Parrot (entreprise)
entreprise française d’objet connecté
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Parrot, officiellement Parrot Drones, est une entreprise française spécialisée dans la fabrication de drones fondée en 1994. Présente sur le marché des drones grand public (Parrot Disco, etc.), les jouets robotiques et les équipements connectés (Parrot Zik) à partir de 2010, Parrot se recentre en 2017 sur les micro-drones quadricoptères professionnels destinés aux secteurs de la sécurité et de la défense[4].
| Parrot | |
Logo de Parrot. | |
Le drone Parrot Anafi USA, développé pour l'armée américaine et le département de la Sécurité intérieure des États-Unis. | |
| Création | 1994 |
|---|---|
| Fondateurs | Jean-Pierre Talvard et Henri Seydoux |
| Forme juridique | Société anonyme (SA) |
| Action | Euronext : PARRO (CAC All-Share) |
| Siège social | Paris |
| Direction | Henri Seydoux |
| Activité | Activités des sièges sociaux (d)[1] |
| Produits | Drones |
| Filiales | Parrot Drones Pix4D Varioptic DiBcom EOS Innovation Parrot Automotive (cédé en 2017 à Faurecia) |
| Effectif | 400 employés (2024)[2] |
| SIREN | 394149496 |
| TVA européenne | FR67808408074 |
| Site web | www.parrot.com |
| Capitalisation | 143 M€ au 21 mars 2023 |
| Chiffre d'affaires | |
| Résultat net | 19,7 M€ en 2022 (perte) |
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Historique
Création et premiers produits
En 1994, Parrot est créée par Jean-Pierre Talvard, Henri Seydoux, et Christine de Tourvel[5], et est alimentée par le fonds de capital-risque Sofinnova[6]. La société développe des technologies de reconnaissance vocale, et commercialise le premier agenda électronique à reconnaissance vocale en 1995[7]. Il permet de répéter à voix haute ce qui lui a été indiqué précédemment, d'où le nom de perroquet. Un accord est conclu avec IBM, qui fabrique, en 1995-1996, la première série du produit[8]. L'entreprise met en place un partenariat avec Ericsson pour une intégration dans les téléphones de voiture[6]. En 2001, Parrot commercialise le premier kit mains-libres sans-fil Bluetooth[9].
Le système est ensuite intégré dans des autoradios. Par la suite, l'entreprise a produit les équipements Bluetooth de Pioneer[6].
En 2006, Parrot est introduit en bourse sur le marché Eurolist d'Euronext[10].
Conception de drones
Parrot présente en 2010 son premier drone Parrot AR.Drone[11] au CES[6], qui fait partie des premières commercialisation des drones grand-public[12].
L'entreprise acquiert en 2011 les sociétés françaises Varioptic (lentille numérique)[7] et DiBcom (puces de réception TV pour mobiles et voitures)[7]. En 2012, Parrot acquiert 57 % du fabricant suisse de drones senseFly[13], et les revend en 2021 à AgEagle[14].
L'entreprise commercialise également différents produits grand-public, tels que des cadres photo ou des enceintes pour iPod[9], le casque audio Zik, dessiné par Philippe Starck[7], ou le capteur sans fil pour plantes Flower Power[7].
En 2015, Parrot investit dans des start-ups de drones : Airinov (drones pour l'agriculture, fermée en 2019)[15], Micasense - revendu en 2020 à AgEagle (capteurs pour drones agricoles)[14], EOS Innovation (robotique de surveillance)[16] et participe au capital d'Iconem (modélisation 3D par drones des sites historiques menacés)[17].
En 2016 le Parrot Disco Drone, le premier drone de type aile volante de la marque, est commercialisé[18]. La même année, l'entreprise créée la filiale Air Support dédiée aux services aux professionnels basés sur l’utilisation de drones. Elle vise les services d’imagerie, de modélisation 3D et de diagnostic pour les domaines de l'immobilier et de la construction[19].
- Drone Parrot AR.Drone 2.0 avec sa coque de protection
- Jouet robotique Parrot Jumping Sumo
- Drone de loisir Bebop
- Pot de fleur Flower Power
- Drone FPV Parrot Disco
Évolution de son activité vers la sécurité et la défense


En , Parrot annonce la suppression de 290 postes sur les 840 que compte l'entreprise à la suite d'une baisse des ventes[20]. L'entreprise française est confrontée à une concurrence chinoise, notamment de la part de l'entreprise DJI[21],[22]. Elle répond à cette concurrence en mettant en garde les pouvoirs publics européens et américains sur les risques d’attribution d’appels d’offres au groupe chinois[22].
