Pokémon Or et Argent

jeu vidéo de 1999 From Wikipedia, the free encyclopedia

Pokémon version or et Pokémon version argent, couramment appelés Pokémon Or et Pokémon Argent (ポケットモンスター 金・銀, Poketto Monsutā Kin - Gin?), sont deux éditions du jeu vidéo de rôle de la série Pokémon développé par Game Freak sous la direction de Satoshi Tajiri. Elles sont éditées par Nintendo sur la console portable Game Boy Color au Japon en 1999, en Amérique du Nord et en Australie en 2000, puis en Europe en 2001. Une version améliorée du jeu, intitulée Pokémon version Cristal, est rééditée dans le monde entier un an après sa sortie japonaise.

Réalisateur
Satoshi Tajiri, (créateur, directeur)
Faits en bref Développeur, Éditeur ...
Pokémon version or
Pokémon version argent
Logo du jeu.
Logos francophones des deux jeux.

Développeur
Éditeur
Réalisateur
Satoshi Tajiri, (créateur, directeur)
Compositeur
Junichi Masuda, Go Ichinose
Producteur
Takehiro Izushi, Takashi Kawaguchi, Tsunekazu Ishihara

Début du projet
1997
Date de sortie
JAP : 21 novembre 1999
AUS : 13 octobre 2000
AN : 15 octobre 2000
EUR : 6 avril 2001
Genre
Mode de jeu
Plate-forme
Langue

Ventes
23 millions d'exemplaires
Évaluation
CERO : A ?
ESRB : E ?
OFLC (AU) : G ?
PEGI : 12+ ?
Site web

Pokémon

Fermer

Le joueur contrôle le personnage principal via une vue aérienne et le dirige à travers les régions fictives de Johto et Kanto. Son but est de capturer, d'entraîner et de faire combattre des créatures fictives appelées « Pokémon » afin d'obtenir le titre de « Maître Pokémon » ; l'objectif ultime est de compléter le Pokédex par l'obtention des 251 Pokémon disponibles. Les jeux introduisent cent nouvelles espèces de Pokémon, qui s'ajoutent aux 151 espèces des opus précédents, Pokémon Rouge et Pokémon Bleu. Les versions or et argent sont quasiment identiques : la seule différence réside dans la présence ou l'absence de certains Pokémon, de sorte qu'il est nécessaire pour un joueur cherchant à tous les obtenir de réaliser des échanges avec l'autre version du jeu via un câble link, qui permet également d'organiser des combats entre joueurs.

Pokémon Or et Argent poursuivent l'énorme succès de Pokémon Rouge et Pokémon Bleu et font de Pokémon une franchise multimilliardaire. Les jeux égalent presque les ventes de leurs prédécesseurs en se vendant à 23 millions d'exemplaires à travers le monde. En 2009, ils font l'objet de remakes sur Nintendo DS, intitulés Pokémon Or HeartGold et Argent SoulSilver.

Trame

Univers

Carte schématique du monde des jeux composés de vingt villes et villages, de quarante-six routes terrestres et maritimes et de la ligue Pokémon.
Carte schématique du monde de Pokémon Or et Argent avec les régions de Johto et Kanto, lesquelles sont directement inspirées des régions japonaises de Kansai et de Kantō[1].

L'action de Pokémon Or et Argent se déroule dans la région fictive de Johto, trois ans après les événements de Pokémon Rouge et Bleu. Les graphismes de Johto s'inspirent des régions japonaises du Kansai et du Tōkai, et on y retrouve de nombreux temples et éléments traditionnels de ces régions[2]. Johto est constituée de dix villes peuplées par des humains et de routes terrestres ou maritimes qui les relient entre elles. Certaines zones ne sont accessibles que lorsque le joueur apprend une capacité spéciale à son Pokémon, par exemple « Surf » pour parcourir les routes marines. Chaque zone géographique de Johto est habitée par différentes espèces de créatures appelées « Pokémon » (abréviation de « pocket monsters », « monstres de poche » en anglais), chacun d'entre eux possédant une zone de répartition différente[3].

Scénario

Le protagoniste de Pokémon Or et Argent est un jeune garçon du nom de Luth (Ethan[4]) qui vit à Bourg Geon (New Bark Town). Au début du jeu, le joueur se voit offrir le Pokémon de son choix parmi Germignon, Héricendre et Kaiminus (Chikorita, Cyndaquil et Totodile) par le Professeur Orme (Elm) afin d'être envoyé chercher une « grande découverte » chez M. Pokémon (Mr. Pokémon) : un œuf de Pokémon. Le professeur Chen (Oak) qui se trouve chez ce dernier remet un Pokédex à Luth[5]. Peu après, un autre jeune garçon du nom de Silver vole un Pokémon au professeur Orme et engage un combat de Pokémon avec le héros ; il deviendra son rival tout au long de l'aventure. Voyant l'amitié qui lie Luth à son Pokémon, le professeur Orme décide de lui offrir et lui propose de partir à la découverte de Johto[3].

