Poclain
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Poclain est une entreprise française de fabrication de moteurs hydrauliques à pistons radiaux. Elle a été l'une des plus importantes firmes françaises de fabrication de matériel de travaux publics. Elle a bâti son succès avec la pelle hydraulique, inventée en 1950 par Pierre Bataille.
- 1966 alliance avec Potain pour créer PPM (Poclain Potain Manutention),
- 1968 création de la division Poclain Hydraulics
- 1976 Poclain Hydraulics devient une filiale à part entière
- 1977 l'américain Case, division de Tenneco entre au capital à hauteur de 40 % ; la société devient Case-Poclain
- 1984 Case rachète PPM et devient majoritaire
- 1985 Pierre Bataille rachète Poclain Hydraulics qui se sépare et devient indépendante
- 1999 intégration de Case-Poclain dans CNH Global, division Génie civil du groupe Fiat
| Poclain | |
| Création | 1927 |
|---|---|
| Dates clés |
|
| Fondateurs | Georges Bataille ; Antoine Léger |
| Personnages clés | Georges Bataille ; Pierre Bataille[1] |
| Forme juridique | Société par actions simplifiée[2] |
| Siège social | Verberie |
| Direction | Laurent Bataille |
| Activité | Fabrication d'équipements hydrauliques et pneumatiques (d)[2] |
| Produits | matériel de travaux publics ; remorques et pelles hydrauliques |
| SIREN | 926120049 |
| Site web | poclain.com |
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Longtemps leader mondial de ce secteur, le fabricant est absorbé par l'américain J.I. Case, alors division de Tenneco en 1985. Devenue Case Corporation, cette division est revendue à Fiat Geotech en 1999, qui devient CNH Global l'année suivante. La marque Poclain disparaît alors des matériels produits et ne désigne plus depuis que la société Poclain Hydraulics, fondée en 1981 par Pierre Bataille, dont son fils Laurent est nommé PDG en 2002[3],[4].
Histoire
Fondation par Georges Bataille
Né le au Plessis-Belleville, Georges Bataille est fils et petit-fils d'agriculteurs. Sa famille exploite depuis 1810 une des fermes importantes de la région. Il entame des études d'ingénieur agronome à l'Institut agricole de Beauvais. La guerre les interrompt brutalement. Appelé sous les drapeaux, l'étudiant se retrouve dans la cavalerie, connaît l'horreur des combats et la boue des tranchées. Lorsqu'il est démobilisé en 1919, il a 22 ans et la Croix de guerre. Il reprend l'exploitation familiale qui compte une trentaine d'employés.
Dans les campagnes françaises, les tracteurs restent rares et ceux qui existent pas toujours faciles à faire fonctionner. Ce sont, pour la plupart, des monocylindres qu'il faut réaléser tous les ans. À force de réparer et de faire réparer le Mercedes-Benz de la ferme, Georges Bataille finit par s'associer avec un mécanicien, Antoine Léger. La société « Bataille et Léger » est créée le et l'atelier installé à Lagny-le-Sec. Réparations de voitures et de tracteurs, fabrications de quelques équipements de machines agricoles, vente de carburant, les activités de cette association dureront jusqu'à la mort d'Antoine Léger en 1929. Georges Bataille reprend ensuite seul l'atelier et l'installe au Plessis-Belleville, dans un bâtiment en face de la ferme. Le , la société devient une entreprise personnelle sous le nom « Ateliers de Poclain ». À l'emplacement choisi par Georges Bataille, face à la ferme, se trouvait une mare utilisée anciennement pour le rouissage du lin. Dans le patois picard, une mare s'appelle une « poche » que l'on prononce « poque ». C'était donc la « poque à lin », qui, par contraction, devint « Poclin » puis « Poclain ».
Seconde Guerre mondiale et reconstruction
En 1939, Poclain est une petite entreprise d'une cinquantaine de personnes. La guerre déclarée, un marché est passé avec la Défense nationale pour fabriquer des remorques devant recevoir des systèmes d'épuration des eaux. Un autre pour des chariots transportant des gaz. Un troisième consiste à mettre sur pneus les groupes électrogènes du terrain d'aviation du Plessis-Belleville. En parallèle, la construction de matériel agricole se poursuit presque normalement, en particulier le « trois roues ».
