Kiryat Shmona
ville israélienne
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Qiryat Shemona, en hébreu, קִרְיַת שְׁמוֹנָה, ou Kiryat Shmona qui veut dire « Cité des Huit », est une ville israélienne, située près de la frontière libanaise, sur les pentes occidentales de la vallée de la Hula, à l’extrême nord-est du pays, soit la ville la plus septentrionale d'Israël.
| Kiryat Shmona (he) קִרְיַת שְׁמוֹנָה (ar) كريات شمونة | |
Héraldique |
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Kiryat Shmona durant l'hiver 2006 | |
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| District | District nord |
| Région historique | Galilée |
| Maire | Avihay Shtern |
| Démographie | |
| Population | 24 254 hab. (2023) |
| Densité | 2 435 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 33° 12′ 35″ nord, 35° 34′ 11″ est |
| Altitude | 150 m |
| Superficie | 996 ha = 9,96 km2 |
| Divers | |
| Date de création | 1949 |
| Localisation | |
| modifier |
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Elle est fondée en mai 1949 sur les ruines de l'ancien village palestinien de Al-Khalisah (déserté puis détruit par Israël en 1948) et habitée initialement par des immigrés. En 2023, elle compte une population de 24 254 habitants. La majorité de ces habitants sont des Juifs originaires du Maroc.
Géographie
La cité de Kiryat Shmona est située dans le doigt de la Galilée, au sein de la vallée de la Houla, à environ cinq kilomètres au sud et deux kilomètres à l'est de la frontière avec le Liban.
Son altitude est d'environ 150 mètres.
Histoire
Fondation

La ville a été fondée en mai 1949 sur l'emplacement de l'ancien village arabe de Al-Khalisah dont les habitants ont fui leur commune après la prise de Safed par la Haganah pendant la guerre israélo-arabe de 1948, après l'Indépendance d'Israël. Les habitants du village avaient tenté de trouver un accord avec les autorités israéliennes qui avaient rejeté leurs propositions[1].
Kiryat Shmona fut, au départ des Arabes palestiniens, un village qui servit de camp de transit (en hébreu : ma'abara) dont les premiers résidents furent quatorze Juifs yéménites arrivés dès . Les relations entre les immigrants et les vétérans des kibboutzim voisins furent tendues[2] ; cette situation correspond à bien d'autres cas où les kibboutzim, tenus par des ashkénazes, ont échoué à intégrer les immigrants juifs orientaux[3].
Le camp de transit de Kiryat Shmona se transforme ensuite en ville de développement, à l'exemple d'autres ma'abarot ; cette mutation eut lieu dans ce cas précis dès 1953.
Si, dans les premières années, les immigrants étaient originaires du Yémen et de Roumanie, par la suite, arrivèrent des Juifs d'Inde, d'Irak et d'Iran ainsi que des immigrants kurdes originaires des régions irakiennes et iraniennes du Kurdistan et surtout des Juifs en provenance du Maroc.
Les premiers habitants vivent sous des tentes ; seuls les bâtiments publics sont construits en bois. Un boom de la construction s'amorce quelques années plus tard[4]. La ville se construit sans plan d'urbanisme préétabli mais plutôt quartier par quartier, au fur et à mesure de l'arrivée des vagues d'immigrants.
Les premières élections locales à Kiryat Shmona ont lieu en 1955[4].
Nom
S'appelant initialement Kiryat Yosef (« Cité de Joseph ») en l'honneur de Joseph Trumpeldor (1880-1920), la cité est rebaptisée Kiryat Shmona (« Cité des Huit ») en juin 1950[5].
En effet, le nom de Kiryat Shmona, « Cité des Huit » en français, fut donnée en 1950 par le gouvernement travailliste en mémoire de Joseph Trumpeldor, activiste sioniste d'origine russe et de ses sept hommes qui furent tués tout près en 1920 en défendant Tel Haï (fondé en 1918) en Galilée, qui avait été attaqué par des Arabes palestiniens[4].
Conflits militaires israélo-arabes
Avraham Sala et Mark Iris soulignent, dans un livre paru en 1977 et consacré aux villes nouvelles, le fait que le gouvernement israélien a jadis choisi l'emplacement des camps de transit accueillant des immigrants mizrahim (orientaux ou séfarades) pour une bonne part dans des territoires en friche urbaine et des zones frontalières et par conséquent, dans des espaces qui connaissent une grande insécurité[6].
Située à peine deux kilomètres à l'est de la frontière libanaise, la ville est la cible privilégiée d'attaques armées ou de bombardements d'artillerie ou de roquettes et fait fréquemment la une des journaux en raison d'incidents militaires à la frontière[4].
