Paul Manship
sculpteur américain
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Paul Howard Manship, né le à Saint Paul dans l'État du Minnesota et mort le à New York, est un sculpteur américain du XXe siècle dont plusieurs œuvres se rattachent au mouvement esthétique de l'Art déco.
| Naissance | |
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| Décès |
(à 80 ans) New York |
| Sépulture |
Seaside Cemetery (d) |
| Autres noms |
Paul Howard Manship |
| Nationalité | |
| Activité | |
| Formation | |
| Maître |
Isidore Konti, Solon Borglum, Charles Grafly |
| Lieu de travail | |
| Enfant |
John Manship (d) |
| Distinctions |
J. Sanford Saltus Medal Award (en) () Golden Plate Award () Prix de Rome américain |
Biographie
Jeunesse et formation
Paul Manship, né le à Saint Paul dans l'État du Minnesota, est le septième et dernier enfant de Charles Henry Manship et de son épouse Mary Etta Friend[1],[2],[3],[4],[5].
Il entame ses études secondaires dans un établissement spécialisé dans les arts mécaniques avec le projet de devenir un peintre en lettres, mais ne les achève pas. Il devient l'ami de son condisciple Nathaniel Pousette-Dart (en) qui deviendra un peintre réputé. Découvrant qu'il est daltonien Paul Manship abandonne toute carrière dans le domaine de la peinture pour se tourner vers la sculpture et il commence par réaliser des sculptures représentant les visages de sa famille alors qu'il est âgé de 16 ans[1],[2],[6].
Grâce à son frère aîné Luther Manship, il entre au Bureau of Engraving (« Bureau des gravures ») de Minneapolis[6]. En 1905, sur les recommandations de son frère auprès de George Bridgman il part pour New York où il suit des cours de Jo Davidson à l'Art Students League of New York. Il réalise des statues inspirées par le style de Hermon Atkins MacNeil[6],[7].

