Penvénan

commune française du département des Côtes-d'Armor From Wikipedia, the free encyclopedia

Penvénan [pɛnvenɑ̃] est une commune française située dans le département des Côtes-d'Armor, la région Bretagne, et le pays historique du Trégor.

Faits en bref Administration, Pays ...
Penvénan
Penvénan
Le rocher de la Sentinelle.
Blason de Penvénan
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Côtes-d'Armor
Arrondissement Lannion
Intercommunalité Communauté d'agglomération Lannion-Trégor Communauté
Maire
Mandat
Denise Prud'homm
2020-2026
Code postal 22710
Code commune 22166
Démographie
Gentilé Penvénanais
Population
municipale
2 584 hab. (2023 en évolution de +1,81 % par rapport à 2017)
Densité 130 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 48′ 44″ nord, 3° 17′ 37″ ouest
Altitude Min. 0 m
Max. 92 m
Superficie 19,84 km2
Type Commune rurale à habitat dispersé
Unité urbaine Hors unité urbaine
Aire d'attraction Lannion
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Tréguier
Législatives 5e circonscription des Côtes-d'Armor
Localisation
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Penvénan
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Penvénan
Liens
Site web www.ville-penvenan.fr et ville-penvenan.comVoir et modifier les données sur Wikidata
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Ses habitants sont les Penvénanais et les Penvénanaises.

Port-Blanc et Buguélès sont les noms des stations balnéaires et des ports de plaisance situés sur la commune de Penvénan.

Géographie

Communes limitrophes

Carte de la commune de Penvénan et des communes limitrophes.
Communes limitrophes de Penvénan[1]
Manche Manche Manche
Trévou-Tréguignec Penvénan Manche
Plougrescant
Trévou-Tréguignec, Camlez Camlez, Plouguiel Plouguiel

Description

La commune est côtière mais le village est à 3,4 km de Port-Blanc, le port le plus proche[3].

Le village est traversé par la D 31 reliant Lannion (16 km au sud-ouest) et Plougrescant (km au nord-est) ; et par la D 74 venant de vers Langoat (7,6 km au sud)[3].

Représentations cartographiques de la commune
Carte OpenStreetMap
Carte topographique

Relief

Le finage de Penvénan est constitué pour l'essentiel d'un plateau en pente douce vers la Manche ; les points les plus élevés sont dans la partie sud-ouest du territoire communal (92 mètres entre Croaz Squiriou et Binen ; 81 mètres an niveau du château d'eau, à la limite communale avec Camlez) et à un degré moindre dans la partie sud-est de la commune (61 mètres près de Guermeur). Le bourg est vers 75 mètres d'altitude.

Le marais du Launay

Le littoral présente des aspects très contrastés : à l'ouest, le marais du Launay est le fond d'un ancien golfe marin désormais séparé de la mer par un cordon littoral et les altitudes restent de quelques mètres seulement au niveau de Crec'h Avel ; entre Port-Blanc et Pellinec le littoral est rocheux (Rocher du Voleur, La Sentinelle) et le plateau le domine d'une quarantaine de mètres de hauteur. Le fond et le côté est de l'anse du Pellinec sont presque plats (le jardin botanique du Pellinec est vers une dizaine de mètres d'altitude) et les alentours de la pointe de Buguelès, bien que très découpés, sont aussi peu élevés (14 mètres à la chapelle Saint-Nicolas par exemple)

Le littoral de Penvénan

La commune possède un grand nombre d'îles et d'îlots, séparés entre elles et du continent par un estran découvrant souvent à marée basse : d'ouest en est, les principales îles sont l'Île Bruc[4], l'Île aux femmes[5], l'Île du Château-Neuf[6], l'Île Saint-Gildas, l'Île des Levrettes[7], l'Île du Milieu[8], Enez Illiec (Île Illiec)[9],[Note 1], l'Île Marquer[10], l'Île Bihan (au sud-est de l'île Marquer ä laquelle elle est rattachée)[11], l'Île aux Moutons[Note 2] et les Îles de Buguelès (Coz Castel[12], Île Balanec[13], Île Istan[14] et Île Ozac'h[15] et l'ancienne Île Bilo, désormais rattachée au continent). De multiples écueils découvrant uniquement à marée basse (par exemple Roc'h Ribin, Roc'h ar Skeï et Noguédou, Men Renoter, etc..) forment un paysage pittoresque mais d'accès dangereux[16].