Le joueur entame alors une quête à travers Johto, capturant des Pokémon sauvages, les entraînant et combattant avec ceux des autres dresseurs Pokémon, avec pour but d'obtenir le titre de « Maître Pokémon »[5]. Pour cela, il doit vaincre les huit Champions de Johto dans un combat de Pokémon pour obtenir leur « badge ». Il affronte également la Team Rocket, une organisation criminelle qui s'est reformée pour retrouver son ancien chef, Giovanni, et lui rendre sa gloire passée dans le vol de Pokémon[6]. Une fois les huit badges acquis, le joueur est autorisé à combattre la Ligue Pokémon, qui se compose des meilleurs dresseurs de Pokémon de la région, qui forment le Conseil des Quatre, ainsi que le Maître de la Ligue. Il a ensuite accès à la région de Kanto, où se déroulait l'action de Pokémon Rouge et Bleu, pour en combattre les huit Champions d'Arène. Il découvre alors à quel point les choses ont changé au cours des trois années qui ont suivi les événements du précédent opus. Par exemple, la Cramois'Île a été presque entièrement ravagée par une éruption volcanique ; seul un Centre Pokémon subsiste. Enfin, il affronte Red, le héros de Pokémon Rouge et Bleu, et maître de la Ligue de Kanto, dans les profondeurs du Mont argenté[7].

Système de jeu

En solo

Comme dans Pokémon Rouge, Bleu et Jaune, Pokémon Or et Argent adoptent une perspective en vue aérienne à la troisième personne, le joueur contrôlant directement le protagoniste dans le monde de fiction, tout en interagissant avec divers objets et personnes. En parcourant ce monde, le joueur traverse différents types de terrains, comme les hautes herbes, les forêts, les grottes ou les mers, dans lesquels résident différentes espèces de Pokémon sauvages, qui apparaissent aléatoirement. Il peut les capturer à l'aide de Poké Balls pour ensuite les faire combattre pour lui. Des dresseurs de Pokémon non-joueur sont également présents dans ces zones pour combattre le joueur avec leurs Pokémon. Lorsque les joueurs rencontrent un Pokémon sauvage ou un dresseur, l'action passe à une scène de bataille au tour par tour, où les Pokémon du joueur combattent avec leurs pouvoirs le Pokémon adverse[8].

Pokédex à caplet rouge. Un écran et des boutons sont présent sur sa face gauche.
Représentation du Pokédex, l'encyclopédie du jeu.

Un aspect majeur du jeu est le développement des Pokémon par leurs combats contre d'autres Pokémon, qu'ils soient sauvages ou appartiennent à d'autres dresseurs. Ce système, caractéristique de tous les jeux vidéo Pokémon, permet au Pokémon d'acquérir des points d'expérience en cas de victoire et, par accumulation, d'augmenter de niveau, ce qui améliore ses statistiques et lui permet d'apprendre de nouvelles attaques. La majorité des Pokémon, lorsqu'ils atteignent un niveau donné, évoluent en un nouveau Pokémon plus puissant. L'ultime but du jeu est de remplir les 251 entrées du Pokédex, une encyclopédie recensant l'ensemble des espèces de Pokémon, en obtenant de nouveaux Pokémon par capture, évolution ou échange avec d'autres joueurs[9].

Nouveautés

Bien que les versions Or et Argent reprennent le système de jeu de Pokémon Rouge et Bleu, elles introduisent un certain nombre de nouveautés. Aux 151 Pokémon des premiers jeux, 100 nouveaux sont ajoutés, numérotés de 152 à 251 ; deux nouveaux types, acier et ténèbres, sont ajoutés aux quinze existants ; une centaine de nouvelles attaques est également introduite. Un système d'horloge interne fait son apparition. Paramétré en début de partie sur le jour et l'heure réels, il détermine la survenance de certains événements : ainsi, certains Pokémon n'apparaissent que pendant certaines périodes de la journée, et certaines actions ne sont possibles qu'un jour de la semaine donné[9],[10].