Puis de 1905 à 1907, il est accepté comme assistant de Solon Borglum pour un salaire hebdomadaire de 2 $[note 1]et emménage à Mamaroneck. Solon Borglum le convie pour l'assister pour deux de ses oeuvres dont The Rough Rider connu également sous le titre de Buckey O'Neill Monument (en) qui est sa première expérience de statue équestre[1],[2],[3],[8].
Durant cette période, il sculpte deux chevaux exposés 1907 à l'Académie américaine des beaux-arts[1],[2],[3].
Cette même année, il suit des cours auprès de la Pennsylvania Academy of the Fine Arts de Philadelphie, notamment auprès du sculpteur Charles Grafly (en) un élève de Thomas Eakins, ainsi qu'auprès d'autres sculpteurs de cette académie. Il y suit également des cours de dessin auprès de William Merritt Chase[1],[2],[3],[9],[7],
Durant l'été 1908, Paul Manship, s'embarque pour l'Espagne avec son condisciple Hunt Diederich (en), ils font des dessins des différents paysages et monuments rencontrés. Quand ils visitent l'Andalousie, Paul Manship rencontre les traditions artistiques du monde méditerranéen qui le marquent profondément[2],[8].
De retour aux États-Unis, il est employé par le sculpteur new-yorkais d'origine viennoise Isidore Konti (en) où il est rémunéré 3 $[note 2] par jour[2],[3].
L'une de ses premières statues datant de 1911 est achetée par Herbert L. Pratt (en) qui l'installe dans le jardin de sa résidence à Glen Cove, un second lot est acheté par la Fairmount Park Association de Philadelphie pour le Rittenhouse Square à Philadelphie[1],[2].
En 1912 , Paul Manship en présentant sa statue Rest After Toil est le lauréat du Prix de Rome américain ce qui lui vaut l'obtention d'une bourse décernée par l'American Academy in Rome qui lui permet de prolonger ses études pendant trois ans avec un traitement annuel de 1 000 $[note 3], pendant ce temps, il est logé à la Villa Mirafiori à proximité de la Porta Pia[1],[2],[3],[9],[5].
Il profite de son séjour en Italie pour étudier l'art de la Renaissance italienne, plus spécifiquement l'œuvre de Michel-Ange et de Donatello ; il s'arrête à Pompéi pour admirer les fresques et les statuettes de bronze. Puis il visite la Grèce pour étudier les sculpteurs de la antiques du style sévère comme Phidias et Polyclète et ceux de l'ère préclassique. Pour cela il visite les sites archéologiques d'Athènes, d'Olympie, de Délos et Delphes. Enfin il se rend en Égypte. Lors de ces voyages, il est fortement influencé par divers styles à savoir ceux de l'art gréco-bouddhique du Gandhara et de l'Empire kouchan, du Minoan art (en) et de l'Assyrian sculpture (en). Ces voyages lui inspirent différentes œuvres telles que Lyric Muse, Playfulness et Satyr and Sleeping Nymph, qu'il achève en 1913 avec Duck Girl[1],[2],[3],[10],[11].
Par ailleurs, ces divers voyages le libèrent de l'ombre tutélaire que représente Auguste Rodin sur les sculpteurs de son temps[12]. Sa position esthétique devient un anti-Rodin, comme le font d'autres sculpteurs tels que Matisse ou d'autres issus du mouvement cubiste. Il se distancie de ces derniers en prônant un revivalisme de la sculpture antique et plus particulièrement de la statuaire grecque archaïque[13].
Vie professionnelle
En 1912, dès son installation à Washington Mews (en) Paul Manship fait la connaissance d'un sculpteur démuni Gaston Lachaise qu'il embauche comme assistant. Gaston Lachaise a étudié à l'Académie des beaux-arts de Paris, après cela il a travaillé avec le joaillier René Lalique puis est embauché comme assistant par le sculpteur américain Henry Hudson Kitson dont l'atelier est à proximité de celui de Gertrude Vanderbilt Whitney[14].
À partir de 1912, Paul Manship apprend le français et l'italien avec l'aide de l'épouse de Solon Borglum, ce qui lui permet de lire différents historiens et historiens de l'art. Grâce à cela il entretient des liens avec Bernard Berenson, Archibald MacLeish, Etienne Gilson, Stanley Casson, Thomas Craven (critique d'art ) (en)[15].
Il lit également Les Vies des meilleurs peintres, sculpteurs et architectes par Giorgio Vasari, Robert Graves, les récits de la mythologie grecque, les comédies Les Nuées et Les Grenouilles d'Aristophane, les sagas de Snorri Sturluson, la Völsunga saga[15].
Paul Manship reçoit des commandes, la première pour une statue en hommage au peintre John Lafarge, puis grâce à Daniel Chester French une autre statue titrée Soldier of the Revolution War à Danville dans l'État de l'Illinois[2].
Premières expositions
En février 1913, il présente dix statues à une exposition organisée par l'Architectural League of New York (en) ses oeuvres reçoivent un accueil positif de la part de Kenyon Cox et de Charles Henry Caffin[2],[3],[16],[17].


