Centre pénitentiaire de Caen
prison à Caen (Calvados)
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Le centre pénitentiaire de Caen, dit également prison de Beaulieu, est un centre pénitentiaire situé dans le quartier de la Maladrerie à Caen. Il accueille des détenus condamnés à de longues peines depuis 1975. Le bâtiment du XIXe siècle est inscrit au titre des monuments historiques depuis le [1].
| Centre pénitentiaire de Caen | |
| « Prison de Beaulieu » | |
|---|---|
Entrée sur la rue du Général-Moulin en 2012. | |
| Localisation | |
| Pays | |
| Région | |
| Département | Calvados |
| Localité | Caen |
| DISP | Rennes |
| Coordonnées | 49° 11′ 09″ nord, 0° 24′ 06″ ouest |
| Architecture et patrimoine | |
| Architecte(s) | Harou-Romain |
| Construction | |
| Installations | |
| Type | Centre pénitentiaire |
| Capacité | 438 places |
| Fonctionnement | |
| Opérateur(s) | |
| modifier - modifier le code - voir Wikidata | |
Historique
Henri II d'Angleterre fonde en 1161 une léproserie route de Bayeux[2]. Couvrant une surface de 4,86 hectares entourée de murs, le bâtiment est construit au centre d'un carré[3]. En 1696, elle est transformée en maison de force pour les mendiants et prostituées. Au XVIIIe siècle, la Grande maladrerie est en ruine. À partir de 1769, sous le mandat de l'intendant François-Jean Orceau de Fontette, on construit à son emplacement un dépôt de mendicité afin d'y enfermer les pauvres, les malades et les délinquants ; mais les travaux ne sont pas terminés, faute de financement[4]. Beaulieu devient le principal centre de détention de la ville[5]. Elle accueille également des personnes détenues par lettres de cachet. Après la destruction de la tour Chastimoine en 1795, la prison accueille les malades mentaux qui y étaient enfermés[6]. L'établissement perd tout usage hospitalier en 1820 puisque les malades mentaux sont désormais envoyés au Bon-Sauveur[7].
De 1808 à 1817, l'établissement accueille les condamnés du département[8]. Par une ordonnance du , l'endroit devient la maison centrale de détention de Beaulieu[2]. Les bâtiments sont aménagés en conséquence. En 1820, l'administration confie la reconstruction de la prison à Jean-Baptiste Harou-Romain, architecte du département[4], puis en 1821 à son fils Nicolas Harou-Romain qui lui succède[4]. Le plan de la nouvelle prison est marqué par l'orthogonalité : quatre ailes forment un carré et deux ailes perpendiculaires fractionnent ce quadrilatère en quatre cours d’égale superficie[4] ; au centre, est érigée la chapelle et, à chaque angle, quatre grands pavillons[4]. Ce plan symétrique permet une stricte séparation entre le quartier des hommes et des femmes et entre le quartier de détention et de correction[4]. La prison comprend de vastes dortoirs pouvant abriter 800 personnes et des ateliers pour occuper les détenus[4]. Une enceinte carrée est construite en 1823 avec des tourelles de surveillance à chaque angle[4], En 1830, un pavillon d’entrée sur la route de Bayeux est édifiée sur une seconde enceinte[2].
En 1842, le bâtiment sud est détruit par un incendie. Il est reconstruit entre 1843 et 1851. À cette occasion, les grands dortoirs sont remplacés par des cellules. L'ancienne chapelle du Nombril-Dieu, vendue en 1791 comme bien national et transformée en école, en magasin à bois, puis en boulangerie, est finalement démolie vers 1874-1875 pour agrandir l'établissement. À partir de 1873, la prison est réservée aux réclusionnaires et plus tard aux condamnés politiques[8]. La maison centrale est officiellement mis en service en 1907[8].
Durant la bataille de Caen, les troupes allemandes en déroute incendient la prison[4]. Le bâtiment construit en 1843 subsiste toutefois[4]. Seules deux ailes sont reconstruites à partir de 1946 à l'ouest et à l'est[4] ; l'ensemble prend alors la forme d'un U[4]. En 1975, il devient centre de détention pour longues peines[8]. Depuis 2000, l'établissement dispose d'un service médico-psychologique régional (SMPR)[8].
- Plan de la prison vers 1850
- Prison au début du XXe siècle
Fonctionnement
L'établissement accueille uniquement des hommes condamnés à des peines définitives, en majorité pour des délits et crimes à caractère sexuel[9]. Toutefois, depuis 2000, il accueille parfois des détenus (dont certains mineurs) au sein du service médico-psychologique régional. Le nombre de places est limité à 438. En 2004, le taux d'occupation est de 94 %[9].
Architecture
Les plans de la prison sont dessinés par l'architecte du département Jean-Baptiste Harou-Romain[2]. Les travaux débutent en 1823 et durent dix ans[2]. En 1828, on ajoute une maison pour le directeur de l'établissement ; en 1830, la grande porte donnant sur la route est édifiée[2]. Après la construction des bâtiments, Nicolas Harou-Romain participe à la rédaction en 1841 d'une instruction pour la construction des maisons d'arrêt et de justice selon le régime cellulaire[2].
Le seul bâtiment subsistant de la prison originale et datant du milieu du XIXe siècle est inscrit aux monuments historiques par arrêté du [1]. Quatre miradors marquent les angles du mur d'enceinte.
Détenus notoires
Le centre pénitentiaire de Caen a accueilli de nombreux détenus, notamment Patrick Henry, Francis Évrard, l'un des frères Jourdain [10] ou encore André Pauletto, l'un des plus anciens détenus de France, qui est décédé dans cette prison en 2016 après avoir passé plus de 50 ans en détention[11].