Le jeu introduit un nouveau système de capture avec les Pokémon légendaires Raikou, Entei et Suicune, qui n'ont pas une localisation fixe mais se déplacent dans Johto, leur localisation étant indiquée par le Pokédex. Une fois aléatoirement rencontrés, ils tentent de fuir, conservant cependant les points de vie perdus d'un combat à l'autre[11]. Les Pokémon chromatiques font également leur apparition : d'une couleur différente des Pokémon normaux et brillants, ils apparaissent très rarement[12]. Déjà exploités dans Pokémon Jaune avec Pikachu, les Pokémon ont des points de bonheur par rapport à leur dresseur, en fonction de comment celui-ci s'occupe d'eux[13]. Le jeu introduit également le système de reproduction des Pokémon[12]. Les Pokémon sont désormais sexués (mâle, femelle ou inconnu) et chaque espèce de Pokémon se voit attribuer un ou deux groupes d'œufs. Lorsqu'un Pokémon mâle et un Pokémon femelle ayant au moins un groupe d'œufs en commun sont laissés à la pension pendant un certain temps, ils pondront à terme un œuf contenant un Pokémon de niveau 5, qui sera de l'espèce de la femelle et possédera éventuellement des attaques du mâle. Les Pokémon de sexe inconnu peuvent se reproduire indifféremment avec un Pokémon mâle ou femelle, à l'exception des Pokémon légendaires, qui ne peuvent se reproduire[14]. Enfin, la statistique de « Spécial » est scindée en deux statistiques distinctes, l'« Attaque spéciale » et la « Défense spéciale », augmentant les possibilités stratégiques en combat[15].

De nouveaux objets apparaissent et les Pokémon sont désormais capables d'en tenir, ce qui leur permet de se soigner ou d'augmenter leur puissance pendant un combat[16]. De nouvelles sortes de Poké Ball apparaissent également, rendant la capture de certains Pokémon plus facile[17]. Un nouvel objet, appelé Pokématos (ポケギア, Pokegia?, Pokégear), sert à la fois de montre, de carte, de radio et de téléphone ; le joueur peut être appelé par des personnages non-joueurs qui lui proposeront un combat ou lui indiqueront la zone de capture de certains Pokémon rares[18].

Connectivité

Une Game Boy Color mauve et un câble link jaune Pikachu.
Le câble link Pikachu est vendu, au Japon, trois jours avant la sortie des versions or et argent[19].

Les jeux Pokémon Or et Argent permettent aux joueurs d'échanger des Pokémon entre deux cartouches de jeu par l'intermédiaire d'un câble link connectant les deux Game Boy ou deux Game Boy Color. Cette méthode d'échange est nécessaire afin de compléter le Pokédex : en effet, chacune des deux versions comporte douze Pokémon exclusifs rendant nécessaire un échange pour les obtenir sur l'autre jeu ; dix-sept autres Pokémon ne sont présents sur aucune des deux versions et doivent être importés de Pokémon Rouge et Bleu[N 1],[20] ; enfin, l'échange permet d'obtenir les deux Pokémon de départ qui n'ont pas été choisis en début de jeu. De plus, dix Pokémon nécessitent un échange pour évoluer[N 1],[21]. L'échange en sans-fil apparait lors de la réédition du jeu en console virtuelle de la Nintendo 3DS[22].

Les cartouches dans des langues différentes ne sont pas compatibles entre elles : de tels échanges entraînent l'effacement des fichiers de sauvegarde[3]. En outre, si les jeux sont utilisés avec une Game Boy Advance, l'échange requiert l'utilisation non pas du câble Game Boy Advance Game Link mais du câble Universal Game Link de la Game Boy et de la Game Boy Color[23].

La connectivité peut être effectuée avec Pokémon Cristal de la même manière qu'entre Pokémon Or et Argent. L'échange – mais pas le combat – est également possible avec la première génération de jeux Pokémon, Pokémon Vert, Rouge, Bleu et Jaune ; toutefois, il n'est possible qu'en l'absence, dans l'équipe du joueur, de tout Pokémon et de toute attaque introduits avec cette deuxième génération[24]. Un Pokémon provenant de ces versions tient souvent un objet lorsqu'il est réceptionné[25]. Les versions Or et Argent ne sont par contre plus compatibles avec les générations suivantes de jeux[26].

Les jeux sont également compatibles avec d'autres accessoires : le Game Boy Printer, qui permet d'imprimer les données du Pokédex[27], et le Transfer Pak, qui permet d'utiliser les Pokémon des versions Or et Argent dans Pokémon Stadium 2 sur Nintendo 64[28]. Grâce au port infrarouge de la Game Boy Color, deux joueurs peuvent recevoir simultanément un cadeau mystère[29] ; celui-ci peut être utilisé cinq fois par jour, à condition que ce soit avec cinq joueurs différents[3]. Les jeux peuvent également être compatible avec le port infrarouge du Pocket Pikachu Color[3].

