Pierre Bouchardon
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| Naissance | |
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| Décès | |
| Nom de naissance |
Marie Pierre Gilbert Bouchardon |
| Nationalité | |
| Activités | |
| Conjoint |
France Touvier |
| Enfant |
Paulette, André |
| Parentèle |
Robert Collas (d) (gendre) |
| Distinction |
|---|
Pierre Bouchardon est un magistrat français, né le à Guéret (Creuse) et mort le à Paris 18e.
Famille
Marie Pierre Gilbert Bouchardon naît le à Guéret, dans la Creuse. Il est le fils de Jean-Baptiste Emmanuel Bouchardon, avocat à Guéret, et d'Hélène Marie Anne Florand[1].
Marié à Blanche France Touvier, héritière des Cristalleries de Pantin, il est le père de deux enfants, André, Grand officier de la Légion d'honneur, et Paulette. Il est le grand-père de l'industriel Michel Collas, et l'arrière-grand-père de l'écrivain Philippe Collas.
Carrière
Après avoir obtenu une licence en droit à Paris, il devient avocat en à la Cour d'appel de Paris, puis avocat au tribunal civil de Guéret en . Il devient juge suppléant au tribunal civil d'Aubusson en [1] et effectue ensuite toute sa carrière dans la magistrature[2]. Il est ensuite affecté comme juge à Baume-les-Dames et Guéret en 1900, substitut du procureur à Cambrai en 1903, procureur de la République à Yvetot en 1905, et enfin substitut à Rouen en 1906[3],[1]. En 1908, il est nommé chef du bureau des affaires criminelles au ministère de la Justice, puis plus tard, juge d'instruction au tribunal de la Seine[3].
Capitaine-rapporteur au 3e conseil de guerre pendant la Première guerre mondiale
Pendant la Première Guerre mondiale, il est mobilisé au 3e conseil de guerre avec le grade de capitaine-rapporteur[3]. Il y instruit notamment les procès de Mata Hari, accusée d'espionnage au service de l'Allemagne, celui du journal Le Bonnet rouge, accusé de défaitisme, celui de Paul Bolo, dit « Bolo Pacha », affairiste accusé d'avoir reçu de l'argent de l'Allemagne afin de corrompre les journaux français en y insérant des articles pacifistes, et celui de l'homme politique Joseph Caillaux, accusé de trahison et de complot contre la sûreté de l'État pour avoir échangé des lettres avec le directeur du Bonnet rouge et avec Paul Bolo[3].
Joseph Caillaux le décrit alors comme « un nationaliste ardent qui croirait surtout servir son pays en faisant brûler tous ceux qui pensent autrement », alors que Clemenceau, qui le surnomme « Le Grand Inquisiteur »[3], déclare qu'il est un des hommes qui ont le plus contribué à la victoire française, par son habileté et son acharnement à lutter contre « l'ennemi de l'intérieur[4] ».
Les affaires de trahison qu'il instruit le rendent célèbre pour avoir mené au poteau « les traîtres » de la Première Guerre[5],[6]. Le capitaine Bouchardon occupe alors une place de tout premier plan[7]. En , le journal L'Illustration publie sa photo en couverture à côté de celle du Maréchal Foch et de Clemenceau avec le titre : « Les Trois Hommes qui ont sauvé la France »[8].
Sous le régime de Vichy
Contrairement à beaucoup de magistrats, Pierre Bouchardon ne prête pas serment de fidélité au maréchal Pétain le . Il a eu la chance d'échapper au problème qui se posa alors à beaucoup car il avait alors tout juste pris sa retraite.
Président de la commission d'instruction près de la Haute Cour de justice en 1944
En 1944, Pierre Bouchardon est rappelé à l'activité, à 74 ans, pour présider la commission d'instruction près de la Haute Cour de justice et instruit notamment dès le le procès du maréchal Pétain, puis celui de Pierre Laval et de Robert Brasillach. Le général de Gaulle lui propose de présider la Cour de Cassation, mais Pierre Bouchardon refuse car son fils André, résistant déporté, est encore aux mains des Allemands. Pour le protéger, Bouchardon préfère rester dans l'ombre[9]. Il va néanmoins jouer un rôle déterminant comme Président de la Commission de la Haute Cour, assurant l'instruction de l'ensemble des affaires[10],[11]
Nommé Président honoraire à la Cour de cassation, Pierre Bouchardon, meurt cinq ans plus tard, le à Paris[12], des suites d'une complication opératoire.
Décoration
- Chevalier de la Légion d'honneur (1921)
- Commandeur de la Légion d'honneur (1947)
Divers
Pierre Bouchardon apparaît sous les traits de Bernard Giraudeau dans le téléfilm écrit par son arrière-petit fils Philippe Collas, Mata Hari, la vraie histoire (2003), adapté de la biographie du même nom.
La principale salle d'audience du tribunal judiciaire de Guéret porte le nom de Pierre Bouchardon depuis le .