Prisma Media
entreprise française de presse appartenant à Vivendi
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Prisma Media, initialement Prisma Presse est une entreprise française de presse spécialisée fondée par l'Allemand Axel Ganz en 1978. Elle publie notamment les magazines Voici, Femme actuelle, Geo, Télé-Loisirs et Capital, parmi une trentaine d'autres titres[2]. Son siège se situe à Gennevilliers, en région parisienne. Depuis avril 2021, Prisma Media est une filiale du conglomérat Louis Hachette Group initialement appartenant à Vivendi, dont l'actionnaire majeur est Vincent Bolloré.
2021 : le milliardaire Vincent Bolloré achète Prisma Media au groupe allemand Bertelsmann pour 170 millions d'euros. Prisma est intégré à Vivendi
2024 : Prisma Media rejoint Louis Hachette Group
| Prisma Media | |
Logo de Prisma Media. | |
| Création | 2 juin 1980 (immatriculation) |
|---|---|
| Dates clés | 2012 : Prisma presse devient Prisma Media 2021 : le milliardaire Vincent Bolloré achète Prisma Media au groupe allemand Bertelsmann pour 170 millions d'euros. Prisma est intégré à Vivendi 2024 : Prisma Media rejoint Louis Hachette Group |
| Fondateurs | Axel Ganz |
| Forme juridique | Société par actions simplifiées |
| Siège social | Gennevilliers |
| Président | Arnaud Lagardère (depuis )[1] |
| Activité | Édition de revues et périodiques |
| Société mère | |
| Sociétés sœurs | Lagardère |
| Effectif | 1 236 (2021) |
| SIREN | 318826187 |
| Site web | www.prismamedia.com |
| Chiffre d'affaires | 309 000 000 € (2021) |
| Résultat net | 30 000 000 (2021) |
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Histoire
Fondation (1978)

Prisma Média est fondé par l'Allemand Axel Ganz en 1978 sous le nom de Prisma Presse. L’entreprise est renommée Prisma Media en 2012[3]. Pour s'implanter en France, Axel Ganz tente vainement d’acquérir Modes et Travaux. Il décide donc de changer de stratégie l'année suivante en créant des magazines. L'objectif du groupe est de « casser les codes et renouveler l'expérience », notamment par la direction artistique des magazines[4]. Le groupe est la filiale française du groupe allemand Gruner + Jahr, lui-même détenu par le groupe allemand Bertelsmann, jusqu’en . Il est dirigé par Rolf Heinz entre le [5] et le 12 septembre 2021.
Rachat par Vivendi
Début , Gruner + Jahr entre en négociation exclusive avec le groupe Vivendi pour la cession de Prisma Media, l'un des principaux acteurs de la presse magazine en France[6]. Cette opération suscite de grandes inquiétudes au sein des différentes rédactions des titres s'interrogeant sur l'avenir de leur indépendance éditoriale lors de leur intégration au groupe Vivendi contrôlé par Bolloré[7],[8].
Le , Vivendi annonce la signature d'une promesse d'achat pour l'acquisition de la totalité du groupe de presse allemand[9],[10].
Le 29 avril 2021, l'Autorité de la concurrence valide le rachat du groupe de presse Prisma Media par Vivendi. La transaction représenterait « entre 100 et 150 millions d'euros »[11],[12]. De nombreux journalistes font valoir leur clause de conscience suite à ce changement de propriétaire et quittent le groupe[13].
Claire Léost devient présidente de Prisma Media le 13 septembre 2021[14] jusqu'à la fin du mois d'août 2025[15]. Emmanuel Kessler, directeur des magazines économiques Capital et Management depuis fin 2022, quitte le groupe en , remplacé par Elodie Mandel[16].
Suppressions de postes (2024-2025)
À l'automne 2024, un plan de départs est organisé par la direction souhaitant proposer des ruptures conventionnelles collectives, débouchant sur une trentaine de départs volontaires[17],[18].
En décembre 2024, Louis Hachette Group réunissant les activités de Lagardère et Prisma Media est constitué puis introduit en bourse sur Euronext Growth.
En janvier 2025, quelques mois après une première salve de départs volontaires, Prisma Media souhaite lancer un plan de départs supplémentaire affectant 60 salariés, afin de réduire ses coûts d'exploitation et optimiser ses résultats financiers[19].
En avril 2025, le groupe Prisma Media est condamné à arrêter la parution d'un magazine de télévision lancé à la fin de l'année 2024, intitulé « Programmes Télé 15 Jours » dont la formule éditoriale et commerciale est jugée trop proche de son concurrent direct « Télé 15 Jours », édité par le groupe RL Mags. Le jugement démontre que Programme Télé 15 Jours est similaire au magazine publié par Prisma et est susceptible de constituer un risque de confusion chez les clients ou lecteurs[20].
En mai 2025, Prisma Media annonce supprimer 54 emplois supplémentaires et plusieurs marques du groupe parmi lesquelles National Geographic[21].
En juin 2025, la société des journalistes du magazine Capital annonce avoir voté une motion de défiance à l'encontre d’Élodie Mandel, directrice de la rédaction[22].