Développement

Conception

Photo de deux cartouches de jeux vidéos, celle de gauche est argentée, celle de droite est dorée.
Les cartouches de Pokémon Or et Argent.
Photo en noir et blanc d'un homme souriant, habillé en noir.
Junichi Masuda (ici en 2007), le compositeur de la musique de Pokémon Or et Argent.

Pokémon Or et Argent sont les quatrième et cinquième opus de la série principale de jeux vidéo Pokémon, cinquième et sixième au Japon où on compte également Pokémon Vert[30]. Le début du développement de ces jeux, d'abord intitulés Pokémon 2 : Or et Argent, est annoncé par Nintendo, par l'intermédiaire du magazine japonais MicroGroup Game Review en [31]. Une version de développement achevée à 90 % de ces jeux est publiquement présentée à l'occasion du Nintendo Space World, organisé en au Japon[32]. Contrairement à Pokémon Jaune, les nouveaux titres sont annoncés comme étant davantage qu'une petite remise à niveau de Pokémon Rouge et Bleu : ils mettent en scène un nouveau monde, un nouveau scénario et de nouvelles espèces de Pokémon. Les jeux ont été conçus pour la Game Boy Color : ils sont donc intégralement en couleurs et affichent des sprites plus détaillés. Parmi les autres nouveautés présentées figurent l'élevage de Pokémon, la possibilité de tenir des objets, un gadget en jeu appelé Poké Gear, une horloge interne en temps réel et la rétrocompatibilité avec les précédents jeux de la série[27].

Lors d'une interview de ABC News en 2000, le président de Creatures Inc., Tsunekazu Ishihara (en), donne un aperçu du processus de réflexion pour créer les nouvelles espèces de Pokémon : « Les idées pour chacun de ces monstres sont venues de l'imagination des développeurs de Game Freak, grâce à la lecture de mangas. Les idées viennent également des effroyables expériences qu'ils avaient étant enfants, attraper des insectes, et ainsi de suite. Donc à partir de ces expériences, ces idées de Pokémon sont sorties »[33]. Dans le même esprit que pour les versions Rouge et Bleue, un Pokémon introuvable, Celebi, est implanté dans les versions Or et Argent, mais ne peut être obtenu qu'en participant à un événement promotionnel de Nintendo. Le premier événement officiel offrant Celebi aux joueurs est le Nintendo Space World 2000 au Japon, où le Pokémon a été attribué à 100 000 participants sélectionnés parmi tous ceux ayant préalablement envoyé une carte postale leur permettant de participer à l'événement[34].

Le développement de Pokémon Or et Pokémon Argent débute juste après la sortie des versions verte et rouge au Japon. Ces jeux devaient conclure la série de jeux vidéo Pokémon. Initialement, les jeux auraient dû sortir au Japon en afin de concorder avec la fin de la première saison de la série animée. Des problèmes de développement, aggravés par l'implication de Game Freak dans la conception de Pokémon Stadium, du lancement au Japon des versions Bleu et Jaune, puis par la sortie hors du Japon des versions Rouge et Bleu, ont entraîné le report du jeu, et Pokémon Jaune a finalement pris sa place dans le calendrier de sortie initial. Le programmeur Shigeki Morimoto explique que la durée du développement, étalée sur trois ans et demi, est en partie due à la petite taille de l'équipe, composée de seulement quatre programmeurs. Satoru Iwata, le président de HAL Laboratory, apporte son aide à l'équipe de développement en créant de nouveaux outils pour la compression du code graphique de Pokémon[30].

Junichi Masuda compose la musique du jeu sur un ordinateur Amiga, l'a convertie en données MIDI et l'a reconvertie de nouveau pour obtenir un son compatible avec la Game Boy Color[35]. En effet, dans les jeux originaux, les thèmes couvrent des environnements variés (villes, routes, combats, menu, cries de Pokémon, etc.) et sont adaptés aux limitations techniques du matériel audio de la Game Boy, produisant des musiques où les mélodies et harmonies sont générées en temps réel par le matériel plutôt qu’enregistrées comme sur un support CD[36].

