Lion de mer de Nouvelle-Zélande

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Phocarctos hookeri

Faits en bref Règne, Embranchement ...
Phocarctos hookeri
Description de cette image, également commentée ci-après
Un mâle adulte sur une plage, dans la péninsule d'Otago, en Nouvelle-Zélande.
Classification
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Carnivora
Sous-ordre Caniformia
Infra-ordre Pinnipedia
Famille Otariidae

Genre

Phocarctos
Peters, 1866

Espèce

Phocarctos hookeri
(Gray, 1844)

Synonymes

  • Arctocephalus hookeri (Gray, 1844)
  • Neophoca hookeri (Gray, 1844)
  • Arctocephalus (Phocarctos) hookeri (Peters, 1866)
  • Otaria hookeri (Clark, 1873)
  • Neophoca cinerea (Sivertsen, 1953)

Statut de conservation UICN

( EN )( EN )
EN A4bd : En danger

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Le Lion de mer de Nouvelle-Zélande (Phocarctos hookeri) est une espèce d'otaries, seule du genre Phocarctos.

C'est un mammifère marin de grande taille, qui mesure en moyenne plus de m de long pour un poids qui peut atteindre 450 kg chez les mâles les plus imposants. Le dimorphisme sexuel est marqué, les mâles étant plus longs et 3 à 4 fois plus lourds que les femelles. Celles-ci ont une silhouette plutôt allongée et un pelage clair, alors que les mâles sont massifs, trapus, avec un cou très épais et un pelage brun chocolat à brun-noir. Il peut être confondu avec l'Otarie à fourrure de Nouvelle-Zélande, l'Otarie de Kerguelen, l'Otarie à fourrure subantarctique et le Lion de mer australien.

Son aire de répartition est assez restreinte, englobant les îles subantarctiques et le sud de la Nouvelle-Zélande. 95% des naissances ont lieu dans les îles Auckland, le reste se partageant dans quelques autres îles, avec des naissances occasionnelles au sud de l'île du Sud. Certains mâles erratiques sont parfois observés au nord de la Nouvelle-Zélande et sur l'île Macquarie.

Le Lion de mer de Nouvelle-Zélande est un carnivore, qui chasse de nombreuses espèces de vertébrés et d'invertébrés : poissons, crustacés, poulpes, calmars et salpidés. Les mâles s'attaquent quelquefois à d'autres espèces d'otaries ou à des manchots. Les femelles détiennent les records de plongée chez les Otariidés : certaines ont été enregistrées à plus de 500 m de profondeur, pendant plus de 11 minutes sous l'eau.

Pendant la période de reproduction, les Lions de mer de Nouvelle-Zélande se réunissent en colonies. Les mâles, par des combats et des parades, s'approprient un territoire sur lequel peuvent vivre jusqu'à 25 femelles. Ils quittent ensuite la colonie peu après les naissances, tandis que les femelles prennent soin des petits, alternant entre des plongées à la recherche de nourriture et le nourrissage. Les petits se réunissent en « crèches », appelées rookeries. Après la période de reproduction, leurs mères les emmènent dans des zones broussailleuses ou en forêt.

Du fait de l'âge tardif auquel les femelles se reproduisent et du taux élevé de femelles qui ne se reproduisent pas, le Lion de mer de Nouvelle-Zélande a un accroissement démographique faible. L'espèce connaît aussi un déséquilibre entre mâles et femelles, car celles-ci sont plus souvent des victimes collatérales de la pêche, la principale menace pour sa conservation. Alors que l'espèce avait une aire de répartition vraisemblablement beaucoup plus étendue avant l'occupation humaine de la Nouvelle-Zélande, la chasse aux phoques qui a duré du XIXe siècle au XXe siècle a décimé les populations de certaines îles. Le Lion de mer de Nouvelle-Zélande est aujourd'hui concentré sur une aire réduite, ce qui le rend très vulnérable aux épizooties. C'est une espèce en danger selon la liste rouge de l'UICN.

Le Lion de mer de Nouvelle-Zélande est génétiquement distinct des autres lions de mer et possède son propre genre, dont il est l'unique espèce. Jusqu'en 1960, il était considéré comme faisant partie de la même espèce que le Lion de mer australien.

Description

Caractéristiques générales

Le Lion de mer de Nouvelle-Zélande est un mammifère marin de grande taille, au corps massif. Les mâles adultes peuvent mesurer entre 2,30 et 2,70 m de long et peser 320 à 450 kg, mais ces valeurs sont probablement plus élevées que la moyenne[1]. Les femelles mesurent 1,80 à 2 m de long et pèsent entre 90 et 165 kg, et les nouveau-nés mesurent 70 à 100 cm pour 7 à 10 kg[2],[3]. La tête est large, avec un museau court et arrondi, entouré de vibrisses courtes à moyennes. L'oreille est petite et difficile à discerner[4].

