Prière de rue
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Une prière de rue est une prière collective effectuée dans l'espace public par les pratiquants d'une même religion. L'absence d'édifice religieux dans le voisinage ou la trop petite capacité des lieux de culte architecturaux existants sont généralement à l'origine de cette pratique.
En France
Dans les pays laïcs, les prières de rue sont parfois critiquées pour leur caractère potentiellement prosélyte, en plus d'entraver la liberté de circulation sur les voies concernées.
C'est le cas en France, où des musulmans de Paris et de certaines banlieues notamment, sont contraints de prier dans les rues du fait de l'absence ou du trop petit nombre de mosquées pouvant accueillir leur culte.
Ce phénomène, qui est perçu comme contrevenant à la laïcité[1], suscite des interrogations sur la place de l'islam en France, notamment de personnalités politiques[2], en particulier à l'extrême droite, notamment avec la petite phrase de Marine Le Pen en qui compare ces prières de rue à l'occupation allemande[3],[4].
Au Québec (Canada)
Le législateur québécois a interdit les prières de rue sans consentement municipal par le biais de la Loi sur le renforcement de la laïcité au Québec[5],[6]. Il s'agit en quelque sorte d'une loi spéciale car elle invoque la disposition de dérogation aux droits et libertés des Chartes des droits canadienne et québécoise[7]. Le maintien de cette interdiction globale dépend de la persistance d'une volonté politique d'exclure la possibilité d'invoquer la liberté d'expression et la liberté de religion devant les tribunaux, car comme condition de son maintien en vigueur, la disposition de dérogation exige d'être renouvelée tous les 5 ans, faute de quoi la dérogation aux droits expire et la constitutionnalité de la loi peut en conséquence être contestée au nom de la liberté d'expression ou de la liberté de religion[8].
L'incident qui aurait mené à la politique gouvernementale d'interdire les prières de rue est que lors de manifestations à Montréal contre le génocide à Gaza en , des manifestants musulmans ont continuellement occupé l'espace public devant la basilique Notre-Dame de Montréal pour y tenir des prières de rue islamiques, ce qui a provoqué des réactions négatives chez plusieurs[9]. Il faut par ailleurs noter que l'opposition à l'interdiction des prières de rue ne provient pas que de musulmans, car certains responsables religieux catholiques comme l'archevêque de Montréal Christian Lépine craignent qu'elle ne limite des activités religieuses chrétiennes à l'extérieur comme « la Marche du Pardon, la Fête-Dieu, le Chemin de Croix, la Marche des Rameaux ou encore la Marche de la Paix »[10].