Contenus annulés

En , des images ROM de la démo japonaise, présentée lors du Nintendo Space World de , sont publiées de façon anonyme sur le serveur Discord « Pokémon Reverse Engineering Tools » : celles-ci, dont l'existence n'étaient alors que des rumeurs, présentent deux versions de débogage et deux versions modifiées pour fonctionner sur Game Boy et la plupart des émulateurs[37],[38]. La démo est rapidement partagée avec les membres du site The Cutting Room Floor, spécialisé dans les jeux vidéos. Les images ROM sont analysées et traduites, et The Cutting Room Floor publie ensuite un tableur contenant toutes les informations découvertes : une liste des espèces de Pokémon, leurs attaques, des objets, des personnages non jouables, des cartes et des musiques. Les images ROM sont d'abord diffusées anonymement sur le forum anglais 4chan, avant une publication officielle de The Cutting Room Floor le même jour. La démo possède une carte du monde plus grande que celle du jeu final : elle est fondée sur l'ensemble de l'archipel japonais, contrairement à la version finale, fondée sur la région du Kansai. Elle comprend environ 100 designs de Pokémon inutilisés et modifiés[37].

Début , le graphiste pour la franchise Pokémon Atsuko Nishida révèle que Pikachu devait initialement avoir une troisième évolution nommée « Gorochu »[39]. Par ailleurs, le créateur de la franchise, Satoshi Tajiri, dévoile quatre designs non utilisés qui auraient dû figurer dans les premiers jeux de la série[40].

Bien que les contenus supprimés soient courants dans les jeux vidéo, la quantité de contenu retiré dans la démo de Pokémon Or et Argent est qualifiée d'« impressionnante ». Matthew Byrd, dans un article pour le site anglophone Den of Geek, indique qu'un travail de conception considérable avait été investi dans les Pokémon finalement supprimés, suggérant que Game Freak les avait peut-être retirés lors de la phase de test en raison de problèmes d'équilibrage[41].

Promotion et commercialisation

Photo d'une petite console portable, avec un écran au centre, avec plus bas, cinq boutons.
La Pocket Pikachu Color, une console portable compatible avec Pokémon Or et Argent qui permet d'élever un Pokémon à la manière d'un Tamagotchi.

En , Nintendo annonce la sortie de Pokémon Or et Argent au Japon pour le , ainsi qu'une publication pour le marché nord-américain prévue pour [42]. Nintendo annonce également la sortie du Pocket Pikachu Color, une console portable en couleur avec lequel le joueur élève un animal de compagnie numérique  à l'image d'un Tamagotchi . Compatible avec Pokémon Or et Argent, elle permet le transfert de la monnaie virtuelle du jeu, les Watt points. La sortie du Pocket Pikachu Color au Japon est prévue pour le , le même jour que celle des versions Or et Argent. Elle est produite à 60 000 exemplaires[43]. Trois jours avant la sortie du jeu au Japon, un câble link à l'effigie de Pikachu est mis en vente ; développé par Kemco, il est jaune et comporte le visage de Pikachu d'un côté et une Poké Ball de l'autre[19].

Nintendo prévoit de vendre plus de huit millions de jeux au Japon, dont trois millions dès leur lancement. Ce chiffre est cependant revu à la baisse à la suite du séisme de Chichi à Taïwan, qui ne permit de livrer que 1,8 million de jeux sur les trois millions prévus, en raison de dommages subis dans les usines de production de cartouches à Taïwan. Pour éviter une pénurie, Nintendo appelle au civisme des acquéreurs pour qu'ils n'achètent qu'un titre à la fois[44]. Malgré cela, des rumeurs circulent selon lesquelles Nintendo aurait instrumentalisé l'événement pour limiter les livraisons et maintenir une forte demande[45].

En avant-première de leur sortie nord-américaine, Pokémon Or et Argent sont présentés au Salon du jouet de New York en , permettant ainsi au public de tester les jeux[46]. Afin de promouvoir les jeux, des véhicules sillonnent les grandes villes. Aux États-Unis, Nintendo personnalise cinq Chrysler PT Cruiser afin qu'ils ressemblent au nouveau Pokémon Lugia. Les véhicules sont ornés d'ailerons et de queues, et décorés de logos et d'images de la franchise Pokémon. Ils sont également équipés d'un téléviseur relié à des consoles de jeux, permettant au public de jouer à Pokémon Puzzle League, Hey You, Pikachu! et Pokémon Or et Argent[47]. La série télévisée Pokémon, inspirée des jeux, est annoncée comme faisant partie de la programmation d'automne de Kids' WB[48]. La série met en scène le même protagoniste, Sacha Ketchum, dans une nouvelle région peuplée d'espèces de Pokémon différentes de celles des jeux[49]. Les noms anglais des 100 nouveaux Pokémon sont gardés confidentiels par Nintendo, la société les dévoilant périodiquement. Les noms de domaine « pokemongold.com » et « pokemonsilver.com » sont enregistrés à cette fin, et les noms publiés comprenaient Chikorita, Lugia, Ho-Oh, Togepi, Hoothoot et Marill[50],[51].