Les bombardements en provenance de Syrie constituent alors une menace constante qui prend fin en 1967 après la prise du plateau du Golan lors de la guerre des Six Jours[4].
Massacre de Kiryat Shmona en 1974
Le , trois membres du Front populaire de libération de la Palestine-Commandement général (FPLP-CG) traversèrent la frontière israélienne depuis le Liban. Ils entrèrent dans un immeuble et tuèrent les dix-huit occupants, tous civils dont neuf enfants. Une tentative de négociation[Quoi ?] avait lieu sur place, avec la présence de l'ambassadeur de France en Israël, qui s'était déplacé spécifiquement mais elle n'aboutit pas et ne servit à rien. Cet événement est connu sous le nom de massacre de Kiryat Shmona[7].
Le poème de Talal Haïdar, Wahdon, rend hommage aux combattants du FPLP et est mis en musique par Ziad Rahbani pour sa mère[8].
Incidents sécuritaires des années 1980-1990
Les attaques en provenance du Liban se poursuivent, si bien qu'en 1982, le gouvernement israélien lance l'opération Paix en Galilée ; Kiryat Shmonah sert de base aux soldats israéliens durant cette opération[4].
La ville continue d'être la cible d'attaques, notamment des attaques de roquettes Katioucha menées par l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) en juillet 1981[9], une attaque de roquette Katioucha menée par l'OLP en mars 1986 tuant un enseignant et blessant quatre élèves et un adulte[10],[11], et d'autres attaques de roquettes Katioucha menées par le Hezbollah lors de l'opération israélienne Raisins de la colère en 1996[12].
Les 24 et 25 juin 1999, deux habitants sont tués lors d'une salve de roquettes Katioucha tirées par le Hezbollah sur le centre de Kiryat Shimona. Il s'agit des premières victimes d'une attaque transfrontalière depuis 1995, survenue au cours d'une campagne de frappes aériennes israéliennes massives au Liban, qui cause 52 millions de dollars de dégâts et fait onze victimes libanaises[13].
Les Libanais peuvent rendre visite à leurs proches dans la région et certains trouvent même du travail à Kiryat Shmonah[4].
Entre 2000 et 2006
En mai 2000, sous le Premier ministre Ehud Barak, Israël retire ses troupes du Sud Liban, au grand désarroi des habitants de Kiryat Chmonah. Le nombre d'attaques augmente de nouveau[4].
Entre 2000 et 2006, les habitants jouissent d'une paix relative mais subissent de fortes explosions toutes les quelques semaines, en raison des canons antiaériens du Hezbollah tirés sur les avions de l'armée de l'air israélienne (IAF) survolant la frontière israélo-libanaise.
Conflit israélo-libanais de 2006
Lors du conflit israélo-libanais de 2006, la ville est la cible de missiles et roquettes Katioucha envoyés par le Hezbollah depuis le Liban : 25 % des quelque 4 000 roquettes tirées par le Hezbollah atterrissent dans la ville et ses environs[4].
Le , les autorités israéliennes demandent à la population d'évacuer la ville qui est quasiment désertée[14]. Elle se répartit dans le reste du pays.
Guerre de Gaza en 2023
Après l'attaque du Hamas sur le territoire israélien, le 7 octobre 2023, des affrontements avec le Hezbollah ont lieu fin 2023. Vingt mille habitants sont évacués en raison des tirs incessants venus du Liban durant plusieurs mois[15] et des infiltrations de factions palestiniennes venues du Sud-Liban[16].
La ville est gravement endommagée par les tirs de missiles du Hezbollah, qui provoquent des dégâts aux infrastructures et des incendies dévastateurs dans les environs. Les attaques du Hezbollah ont endommagé 383 bâtiments et fait deux morts. Presque tous les habitants de Kiryat Shmona sont à nouveau évacués vers d'autres régions d'Israël dans le cadre du conflit ; environ 2 000 personnes se trouvent encore dans la ville en juillet 2024[17].
Après l' invasion israélienne du Liban en 2024 et le cessez-le-feu qui suit, les habitants commencent à rentrer chez eux[18]. Cependant, fin février 2025, on estime qu'environ 80 % des habitants sont encore dispersés à travers le pays[19].
Guerre d'Iran de 2026
En mars 2026, le Hezbollah libanais lance plus de 200 roquettes, missiles et drones sur le nord d’Israel longeant la frontière avec le Liban. Les villes et villages s'y trouvant sont en première ligne des affrontements, dont Kiryat Shmona, que beaucoup d’habitants veulent quitter car - contrairement au reste du pays - il n’y a pas de pré-alerte pour permettre aux civils de se rendre dans les abris avant que les roquettes ne s'abattent sur eux. Aussi, des pièces d'artillerie israéliennes postées en ville, répliquent-elles en direction du sud Liban, ce qui pousse la population à déserter les lieux[15].
