Rachel Khan
athlète, juriste, actrice et écrivaine française
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Rachel Khan, née le à Tours, est une athlète, actrice, écrivaine, conseillère politique et chroniqueuse française.
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| Pseudonyme |
Nina Gary |
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Les Verts (années 2000) |
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Dans ses publications comme dans ses interventions médiatiques, elle se distingue par ses critiques du décolonialisme et du féminisme intersectionnel ainsi que par sa défense de l'universalisme républicain et de la laïcité. Depuis le début de la guerre de Gaza, ses prises de position publiques en soutien à Israël ont suscité des réactions contrastées dans les médias, certains commentateurs jugeant certains de ses propos outranciers.
Membre des Verts dans les années 2000, puis jugée proche des cercles macronistes jusqu'en . Elle intervient depuis régulièrement dans des médias appartenant à Vincent Bolloré, où ses prises de position suscitent régulièrement des réactions critiques.
Biographie
Jeunesse
Rachel Khan naît à Tours[1] d'un père sénégalais et gambien, professeur d'anglais à l'université, et d'une mère française, libraire, d'origine juive ashkénaze de Pologne[2],[3].
Durant son enfance, elle pratique le théâtre, la danse, la musique et la littérature[4]. Elle finit par abandonner la danse classique à cause de la difficulté à trouver sa place du fait de sa couleur de peau[4].
Elle se tourne ensuite vers l'athlétisme qu'elle pratique à haut niveau durant son adolescence[4], en sprint et en triple saut, au sein du club de l'Athletic Trois Tours[5], montant sur plusieurs podiums lors des championnats de France. En parallèle, elle intègre un groupe de hip-hop[6].
Formation
Laissant de côté à la fois l'athlétisme et le hip-hop[6], Rachel Khan étudie ensuite à l'université Panthéon-Assas à Paris, où elle obtient un DESS de droits de l'homme et droit humanitaire puis un DEA en droit international[7].
Carrière
Parcours politique
Rachel Khan commence sa carrière politique chez Les Verts. Elle est candidate aux élections cantonales de , canton de Tours-Nord-Est (Indre et Loire) et réalise 8,65 %[8].
Plus tard, elle devient juriste et commence à écrire des discours pour des personnalités politiques[6]. En , elle est conseillère à la culture pour le cabinet de Jean-Paul Huchon, président socialiste du conseil régional d'Île-de-France[7].
En , elle est membre du comité chargé de sélectionner les « 109 Mariannes » exposées au Panthéon de Paris, marraine du prix de la laïcité de la République française, experte au sein de la commission Bronner visant à lutter contre les théories complotistes et la désinformation, et intervenante au Forum Génération Égalité (organisé notamment par ONU Femmes[9]), « tant et si bien qu’elle est devenue, en l’espace de quelques mois, l'un des visages du macronisme » selon Mediapart[10]. Elle se dit « très proche » du secrétariat général de l'Élysée, dirigé par Alexis Kohler, et de certains autres membres du cabinet présidentiel[10].
Au printemps , elle déjeune au domicile de Marine Le Pen[11]. En , Marine Le Pen loue Racée, l'essai de Khan, pour son « écriture élégante » et sa « manière intelligente d'expliquer en quoi le racialisme est une impasse nocive »[12].
Fin , dans le cadre de la possible candidature d'Emmanuel Macron à l'élection présidentielle de , Rachel Khan est recrutée par La République en marche pour diriger un groupe de travail « sur l'immigration, l'intégration et la laïcité »[13].
Elle intervient régulièrement dans des médias identifiés comme conservateurs, tels que CNews, Europe 1 ou Radio Classique. Le média Blast la situe dans la mouvance qu'il qualifie de « laïco-universalo-bolloréenne »[14].
Elle mène un « engagement humanitaire » auprès du Fonds social juif unifié[15].