Les îles de Penvénan

Hydrographie

La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Lizildry[17],[Carte 1].

Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune
Réseau hydrographique de Penvénan[Note 3].

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[18]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[19]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique[20]. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments[21]. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[22],[23].

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 11,2 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 0,5 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 813 mm, avec 13,6 jours de précipitations en janvier et 7,4 jours en juillet[18]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de La Roche-Jaudy à km à vol d'oiseau[24], est de 11,8 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 887,1 mm[25],[26]. La température maximale relevée sur cette station est de 37,2 °C, atteinte le  ; la température minimale est de −8,5 °C, atteinte le [Note 4].

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune[27], un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme

Typologie

Au , Penvénan est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à 7 niveaux définie par l'Insee en 2022[28]. Elle est située hors unité urbaine[29]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Lannion, dont elle est une commune de la couronne[Note 5],[29]. Cette aire, qui regroupe 40 communes, est catégorisée dans les aires de 50 000 à moins de 200 000 habitants[30],[31].

La commune, bordée par la Manche, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral[32]. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, tel le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des 100 mètres, ou plus si le plan local d’urbanisme le prévoit[33].

Occupation des sols

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (65,7 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (75,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (34,8 %), terres arables (29,9 %), zones urbanisées (22,2 %), forêts (5,2 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (4,6 %), zones humides côtières (2,3 %), prairies (1 %)[34]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Le nom de la localité, sous la forme Penvean apparaît pour la première fois dans la "Vie latine" de saint Conval (fin Xe siècle ou début XIe siècle)[35] et est attesté sous les formes Penguennan en 1160, Penvennan en 1163, Penguennan en 1165, Peneguan en 1188, Penguennan et Penvennan en 1330, Penguenan en 1429, Penguennan en 1516, Penguenan en 1636, Penvenant en 1779[36].

Penvénan s’écrivant autrefois Penguennan et Penvennan. Penquenan ou Kenan pourrait bien rappeler Saint-Kenan (Ve siècle). On peut encore interpréter Penguenan, comme « extrémité du territoire de Guénan »[37].

Selon A. Marteville et P. Varin, « Penvénan est un exemple des transformations que subit aisément la langue bretonne par le changement de certaines consonnes. Son nom primitif était en effet Penguénan et guénan est devenu vénan »[38]. Selon Bernard Tanguy le nom proviendrait du breton penn (tête, sommet) et de l'hagionyme Gwenan (sainte Gwenan).

Le nom breton de la commune est Penwenan[37].

Histoire

Préhistoire et Antiquité

Tumulus de Tossen Kelen : enceinte déplacée auprès de la chapelle Saint Gonval.

L'occupation humaine sur le territoire de la commune est attestée dès le Néolithique comme en témoignent encore le dolmen de l'île Saint-Gildas, les nombreux menhirs (Kerbeulven, Kergastel, Kermarquer, Kervéniou, Pellinec), le tumulus de Tossen-Kelen et les sépultures de Roch-Las-en-Port-Blanc. Plusieurs autres mégalithes (Crec'h-Bleiz, Pennerez-ar-Guelennou, Guernotier, île Balanec, Keribot) signalés au XIXe siècle ont été depuis détruits ou sont disparus[39].

Des fouilles effectuées en 1829 et en 1836 dans l'Anse de la Saudraie ont permis de trouver des débris de mosaïques romaines[40].

Moyen Âge

Selon Dom Morice en 1160 les Templiers auraient fondé un établissement à Penguénan (Penvénan)[38].

En , Henri de Bolingbroke, duc de Lancastre, futur roi Henri IV d'Angleterre, armé et équipé par le duc de Bretagne, part de Port-Blanc[41] avec dix navires[42] et fait voile vers l'Angleterre pour réclamer ses titres et terres que le roi Richard II lui a confisqués. Il déposera ce roi et se fera couronner à sa place sous le nom d'Henri IV. Dans sa pièce Richard II, Shakespeare cite Port-Blanc à l'acte II scène 1 vers 277.