À partir de 2 ans, les Lions de mer de Nouvelle-Zélande ont une mue annuelle qui dure environ 2 mois et peut avoir lieu à n'importe quel moment entre décembre et juin[5]. Le pelage des femelles et des jeunes est chamois, crème ou argenté sur le dessus, et brun pâle ou jaune pâle en dessous. Cette coloration plus pâle s'étend généralement jusqu'aux oreilles, sur les flancs, au-dessus des yeux et sur les côtés du museau[5]. Le pelage des mâles adultes s'assombrit avec l'âge, jusqu'à devenir brun-noir. Jusqu'à l'âge de 3 ans, leur pelage est similaire à celui des femelles, et leur pleine maturité est atteinte à 7 ans. Certains vieux mâles ont des poils blancs dans leur crinière[5].

Dimorphisme sexuel

Photographie de deux otaries face à face sur une plage, l'une plus petite que l'autre.
Une femelle, à gauche, faisant face à un mâle. Les mâles sont plus grands et plus lourds, avec un cou massif couvert d'une épaisse fourrure.

Il existe un dimorphisme sexuel chez cette espèce, les mâles étant 3 à 4 fois plus lourds et 1,2 à 1,5 fois plus longs que les femelles[4]. Le cou des mâles est épais et s'élargit rapidement derrière les oreilles et jusqu'aux épaules, ce qui leur donne une silhouette très massive et trapue. Leur crête sagittale prononcée commence assez en arrière de la tête, ce qui accentue la forme raccourcie de la tête et rend leur front peu visible[4]. Leur cou est recouvert d'une fourrure plus épaisse que sur le reste du corps[4]. Les femelles et les jeunes ont aussi un corps trapu, mais n'ont pas le cou aussi large et épais que les mâles et n'ont pas de fourrure plus épaisse à cet endroit. Leur tête, plate au sommet, ne semble pas aussi courte[4].

Juvéniles

Les petits ont à la naissance un lanugo épais, globalement brun sombre mais plus clair sur le sommet de la tête, la nuque et dans la zone des vibrisses chez les mâles, et couleur crème pâle chez les femelles[3]. Une ligne claire part du sommet de la tête et se prolonge sur le museau. Les jeunes femelles sont plus légères que les jeunes mâles, avec une différence moyenne d'un kilogramme[3]. Les petits font leur première mue à 2 ou 3 mois, et ressemblent ensuite aux femelles adultes[5],[3].

Espèces ressemblantes

Trois espèces d'otaries vivent dans la même zone que le Lion de mer de Nouvelle-Zélande : l'Otarie à fourrure de Nouvelle-Zélande (Arctocephalus forsteri), l'Otarie de Kerguelen (Arctocephalus gazella) et l'Otarie à fourrure subantarctique (Arctocephalus tropicalis)[2]. Le Lion de mer de Nouvelle-Zélande se distingue de ces trois espèces par la couleur et les caractéristiques de son pelage, la forme de sa tête et de son museau, ainsi que la taille et la forme de la palette natatoire[2]. Les femelles sont physiquement similaires au Lion de mer australien (Neophoca cinerea)[3].

Écologie et comportement

Alimentation

Le Lion de mer de Nouvelle-Zélande est un bon plongeur, qui chasse en zone benthique ou pélagique, plongeant en moyenne à 123 m de profondeur pendant près de 4 minutes. Des records de plongée ont été enregistrés à plus de 500 m de profondeur, pendant plus de 11 minutes[6]. Les femelles détiennent les records des plongées les plus profondes, les plus longues et les plus éloignées de tous les Otariidées[7].

Carnivore, il chasse de nombreuses espèces de vertébrés et d'invertébrés, comme des poissons (Pseudophycis bachus (en), Hemerocoetes monopterygius (en), des grenadiers comme Macruronus novaezelandiae ou Coelorinchus aspercephalus (en)), des crustacés (Munida), des céphalopodes (calmars du genre Nototodarus, poulpe Enteroctopus zealandicus (en)), et des salpidés[8],[7]. Les mâles adultes peuvent aussi chasser d'autres espèces d'otaries, des manchots et des jeunes lions de mer[8]. Les analyses de régurgitations et d'excréments ne montrent pas de variations de régime au cours de l'année[7].

Reproduction

En novembre, les mâles adultes retournent dans leur colonie et s'approprient un territoire par des combats, des vocalisations et des parades. Des luttes peuvent avoir lieu entre un mâle habitué à son territoire et des jeunes mâles nouvellement arrivés ou des mâles voisins, avec des changements fréquents. Ces comportements marquent le début de la période de reproduction[2].

