Marc Catozze
cas célèbre de phocomélie quadruple
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Marc Catozze[note 1], dit Petit Pépin ou Petit Nain, né à Venise au début des années 1740 et mort le à Gentilly (Val-de-Marne), est un cas célèbre de phocomélie quadruple où les mains et les pieds sont rattachés directement au tronc.
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Surnoms |
Petit Pépin, Petit Nain, Pipine |
| Nationalité | |
| Domicile |
Hôpital Bicêtre (- |
| Activité |
Biographie
Marc Catozze est né à Venise vers 1740-1742. Ses parents et ses frères étaient en bonne santé et normalement conformés[1].
Catozze était capable de se tenir sur ses pieds, de marcher et de monter à cheval à l'aide d'une selle adaptée[1].
Pour boutonner sa culotte, soulever un gobelet, tirer une couverture, etc. il se servait d'un instrument. « Une sorte de bâton creux de bois de sureau de trois pieds de longueur environ, dans la longueur duquel se plaçoit et pouvoit se mouvoir une tige de fer cylindrique de même longueur, et terminé à l'une de ses extrémités par un crochet recourbé en hameçon et très acéré »[1].
Il parcourt l'Europe où il « s'exposait à la curiosité publique »[1]. Deux tracts annonçant ses spectacles ont été conservé [2],[3]. Il est annoncé à la Foire de Saint-Laurent à Paris en 1752[2] puis à nouveau à Paris en 1757 ou 1758[4] et en Angleterre en 1766[3],[note 2]. Outre la conformation singulière de son corps en raison de l'absence de bras et jambes, il mettait en avant durant ses spectacles la force de ses mâchoires et sa dextérité lors desquels « il faisait voltiger au dessus de sa tête des armes, des bâtons ; en agissant avec ses moignons, il lançait d'une main ces objets dans l'air, et il les recevait de l'autre avec la plus grande prestesse »[1]. Catozze était habillé « à la manière Turque » et magnait un petit cimeterre[4]. Il se serait produit devant Louis XV, des princes et princesses d'Europe ; assisté d'un dénommé Paschal Discol[2].
Il parle plusieurs langues (allemand, anglais, français et italien)[1].
De son vivant, Catozze est évoqué à plusieurs reprises dans la littérature. Il est mentionné dans les Observations sur la physique, sur l'histoire naturelle et sur les arts en 1766[5], fait l'objet d'une illustration dans les Écarts de la Nature publié par Geneviève et Nicolas-François Regnault en 1775 et est évoqué dans le Dictionnaire des merveilles de la nature de Joseph-Aignan Sigaud de La Fond en 1781[6].
Au cours de sa vie, il est traité à deux reprises pour une maladie vénérienne[1]. Mais c'est en 1793 que son état empire et nécessite son hospitalisation à l'hôpital de Bicêtre[1],[7]. Il y meurt une décennie plus tard, le 9 nivôse de l'an XI (30 décembre 1802) à la suite d'une entérite chronique[8],[9].
- Documentation jusqu'à son décès
- Publicité (1752)
- Publicité (après 1766)
- Représentation (1775)
- Hospitalisation (1793)
- Acte de décès (1802)
Cas médical
| Date | |
|---|---|
| Matériau | |
| Dimensions (H × L × l) |
94 × 42 × 48 cm |
| Collection | |
| No d’inventaire |
SU.MD.P.2015.0.292 |
| Localisation |
Le phocomèle[note 3] Marc Catozze est autopsié par Constant Duméril, professeur d'anatomie à l’École de médecine de Paris[10], secondé par François Hebréard et Geoffryon dans les recherches anatomiques[1]. Cette observation médicale devenue un cas célèbre de phocomélie complète[11],[12] est publiée rapidement dans le Bulletin des sciences de la Société philomathique en 1803[1]et la Société de chirurgie de Paris publie une analyse détaillée du squelette de Catozze par Émile Debout en 1863[13].
Selon Émile Debout, il s'agit du deuxième plus ancien cas documenté de phocomélie quadruple après le nouveau-né abandonné sur la voie publique le 5 mars 1671 et rapporté par M. Bouchard, médecin à Lyon[13]. Cette observation médicale est mentionnée à de nombreuses reprises dans la littérature médicale. Voici un échantillon : Humbolt (1803)[14], Johann Friedrich Meckel (1812)[15], R. S. Kirby (1820)[16], Étienne Geoffroy de Saint-Hilaire (1822)[17], Isidore Geoffroy de Saint-Hilaire (1832)[18], Louis Guinard (1893)[19], Georges Gould et Walter Pyle (1897), John William Ballantyne (en) (1904)[20], Hélène Socin (1916)[21], O'Brien et Mustard (1921)[22], Charles J. S. Thompson (en) (1930)[23], Wepler (1937)[24], Hill (1937), Harold Speert (1973)[25], Hampar Kelikian (en) (1974)[26], Armand Marie Leroi (en) (2003)[27].
Le squelette et le moulage en cire intègrent les collections de l'école de médecine (musée Dupuytren)[28],[29]. Ces collections font partie des collections médicales et d’anatomie pathologique de Sorbonne Université[30].
- Représentations du 19e siècle
- 1803
- 1844
- 1863-1867
- 1885
- 1891-1893