Picidae

famille d'oiseaux From Wikipedia, the free encyclopedia

Les Picidae (ou Picidés en français) sont une famille d'oiseaux constituée de trente genres et de 234 espèces existantes, dont la majorité sont connues sous le nom de pic. Bien qu'ils ne le fassent pas tous, les pics sont connus dans la culture populaire (en particulier en Amérique) pour leur habitude de frapper rythmiquement le tronc ou les branches des arbres (et parfois d'autres supports) avec leur bec pour marquer leur territoire, principalement en période nuptiale. Il s'agit du tambourinage, régulier et parfois très bruyant en fonction de l'espèce et du support, qui diffère de l'autre sorte de bruit qu'ils produisent, le martèlement. Celui-ci intervient lorsque l'oiseau fore le bois à la recherche d'insectes ou pour creuser une cavité destinée à recevoir son nid, par exemple dans un arbre au bois ramolli par l'action de champignons comme la tramète du pin[1]. Le martèlement est irrégulier et beaucoup plus discret ; celui du Grand Pic (Dryocopus pileatus) en est un bon exemple.

Description

Les Picidés sont des oiseaux de taille petite à plutôt grande (de 7,5 à 60 cm), au bec droit moyennement long. Leurs courtes pattes portent quatre longs doigts, quelques espèces en ayant seulement trois. La plupart ont la queue longue, avec de solides rectrices médianes. Leur longue langue est munie d'une pointe barbelée, adaptée à saisir les insectes.

Habitats et répartition

Le pic épeiche est très répandu en Europe.
Un pic sur un câble téléphonique. Okanagan, Colombie-Britannique, (Canada)

Les Picidés sont presque cosmopolites, à l'exception des régions des plus septentrionales, de l'Australie et de l'Antarctique. Ils vivent dans les forêts, les zones boisées et les prairies, depuis les régions tempérées froides jusqu'aux tropiques.

En France, dix espèces de pics sont recensées : le pic cendré, le pic à dos blanc, le pic épeiche, le pic épeichette, le pic mar, le pic noir, le pic de Sharpe, le pic tridactyle, le pic vert ainsi que le pic de Guadeloupe, endémique de l'archipel éponyme.

Espèces ingénieures et services écosystémiques

Les trous creusés par les pics pour se nourrir ou nicher (ici par le Pic épeiche (Dendrocopos major) que l'on voit en train de nourrir sa nichée) sont pour la plupart réutilisés ensuite comme habitat par d'autres espèces[2].

Pour se nourrir, la plupart des pics forent le bois, une activité qui peut être considérée comme un service écosystémique, car, ce faisant, ils débarrassent les arbres d'organismes qui, présents en grande quantité, peuvent les endommager ou les tuer (larves d'insectes et insectes saproxylophages, bois mort riche en bactéries mycélium de champignons lignicoles). En outre, ils favorisent la présence d'autres espèces en créant dans les habitats forestiers des cavités pour leur propre reproduction, qui sont ensuite utilisables par exemple par des chouettes ou d'autres espèces cavernicoles.

Par exemple, dans une forêt récemment incendiée de la Sierra Nevada, on a montré que les cavités excavées par trois espèces de pics du genre Picoides ont ensuite un rôle déterminant dans la recolonisation faunistique : bien que leurs cavités présentent des caractéristiques largement similaires, le pic à tête blanche se distingue en creusant dans des arbres plus gros, plus dégradés et situés dans des peuplements moins denses, ce qui explique la forte diversité d’espèces secondaires observée dans ses cavités. Les cavités du pic à dos noir et du pic chevelu ont, elles, des profils d’utilisation comparables, mais les cavités du premier accueillent un plus grand nombre d’espèces (86 % des cavités creusées par ces trois espèces — en particulier celles du Pic à tête blanche sont ensuite occupées). Ces oiseaux sont des espèces ingénieures, qui accroissent la résilience de l’écosystème post‑incendie, en créant des habitats essentiels à de nombreux disperseurs de graines, à des insectivores et à de petits prédateurs, qui, ensemble, accélèrent la restauration écologique (grâce aux processus de succession écologique)[2].

Communication

Un pic épeiche mâle nourrit un poussin dans la forêt de Bitsevski en Russie

Tambourinage

Le tambourinage est une forme de communication non vocale utilisée par la plupart des espèces de pics. Elle implique que le bec frappe à plusieurs reprises sur une surface dure avec une grande rapidité. Après une pause, ce roulement de tambour est répété, chaque espèce ayant un motif qui est unique dans le nombre de battements, leur longueur tant du battement que de la pause et la cadence, ainsi que l'intensité. Le tambourinage est principalement un signal territorial, équivalent au chant d'un passereau, les oiseaux mâles tambourinant plus fréquemment que les femelles[3]. Les pics choisissent une surface qui résonne, comme un arbre creux, et peuvent utiliser des structures artificielles telles que des gouttières[4]. Le tambourinage sert à la reconnaissance mutuelle des congénères et joue un rôle dans les rituels nuptiaux. Il est possible que les oiseaux soient capables de distinguer le tambourinage de leur partenaire de reproduction de celui des autres individus[5].

Systématique

Trois groupes sont distingués dans la famille des Picidés. Le groupe des torcols, contrairement aux autres Picidés, ne creuse pas de cavités dans les arbres pour nicher mais utilise des cavités naturelles. Les torcols vivent aussi dans des milieux moins forestiers. Le groupe des picumnes, qui sont des petits pics originaires principalement des forêts d'Amérique du Sud (composé de trois espèces en Asie et d’une seulement en Afrique), sont des zygodactyles comme la plupart des vrais pics, mais leurs rectrices sont plus molles et arrondies que celles des pics. Pour cette raison, ils sont observés plus souvent perchés qu'accrochés aux troncs des arbres. Comme les pics, ils ont aussi une langue allongée, mais leur bec est moins pointu et moins long. Ils recherchent de préférence leurs proies dans les troncs en décomposition. Pour nicher, ils réutilisent souvent des cavités abandonnées par les autres pics. Enfin, le dernier groupe est celui des « vrais pics », les Picinae.

Liste des genres

Selon AviList[6] :

D'après Alan P. Peterson, les picidés sont constituées de trois sous-familles. D'après la classification de référence (version 5.1, 2015) du Congrès ornithologique international, ces trois sous-familles sont constituées des genres suivants (ordre phylogénique) :

Liste des espèces

D'après la classification de référence du Congrès ornithologique international (version 5.1, 2015)[7] :

Références

Voir aussi

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