stéroïdes. Ce type de traitement semblait logique, car les corticostéroïdes possèdent des propriétés anti-inflammatoires, et l'inflammation est l'un des mécanismes proposés pour expliquer comment les virus altèrent l'odorat. Cependant, une revue Cochrane de 2022[9] n'a trouvé aucune preuve que les corticostéroïdes soulagent les troubles olfactifs persistants après une infection à la COVID-19.
Une revue de 2025[10] portant sur quatre études, dont deux essais contrôlés randomisés, n'a également montré aucun effet des corticostéroïdes oraux sur la fonction olfactive. Les sprays à base de stéroïdes ne semblent guère plus efficaces. Cette même étude abordant l'utilisation de corticostéroïdes topiques, a abouti à des résultats contradictoires, sans signification statistique, car les sprays ne peuvent pas atteindre la fente olfactive.
Un autre traitement semblerait présenter certain potentiel : Le plasma riche en plaquettes (PRP). Obtenu par centrifugation d'un échantillon de sang du patient, concentrant les plaquettes dans le plasma, des fragments cellulaires libèrent des facteurs de croissance et contribuent à stimuler la réparation tissulaire. Un essai contrôlé randomisé mené en 2022[11] a démontré que, chez les patients atteints de COVID-19 présentant un trouble de l'odorat, trois injections de PRP dans la fente olfactive multipliaient par plus de 12 les chances d'améliorer l'odorat, comparativement à un placebo. Son étude de suivi, réalisée en 2024[12], a montré que le PRP continuait d'améliorer l'odorat pendant plusieurs mois après les injections initiales.
Un espoir se présente pour l'avenir : Les recherches se poursuivent sur les cellules souches neurales, dont il a été récemment démontré qu'elles améliorent l'odorat chez la souris ayant subi une anosmie induite par le 3-méthylindole (scatol)[13].
Une rééducation peut être proposée[14].