En décembre 1913, Paul Manship expose cinq de ses œuvres à l'Académie américaine des beaux-arts, Centaur and Dryad[18] est récompensé par le Helen Foster Barnett Prize, cette composition est achetée en 1914 par le Metropolitan Museum of Art. À son sujet, Herbert Adams président de la National Sculpture Society (en) écrit : It is not impossible that this man alone may be worth to American art. (« Il n’est pas impossible que cet homme à lui seul puisse représenter ce qui est le mieux pour l’art américain. »)[2],[17].
Sa fille Pauline Frances Manship nait en décembre 1913, il célèbre l'événement en réalisant une médaille Amoris Triumphus[19].
En 1914, Paul Manship expose quatorze de ses œuvres à la Pennsylvania Academy of the Fine Arts, sa statue Duck Girl est récompensée par la Widener Gold Medal (en)[2],[1],[17].
Voyage en Italie
En aout 1914, Paul Manship repart avec sa famille en Italie, durant son séjour d'un mois il réalise une fontaine établie d'après la légende de Hercule enfant qu'il présente à l'American Academy in Rome[2].
Expositions aux États-Unis
En 1915, de retour aux États-Unis, il expose un ensemble Indian and Pronghorn Antelop et sa dernière réalisation Salome[2],[20].
Avec l'aide de son nouvel assistant Beniamino Bufano (en) il prépare les œuvres qu'il présentera à l'occasion de l'Exposition internationale de Panama-Pacific qui se tient à San Francisco en 1915, où il présente entre autres sa statue Salomé, œuvre inspirée par les peintures illustrant le Ragmala[21].
En 1916, il organise une exposition à la Berlin Photographic Gallery de New York, c'est un succès près d'une centaine de ses œuvres sur 150 sont vendues. Sa statue Dancer and Gazelle y est la star. Pour le sculpteur Jacques Lipchitz Dancer and Gazelle a pour précédent la statue Femmes et Gazelles de Marcel Bouraine [3],[22].
Reuben Nakian
Paul Manship, est impressionné par les dessins tracés à la sanguine du jeune Reuben Nakian (en), ce dernier a étudié la peinture et le dessin auprès de Robert Henri et Homer Boss (en), et il l'embauche comme assistant. Reuben Nakian est formé par Gaston Lachaise qui lui apprend les techniques de taille de la pierre, du moulage en plâtre et de la patine du bronze. Reuben Nakian apprend également les diverses relations qui se font entre les sculpteurs, les architectes, les planificateurs et les clients ainsi que les commissions qui doivent être versées aux différentes parties[23].
Ananda K. Coomaraswamy
Quand en 1917, Ananda K. Coomaraswamy est nommé conservateur du département dédié à l'art indien du Musée des Beaux-Arts de Boston, il acquiert, pour le musée, un des multiples exemplaires de Dancer and Gazelle, c'est une reconnaissance de la maturité de Paul Manship[24].
Première Guerre Mondiale
Durant l'été 1917, Edward Robinson le nouveau conservateur du Metropolitan Museum of Art organise une exposition de 36 bronzes de Paul Manship qui se tient à la Jesup Memorial Library (en) de Bar Harbor dans l'État du Maine à partir du jusqu'au . L'exposition est organisée par Edward Robinson, conservateur du Metropolitan Museum of Art[16],[7],[5].
À la fin de l'année 1918, Paul Manship se porte volontaire pour servir dans la Croix-Rouge américaine. Lorsqu'il est démobilisé il crée une médaille du souvenir la Victory Pin, dont chaque exemplaire est vendu 1 $[note 4] au profit de l'Art War Relief de la Croix Rouge américaine[25].
Une commande de John Singer Sargent
En 1918, John Singer Sargent obtient une commande à destination de Paul Manship pour qu'il réalise un buste en marbre de John D. Rockfeller[26]. Avant cela Paul Manship étudie comment les anciens sculptaient des bustes des célébrités de leur temps. De fait, la statue est largement inspirée par les bustes des sénateurs illustres de la République romaine. Elle sera exposée en 1920 à la galerie Scott & Fowles de New York, puis à la Leicester Galleries de Londres en 1921. Les critiques britanniques admirent la faculté de Paul Manship à s'imprégner de la statuaire grecque[2],[3],[27] ,
Le John Pierpont Morgan Memorial