Temps modernes

Carte de Cassini de la paroisse de Penvénan et de ses environs (1790).

Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Penvénan en 1778 :

« Penvenant : à 1 lieue un quart au Nord-Nord-Ouest de Tréguier, son évêché et subdélégation ; et à 31 lieues de Rennes. Cette paroisse relève du Roi, ressortit à Lannion, et compte 1 700 communiants[Note 6] ; la cure est à l'ordinaire. L'an 1233, Étienne, évêque de Tréguier, unit cette paroisse à la mense épiscopale. Ce territoire renferme des terres bien cultivées et fertiles en toutes fortes de grains. A peu de distance du bourg, près la chapelle de Saint-Mandé , sont deux moulins à vent, sur une élévation qui forme un très-beau point de vue. Guermel, Lancivilien et Péan-coët-larzan , sont des maisons nobles[43]. »

Révolution française

La loi du découpe la France en départements, districts et cantons. Le canton de Penvénan est créé faisant ainsi partie des 90 cantons du département[44]. Les communes de Plougrescant, Trélévern, Trévou-Tréguignec, Coatreven et Trézény en font partie. Toutefois, cette existence sera de courte durée. Pour des raisons d'économie, en 1800, les subdivisions administratives sont revues et Penvénan redevient une simple commune, comme 48 autres communes du département[44].

Le XIXe siècle

François Habasque écrit en 1832[45] : « À mi-chemin de Perros à Tréguier (..) on trouve la commune de Penvénan. On y recueille chaque année une grande quantité de goémon, et personne n'ignore de quelle utilité est cet engrais pour les terres du littoral des Côtes-du-Nord. (..) Un arrêté du 12 prairial an XI interdit les drômes[Note 7], mais on en viole les dispositions sous le prétexte qu'on ne saurait les exécuter. « Comment, disent les habitants de plusieurs communes, et notamment ceux de Penvénan, comment nous serait-il possible de nous procurer assez de bateaux pour enlever les 300 charretées de varech que coupent, le premier jour, les mille personnes qui, sur nos côtes, se livrent à ce travail ? Nous sommes, de temps immémorial, dans l'usage de nous servir de traîneaux, sans qu'il en soit résulté d'inconvénients graves ; il ne s'agit que de prendre des précautions »[46]. »

Le cadastre de 1834 indique la présence de 9 moulins dont 2 moulins à vent (Guernoter et moulin de la Comtesse), de moulins à eau (Guermeur, Kerdeval, Donan [en ruine] et les 2 moulins de Kerveniou) et de 2 moulins à marée (Pellinec et Buguélès)[47].

L'ancienne église paroissiale Saint-Pierre subit d'importants dégâts lors de la tempête du et une nouvelle église, l'église paroissiale Notre-Dame, est construite entre 1836 et 1838 pour la remplacer[48].

Un gisement d'huîtres « d'une dimension colossale » selon le Publicateur des Côtes-du-Nord est découvert en 1843 au large de Penvénan[49].

Plan cadastral de la commune de Penvénan (tableau d'assemblage, 1834).

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Penvénan en 1853 :

