Porte-drones

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Un porte-drones est un navire équipé d'un pont d'envol permettant le lancement et l'atterrissage de drones. Outre les drones aériens, il peut également lancer des drones sous-marins et des drones de surface.

Les porte-drones peuvent être utilisés à des fins civiles et, plus fréquemment, à des fins militaires. En tant que navire de guerre, un porte-drones permet à une flotte de déployer et de récupérer des drones de combat sans nécessiter de porte-avions plus imposants.

Historique

États-Unis

En novembre 2014, le département de la Défense des États-Unis a lancé un appel à idées concernant la conception d'un porte-avions aéroporté capable de déployer et de récupérer des drones[1].

France

Un des Schiebel Camcopter S-100 de la Marine nationale, opérés des bâtiments de la classe Mistral.

En novembre 2019, la DGA valide l'intégration du Camcopter S-100 sur le porte-hélicoptères d’assaut Dixmude, préalablement modifié à cet effet à l’occasion de son carénage. Il s’agit alors du premier drone militaire aéronaval à atteindre sa pleine capacité opérationnelle en Europe[2]. Dans le cadre de son service au sein de la Marine nationale, où le drone porte le nom de « Serval » (pour Système embarqué de reconnaissance vecteur aérien léger), cette capacité opérationnelle initiale s’étend également aux navires-jumeaux du Dixmude : le Mistral et le Tonnerre[3] avec la commande en décembre 2020 de deux couples de Camcopter S-100 supplémentaires[4].

Turquie

photo du drone attaché au pont du bateau
Drone Baykar Bayraktar TB3, version navalisée du TB2, sur le pont d'envol du bâtiment, lors de la cérémonie d'admission au service actif.

En février 2021, le président de la Direction des industries de défense turques (SSB), a présenté un nouveau type de drone développé par Baykar, destiné à être déployé sur le TCG Anadolu, premier navire d'assaut amphibie turc. Ce nouvel appareil, le Baykar Bayraktar TB3, est une version navale du Bayraktar TB2 équipée d'un moteur développé par TEI. Initialement, le navire devait être équipé de chasseurs F-35B, mais suite au retrait de la Turquie du programme d'acquisition, il a été modifié pour accueillir des drones. 30 à 50 drones de combat Baykar Bayraktar TB3 à ailes repliables peuvent décoller et atterrir sur le pont de l'Anadolu. Le 19 novembre 2024, un drone Bayraktar TB3 a décollé et atterri avec succès sur le TCG Anadolu. C'était la première fois qu'un aéronef sans pilote à voilure fixe de cette taille et de cette classe atterrissait avec succès sur un navire[5],[6].

Chine

Le 18 mai 2022, le premier porte-drones chinois, baptisé Zhuhai Cloud (« Zhu Hai Yun »), a été lancé à Guangzhou, dans la province du Guangdong. Il est destiné à faire progresser la recherche et l'économie maritimes. En mai 2024, un porte-drones potentiel, de type catamaran avec un pont d'envol, a été repéré aux chantiers navals Jiangsu Dayang Marine. Confirmant le rôle de ce porte-drones, un officier de la marine chinoise a annoncé que le navire de guerre Sichuan de classe Type 076[7], mis à l'eau, opérerait des drones, tout comme de nombreux autres navires de la marine chinoise[8],[9].

Corée du sud

Le 12 novembre 2024, la marine sud-coréenne a mené un essai de décollage du drone Grey Eagle à bord du navire d'assaut amphibie ROKS Dokdo afin de tester la capacité du navire à embarquer des drones à voilure fixe. Le drone Gray Eagle a décollé du Dokdo, a effectué deux survols à proximité de son flanc bâbord pour simuler une procédure d'atterrissage, mais ne s'est pas posé sur le navire. La société coréenne Hanwha Ocean a présenté plusieurs concepts de porte-drones ou de porte-autres véhicules sans pilote dans le cadre de son projet Ghost Commander[10]. En mai 2025, la Corée a décidé d’abandonner le programme CV-X et l’achat de F-35B au profit de la construction d’un navire de commandement polyvalent qui devra être en mesure de mettre en œuvre des drones y compris des munitions téléopérées, ou MTO et des hélicoptères[11]