En , Nintendo annonce la sortie de Pokémon Or et Argent en Amérique du Nord pour [42]. En , Nintendo révèle que cette sortie est finalement fixée au de la même année, avant de l'avancer au [52],[53]. En Amérique du Nord, Nintendo ouvre la pré-commande des jeux en août[54] : un CD-ROM est alors offert en bonus, contenant des extraits et des musiques du film d'animation Pokémon 2 : Le pouvoir est en toi , des captures d'écran de Pokémon Or et Argent, un fond d'écran Pokémon, une offre pour le guide du joueur publié par le magazine Nintendo Power et des anecdotes sur l'univers Pokémon[55]. Les jeux enregistrent des ventes record en pré-commande avec 600 000 exemplaires réservés en deux mois, contre 150 000 pour Pokémon Jaune[54]. À l'approche de la date de sortie et alors que les détaillants commençaient à recevoir les jeux, certaines enseignes, comme Electronics Boutique, choisissent de les vendre immédiatement après leur réception ; ils honorent d'abord les précommandes, puis vendaient les exemplaires restants aux clients se présentant en magasin. Les jeux étaient apparemment disponibles dès le [56],[57]. Nintendo investit entre 12 et 14 millions de dollars pour commercialiser ces jeux aux États-Unis[58].

Pokémon Or et Argent paraissent le en Australie et le en Europe[59] et ont pour mascotte Ho-Oh et Lugia[60]. En France, si le jeu est pré-commandé chez certains distributeurs, le bénéficiaire obtient en plus un CD-ROM, développé par MediaBrowser, comprenant des chansons de la nouvelle saison de la série animée et des composantes de l'environnement de bureau[61],[62]. En Europe, quatre Hummer H2 ont sillonné les rues de principales capitales, faisant croire à la livraison du colis par des explorateurs[63].

Accueil

Faits en bref Média, Note ...
Aperçu des notes reçues
Presse papier
Média Note
Consoles + (FR) 93 %[64]
Famitsu (JP) 33/40[65]
Nintendo Power (US) 8,7/10[66]
Super Play (UK) 9/10[67]
Presse numérique
Média Note
Electric Playground (US) 9,5/10[68]
Gamekult (FR) 6/10[69]
GameSpot (US) 8,8/10[5]
IGN (US) 10/10[8]
Jeuxvideo.com (FR) 16/20[9]
Nintendo Life (UK) 9,1/10 étoiles[22]
HonestGamers (USA) 4,5/5 étoiles[70]
NintendoWorldReport (USA) 8/10 (3DS)[71]
Agrégateurs de notes
Média Note
GameRankings 89,33% (Or)[72]
91,08% (Argent)[73]
MobyGames 8,2/10 (Or)[74]
8,5/10 (Argent)[75]
SensCritique 8,2/10 (Or)[76]
8,2/10 (Argent)[77]
8,0/10 (Cristal)[78]
Fermer

Réception critique

À leur sortie, Pokémon Or et Argent reçoivent de très bonnes critiques de la presse spécialisée, avec une moyenne globale de 90 % sur GameRankings[N 2], de nombreux critiques relevant que les nouveautés apportées au système de jeu permettaient à Pokémon Or et Argent d'être aussi intéressants que Pokémon Rouge et Bleu[72],[73].

Craig Harris d'IGN leur accorde la note maximale de 10 10 en relevant que ces opus étaient encore meilleurs que les précédents du fait des innombrables petites améliorations apportées aux jeux[8]. Franck Provo de GameSpot incite les personnes n'ayant jamais joué comme les fans à se procurer le jeu et conseille aux personnes n'ayant pas apprécié les premiers opus d'y jeter un œil ; il décerne au jeu la note de 8,8 10[5].

Consoles + décerne aux jeux la note de 93 % et parle d'une « excellente suite »[64]. En faisant une grande description du jeu en lui-même, Jeuxvideo.com remarque que les deux versions « prolongent l'aventure avec un nouveau continent, de nouveaux défis, et des Pokémon inédits », et leur attribue un 16 20[9]. Gamekult reproche cependant aux jeux leur manque de « véritables nouveautés » par rapport à Pokémon Rouge et Bleu[69] ; il note le jeu d'un « honnête » 10[69].

Romendil de Jeuxvideo.com conclut en disant que le jeu est « un titre qui mérite amplement son succès et qui convient parfaitement au support Gameboy »[9], Craig Harris d'IGN la rejoint en ajoutant que « Nintendo et Game Freak ont peaufiné l'original et ont bâti une suite qui est longue, difficile et amusante à jouer. Il existe une raison pour laquelle Pokémon est si populaire, et Pokémon Or et Argent va aider la série à aller plus loin dans le XXIe siècle. »[N 3],[8]. Consoles + commente le jeu en relevant que « le challenge est encore plus captivant » que Pokémon Rouge et Bleu[64]. Finalement tous s'accordent pour dire que les versions Or et Argent sont addictives et qu'elles prolongent l'aventure connue auparavant avec les versions précédentes.

