Peste brune
invective politique
From Wikipedia, the free encyclopedia
La peste brune est un surnom donné au nazisme par analogie à la couleur brune des chemises des SA, une organisation paramilitaire du parti nazi. Cette expression compare le nazisme à une maladie contagieuse et infectieuse, la peste.
Par extension, on l'utilise parfois pour désigner d'autres mouvements politiques extrêmes comme le néo-nazisme ou le fascisme contemporain. Il sert alors à qualifier le phénomène dynamique de l'expansion des courants d'extrême droite à travers le monde.
Histoire

La première utilisation de cette expression serait due à Romain Rolland en réaction à l'incendie du Reichstag du [1]. Ainsi le , dans une lettre à Stefan Zweig, il s'exclame : « Comment ces malheureux social-démocrates et communistes ont-ils pu être assez dénués d'intelligence politique pour attendre à la dernière minute pour se soulever contre la peste brune ! C'est accablant. »[2] Puis dans un manifeste daté du [3],[4] et publié le dans la revue Europe[5], il écrit : « La peste brune a dépassé, du premier coup, la peste noire », la peste noire faisant référence au fascisme italien et à ses « chemises noires ».
Quelques mois plus tard, Daniel Guérin reprend cette expression pour intituler sa série de reportages La Peste brune a passé par là, publiée dans Le Populaire à partir du [6], et republiée en volume en [1]. Il y fait le récit de son tour de l'Allemagne nazie à bicyclette, comparant la situation avec celle qu'il avait rencontrée en parcourant le pays à pied en , avant la prise de pouvoir d'Hitler[7].
Utilisations de l'expression
En , dans Peste et Choléra, une biographie romancée du bactériologue Alexandre Yersin, découvreur du bacille de la peste, l'auteur Patrick Deville utilise largement la peste comme une allégorie pour évoquer la « peste brune », la montée des fascismes en Europe[8].
Le , le ministre français de l'Action et des Comptes publics, Gérald Darmanin, s'est attiré les foudres des responsables politiques d'opposition pour ses propos qualifiant certains Gilets jaunes de « peste brune »[9].
Sens médical
C'est également le nom donné à une forme de pneumonie contractée à partir de la respiration d'un air saturé en terre fertile (cf. les tempêtes de poussière aux États-Unis).