« Penvénan (sous l'invocation de la Vierge) ; commune formée de l'ancienne paroisse de ce nom ; aujourd'hui succursale (..). Principaux villages : Bughelès, Kerguen, Kerrué, Guernolier, Pellinec, Toul-an-Stivel, Queffioec, Leurmin, Pencrec'h, Ty-Guen, Penprat, Keribot, Kerbelven, Kergoasdoué, Lescadou, Kerfontel, Kercoadou, Guermeur, Kerprigent, Kerigout, Kergeffroy, Kerfino, Poulfanc, Kerdeval, Mezoumeur, l'Isle-Meur, Landébédan, Lan-Sévilien, Coat-Claéren, Kergastel, Bois-Yvou, Crec'h-Goulard, Liors-Courtès, Poulpry, Crec'h-Avel, le Pont-Blanc, le Port-Blanc, Kerdavid, Castel-Kerriou, Crec'hc-Bleiz, Saint-Maudez, Gouver, Kermarquer, Kerbrian. Superficie totale 1 984 hectares 44 ares, dont (..) terres labourables 1 390 ha, prés et pâturages 191 ha, bois 38 ha, vergers et jardins 17 ha, landes et incultes 237 ha (..). Moulins : 8  ; routoirs: 60. (..) On voit en cette commune, outre l'église paroissiale, les chapelles Saint-Nicolas, Saint-Gueneval [en fait Saint-Gonval] et Saint-Maudez. La commune de Penvénan est située sur la côte ; mais son chef-lieu a peut-être moins d'importance que le Port-Blanc, grand attérage situé à l'extrémité nord de ce territoire. Les navires de toute dimension peuvent aborder à ce petit port ; aussi est-il devenu, depuis quelques années, le centre d'un certain commerce pour les grains. Son entrée est défendue par une batterie située sur l'Île-aux-Moines, et couverte par l'Île Saint-Gildas, l'un des innombrables îlots qui bordent cette côte, et dont les principaux sont Saint-Gildas, Levren, Crées, Illiec, Aîes, Baëllanec, Bilo, Islan, Vinic, Marquer, Castel-Coz, etc.. On voit en cette commune Lescado, à la famille Gillart ; Kerbeulven, ancienne maison de plaisance des évêques de Tréguier et Pellinec, belle propriété appartenant à M. Saliou. Le pardon de la paroisse a lieu le dimanche de la Quasimodo. Tous les paysans qui ont des chevaux étalons les y conduisent, carapaçonnés et couverts de clochettes. Le pardon est une espèce de montre des étalons, et de prospectus pour la saillie. Il y a un autre pardon à Saint-Gildas le dimanche et le lundi de la Pentecôte ; Saint-Gildas est en mer, à une lieue environ ; dès que la mer se retire, et souvent avant qu'elle se retire, les paysans se lancent au galop vers la chapelle. C'est un grand honneur d'y arriver le premier, et assi un profit pour l'avenir ; car la renommée s'attache au cheval et au cavalier. Arrivé à la chapelle, chaque cheval reçoit un pain qui a touché le pied du saint. La tradition porte que ceux qui ne sont pas conduits à Saint-Gildas ont la morve et autres maladies. Ce pardon est superbe. On voit dans le granite du rocher, l'empreinte du corps d'un homme : c'était, dit-on, le corps du saint. (..) Outre les terres nobles indiquées par Ogée, une information datant de 1695 cite Troguindy, Kerbeulven et Kerenadout. Géologie : granite amphibolique. On parle le breton[38]. »

Joachim Gaultier du Mottay écrit en 1872 que Penvénan possède une école de garçons ayant 115 élèves et une de filles en ayant 56, que son « territoire [est] accidenté et découvert, peu boisé et planté de pommiers. Terres bonnes, bien cultivées et productives, quoique sablonneuses. Prés médiocres. Les landes comptent pour 1/8e environ dans la contenance de la commune », que « le chef-lieu de la commune a moins d'importance que le Port-Blanc, grand et bon atterrage situé à l'extrémité nord de son territoire, où des navires d'un fort tonnage relâchent avec sécurité quand le mauvais temps les empêchent de tenir la mer ». Il précise aussi que « l'église paroissiale, construite en 1837, est sous le patronage de la sainte Vierge, et le pardon a lieu le dimanche de la Quasimodo ». Il signale l'existence de six chapelles : Port-Blanc, Saint-Maudez, Saint-Nicolas, Saont-Gonval, Saint-Hérigin et Saint-Gildas (dans l'île de ce nom) et indique que des fabriques de soude existent le long du littoral[40].

Nicolas Lebras, père d'Anatole Le Braz, est instituteur à Penvénan entre 1874 et 1891[50].

Le le bateau La Madone avec cinq personnes à bord (Joseph de Lorgeril[Note 8], Le Du (marin), Le Bellec (jardinier) et deux mousses), chavira près de l'Île Tomé et se perdit corps et biens[51]. Le les quatre enfants Derrien, dont le père était fermier ä l'Île Saint-Gildas, scolarisés à Penvénan, qui étaient restés passer la nuit dans une petite maison que la famille possédait à Buguélès, embarquèrent ce jeudi matin pour rejoindre l'île ; la barque chavira au cours du voyage et les quatre enfants se noyèrent[52].