La même année le Metropolitan Museum of Art lui commande de réaliser le J.P. Morgan Memorial (« Mémorial J.P. Morgan »). Dans un premier temps la famille Pierpont avait choisi le sculpteur Daniel Chester French, mais en étudiant les dessins envoyés par Paul Manship, elle jette son dévolu sur celui-ci. L'un des critères de la sélection est le fait que sur chacune des colonnes de côtés, Paul Manship sculpte en haut relief des figures allégoriques symbolisant les centres d'intérêts de J.P. Morgan à savoir le commerce, la finance, la science, l'art, la littérature et l'archéologie, cela avec l'aide de son assistant Gaston Lachaise [2],[3],[7],[28].
Il est à noter que J.P. Morgan s'est impliqué dans le Metropolitan Museum of Art dès son ouverture en 1872 et fait partie des curateurs du musée dès 1888 et devient président du fonds financier du musée en 1904, prenant la succession de Frederic W. Rhinelander (en), cela jusqu'à sa mort le [7].
Dans un premier temps, une des plaques commémoratives du John Pierpont Morgan Memorial est installée dans la grande salle d'entrée du Metropolitan Museum of Art[7].
Paris et Rome

En 1921, Paul Manship loue un studio à Paris et de là part souvent travailler à Rome, achève ses sculptures Diana et Actaeon quelque temps après son arrivée à Paris, travail commencé en 1911. L'ensemble est exposé en 1925 à la galerie Scott and Fowles de New York. Royal Cortissoz (en), critique d'art au New York Herald Tribune écrit au sujet de Paul Manship et de ces deux statue : An eclectil still, as he probably always will be, inneffabily refined, sophisticated, a master of his craft through whom the influences of all historic schools have seemed to flow, he yet preserves as his central merit a rich and altogether personal feeling for beauty. (« Eclectique encore, comme il le sera probablement toujours, ineffablement raffiné, sophistiqué, un maître de son art à travers lequel les influences de toutes les écoles historiques semblent avoir circulé, il conserve pourtant comme mérite central un sentiment riche et tout à fait personnel de la beauté. ») de son côté le critique d'art, Henry McBride (art critic) (en) du The New York Sun loue la maitrise technique de Paul Manship[3],[1],[29].
Son influence commence à se répandre parmi les sculpteurs américains, comme Harriet Whitney Frishmuth (en)[30],[2].
Durant son séjour en France, il s'attarde plus particulièrement sur des bâtiments comme la cathédrale de Poitiers, l'abbaye Saint-Pierre de Moissac où il dessine des croquis précis des sculptures, notamment celles en haut des trumeaux[30].
Pendant qu'il est à Paris, Paul Manship participe à une exposition organisée par l'Association Franco-Américaine, y sont exposées une vingtaine de ses sculptures, ainsi que des peintures et aquarelles de Dodge MacKnight, des aquarelles de Winslow Homer et des tableaux de John Singer Sargent[31].
La Phillips Academy

En 1924, la Phillips Academy du Massachusetts commande une fontaine à Paul Manship, pour cela il réalise une petite statue la Venus Anadyomene à partir de marbre blanc d'Italie ainsi que le bassin de la fontaine[32].

Nouveaux succès

En 1925, sa statue de style minoen, The Flight of Europa (« L'enlèvement d'Europe ») suivie en 1926 par la statue Indian Hunter with Dog (« Chasseur Indien et son chien »), rencontrent l'une comme l'autre la faveur et le succès auprès du public. Les statues originales étaient destinées à la décoration d'une fontaine à Saint Paul dans l'État du Minnesota. Il est à noter que la stylisation de la tête du chien est proche des stylisations de William Zorach et de Heinz Warneke (en)[3],[1].
En janvier 1929, le National Arts Club attribue un prix d'un montant de 500 $[note 5] à Paul Manship pour sa statue The Flight of Europa [33].
Figure de l'Art déco
Paul Manship de par son style influence des sculpteurs, notamment ceux qui ont été formés par Augustus Saint-Gaudens ou qui sont dans la mouvance de la sculpture impressionniste (Auguste Rodin, Richard Guino, Medardo Rosso), il devient le saint patron de l'Art déco, mouvement auquel font partie Gaston Lachaise et Elie Nadelman (en), intronisation faite à son corps défendant, car il ne s'est jamais considéré comme appartenant à ce courant[34].
Thomas Cochran
En juin 1925, Thomas Cochran (banker) (en) lui commande une fontaine pour sa ville natale de Saint Paul dans l'État du Minnesota. Paul Manship achève une copie grandeur nature de la statue Indian Hunter and His Dog qui est installée installée au sein du Cochran Memorial Park[35].
Manhattan
En 1927, de retour aux États-Unis, Paul Manship achète quatre immeubles d'habitation sur le quartier est de Manhattan, immeubles qu'il restaure avec l'architecte Eric Gugler (en), ce qui lui assure des revenus fixes. Il s'installe à East Village[2].
Cette même année de 1927, Paul Vitry, conservateur du département des sculptures du musée du Louvre, publie une étude sur l'œuvre de Paul Manship[2].
Clarence Mackay