Dans une critique publiée en 2017 à l’occasion de leur réédition sur Nintendo 3DS, Nintendo Life présente Pokémon Or et Pokémon Argent comme des jeux ayant particulièrement bien vieilli. Le test souligne que ces titres constituent une étape majeure de la série en approfondissant la formule établie par Pokémon Rouge et Bleu, notamment par l’introduction de la région de Johto, de nouvelles mécaniques de jeu et d’une structure plus étendue. La version console virtuelle est jugée fidèle aux jeux d’origine, les différences se limitant principalement à l’adaptation du système d’échange au sans-fil local. Malgré des graphismes datés et l’absence de certaines améliorations de confort apparues dans les générations ultérieures, la jouabilité est considérée comme toujours efficace, et le contenu, notamment la possibilité de revisiter la région de Kanto après l’aventure principale, est mis en avant comme l’un des plus riches de la série[22]. Le magazine classe ces Pokémon comme les deuxièmes meilleurs jeux de la Game Boy Color[79].

Ventes

Pokémon Or et Argent poursuivent le succès de leurs prédécesseurs et font de Pokémon une franchise multi-milliardaire[32],[80]. Profitant du succès des versions rouge, bleue et jaune, les versions or et argent connaissent un lancement fulgurant : les jeux se vendent à 1 425 768 exemplaires dès leur premier jour de sortie, puis atteignent 5 millions d'exemplaires à la fin de la première semaine de ventes au Japon[81],[82].

Console de jeu jaune avec un écran. Il y a 2 boutons à droite en rouge et vert ainsi qu'une croix directionnelle bleu à gauche.
Game Boy Color à l'effigie de Pikachu.

Aux États-Unis, les deux jeux ont généré 600 000 précommandes, trois semaines avant leur sortie[83]. Dès la première semaine de leur parution aux États-Unis, les jeux battent le précédent record de ventes établi par Pokémon Jaune , qui s'élevait à un peu plus de 600 000 exemplaires ; avec un total de 1,4 million d'exemplaires vendus, ils sont devenus les jeux les plus rapidement vendus de tous les temps[84],[85]. Ce succès commercial était attendu, comme l'a déclaré Peter Main, vice-président exécutif des ventes et du marketing de Nintendo : « il n'y a aucun doute là-dessus… les enfants adorent jouer à Pokémon. À ce jour, en 2000, le jeu le plus vendu aux États-Unis, toutes consoles de salon confondues, est Pokémon Stadium sur Nintendo 64, et le jeu le plus vendu sur console portable est Pokémon Jaune sur Game Boy Color. Mais Pokémon Or et Argent vont surpasser ces chiffres de vente déjà impressionnants. Nous prévoyons des ventes totales de 10 millions d'exemplaires pour ces deux jeux en moins de six mois »[84]. Fin novembre 2000, après quelques semaines de commercialisation, les deux jeux se sont écoulés aux États-Unis à 2,9 millions d'exemplaires[86]. Pokémon Or et Pokémon Argent constituent les deux meilleures ventes de l'année en 2000[87].

En Europe, les jeux se vendent à près d'un million d'exemplaires en deux jours. Ces ventes battent également le record de vente la plus rapide, détenu par Pokémon Jaune[88]. En France, les jeux ont été pré-commandés 50 000 fois[89] et se vendent à 250 000 exemplaires en trois jours[90]. Ils constituent les deux meilleures ventes de l'année en 2001[91],[N 4]. Au total, les versions or et argent se sont vendues à 23,1 millions d'exemplaires, dont environ 7,2 millions au Japon[92],[93].

Pokémon Cristal

Pokémon version cristal (ポケットモンスター クリスタルバージョン, Poketto Monsutā Kurisutaru Bājon?) est un jeu vidéo complémentaire à Pokémon version or et version argent, appartenant à la série de jeux Pokémon. Tout comme la version jaune pour les versions rouge et bleu, la version cristal est sensiblement identique aux versions or et argent, ne constituant qu’une légère mise à jour. Elle sort uniquement sur Game Boy Color, au Japon le , aux États-Unis le et en Europe le [94],[95].