Iran

Après avoir armé comme navire multimissions le Shahid Roudaki en [12], et comme porte-hélicoptères le Shahid Mahdavi en [13], l'Iran dévoile en , un troisième navire converti à partir d'un porte-conteneurs, spécifiquement aménagé comme porte-drones[14],[15], nommé Shahid Bahman Bagheri. Son achèvement est révélé en . Le porte-aéronefs obtenu conserve la longueur du navire d'origine, soit 240 m. La piste oblique mesure 180 m (170 × 18 m selon une photo satellite[16]). Son oblicité lui permet d'éviter le château arrière du porte-conteneur, qui a été conservé tel quel. Elle doit permettre de lancer des drones qui pourraient être des Mohajer-6, des Shahed-129, Fotros ou Kaman-12s. Le pont inférieur serait également capable de transporter une trentaine de vedettes de classe Achoura (en)[17],[18],[19],[20]. Le Shahid Bagheri est endommagé par des frappes américaines lors de l’opération Epic Fury le [21], puis détruit le [22].

Portugal

La marine portugaise prévoit de livrer, au cours du second semestre 2026, le NRP D. João II, un navire plateforme capable d’opérer des drones aériens, de surface et sous-marins, ainsi que des hélicoptères moyens (Sikorsky UH-60 Black Hawk) et lourds (EH101 Merlin)[23]. Le navire affiche un déplacement de 7 000 tonnes pour une longueur de 107 mètres et un pont d'envol de 94 mètres[24].

Royaume-Uni

La Royal Navy prévoit d'utiliser des drones à voilure fixe depuis ses deux porte-avions de classe Queen Elizabeth afin d'accroître leur puissance de feu. Lors d'essais, elle a réussi à lancer et à récupérer un Qinetiq Banshee Jet 80+, un drone W Autonomous Systems et un General Atomics Mojave. Dans le cadre du projet Ark Royal, elle envisage l'installation de catapultes et de systèmes d'arrêt pour le lancement et la récupération de drones plus imposants, acquis dans le cadre du projet Vixen. Lors de présentations à la Royal Navy, une version embarquée du MQ-28 Ghost Bat a été utilisée comme exemple du programme Vixen, et General Atomics a proposé son Gambit[25].

Singapour

Fin 2025, la marine de Singapour a lancé le Victory, le premier des six navires de combat multirôles (MRCV – Multi-Role Combat Vessels) construit par ST Engineering Marine. Affichant un déplacement de 8 000 tonnes pour une longueur de 150 mètres, ce bâtiment aux allures d’une frégate est conçu pour déployer non seulement des drones aériens mais également des drones de surface et des drones sous-marins[26].

Description

Les navires militaires porte-drones ressemblent fortement aux porte-avions et/ou aux porte-hélicoptères, car ils utilisent des infrastructures aéronautiques sur leur pont supérieur, telles qu'une piste d' atterrissage, des aides au décollage (des tremplins), des catapultes à vapeur ou électromagnétiques (méthode CATOBAR) et/ou des déflecteurs de poussée, ainsi que des aides à l'appontage (des câbles de suppression). Ils disposent également de hangars, d'ateliers de maintenance et de réparation, de préférence sur les ponts intérieurs, et de postes de contrôle[27]. Toutefois, ils sont de dimensions et de tonnage plus réduits et présentent l’avantage d'une réduction des coûts en termes d’infrastructure et de logistique[28].

Liste de porte-drones

En service
Hors service
En construction
  • Sichuan (porte-drones chinois)
  • Victory (frégate porte-drones singapourienne)
  • João II (porte-drones portugais)
En projet
  • CV-X (porte-drones coréen)

Notes et références

Articles connexes

Liens externes

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