En 1928, Clarence Mackay (en), au courant de la réputation de Paul Manship, lui fait une commande, il s'agit d'une statue représentant Theseus and Ariadne (« Thésée et Ariane ») pour le jardin de sa propriété à Long Island[35].
Consécration
En 1929, le magazine Vanity Fair publie un article dans lequel il est écrit Still in his middle forties, Paul Manship has attained to distinction and importance not only in the American but in the international world of sculpture (« Encore dans la quarantaine, Paul Manship a atteint une distinction et une considération non seulement dans le monde américain mais aussi dans le monde international de la sculpture. »). Si William Rush et Augustus Saint Gaudens ont fait connaitre la sculpture américaine en Europe, Paul Manship a donné les lettres de noblesse à la sculpture américaine[36].
En 1932, Paul Manship est admis avec le compositeur et chef d'orchestre Walter Damrosch et la sculptrice Anna Hyatt Huntington à l'Académie américaine des arts et des lettres[1],[37].
Pessimisme

Interviewé par un journaliste du New York Herald Tribune, Paul Manship déclare à l'instar de Edward Sapir qu'il est pessimiste quant un avenir dominé par les machines, il rêve d'une société dominée par le classicisme, société au sein de laquelle le travail productif et le travail créatif seraient intégrés[37].
La statue de Abraham Lincoln
Au mois de mai 1929, la Lincoln National Life Insurance Company (la Lincoln Compagnie nationale d'assurance-vie ), dont le siège est à Fort Wayne dans l'État de l'Indiana, commande à Paul Manship une statue de Abraham Lincoln et lui verseront la somme de 75 000 $[note 6], lors de la réception de la statue, montant plus qu'étonnant dans cette période qui succède à la Grande Dépressionde 1929. Paul Manship se démarque en choisissant de réaliser une statue de Abraham Lincoln jeune. Il s'inspire de la statuaire baroque italienne et de la statuaire rococo française. Pour s'informer sur la jeunesse de Abraham Lincoln il consulte les ouvrages sur le sujet écrits par Ida Minerva Tarbell et Carl Sandburg. Après avoir montré des plâtres, la statue titrée Abraham Lincoln, the Hoosier Youth est enfin érigée sur la place du siège de la Lincoln National Life Insurance Company à Fort Wayne[38],[2].
Le Paul J. Rainey Memorial Gateway