Après l'offensive allemande et l'armistice du , l'entreprise se retrouve en zone occupée. Georges Bataille aura bien du mal à faire redémarrer puis à maintenir l'activité. Non que les commandes fassent défaut, mais le fer manque, les bras aussi. Les réparations se multiplient, on bricole. Chaque remorque produite semble être la dernière. En , il reste en tout et pour tout une quinzaine d'ouvriers et la production tourne au ralenti.
En , la libération devient enfin une réalité. Le Plessis-Belleville et les « Ateliers de Poclain » n'ont subi quasiment aucune destruction. Dès le , le nettoyage de l'entreprise et la remise en état du matériel peuvent commencer. En France, passés l'euphorie de la victoire et les règlements de compte, les réalités économiques reprennent le dessus. Peu à peu, les ventes augmentent, rattrapent puis dépassent leur niveau d'avant-guerre. Ce mouvement ascendant se poursuivra jusqu'en 1948. À cette date, plus de 120 personnes travaillent dans l'entreprise.
Développement de Poclain

L'activité de la société atteint un bon niveau et désormais deux de ses fils, Jacques et Pierre travaillent à ses côtés. Tous deux ont moins de trente ans et sont ingénieurs de l'IDN (École centrale de Lille) diplômés en 1944 et 1946[1]. Pierre Bataille succède à son père et devient PDG de Poclain.

Il révolutionne l'histoire des travaux publics en 1950 en mettant au point la première excavatrice, la TO, suivie l'année d'après par la TU. Leur succédera la fameuse TY45 qui fut un succès commercial et est restée une référence des dizaines d'années. Avec un système hydraulique unique à l'époque, les pelles hydrauliques Poclain ont envahi le monde entier.
Les catalogues mettent en évidence la polyvalence, les choix techniques et la qualité d'une fabrication industrielle en séries importantes. Devis et études gratuits, garantie six mois pour le matériel fourni, la société s'est, de plus, organisée en deux sites de production modernes : le Plessis-Belleville pour les appareils forestiers, les ensembles mécaniques et en général tout le matériel léger, et l'usine de Crépy-en-Valois dont les magasins sont directement reliés au réseau ferroviaire et qui est spécialisée dans le matériel lourd et la série.
En 1966, Poclain s'associe au constructeur français de grues à tour Potain pour créer PPM (Poclain Potain Manutention).
En 1968 est créée la division Poclain Hydraulics.
En 1970, Poclain se diversifie avec l'usine de construction de chargeurs CMC de Carvin[5].
Le , Poclain Hydraulics devient une filiale à part entière.
En 1977, le constructeur américain Case, alors division de Tenneco, acquiert une participation de 40 % dans la société.
En 1984, Case absorbe PPM, disposant ainsi de plus de 50 % de Poclain. Pierre Bataille rachète alors Poclain Hydraulics qui devient une société indépendante le dont il prend la direction.
En 1987, Case revend PPM au Groupe Legris Industries (qui la revendra au canadien Terex, filiale de General Motors en 1994). La dernière pelle hydraulique rouge quitte les chaînes d'assemblage de l'usine de Crépy-en-Valois en 1988. La totalité de la société sera reprise par Case qui sera lui-même racheté en 1999 par le groupe italien Fiat à travers sa filiale engins de travaux publics, Fiat Geotech pour donner naissance au 1er groupe mondial, CNH Global.
Le week-end du , grâce à l'association « Génération deux », des manifestations ont eu lieu au Plessis-Belleville pour célébrer les 80 ans de Poclain.
De Poclain à Poclain Hydraulics en quelques dates
1926 : Georges Bataille crée la société Poclain au Plessis- Belleville, France.
1935 : Mise au point de remorques équipées de pneumatiques et d'engins de transport du bois.
1936 : Lancement de la production de remorques à 3 ou 4 roues ; le Trirou est la plus fameuse d'entre elles.
1950 : Création de la première pelle hydraulique par Pierre Bataille.
1958 : Mise au point du premier moteur hydraulique Poclain par Claude Bataille. La génération Zéro, G0.