Reprise en main éditoriale par Vincent Bolloré (été 2025)
Fin août 2025, Claire Léost quitte la présidence de Prisma Media pour rejoindre son concurrent CMA Média. Elle est remplacée à ce poste par Arnaud Lagardère et Gérald-Brice Viret, directeur des antennes chez Canal+, prend la vice-présidence du groupe[15]. Le 10 septembre 2025, Serge Nedjar, patron de la chaîne CNews, est nommé directeur des rédactions du groupe Prisma Media[23].
Les Jours rapportent que le groupe « fait l’objet d’une reprise en main brutale menée par trois des hommes les plus fidèles de l’homme d’affaires » d'extrême droite Vincent Bolloré : Serge Nedjar et Gérald-Brice Viret, donc, pour l'éditorial, et Michel Sibony, pour la chasse aux coûts[24]. L'opération se manifeste notamment par le déménagement de la rédaction du magazine Capital dans les locaux occupés par Le Journal du dimanche (JDD) et la radio Europe 1[25], par la création de synergies entre les journaux de Prisma et les médias d'extrême droite du groupe (JDD, Europe 1, CNews…) et par des interventions éditoriales pour servir les intérêts économiques et les idées d'extrême droite du groupe Bolloré (censure partielle d'une enquête de Capital sur un client de Yannick Bolloré chez Havas, interview de Christine Kelly pour promouvoir son dernier ouvrage dans Voici, double page de promotion pour François Bustillo dans Femme actuelle, etc.)[24],[26],[27].
Les syndicats de journalistes du groupe dénoncent en l'« interventionnisme débridé et [le] cost-killing à tous les étages » — un schéma d'atteinte à l'indépendance des rédactions qui rappelle les méthodes appliquées à « l'ancienne i-Télé (devenue CNews) en 2016, […] Europe 1 en 2021 ou encore [le] Journal du dimanche en 2022 », écrit Le Monde[26].
En , Prisma Media rachète les magazines people France Dimanche et Ici Paris[28].
Marques
Au cours de l'année 1978, Axel Ganz s’installe à Paris et crée Prisma Presse, notamment pour lancer la version française de GEO l'année suivante[29]. Par la suite Ça m’intéresse, magazine de découverte, est lancé en 1981. Suivent Prima, premier magazine féminin du groupe, lancé en 1982 et Femme Actuelle, parmi les principaux titres de la presse féminine en Europe[30]. En 1986, Prisma Media lance son magazine de télévision français, Télé-Loisirs. Le premier magazine people du groupe intitulé Voici est lancé en 1987. Le magazine Cuisine Actuelle est racheté la même année. En 1991, Prisma Media lance le magazine économique Capital, mensuel économique français puis les revues Gala et Management, lancés dans les années suivantes. En 1999, le groupe obtient la licence américaine National Geographic et adapte le magazine pour la France.
En 2004, Prisma Media lance Télé 2 semaines, succès de presse obtenant plus d’un million d’exemplaires vendus dès le premier numéro[31] suivi de TV Grandes Chaînes, à la même période. Par la suite, le groupe lance Prima Maison et GEO Histoire, premières éditions d’une série de numéros spéciaux et hors-séries.
En 2012, Prisma Presse devient officiellement Prisma Media et lance le magazine Neon, ultérieurement converti en édition numérique[32]. En 2014, Prisma Media entend décliner l’édition francophone de Harvard Business Review et lance l'année suivante Serengo devenu Bien dans ma vie en 2022 ainsi que la revue Flow[33]. La même année, Prisma Media acquiert le groupe Cerise, propriétaire des revues numériques Gentside et Oh! My Mag[34]. En 2018, Prisma Media lance Simone Media[35].
En 2021 le groupe rachète l'hebdomadaire Télé Z[36]. En 2022, le groupe exploite les marques Dr.Good! et Dr.Good! C’est bon!, magazines santé présentés par Michel Cymes. Le , Prisma Media lance la version française du magazine littéraire américain Harper's Bazaar[37]. En juillet 2023, Prisma Media annonce l'acquisition des magazines Milk style de vie et décoration ainsi que l'acquisition du pôle numérique du groupe M6 dont Passeport Santé, Cuisine AZ, Météo City, Turbo.fr, Déco.fr ou encore Crocq-Kilos et Fourchette & Bikini, en septembre 2023[38].
En 2025, le groupe annonce abandonner la marque National Geographic[39].
En , Prisma Media rachète à CMI les magazines people Ici Paris et France Dimanche[40].
Audience
Selon les chiffres du groupe, Prisma aurait vendu près de 130 millions de magazines en 2023, représentant un tiers des magazines imprimés vendus en France[41].
Controverses
Plusieurs journalistes figurant parmi « l'équipe éditoriale » de certains journaux du groupe sont en réalité de faux noms, ayant notamment la particularité de présenter des portraits provenant de banques d'images. Ainsi, les journaux exploitent un ensemble de pages Facebook relayant en permanence leur promotion et leurs articles, bien que ces publications n'aient en apparence aucun lien avec le groupe. Ce réseau d'influence permet d'optimiser automatiquement les statistiques d'audience des sites. Ainsi Télé Loisirs obtient 187 millions de visites en février 2023, Voici 65 millions et Femme Actuelle 63 millions[42].