Les mâles sont polygames[7]. Les femelles, qui peuvent être jusqu'à 25 sur le territoire d'un seul mâle, arrivent à leur tour au début du mois de décembre et donnent rapidement naissance à leurs petits[2]. Dès mi-janvier, après la naissance des petits, la plupart des mâles quitte la colonie. Ceux qui restent peuvent menacer la survie des petits : ils peuvent les tuer, voire les manger, ou les écraser lors de luttes avec d'autres mâles[2].

Le comportement des femelles et de leurs petits est typique des Otariidés. Elles alternent entre prendre soin de leur nouveau-né et partir en mer pour la recherche de nourriture, et les petits se rassemblent en « crèches », appelées rookeries, lors du nourrissage[2]. À l'inverse, les femelles peuvent accueillir d'autres petits que les leurs pour les nourrir, ce qui est inhabituel chez les Pinnipèdes. Les femelles et leurs petits se reconnaissent entre eux par les vocalisations et les odeurs[2]. Durant leurs premiers 60 jours, les petits prennent en moyenne 151 g/jour, une croissance assez faible comparée à d'autres Lions de mer, qui pourrait s'expliquer par le taux de lipides assez bas du lait maternel chez cette espèce[7]. Les petits sont sevrés vers 10 mois[2].

Une génération dure environ 10,75 ans, l'âge moyen de reproduction des femelles[9]. Bien qu'elles soient sexuellement matures à partir de 3 ans, seules 5% d'entre elles se reproduisent à 4 ans, et 50% ne se reproduisent pas avant 6 ans[7]. Environ 27% des femelles ne se reproduisent jamais, et le Lion de mer de Nouvelle-Zélande a l'accroissement démographique le plus faible de tous les Lions de mer[10].

Habitat et répartition

Distribution

Carte de répartition.
Aire de répartition du Lion de mer de Nouvelle-Zélande.

Cette espèce, anciennement présente dans une aire de répartition qui englobait presque toute la Nouvelle-Zélande, a aujourd'hui un territoire plus restreint. Elle est endémique et ne vit que dans les eaux au sud de la Nouvelle-Zélande et sur quelques îles subantarctiques environnantes, principalement les îles Auckland qui abritent une importante colonie. 95% des naissances y ont lieu, le reste se partageant entre l'île Campbell et les îles Snares. Des naissances occasionnelles ont aussi lieu sur l'île Stewart et au sud de l'île du Sud, où le Lion de mer de Nouvelle-Zélande est régulièrement observé[9],[2],[3]. Certains mâles s'éloignent de façon importante de leur colonie hors de la période de reproduction[3]. Quelques individus erratiques sont parfois vus jusqu'à l'extrême nord de la Nouvelle-Zélande ou sur l'île Macquarie, une île australienne à environ 1 000 km au sud-ouest de la Nouvelle-Zélande[9],[2],[3].

Habitat

Le Lion de mer de Nouvelle-Zélande vit et se reproduit dans des habitats variés : plages de sable, rochers côtiers, prés, et des zones de buissons denses ou de forêt. Après la période de reproduction, lorsque les mâles ont quitté la colonie, les femelles entraînent leurs petits dans des zones broussailleuses. Elles peuvent alors s'enfoncer jusqu'à 1,5 km dans les terres, ou nager avec leurs petits vers des îles où la végétation est plus dense[7]. On connait mal les comportements des mâles en mer. Les femelles ont été mieux étudiées. Elles recherchent leur nourriture à proximité des zones de reproduction, au dessus des plateaux continentaux et à des profondeurs variées, de la zone benthique à la zone mésopélagique. Elles sont fidèles à leurs sites de recherche de nourriture[7].

Taxonomie

Classification

Dessin ancien d'un Lion de mer posé sur un rocher.
Illustration d'un Lion de mer de Nouvelle-Zélande (« Ours de mer de Hooker ») réalisée par Benjamin Waterhouse Hawkins en 1844, pour illustrer les découvertes de John Edward Gray.
Dessin ancien d'un crâne de lion de mer, vu de profil et de dessous.
Illustration d'un crâne de Lion de mer de Nouvelle-Zélande par Benjamin Waterhouse Hawkins, 1844.

Le Lion de mer de Nouvelle-Zélande est décrit par le zoologiste britannique John Edward Gray en 1844, qui lui donne le nom Arctocephalus hookeri[11]. Il est génétiquement distinct des autres lions de mer et est l'unique espèce du genre Phocarctos créé par Wilhelm Peters en 1866[3]. Il fait partie de la famille des Otariidae et de l'infra-ordre des Pinnipèdes, qui comprend aussi les morses et les phoques[11],[12].