En 1926, Madame Grace Rainey Rogers (en) commande à Paul Manship la réalisation d'un mémorial en hommage à son frère Paul J. Rainey (en), statue monumentale qui serait à l'entrée du zoo du Bronx, après deux années de travail, le Rainey Memorial Gates (en) est achevée en 1934. Parmi ses éléments figurent deux portes placées à l'entrée nord du zoo. Le cout du mémorial se monte à 250 000 $[note 7] cout pharamineux en ces temps durement frappés par la Grande Dépression[1],[2],[39].
Orphée
Dans le milieu des années 30, Paul Manship commence à dessiner des esquisses pour réaliser une statue d'Orphée. Contrairement aux représentations habituelles d'Orphée, il lui adjoint Pégase et met l'ensemble en haut d'une colonne. La statue est achevée en 1932[1],[40].
L'Aero Memorial
En 1939, Paul Manship expose à Société des Nations un mémorial en honneur du président Woodrow Wilson une œuvre titrée l'Aero Memorial (Manship) (en), commencée en 1931 et achevée en 1934. Il s'agit d'une réduction de l'œuvre originale installée au Logan Square, Philadelphia (en). Deux copies sont exposées l'une aux musées d'Art de Harvard (ex Fogg Museum et l'autre au musée d'Art de Saint-Louis[2],[41].
Le Rockfeller Center

En juillet 1932, le comité de direction du Rockfeller Center décide de faire appel à Paul Manship pour qu'il fasse une sculpture pour orner la fontaine de la Rockfeller Plaza, centre de leur complexe. Paul Manship reçoit la commande en janvier 1933, pour qu'il compose une statue représentant Prométhée apportant le feu. Il achève sa statue Prometheus (Manship) (en) en janvier 1934. Par son emplacement privilégié, qui la rend visible depuis la Cinquième Avenue, elle devient un lieu incontournable pour les passants et les touristes, renforçant la célébrité de Paul Manship[1],[2],[42].
Vie privée
En janvier 1913, Paul Manship épouse Isabel McILwayne, le couple s'installe à Washington Mews (en) dans le Greenwich Village, dans un appartement suffisamment grand pour établir un atelier de sculpture[1],[2].
Prix et distinctions
- 1909 : obtention d'une bourse décernée par l'American Academy in Rome[1],[2]
- 1913 et 1917 : Lauréat de Académie américaine des beaux-arts pour Centaur and Dryad (1913) et Dancer and Gazelle (1917)[1],[2],[3],
- 1914 : récipiendaire de la Widener Gold Medal (en) décernée par la Pennsylvania Academy of the Fine Arts[1],
- 1915 : récipiendaire de la médaille d'or lors de l'Exposition internationale de Panama-Pacific qui s'est tenue à San Francisco[1],
- 1920 : élection comme membre de l'Académie américaine des arts et des lettres[1],[43],
- 1921 : récipiendaire de la médaille d'or décernée par l'American Institute of Architects[3],
- 1924 : lauréat du J. Sanford Saltus Medal Award (en) décerné par l'American Numismatic Society[3],
- 1929 : récipiendaire de la médaille de chevalier de la Légion d'honneur[1],[2],
- 1931 : élection à la National Gallery of Art pour succéder à Daniel Chester French[44],
- 1931 - 1966 : élu membre de la commission de la Smithsonian pour la section des beaux-arts[1],
- 1932 : élection comme membre de l'American Academy of Arts and Letters[1],[43],
- 1937 - 1941 : élection comme membre du Federal Art Project et de la Commission des beaux-arts des États-Unis[1],
- 1939 -1942 : présidence de la National Sculpture Society (en)[43],
- 1942 : récipiendaire de la médaille d'or décernée par la National Sculpture Society (en)[1],
- 1942 - 1948 : élu à la charge de président de l'Académie américaine des beaux-arts[2],
- 1948 - 1954 : élu à la charge de président de l'Académie américaine des arts et des lettres[2],
- 1957 : membre et pensionnaire du National Arts Club[2],
En 1935, la Tate Gallery de Londres organise une exposition entièrement dédiée à Paul Manship. Seul parmi les non-britanniques, Auguste Rodin et lui ont eu droit à cet honneur de leur vivant[1],[2].
Paul Manship est le correspondant de l'Académie nationale des beaux-arts d'Argentine, de l'Académie des Beaux Arts de Paris et de Accademia di San Luca à Rome[1].
Expositions permanentes
Plusieurs musées exposent de façon permanente des sculptures et bas-reliefs de Paul Manship.