Démographie
| Recensement | 1949 | 1961 | 1972 | 1983 | 1995 | 2001 | 2007 | 2008 | 2019 | 2023 |
| Nombre d'habitants | 14 | 11 796 | 15 098 | 15 210 | 19 280 | 21 500 | 23 100 | 22 186 | 25 512 | 24 254 |
La population passe de 11 800 habitants en 1972 à 15 200 en 1983, soit en dix ans.
D'après une étude datant de 2001 faite par le Bureau central des statistiques israélien, 97,9 % des habitants sont Juifs, avec 121 immigrants cette année-là, et un taux de croissance démographique de 1,8 %. Parmi la population juive de la ville, une grande partie est d’origine séfarade et mizrahie, particulièrement de Juifs originaires du Maroc. De nombreux travailleurs de Kyriat Shloma de l’industrie sont employés dans les entreprises de la cité et dans les kibboutzim voisins.
A cette époque, il y a 10 800 hommes et 10 700 femmes. La population de la ville est la suivante:
- 33,5 % entre 0 et 19 ans
- 19,8 % entre 20 et 29 ans
- 19,3 % entre 30 et 44 ans
- 15,3 % entre 45 et 59 ans
- 3,5 % entre 60 et 64 ans
- 8,5 % entre 65 et plus
Selon le Bureau central des statistiques israélien (CBS), la population est de 23 100 habitants lors de l'année 2007. La collecte des données effectuée en 2019 montre une population à cette date de 25 512 habitants. En 2022, 92,3 % de la population est juive et 7,7 % apparient à d'autres groupes ethniques[20].
La ville israélienne de Kiryat Shmonah célèbre en 2019 son 70e anniversaire lors d'une grande fête en plein air, en coordination avec les forces israéliennes de sécurité, en présence de dizaines de milliers de participants[4].
En 2023, elle compte une population en baisse de 24 254 habitants[21].
Maire
- Nisim Malcha (jusqu'en 2019)
- Avihay Shtern (depuis 2019)
Économie
En 2000, il y a 8 303 salariés et 467 indépendants. Le salaire moyen en 2000 est de 4 306 shekels (environ 775 euros en 2005), soit une augmentation de 4,6 % sur l'année 2000. Les hommes gagnent en moyenne 5 443 shekels (environ 980 euros en 2005) soit une augmentation de 7,1 %) alors que les femmes gagnent 3 065 shekels (environ 550 euros en 2005) soit une diminution de - 2,2 %. Le salaire moyen des indépendants est de 6 769 shekels (environ 1 220 euros en 2005). 564 chômeurs bénéficient d'une aide et 1 655 personnes reçoivent le salaire minimum garanti.[réf. nécessaire]
Jumelage
Plusieurs villes sont jumelées à Kyriat Shmona[22].
Hampstead (Québec) (Canada) depuis 1978

- Le , a eu lieu à la Pépinière l’inauguration d’une allée au nom de la ville de Kiryat Shmona, en présence de Nissim Malka, maire de la ville, de Richard Prasquier, président du C.R.I.F. et de l’ambassadeur d’Israël en France[23].
Rishon LeZion (Israël) depuis 2006
Sport
Kiryat Shmona est la ville la moins peuplée d'Israël possédant un club de football de première division israélienne, l'Hapoël Ironi Kiryat Shmona. Formé par la fusion du club Hapoel Kiryat Shmona et du club Maccabi Kiryat Shmona en 2000, le club évolue parmi l'élite depuis la saison 2007-2008. Le club remporte en 2011 et en 2012 la Coupe de la Ligue israélienne de football, avant de devenir champion d'Israël lors de la saison 2011-2012[24],[4].
Le tennis est également un sport présent à Kiryat Shmona. La ville accueille l'un des 14 centres de tennis d'Israël (CCI).

Personnalités notables
- Vladislav Bykanov (né en 1989), patineur de vitesse olympique
- Raz Degan (né en 1968), mannequin et acteur de cinéma israélien
- Zephaniah Drori (né en 1937), grand-rabbin de Kiryat Shmona
- Ido Kozikaro (né en 1978), joueur de basketball
- Yair Mordechai (né en 2003), footballeur israélien
- Dudi Sela (né en 1985), joueur de tennis
- Yifat Shasha-Biton (née en 1973), éducatrice et femme politique
- Artem Tsoglin (né en 1997), patineur en couple
- Ofer Yaakobi (né en 1961), joueur de basket-ball
- Eden Ben Zaken (né en 1994), chanteur et compositeur
- Ronald Zilberberg (né en 1996), patineur artistique olympique
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
- (en) Site officiel
- Ressource relative à la musique :