Dans la nuit du 13 au des portraits du duc d'Orléans[Note 9], entourés de liserés tricolores et portant l'inscription : « Vive le duc d'Orléans ! » furent apposés en grand nombre sur les murs de Tréguier, de La Roche-Derrien et des communes avoisinantes, dont Penvenan ; la population a fait un très bon accueil à cette manifestation de propagande royaliste, écrit le journal Le Courrier de l'Aude[53].

Le XXe siècle

Penvénan a accueilli de grands auteurs comme Anatole Le Braz, qui a défendu le patrimoine culturel de la commune et du Trégor, notamment les contes et légendes ; ou Jean Guéhenno de l'Académie française, ainsi que des peintres, des musiciens et des personnalités marquantes de la Résistance comme André Postel-Vinay, Pierre Lefaucheux, et Marie-Hélène Lefaucheux qui eut un rôle marquant sur l'évolution du droit international des femmes.

La Belle Époque

Penvénan ː article du journal L'Ouest-Éclair à propos des élections municipales de 1900 opposant deux listes, l'une antidreyfusarde, l'autre dreyfusarde ; le journal est clairement favorable aux antidreyfusards.

En 1902, l'abbé Camus, recteur de Penvénan, se justifie d'utiliser la langue bretonne : « Messieurs les instituteurs, eux aussi, font dans ce pays un usage fréquent du breton, même en public. C'est ainsi que M. le directeur de notre école communale ne craint nullement de se compromettre en faisant son petit prône en breton à la population réunie sur la place du bourg. (...) Et les candidats au Conseil général, à la députation, en quelle langue débitent-ils leurs boniments ? En breton, en très mauvais breton parfois, mais toujours en breton, et il le faut bien, car c'est pour eux le seul moyen de se faire comprendre de la population[54]. L'amiral de Cuverville, sénateur, qui avait une propriété à Saint-Maudez en Penvénan[55], soutint énergiquement une protestation analogue de l'abbé Gayraud, alors député[56].

L'école des filles de Penvénan, tenue par les Sœurs du Saint-Esprit est fermée en juillet 1902 en vertu de la loi sur les congrégations du gouvernement Combes[57].

Cette pratique superstitieuse à Penvénan est décrite en 1903 : « À Penvénan, les mères ont coutume de se rendre à l'église avec, sur les bras, le petit paresseux qui ne veut pas marcher, et de jeter dans le chœur quelques pièces de monnaie devant la statue de la Vierge, puis celles de saint Yves, du Mauvais riche et de Lazare. Elles vont elles-mêmes quérir ces sous, mais c'est le petit malade qui, de sa propre main, doit les déposer dans le tronc de la Vierge. Trois tours ensuite autour du sanctuaire, et il est certain que, dans la quinzaine, l'enfant fera ses premiers pas »[58].

Théodore Botrel a vécu à Penvénan avant 1905 ; il s'installa ensuite à Pont-Aven[59].

Le service téléphonique ouvre à Penvénan le [60].

La ligne ferroviaire de Tréguier à Perros-Guirec a été inaugurée le et fermée le . Penvénan disposait d'une gare sur cette ligne à voie métrique des Chemins de fer des Côtes-du-Nord.

La Première Guerre mondiale

Le monument aux morts de Penvénan.

Le monument aux morts Penvénan porte les noms de 110 soldats et marins morts pour la Patrie pendant la Première Guerre mondiale ; parmi eux 10 au moins sont morts en Belgique ; 19 au moins sont morts en mer ; Jean L'Hostis est mort en 1915 lors de la bataille de Sedd-Ul-Bahr (Turquie) ; Yves Le Minter est mort également en 1915 à Ferryville (Tunisie) ; Charles Simon en 1917 et Jean Boulard en 1918 dans l'actuelle Macédoine du Nord ; Henri Le Quéré en 1918 à Corfou en Grèce ; Benjamin Ollivier, marsouin, est mort le en Autriche et Joseph Pean le en Bulgarie, tous les deux donc après l'armistice ; de nombreux autres sont morts sur le sol français ; toutefois le lieu du décès et parfois la date ne sont pas indiqués pour 42 d'entre eux[61],[62].

