Programme PAUSE
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Le programme PAUSE (Programme d’accueil en urgence des scientifiques et des artistes en exil) est un dispositif qui permet, depuis 2016, d'accueillir en France les chercheurs étrangers qui sont en danger dans leur pays, quelles que soient leur origine et leur discipline, et de développer ainsi la recherche dans les laboratoires français. L'État s'en désengage fortement à partir de 2024, puis en exclut les Gazaouis.
L'alerte sur les scientifiques en situation d'urgence est donnée en août 2015, alors que Thierry Mandon est le nouveau ministre de la recherche, après que l'archéologue syrien Khaled Assad a été assassiné par l'État islamique sur le site de Palmyre[1],[2]. Les chercheurs français développaient déjà des stratégies d'accueil ou d'aide au retour en France d'étudiants réfugiés et des mécanismes de solidarité[1], mais n'avaient pas de dispositif comme aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en Allemagne[3]. Le programme français commence à la rentrée 2016, doté d'un million d'euros et de trois postes[3], sous l'égide du Collège de France, avec un soutien public et celui, privé, de la Fondation de France[1]. La première année, il permet l'accueil d'une centaine de chercheurs (deux tiers de Turcs, une moitié de femmes et deux tiers en sciences humaines, dans 56 établissements différents) avec un budget annuel de 3,5 millions d'euros[3]. Chaque personne accueillie reçoit un visa-talent et un financement annuel moyen de 35 000 €. Une plateforme met en lien les chercheurs et les établissements, et permet à ceux-ci de candidater[4].
En juillet 2025, 700 chercheurs (d'origine syrienne, afghane, turque, ukrainienne, soudannaise, ou vénézuélienne) avaient été accueillis mais le programme est menacé par des diminutions de budget, passé de 7 millions d’euros en 2023 à moitié moins en 2024. Cette coupure fait suite à plusieurs non-reconductions de subventions: l'une de l'Europe, perdue en 2021, et l'autre qui était liée à la guerre en Ukraine[5]. Plusieurs lauréats sont déjà bloqués à Gaza[5]. Le programme cherche 3 millions d’euros en faisant appel à la mobilisation citoyenne, à des fonds privés, et à la Fondation de France[6].
Au même moment, Emmanuel Macron lance un plan d'accueil de chercheurs américains « à potentiel de visibilité internationale », qui exclut les chercheurs en sciences humaines et sociales, lesquels sont pourtant les premiers visés par l'administration Trump. Le programme Choose France for Science est doté de 100 millions d'euros, auxquels l'Europe ajoute 500 millions quand le plan devient Choose Europe for Science[7].