Le scénario et le système de jeu de Pokémon Cristal sont identiques à ceux de Pokémon Or et Argent à quelques nouveautés près. Il est désormais possible d’incarner un garçon du nom de Gold ou une fille du nom de Crystal. Deux quêtes annexes sont introduites, l’une autour des Zarbi (Unown), l’autre autour du Pokémon légendaire Suicune, qui constitue la mascotte de cette version[60] et met en scène un personnage non-joueur récurrent, Eusine[96]. Les images des Pokémon s'animent au début de chaque combat, effet qui ne réapparaîtra pas avant Pokémon Émeraude. La nouveauté majeure réside dans l'apparition de la tour des combats, qui permet au joueur de participer à des combats successifs à la manière de la série Pokémon Stadium[95]. La version japonaise comportait deux autres innovations qui n'arrivèrent pas en Europe ou aux États-Unis : d'une part, il était possible de connecter les jeux entre eux en utilisant un téléphone portable[97] ; d'autre part, il était possible de capturer Celebi, qui reste impossible à obtenir ailleurs dans le monde. Tout comme les autres versions, Pokémon Cristal a dix Pokémon absents de sa cartouche en plus des dix-sept Pokémon exclusifs aux versions rouge et bleue[N 1],[98].

Pokémon Cristal est un des derniers jeux sortis sur Game Boy Color et se vend plutôt bien. Il reçoit un bon accueil de la critique, avec une note globale de 79,86 % sur le site GameRankings[99], bien que de nombreux commentaires relèvent le manque de réelles innovations par rapport aux versions or et argent. Sur le site IGN, Craig Harris estime qu’il s’agit de « la version à acquérir absolument si vous n’êtes pas déjà un des innombrables propriétaires des jeux précédents » mais que « il n’y a pas suffisamment dans cette version qui la rende nécessaire à acheter pour ceux qui possèdent déjà les une ou deux versions précédentes » ; il lui attribue néanmoins la note de 9 sur 10[95]. Jeuxvideo.com fait la même remarque qu'IGN et note le jeu avec la note de 15 sur 20[100].

Postérité

Rééditions

Podomètre avec un écran et les couleurs rouge et blanc d'une pokéball.
Le PokéWalker sortie avec les rééditions des jeux.

Pokémon Or et Argent ont été réédités en 2009 sur Nintendo DS sous le titre de Pokémon version Or HeartGold et Pokémon version Argent SoulSilver (ポケットモンスター ハートゴールド・ソウルシルバー, Poketto Monsutā Hātogōrudo - Sōrushirubā?)[101]. Ces rééditions ont été élaborées par Game Freak et éditées par Nintendo et sont sorties au Japon le , en Amérique du Nord le , et en Europe le . Ces jeux utilisent le moteur graphique de Pokémon Diamant et Perle et reprennent intégralement l'intrigue de Pokémon Or et Argent[102]. Ils comportent un podomètre, appelé « PokéWalker », semblable au Pokémon Pikachu (Color)[103].

Le , Pokémon Or et Argent sont disponibles sur la console virtuelle de la Nintendo 3DS ; ils sortent le même jour que Pokkén Tournament DX sur Nintendo Switch. Les jeux sont quasiment à l'identique avec la version Game Boy ; le seul changement est la compatibilité avec la banque Pokémon[104]. Pokémon Cristal sort quant à lui le [105].

Notoriété

Les jeux Pokémon Or et Argent prolongent la Pokémania amorcée par les jeux Pokémon Rouge et Bleu[9]. Outre Pokémon Cristal, un seul jeu dérivé de ces titres est paru, Pokémon Puzzle Challenge, un jeu vidéo de puzzle à la manière d'un Tetris[106]. Les jeux sont adaptés par la série télévisée animée Pokémon, dont trois nouvelles saisons se déroulent la nouvelle région de Johto, où Sacha (Ash) et Pikachu rencontrent les nouveaux Pokémon[107] ; ils sont également déclinés en manga, dont notamment le cycle Or et Argent de Pocket Monsters Special[108]. Par la suite, Nintendo a publié de nouveaux jeux où il a intégré les nouveautés du système de jeu apportées par Pokémon Or et Argent[109]. Dans le jeu musical Rhythm Hunter: HarmoKnight, également développé par Game Freak, deux bonus consistent à composer les musiques de la bicyclette et de la route 26 de Pokémon Or et Argent[110].

Ces jeux sont souvent considérés par la communauté de fan comme étant les meilleurs jeux de la saga Pokémon[12],[109]. Ils sont également désignés troisième meilleur jeu des années 2000, par VG Chartz, derrière Wii Sports et Wii Play et selon le même site, ils se classent 30e meilleur jeu de tous les temps[111]. GamesRadar+ classe le trio seizième meilleurs jeux Game Boy de tous les temps[112].

Notes et références

Bibliographie

Voir aussi

Related Articles

Wikiwand AI