Quatre frères Le Roux (membres d'une famille d'agriculteurs qui exploitaient la ferme de Kermenguy) sont morts du fait de la Première Guerre mondiale :Émile Yves[Note 10], décédé le d'une maladie contractée en service à l'hôpital militaire de Saint-Mandé ; Joseph Marie[Note 11], tué à l'ennemi le ä Tamines (Belgique) ; François Marie[Note 12], noyé le lors du naufrage du chalutier armé Le Saint-Louis ; Eugène Marie[Note 13], marin, mort le chez ses parents, mais d'une maladie contractée pendant la guerre[63].

Le monument aux morts, réalisé par le sculpteur Yves Hernot, est inauguré le [64].

L'Entre-deux-guerres

Yvon Nicolas est mort de maladie contractée en service en 1919 à Penvénan et Joseph Le Berre, matelot, est mort en 1920 à Rochefort dans des circonstances non précisées[65].

La Seconde Guerre mondiale

En avril 1941 la femme d'Alexis Carrel est nommée conseillère municipale de Penvénan par le régime de Vichy[66].

Un bunker à Port-Blanc.

Le monument aux morts de Penvénan porte les noms de 52 personnes mortes pour la France durant la Seconde Guerre mondiale ; parmi ces victimes Gonéry Milon est mort de maladie en février 1940 à l'hôpital complémentaire de Guingamp ; Alexis Prigent est mort au printemps 1940 lors de la Bataille de France ; 13 sont mortes en mer ; Yves Le Rolland, marin sur le croiseur Dunkerque, est mort le lors de l'attaque anglaise de Mers el-Kébir ; Eugène Tetaert est mort accidentellement en 1943 au Maroc ; Jean Le Morvan est mort en 1943 à Fort-de-France (Martinique) ; Yves Marie Le Roux, résistant, a été tué à l'ennemi le à Kerien ; Louis Arhant est mort de maladie en janvier 1944 alors qu'il était prisonnier de guerre en Allemagne[65].

Au cours d'un transport d'armes, Roger Bervet, originaire de Paris, fut arrêté en même temps que cinq autres de ses camarades le à Penvénan. Emmené à la feldgendarmerie de Plouaret où il fut atrocement torturé, Roger Bervet fut aperçu pour la dernière fois à Lanvollon en même temps que ses compagnons d'infortune. On ignore le lieu où il a été exécuté car le corps n'a jamais été retrouvé[67]. Il avait 24 ans.

Charles-Marie Guillois[Note 14], né à Penvénan, marin engagé dans les Forces navales françaises libres, est mort le à Port-Blanc. Paul Schmidt, dit Kim, alias Dominique, né le à Bayon (Meurthe-et-Moselle), mort le à Penvénan, fut un résistant notoire, compagnon de la Libération.

L'après Seconde Guerre mondiale

Après la Seconde Guerre mondiale, Buguélès a été un temps surnommé "Stalingrad" « parce que sur 400 électeurs il y a bien 380 communistes. Le bureau [de vote] le plus communiste de France a jailli en pleine "Terre des prêtres" (..) C'est chez le fils Jézéquel, instituteur à "Stalingrad" que M. Jacques Duclos en personne vient chaque année passer ses vacances » écrit le journal France-Soir[68].

Lors du recensement de 1946 Penvénan comptait 168 exploitations agricoles et 32,5 % de la population totale vivait de l'agriculture[69].

Lors de la tempête des 11 au , à Penvénan, de nombreux bateaux furent projetés par les vagues loin à l'intérieur des terres[70].

Le XXIe siècle

Politique et administration

Rattachements administratifs et électoraux

Rattachements administratifs

La commune se trouve dans l'arrondissement de Lannion du département des Côtes-d'Armor.

