Phéncyclidine

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La phencyclidine ou PCP[2], est un psychotrope hallucinogène. D'abord développée en tant qu'anesthésique, elle a été retirée du marché à cause de ses effets secondaires (hallucinations, agitation).

Nom UICPAN-(1-phénylcyclohexyl)-pipéridine
SMILES
Faits en bref Identification, Nom UICPA ...
Phéncyclidine
Image illustrative de l’article Phéncyclidine
Structure de la phencyclidine.
Identification
Nom UICPA N-(1-phénylcyclohexyl)-pipéridine
No CAS 77-10-1
No ECHA 100.150.427
SMILES
InChI
Apparence poudre cristalline blanche
Propriétés chimiques
Formule C17H25N  [Isomères]
Masse molaire[1] 243,387 1 ± 0,015 6 g/mol
C 83,89 %, H 10,35 %, N 5,75 %,
Caractère psychotrope
Catégorie Hallucinogène dissociatif, stimulant
Mode de consommation
  • Inhalation :
    fumée ou prisée
  • Ingestion
  • Injection
Autres dénominations
  • PCP
  • Angel dust, Poudre d'ange
  • Supergrass
  • DOA
  • Carton
Risque de dépendance Élevé

Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.
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Historique

Synthétisée aux États-Unis par Maddox et al. en 1956[3],[4], à partir de l-piperidinocyclo- hexanecarbonitrile, un réactif synthétisé en 1926[5], elle est commercialisée dans les années 1960 sous le nom « Sernyl » (comme anesthésique général)[6] et de « Sernylan » (comme anesthésiant à usage vétérinaire[7]).

Comme la kétamine qui lui succèdera, elle a un fort pouvoir analgésique et préservait la fonction cardiorespiratoire, mais son usage est rapidement interrompu du fait des effets secondaires qu'elle engendre (effets psychodysleptiques, troubles du comportement). Dès les années 1970 elle fait l'objet d'un usage détourné sous le nom d'« Angel Dust » à tel point qu'en 1978, sa fabrication commerciale est interdite[7].

La PCP est répertoriée par la convention sur les substances psychotropes de 1971.

Elle est remplacée en 1970 par la kétamine, synthétisée en 1962 aux laboratoires Parke-Devis par Calvin Stevens, et toujours utilisée comme anesthésique général, analgésique et plus récemment (2019) comme antidépresseur[8].

Chimie

Elle fait partie de la famille des arylcyclohexylamines.

Dans sa forme chlorhydrate, elle se présente sous forme d'une poudre cristalline soluble dans l'eau et l'alcool.

Pharmacologie

C'est un anesthésiant dissociatif.

Mode d'action

La PCP est un antagoniste non compétitif des récepteurs au glutamate de type N-méthyl-D-Aspartate (NMDA). Elle agit en se fixant sur un site situé à l'intérieur du canal qui n'est accessible que quand le canal est ouvert.

Le mécanisme d'action de la PCP en fait un outil pharmacologique très utilisé en recherche, en particulier sur la schizophrénie[9],[10].

Usage médical

Elle fut utilisée comme tranquillisant ou anesthésiant chez l'être humain et en médecine vétérinaire[11].

Usage détourné et récréatif

La PCP est généralement consommée sous forme de « mess » c'est-à-dire « coupée » (mélangée à du lactose) pour pouvoir être prisée mais elle peut aussi être ingérée à l'état pur, dissoute dans différents breuvages (café, lait (Moloko), alcool), fumée, ou injectée[7]. Elle se fume parfois mélangée avec du cannabis d'où son appellation de supergrass[11].

Sa consommation en Europe revient à la mode, notamment dans les pays d'Europe de l’est.[réf. nécessaire]

Effets et conséquences

À faibles doses, elle induit une sorte d'ivresse accompagnée de relaxation, d'un sentiment de détachement du réel, d'incoordination motrice, des difficultés de concentration et de communication[7],[11]. Les effets psychotropes comprennent des distorsions spatio-temporelles, des vécus de dépersonnalisation[11]. À fortes doses, elle peut provoquer la paranoïa, l'angoisse ou l'agressivité voire une expérience de mort imminente, une catalepsie, des bouffées délirantes aigües ou un coma[7],[11], de l'hyperacousie[12].

Les effets physiques sont l'hypertension artérielle, des troubles du rythme cardiaque et de la fréquence respiratoire, des nausées et des vomissements[11].

L'usage à long terme entraîne une accoutumance et une dépendance. Des problèmes persistants d'élocution, une dépression ou une anxiété peuvent apparaître[7].

La PCP est un produit psychotrope. Les effets recherchés peuvent se transformer en bad trip[7].

Il existe un effet retour ou flash back qui replace brièvement l'usager dans l'état engendré par la consommation sans que celui-ci ait consommé récemment ; ces épisodes peuvent intervenir plusieurs mois après la dernière prise[11].

En surdose, la PCP entraîne des convulsions, voire un coma[7].

PCP et société

La littérature rapporte une incidence élevée entre manifestations violentes et consommation de PCP. C'est l'un des psychotropes les plus attachés à l'idée de violence dans l'imagerie populaire[11].

Molécule voisine

La molécule de phéncyclidine est proche de la kétamine, notamment dans ses effets selon les usagers, et dans les risques liés à son usage non thérapeutique[11].

Elle est souvent confondue par les usagers avec la méthamphétamine ou le LSD[11].

Notes et références

Liens externes

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