Actrice
Souhaitant entreprendre une carrière d'actrice[16], Rachel Khan rencontre Dominique Besnehard dans le cadre de son rôle de conseillère culturelle[16] et celui-ci lui dit qu'il la verrait bien jouer[17]. Rachel Khan sollicite une connaissance qui accepte d'être son agent artistique et elle passe ses premiers castings[17]. Bien que métisse et se définissant comme une « Afro-Yiddish tourangelle », elle se voit proposer surtout des rôles stéréotypés de femmes noires[18]. Elle obtient des petits rôles au cinéma dans les films Paulette et Jeune et jolie, qui sortent en . Elle utilise parfois le nom de scène Nina Gary.
En , elle joue au théâtre dans Les Monologues du vagin, dans une mise en scène de Coralie Miller à Avignon. En , elle joue dans la pièce Sur la route d'Anne Voutey, qui dénonce les violences policières dont sont victimes les personnes noires. En , elle évolue sur scène dans Géhenne d'Ismaël Saidi puis, en , La Promesse de l'aube au théâtre de Poche Montparnasse.
Rachel Khan a été approchée par Jean-Luc Godard pour jouer dans son dernier projet de film, Scénario[2].
En , elle co-interprète la pièce Les Grands Tournants avec l'acteur et metteur-en-scène Steve Suissa au musée de Tel Aviv-Jaffa[19].
Autrice

En , Rachel Khan publie un premier roman d'inspiration autobiographique[20], Les Grandes et les Petites Choses.
En , elle participe à l'ouvrage collectif Noire n'est pas mon métier[21], qui met en lumière le racisme et les stéréotypes dont sont victimes les actrices noires et métisses en France. Elle a été également responsable du développement pour le magazine Causette[22].
En , elle publie un essai intitulé Racée, qui critique notamment la pensée décoloniale[23]. Elle estime que des termes comme « racisé »[24], « intersectionnalité » ou « afro-descendant » sont « des mots qui nous cloisonnent dans un récit assez figé »[25]. L'ouvrage profite d'une large médiatisation[25] ; il reçoit le prix littéraire des Droits de l'Homme pour l'année , remis par Éric Dupond-Moretti, garde des Sceaux[26].
En , elle publie Encore Debout, essai qui reçoit le Prix Edgar-Faure la même année.
Responsable associative

Après avoir été directrice de l'association 1000 visages, qui agit en faveur de l'accès des jeunes aux métiers du cinéma, Rachel Khan occupe le poste de codirectrice de La Place, centre culturel hip-hop de la ville de Paris[27],[28]. À la suite de ses propos dans la presse hostiles au décolonialisme et critiques envers Assa Traoré, les membres du conseil d'administration de La Place publient une tribune pour se désolidariser de son discours[29]. En , elle est visée par une pétition signée par une cinquantaine d'acteurs du milieu culturel demandant son renvoi du centre culturel. Elle répond à ces critiques en se réclamant d'une vision universaliste[30] puis elle démissionne de son poste au sein de La Place en de la même année[31].
Radio et télévision
En , Rachel Khan devient éditorialiste dans la matinale de Radio Classique[32]. Un an plus tard, le site d'analyse du média Arrêt sur images révèle que Rachel Khan n'a pas été reconduite par Radio Classique à la suite de « plagiats manifestes » touchant 16 des 28 chroniques qu'elle a produites entre et [33]. Le , elle avait ainsi repris « quasiment au mot près » une chronique de la journaliste Aline Perraudin, diffusée sur RTL un an et demi auparavant ; le , c'était un publireportage diffusé par Les Échos (sponsorisé par Enedis) qui est cité, sans être nommé, pendant 80 % du temps[34]. Bien que l'information soit intégralement confirmée par l'AFP et reprise par Libération et Europe 1, Rachel Khan soutient « ne pas avoir été évincée, mais être partie d'elle-même ». Elle plaide la bonne foi, expliquant : « Je ne savais pas comment il fallait faire, c'est un exercice que je n'avais jamais fait […] Si j'avais su qu'il ne fallait pas que je fasse ça, je ne l'aurais pas fait »[35].
En , elle rejoint l'émission Les Grosses Têtes, animée par Laurent Ruquier sur RTL[36].