Elle faisait partie depuis 1801 du canton de Tréguier[71]. Dans le cadre du redécoupage cantonal de 2014 en France, cette circonscription administrative territoriale a disparu, et le canton n'est plus qu'une circonscription électorale.

Rattachements électoraux

Pour les élections départementales, la commune est depuis 2014 le bureau centralisateur d'un nouveau canton de Tréguier

Pour l'élection des députés, elle fait partie de la cinquième circonscription des Côtes-d'Armor.

Intercommunalité

Maricourt était membre de la communauté de communes des Trois Rivières, un établissement public de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre créé fin 1995 et auquel la commune avait transféré un certain nombre de ses compétences, dans les conditions déterminées par le code général des collectivités territoriales.

En 2013, cette intercommunalité a fusionné avec la communauté de communes du Pays Rochois pour former la communauté de communes du Haut-Trégor, qui, elle-même, a fusionné avec ses voisines pour former, le , la communauté d'agglomération dénommée Lannion-Trégor Communauté, dont la commune est désormais membre.

Tendances politiques et résultats

Au premier tour des élections municipales de 2014 dans les Côtes-d'Armor, la liste DVD menée par Michel Deniau, le maire sortant, remporte la majorité absolue des suffrages exprimés, avec 890 voix (52,07 %, 18 conseillers municipaux dont 4 conseillers communautaires élus), devançant la liste PS menée par Alain Hamel (819 voix, 47,92 %, 5 conseillers municipaux dont un communautaire), lors d'un scrutin marqué par 26,38 % d'abstention[72].

Au second tour des élections municipales de 2020 dans les Côtes-d'Armor, marqué par une quadrangulaire, la liste DVD menée par Denise Prud'homm remporte la majorité des suffrages, avec 552 voix (36,65 %, 16 conseillers municipaux dont 2 communautaires), devançant respectivement celles menées par[73]  :

  • Monique Garel  soutenue par le maire sortant qui ne se représentait pas  (DVD, 488 voix, 32,40 %, 4 conseillers municipaux élus), ;
  • Graziella Segoni (DVG, 325 voix, 21,58 %, 2 conseillers municipaux élus) :
  • Denis Baulier (app. GE, 141 voix, 9,36 %, 1 conseiller municipal élu)

lors d'un scrutin où 35,45 % des électeurs se sont abstenus

Liste des maires

Davantage d’informations Période, Identité ...
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
3 janvier 1945 26 octobre 1947 Auguste Fourmand[74] PCF Cheminot
26 octobre 1947 28 mars 1959 Charles Coadou[Note 26]   Cultivateur.
28 mars 1959 1976 Yves Nicolas[Note 27]   Notaire.
6 avril 1976 18 mars 1983 Édouard Laurent[Note 28]   Cultivateur.
18 mars 1983 25 juin 1995 Guillaume Gelgon[Note 29]   Commerçant, maire honoraire (2007)[75].
25 juin 1995 juillet 1997 Augustin Henry[Note 30]   Garagiste retraité
Démissionnaire
22 septembre 1997 22 mars 2008 Fernand Le Duc[76]   Retraité
22 mars 2008 4 juillet 2020[77] Michel Deniau DVD Retraité de La Poste
Vice-président de la CC du Haut-Trégor (2013 → 2016)
4 juillet 2020[78] en cours
(au 23 juillet 2020)
Denise Prud'homm DVD Aide soignante retraitée, ancienne adjointe
Vice-présidente de Lannion-Trégor Communauté (2020 →)
Les données manquantes sont à compléter.
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Politique de développement durable

La commune de Penvénan a rejoint BRUDED en 2006, un réseau d'échanges entre communes et intercommunalités engagées dans le développement durable. BRUDED signifie Bretagne Rurale et Rurbaine pour un développement durable et compte des adhérents répartis sur toute la Bretagne et la Loire-Atlantique. À travers ce réseau, les élus peuvent partager leur culture du développement durable lors de visites et de rencontres, échanger autour de leurs projets et offrir une meilleure visibilité à leurs actions.

Jumelages

Drapeau de l'Irlande Castlecomer (Irlande)[79]

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[80]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[81].