Noms et étymologie

Cette espèce a pour synonymes[4],[13] :

  • Arctocephalus hookeri (Gray, 1844) ;
  • Neophoca hookeri (Gray, 1844) ;
  • Arctocephalus (Phocarctos) hookeri (Peters, 1866) ;
  • Otaria hookeri (Clark, 1873) ;
  • Neophoca cinerea (Sivertsen, 1953)  le Lion de mer de Nouvelle-Zélande et le Lion de mer australien étaient considérés comme une même espèce jusqu'en 1960[9].

En maori, le Lion de mer de Nouvelle-Zélande est connu sous deux noms : Whakahao pour les mâles et Kake pour les femelles. En anglais, il est appelé New Zeland sea lion ou anciennement Hooker's sea lion[4],[3].

Conservation

Historique

Photographie en noir et blanc d'un groupe d'hommes, tenant des bâtons et des cordes, ayant attrapé un Lion de mer sur une plage.
Le capitaine John Bollons (en) et son équipage capturant un Lion de mer de Nouvelle-Zélande, en 1909.

Avant l'occupation de la Nouvelle-Zélande par les humains, le Lion de mer de Nouvelle-Zélande était présent abondamment dans toute la Nouvelle-Zélande, sur l'île du Sud et l'île du Nord, ainsi que plus largement dans les îles subantarctiques[3],[9]. Par le passé il était traditionnellement chassé par les Maoris. Au début du XIXe siècle, les Européens ont décimé la population des îles Auckland en organisant une chasse aux phoques commerciale qui a duré jusqu'au milieu du XXe siècle. En 2008, l'espèce ne s'est pas encore remise de cette surexploitation[8].

Effectifs et tendance démographique

Au début des années 2000, la population totale avoisinait 12 500 individus[8]. En 2008/09, les estimations variaient entre 8 604 et 11 297 individus au total[9],. En 2014, l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) estimait sa population mature à 3 031, avec une tendance démographique déclinante[9]. Précédemment considérée comme vulnérable, l'espèce passe en 2014 au statut en danger[9].

Le Lion de mer de Nouvelle-Zélande a l'accroissement démographique le plus faible de tous les Lions de mer, ce qui s'explique par l'âge tardif de première reproduction des femelles et le taux élevé de femelles qui ne se reproduisent jamais (27%)[10]. LE taux de survie varie selon le sexe et l'âge : chez les nouveau-nés, les femelles ont un meilleur taux de survie que les mâles, une tendance qui s'inverse au-delà d'un an. Entre 4 et 15 ans, le taux de survie des mâles est estimé à 98% et celui des femelles entre 88% et 95%. Ce sex-ratio déséquilibré est très préoccupant pour la survie de l'espèce, car il pourrait durablement impacter le nombre d'individus étant donné le cycle de reproduction long chez cette espèce[14].

Menaces naturelles et anthropiques

L'espèce est presque entièrement concentrée sur un seul archipel, ce qui la rend très vulnérable aux épidémies, au changement environnemental et aux activités humaines[8]. Le Lion de mer de Nouvelle-Zélande est aussi sensible au stress dû aux conditions climatiques ou au manque de nourriture[9]. Les petits sont particulièrement vulnérable aux mauvaises conditions météorologiques, surtout sur l'île Campbell où le climat est plus froid et humide[9]. En 1998, une épizootie dans les îles Auckland a causé la mort de plus de 50% des petits de l'année[8]. D'autres épizooties ont eu lieu en 2002 et 2003, impactant durement la population des îles Auckland, mais elles ne semblent pas avoir causé un changement démographique durable[14]. Ses prédateurs naturels incluent les requins et les Phoques-léopard (Hydrurga leptonyx), et probablement les orques (Orcinus orca).

Le tourisme dans les zones de reproduction est réglementé pour limiter le dérangement[8]. La pêche commerciale autour des îles Auckland menace le Lion de mer de Nouvelle-Zélande, qui peut être piégé par les engins de pêche et se noyer[8]. Les juvéniles et les femelles sont les plus touchés par cette menace, qui accentue le déséquilibre des sexes. Aucun mâle victime de la pêche n'a été enregistré, alors que 71% des victimes annuelles sont des femelles adultes[14]. Le gouvernement néo-zélandais a lancé des études et des suivis de l'espèce afin de limiter l'impact de la pêche[8], sans parvenir à mettre fin au déclin de l'espèce selon l'UICN[9].

Statut et mesures de conservation

Étant donné le déclin que connaît l'espèce, elle est classée comme en danger selon le critère A4bd de la liste rouge de l'UICN. Ce critère est retenu car un déclin démographique important est observé et prévu à l'avenir  selon les estimations de l'UICN, entre 1997/98 et 2029/30, le nombre de naissances devrait chuter de 72%. En 2014, la probabilité d'extinction dans les cinq prochaines générations était estimée probable à 98%[9].

Notes et références

Voir aussi

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