À partir de , elle est chroniqueuse dans l'émission 100 % Politique, diffusée sur la chaîne CNews, où elle intervient aux côtés de Gauthier Le Bret[37].
Positionnements
Sur l'antiracisme
En , elle déclare sur CNews que « l'antiracisme est devenu le cheval de Troie pour harceler notre République »[38].
Dans une entrevue au Figaro de , elle critique l'emploi du terme « racisé » en déclarant que ceux qui l'utilisent ont une « nostalgie du mot race, une nostalgie des ghettos » et qu'ils « auraient adoré être en Alabama dans les années 50 »[39]. Selon Blast, l'essayiste fait des militants antiracistes ses « cibles favorites » et les considère être eux-mêmes responsables du racisme[14]. Elle s'est également moqué des perruques utilisées par Assa Traoré, figure de la lutte contre les violences policières[14].
Sur le féminisme
Aux côtés de Caroline Fourest ou d'Élisabeth Badinter, Rachel Khan se réclame du féminisme universaliste et s'oppose à son « instrumentalisation » à des fins « politiques et idéologiques »[40]. Elle considère que le concept d'intersectionnalité est source de « haine » et peut être mobilisé comme « cheval de Troie de l'idéologie du Hamas »[40].
Sur le « wokisme » et la cancel culture
Elle considère le « wokisme » comme une « idéologie victimocratique », l'« idiot utile de l'islamisme » ou encore une tentative de « colonisation mentale » de la jeunesse, qu'elle associe à l'antisémitisme[14],[40]. Selon elle, la cancel culture qui en résulte « mène une guerre contre l'humanisme » et « a pour but d’effacer l'universalisme, condition sine qua non du féminisme »[14].
Propos et controverses liés à la guerre de Gaza
Depuis les massacres du , Rachel Khan est régulièrement invitée sur les plateaux de CNews ou au micro de Radio J pour commenter la guerre de Gaza, contester l'emploi du terme génocide et selon Politis, nier la colonisation israélienne et le régime d'apartheid dans les territoires palestiniens[38].
Au sujet de la guerre, Rachel Khan déclare le sur la chaine CNews : « C'est une guerre idéologique. À travers le monde, on veut une solution finale acceptable avec le palestinisme… Ce qui est en train de nourrir l'extrême gauche et Jean-Luc Mélenchon, qui excuse la haine du Juif[15]. » Face à cette déclaration controversée, notamment par la mobilisation de l'expression « solution finale », le collectif de gauche Sleeping Giants annonce saisir l'ARCOM[15].
Le 17 avril 2024, Rachel Khan réagit sur X à une photographie d'une plage bondée de Deir el-Balah en commentant : « J'aime celui qui travaille son summer body en faisant des pompes »[41]. Arrêt sur images range ce commentaire parmi des publications de comptes pro-israéliens qui, selon le média, minimisent les accusations de génocide à Gaza[42].
À la suite de propos de Rachel Khan durant une émission de Laurence Ferrari dans lesquels Khan affirme être montée dans un taxi dans lequel « il y avait des sourates pour dire qu'Israël devait disparaître », le Conseil de déontologie journalistique et de médiation estime en que l'absence de contradiction apportée à ces propos par Ferrari constitue une infraction à l'obligation déontologique d'exactitude et de véracité imputée aux journalistes, le Coran précédant de plus d'un millénaire la création de l'État d'Israël[14],[43].
Distinctions
- : Prix national de la laïcité, organisé par le Comité Laïcité République[44].
- : Prix Edgar-Faure du meilleur ouvrage politique de l'année pour son essai Encore debout.
- : Prix Apostrophe, remis par Génération Apostrophes, pour son essai La Culture de l'ultra-violence[45].
Filmographie
Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par les bases de données cinématographiques IMDb et Allociné, présentes dans la section « Liens externes ».