En 2023, la commune comptait 2 584 habitants[Note 31], en évolution de +1,81 % par rapport à 2017 (Côtes-d'Armor : +2,18 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 9491 9782 1832 1962 3182 4592 7532 9133 003
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 0393 0423 0953 1173 2573 2003 1672 9572 776
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
2 6602 7432 7792 9572 9232 9032 7562 7222 431
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
2 5512 5082 6142 4502 4892 4342 5622 5802 589
Davantage d’informations - ...
2017 2022 2023 - - - - - -
2 5382 5482 584------
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De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[71] puis Insee à partir de 2006[82].)
Histogramme de l'évolution démographique

Culture locale et patrimoine

Langue bretonne

Le nom en breton de la commune est Perwenan.

L'adhésion à la charte Ya d'ar brezhoneg a été votée par le Conseil municipal le .

À la rentrée 2017, 60 élèves étaient scolarisés dans la filière bilingue publique (soit 26,8 % des enfants de la commune inscrits dans le primaire)[83].

Lieux et monuments

Monuments religieux

  • L'église Notre-Dame, dans le bourg de Penvénan, construite entre 1836 et 1838 par l'entrepreneur Charles Kerleau ; elle est en forme de croix latine et construite en granite ; sa tour-porche est restée inachevée (absence de flèche)[48].
  • La chapelle Saint-Nicolas de Buguélès, probablement datée du XVIIe siècle[85].
  • La chapelle Saint-Gonval est un édifice située dans l'ancienne frairie de Trégonval datant probablement du XVIIIe siècle[86]. Un lavoir se trouve à proximité[87].
  • L'île Saint-Gildas[89], célèbre pour sa chapelle[90], son oratoire[91] et pour son pardon aux chevaux, au large de Port-Blanc. L'île a été donnée en 1960 à la Fondation Carrel par la veuve d'Alexis Carrel à la condition d'y établir une fondation monastique et est désormais propriété privée.
Le pardon aux chevaux du

Monuments civils

  • Selon la légende, l'île de Groagez (Île des Femmes), au large de Port-Blanc, aurait abrité une « fée de la mer », la Groac'had vor[99] ;
  • L'ancienne pêcherie (gored) entre l'Île Marquer et l'Île Bihan date probablement du Moyen Âge[100]
  • Port-Blanc, le plus important hameau de la commune[101].
    • Son port.
    • Corps de garde du Port-Blanc : il date initialement du XVIIIe siècle[102].
    • Le Rocher de la Sentinelle.
    • Poudrière.
    • Batterie[103] (elle date du XVIIIe siècle et se trouve sur le Rocher du Voleur).
Le Manoir et le Jardin du Pellinec
  • Marécage de Penévan.
    Marécages de Penvénan, dans l'anse de Pellinec, entre Buguélès et Port-Blanc.
  • L'Anse du Pellinec et son passage à gué[114].
  • Fontaine du bourg.
    Des fontaines et lavoirs[115].
    • La fontaine du bourg.
    • La fontaine et le lavoir de Gonver[116].
    • Lavoir et fontaine de Saint-Illigent[117] ; et d'autres.
  • Des moulins :
  • De nombreuses maisons et fermes présentent un intérêt patrimonial[122]
  • De nombreux chemins de randonnée dont le GR 34, le circuit du Marais du Launay (7,5 km), celui de Crec'h Goulard (6,5 km), celui de Pellinec (km) et le grand circuit de Buguélès (15 km)[123].

Contes

Personnalités liées à la commune

Naissance à Penvénan

Décès à Penvénan

Résidence à Penvénan

Héraldique

Blason Blasonnement :
De sinople à trois chevrons d'argent remplis de gueules, accompagnés de trois abeilles d'or ; au chef d'hermine.

Voir aussi

Bibliographie

  • Nicole Chouteau, Histoire de Penvénan, Port-Blanc, Buguélès, Saint-Brieuc, Les presses bretonnes, , 104 p. (lire en ligne)
  • Nicole Chouteau, Histoire de Penvénan, Port-Blanc et Buguélès, Bégard, Cahier du Trégor, (ISSN 0758-1238, lire en ligne)

Articles connexes

Liens externes

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Notes et références

Related Articles

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