1962 : Le développement du moteur G1 a été prévu pour la rotation de la tourelle et le déplacement au sol de pelles sur chenilles.
1965 : Poclain crée un bureau de design consacré à l'hydraulique.
1966 : Le moteur G1 1100 est maintenant utilisé pour équiper la LY et LC80. La division hydraulique trouve de nouveaux débouchés commerciaux. Association avec Potain, création de PPM
1967 : Poclain lance la GY120, la première pelle de cette taille équipée d'un système hydrostatique à quatre roues.
1968 : Début de la production de pelles, sous licence en Argentine par la société SEFAG[6] dans la ville de Quilmes, province de Buenos Aires. Certains de ces modèles ont été : TY 45[7], LC 80[8], TC
45[9] et LY 2P[10].
1968 : Création de la Division hydraulique de Poclain et d'une nouvelle usine à Verberie, France pour la fabrication de composants hydrauliques.
1969 : Représentation Poclain au Japon, Poclain Yutani Hydraulics.
1970 : Poclain Hydraulics lance le plus gros moteur hydraulique du marché pour l'EC1000, plus grosse excavatrice hydraulique au monde à l'époque.
1972 : Poclain Hydraulics lance le moteur G2.
1974 : Création d'une filiale en Irlande. Rachat de la société Derruppé.
1975 : Poclain achète la société Gury, fabricant de pompes, qui sont encore vendues par Poclain Hydraulics aujourd'hui.
1976 : Création de la société Poclain Hydraulics le .
1977 : entrée au capital de Case à hauteur de 40 %
1978 : Création d'une filiale aux États-Unis, PH Inc.
1979 : Le développement du moteur G3 permet à Poclain de pénétrer de nouveaux marchés tels que les chariots élévateurs, machines de récolte, etc.
1980 : Poclain crée une filiale au Royaume-Uni.
1982 : Ouverture d'une filiale en Allemagne.
1984 : Case rachète PPM et, disposant de plus de 50 % du capital, prend les commandes de Poclain.
1984 : Poclain Hydraulics lance le moteur G2.
1985 : Poclain Hydraulics se sépare du groupe Poclain et devient une société indépendante et privée le . Pierre Bataille en devient le PDG.
1986 : Création d'une filiale aux Pays-Bas.
1989 : Poclain Hydraulics est certifié ISO 9001.
1991 : Création d'une filiale en République Tchèque.
1992 : Création d'une filiale au Japon.
1993 : Poclain Hydraulics étend sa gamme de produits aux pompes.
1994 : Lancement des premiers systèmes hydrauliques. L'assemblage des moteurs démarre à l'usine Poclain Hydraulics Inc, aux États-Unis.
1996 : Poclain Hydraulics introduit la gamme de moteurs compacts. Création de filiales en Espagne et en Italie.
1997 : Le bureau de représentation à Pékin, en Chine est créé.
1999 : Poclain Hydraulics crée l'UAC (Unité Autonome de Composants) qui est consacré au sourcing et aux modes d'approvisionnement.
2000 : Poclain Hydraulics est certifié ISO 14001. Création d'un centre d'essais à Verberie.
2001 : Introduction du DYNA+, valve de freinage multi-fonction.
2002 : Laurent Bataille devient président directeur général de la société. Lancement du SmartDrive gamme de systèmes électroniques.
2003 : Création de deux nouvelles filiales en Chine et en Suède.
2006 : Création d'une filiale commerciale au Brésil. Poclain Hydraulics ouvre une unité de production de valves.
2008 : 50e anniversaire du moteur G0. Création d'une nouvelle usine en Inde.
2009 : Création de Poclain Hydraulics Industriale à Gaggio di Piano, Italie. Ouverture d'une filiale en Slovénie.
2011 : Lancement d'une nouvelle gamme de moteurs hydrauliques, MZ, consacrée à la rotation de la tourelle. Création de filiales de vente en Inde, en Corée du Sud et à Singapour. Ouverture d'une nouvelle usine en Chine (Shanghai).
2012 : Poclain Hydraulics lance PHast USA et PHast Europe proposant un service de livraison express de moteurs. Création de la division Poclain Véhicules.