Cinéma
- : Paulette de Jérôme Enrico : la journaliste du tribunal
- : Jeune et Jolie de François Ozon : la laborantine
- : La Femme de Rio (court métrage) d'Emma Luchini et Nicolas Rey
- : 96 Heures de Frédéric Schoendoerffer : la mère de famille
- : Vicky de Denis Imbert : Aline
- : Les Derniers Parisiens de Hamé Bourokba et Ekoué Labitey : Emmy
- : L'Invitation de Michaël Cohen : Charlie
- : Arrête ton cinéma ! de Diane Kurys : Susanna
- : Ouvrir la voix (documentaire) d'Amandine Gay : elle-même
- : Adieu Paris d'Édouard Baer : la médecin de Pierre-Henry
- : Les Promesses de Thomas Kruithof : la secrétaire de mairie
- : Dernier Round de Mohamed Fekrane : Fatiha
- : Suprêmes d'Audrey Estrougo : Yvette, la mère de Didier
- : Viens je t'emmène d'Alain Guiraudie : la voix de la journaliste
Télévision
- : Dix pour cent (série télévisée), saison 1, épisode Line et Françoise : Emma Simonet
- : Les Grands (série télévisée) : la CPE[21]
- : Lampedusa (mini-série) : Fatima
- : J'ai tué mon mari (mini-série) de Rémy Silk Binisti : Guillot
Théâtre
Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données Les Archives du spectacle.
| Image externe | |
| Rachel Khan joue Les Monologues du vagin pendant l'évènement Paroles Citoyennes le à Paris[46]. | |
- : Les Monologues du vagin, mise en scène de Coralie Miller[47]
- : Sur la route d'Anne Voutey[48]
- : Géhenne d'Ismaël Saidi[49]
- : La Promesse de l'aube de Romain Gary, mise en scène de Stéphane Freiss, théâtre de Poche-Montparnasse[50]
- : Les Grands Tournants, mise en scène Steve Suissa, musée de Tel Aviv-Jaffa
Publications
Ouvrages individuels
- Les Grandes et les Petites Choses, Paris, Éditions Anne Carrière, , 205 p. (ISBN 978-2-84337-814-0).Roman d'inspiration autobiographique
- Racée, Paris, Éditions de l'Observatoire, , 158 p. (ISBN 979-10-329-0778-8) ; rééd. avec une préf. d'Éric Dupond-Moretti, Alpha (Humensis), , 172 p. (ISBN 978-2-38388-043-1).
- Encore debout : la République à l'épreuve des mots, Paris, Éditions de l'Observatoire, , 253 p. (ISBN 979-10-329-31820).
- La Culture de l'ultra-violence, Paris, Fayard, coll. « Pensée libre », , 126 p. (ISBN 978-2-213-73398-2 et 978-2-213-73287-9, lire en ligne
).
Ouvrage collectif
- « Sans entendre aucun bruit », dans Aïssa Maïga (dir.), Noire n'est pas mon métier, Paris, Éditions du Seuil, , 128 p. (ISBN 978-2-02-140119-6 et 978-2-02-140120-2, lire en ligne
).Essai, « livre-manifeste »
Résultats en athlétisme
- Championnats de France d'athlétisme en salle (minimes) :
championne au 60 m[51] - Championnats de France d'athlétisme (minimes) à Montgeron :
vice-championne de France au 80 m (derrière Sandra Citté) en 10 s 14[5] - Championnats de France d'athlétisme (cadettes) à Dreux : 7e au triple saut avec 11,30 m[5]
- Championnats de France d'athlétisme en salle (cadettes) à Nogent-sur-Oise en salle (où toutes les catégories d'âge concourent en même temps) : 5e des jeunes et
3e des cadettes au triple saut avec 12,09 m[5] - Championnats de France d'athlétisme (cadettes) à Lens : 4e du triple saut avec 12,25 m[5]
- Championnats de France d'athlétisme en salle (juniors) à Liévin : 4e du triple saut avec 11,75 m[5]
- Championnats de France d'athlétisme (juniors) à Dreux :
3e du triple saut avec 12,08 m[5] - Championnats de France d'athlétisme 1995 :
championne de France du 4 × 100 m[7]