La même année, la filiale Parrot Automotive (kits mains libres et équipements connectés) passe sous le contrôle du groupe français Faurecia (qui en aura acquis la totalité en 2022) et tous les autres objets connectés (casques hi-fi, pots de fleur connectés, etc.) sont abandonnés définitivement[12].
Ainsi, l'entreprise a abandonné le secteur grand public et se centre uniquement sur des drones quadricoptères professionnels[21]. L’entreprise réoriente à partir de 2018 son modèle économique par une montée en gamme, planifiant une baisse des volumes compensée par une hausse des prix[23]. Ils sont destinés aux marchés de la sécurité et de la défense ainsi qu'à l'inspection et à la photogrammétrie, et les logiciels d'analyse de données aériennes[24],[14]. Dans la foulée, le cofondateur Henri Seydoux enclenche une offre publique d'achat (OPA)[25].
Cette réorientation marque une baisse du chiffre d’affaires de 109 millions d’euros en 2018 à 65 millions d’euros en 2023. Parrot réduit l'année suivante ses effectifs en France de près d'un tiers, passant de 155 à 110 employés[23]. L'entreprise espère pouvoir bénéficier du contexte géopolitique amenant au réarmement des armées occidentales, en proposant des drones bénéficiant de fonctionnalités avancées[23].
En 2024, le groupe Parrot emploie plus de 400 salariés et est coté à la Bourse de Paris, réalisant près de 74 millions d'euros de chiffre d'affaires principalement à l'étranger[26]. Ses produits sont conçus en France et fabriqués en Corée du Sud et aux États-Unis[réf. souhaitée].
Activité
Parrot est initialement spécialisée dans les technologies liées à la reconnaissance vocale et au traitement du signal pour applications embarquées et mobiles, appliquées aux aspects de la téléphonie en voiture : chipsets, algorithmes, Bluetooth et logiciels applicatifs[6].
Désormais, l'entreprise se concentre exclusivement sur la production et la vente de drones, destinés à un usage professionnel et non plus de loisir[21].
Elle signe en un contrat de 300 micro-drones avec la Direction générale de l'Armement (DGA)[27],[28]. Les armées finlandaise[29], britannique[30], espagnole[31] et les douanes américaines[32] font aussi l'acquisition du modèle ANAFI USA (fabriqué aux États-Unis) entre 2021 et 2022. Il est également utilisé par des flottilles de garde-côtes (États-Unis, Japon, Pologne), par des services de police (FBI) ou de lutte contre les incendies[33]. L'entreprise construit notamment un système de navigation autonome des drones, utile en cas de brouillage des signaux GPS et des transmissions[34]. La localisation est obtenue par comparaison des images de l'environnement avec les cartes stockées dans l'appareil[35].
Sa filiale Pix4D développe un logiciel d’inspection par photogrammétrie (modélisation 3D) par drone de vastes réseaux d’infrastructures (lignes à haute tension, éoliennes, ouvrages d’art)[33].
Identité visuelle
Parrot signifiant « perroquet » en anglais, le premier logo de l'entreprise représentait l'oiseau.
- Ancien logo
- Logo actuel
Controverses
Affaire judiciaire
En juillet 2024, l'Autorité des marchés financiers (AMF) a condamné à 420 000 euros d'amendes au total la société Parrot et deux de ses dirigeants, dont Henri Seydoux. Cette condamnation a pour origine la diffusion d'informations fausses ou trompeuses dans son rapport financier semestriel 2018[36],[37].
Drones utilisés par l'ICE de l'administration Trump
Le 31 août 2020, Parrot est sélectionné par le programme américain Blue sUAS du département de la Défense des États-Unis et de l'armée américaine pour devenir l'un des fournisseurs principaux de drones « sécurisés et ultraportables » dédiés à la défense nationale des États-Unis et destinés à opérer au sein de plusieurs agences fédérales et autres entités gouvernementales américaines. Conformément aux exigences du département américain de la Défense, les drones destinés à ce programme seront exclusivement produits aux États-Unis[38],[39]. En 2022, le département de la Sécurité intérieure des États-Unis (DHS) signe un accord-cadre d'achat de drones Anafi USA en vue d'une utilisation par le service des douanes et de la protection des frontières des États-Unis (U.S. Customs and Border Protection), le U.S. Secret Service, et le service de l’immigration et des douanes des États-Unis, l'ICE[40]. Une commande renouvelée en 2024 pour la garde côtière américaine (U.S. Coast Guard)[41],[42].