Posturologie
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La posturologie est une approche se présentant comme l’étude de la posture et, plus largement, des relations entre posture et troubles fonctionnels ; le terme est notamment employé dans le champ des médecines non conventionnelles[1]. Elle ne doit pas être confondue avec la stabilométrie (ou posturographie), qui désigne une analyse instrumentale de la stabilité posturale sur plateforme de force ; cette dernière fait l’objet d’évaluations institutionnelles pour des indications médicales (notamment troubles vestibulaires ou neurologiques avérés et personnes âgées à risque de chute)[2].
Dans la littérature consacrée au « traitement proprioceptif » de la dyslexie (dont certains courants se réfèrent à la posturologie), l’Inserm décrit une prise en charge associant typiquement des interventions ophtalmologiques (dont lunettes prismatiques), podologiques (orthèses plantaires) et parfois orthodontiques (surépaisseurs dentaires), ainsi que des conseils et exercices de posture[3].
Historique
Des travaux portant sur les liens entre oculomotricité et posture sont publiés en France dès les années 1950 par le médecin Jean-Bernard Baron[4]. L’expression « posturologie clinique » apparaît dans un article de Pierre-Marie Gagey, Jean-Bernard Baron et Noboru Ushio publié en 1980 dans la revue Agressologie[5].
Dans le cadre des hypothèses avancées pour le « traitement proprioceptif » de la dyslexie, l’Inserm rappelle qu’en 1979 Martins Da Cunhà propose d’inscrire la dyslexie dans un « syndrome de déficience posturale » caractérisé par une altération de l’équilibre tonique, oculaire et postural, et d’orienter la prise en charge vers une approche dite « globale » de la proprioception[3],[6].
Description
La posture et la stabilité posturale peuvent être étudiées par des méthodes instrumentales. Dans son rapport d’évaluation de décembre 2025, la Haute Autorité de santé définit la stabilométrie comme l’étude de la stabilité posturale et de ses mécanismes régulateurs, fondée sur l’observation des oscillations d’un sujet debout ; l’évaluation s’effectue à l’aide d’une plateforme de force, avec analyse du centre de pression et de son trajet au cours du temps[2].
Dans les usages se réclamant de la posturologie, l’examen associe généralement observation clinique et tests visant à apprécier l’influence de différentes « entrées » sensorielles (par exemple visuelles et plantaires) sur l’équilibre et la posture, et peut s’appuyer sur des enregistrements stabilométriques selon les praticiens et les contextes[1],[2].
Efficacité et évaluations
En juillet 2016, un rapport thématique de l’Inserm, réalisé à la demande du ministère chargé de la Santé, a évalué les données disponibles concernant l’efficacité du « traitement proprioceptif » de la dyslexie (courants se référant notamment à des approches posturales)[6],[3]. La synthèse du rapport conclut que les données scientifiques disponibles ne permettent pas de conclure à l’efficacité de cette prise en charge dans la dyslexie[3]. Le rapport souligne la faible qualité méthodologique des rares études identifiées, ainsi que des difficultés d’observance rapportées selon les composantes du traitement[3].
Sur le plan de la sécurité, le rapport indique que les données disponibles sont rassurantes pour les effets indésirables graves, tout en mentionnant qu’une aggravation des troubles (accroissement du retard de lecture) a été rapportée dans environ 10 % des cas, interprétation rendue difficile notamment par l’évolution naturelle des difficultés de lecture[3].
Le même rapport note par ailleurs l’absence de jurisprudence disciplinaire rapportée visant spécifiquement la pratique du traitement proprioceptif de la dyslexie, tout en mentionnant des décisions disciplinaires concernant, pour d’autres indications, des traitements intitulés « reprogrammation posturale », « neuroposture » ou des « méthodes fondées sur la posturologie »[3].
Bibliographie
- Gérard Vallier, Traité de posturologie clinique et thérapeutique, Éditions Posturopole, , 174 p.
- Serge Mesquida (dir.) (préf. Benoît Lavignolle ; André Darthez ; Gérard Giordano), De la posturologie à la posturoception, Sauramps Médical, , 177 p.
- Nicolas Meyer, Le grand livre de la posturologie, Eyrolles, , 291 p.
- Bernard Weber et Pierre-Marie Gagey, Posturologie : régulation et dérèglements de la station debout, Masson, , 224 p.
- Alain Scheibel, Françoise Zamfirescu, Pierre-Marie Gagey et Philippe Villeneuve, Pratiques en posturologie, Broché,
- Association de posturologie internationale, Bernard Weber et Philippe Villeneuve, Posturologie clinique. Tonus, posture et attitude, Broché,