Raúl Rivero
poète et journaliste cubain
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Raúl Rivero (né le à Morón (Cuba) et mort le à Miami[1]) est un poète et journaliste cubain, connu pour son agence de presse Cuba Press, son arrestation lors du Printemps noir de Cuba en 2003 et sa condamnation pour activités subversives par la justice cubaine.
Biographie
Ses débuts
Raúl Rivero est né à Morón, province du Camagüey, en 1945. Il fait des études de journalisme à l'université de La Havane et commence à écrire articles et poèmes. En 1966, il est l'un des signataires du "Manifeste des jeunes poètes" publié par le journal El Caiman barbudo[2].
En 1967, il reçoit le prix David pour son recueil de poèmes Papel de hombre (Rôle d'homme) et en 1969, le prix Julián del Casal pour Poesía sobre la tierra (Poésie sur la terre), tous deux décernés par l'UNEAC (Unión Nacional de Escritores y Artistas de Cuba ou Union nationale des écrivains et artistes de Cuba), organe suprême chargé de veiller sur la vie culturelle cubaine.
Il entre ainsi à « Cuba Internacional », revue de l'agence officielle cubaine Prensa Latina, où il travaille au service international. Il est alors nommé correspondant à Moscou de 1973 à 1976. De retour à Cuba, il commence à travailler pour L'UNEAC comme secrétaire aux relations publiques. Il est alors soutenu par le poète Nicolas Guillen, président de l'organisation.
Rupture avec le régime castriste
Il rompt avec le régime à la fin des années 1980, alors que le bloc communiste se désagrège, et affiche une liberté critique. Il démissionne en 1989 de l'Union des écrivains et artistes cubains, puis, deux ans plus tard, il est l'un des dix signataires de la déclaration des intellectuels cubains qui réclament des élections libres et un débat national sur l'avenir du pays[2].
En 1992, avec trois autres journalistes, Yndamiro Restano, Nestor Baguer et Rafael Solano, il fonde le Club de la presse de Cuba puis en septembre 1995, la petite agence indépendante, Cuba Press, dans laquelle il décrit les difficultés de la population et critique le régime. Dictées au téléphone à un correspondant à Miami, les dépêches sont diffusées sur Internet et publiés dans le Miami Herald[2].
En 1997, il reçoit le prix international de Reporters sans frontières pour son travail comme directeur de l'agence indépendante et son attitude en faveur de la liberté de la presse. Malgré les risques, il continue donc d'écrire avec acharnement dans cet appartement de Centro Habana. À partir de la fin des années 1990, il fait partie du petit groupe d'opposants reçus par les présidents étrangers de passage à La Havane[2].
Le , lors du Printemps noir de Cuba, il est arrêté puis, le 7 avril, condamné à une peine d'emprisonnement de 20 ans pour avoir réalisé des activités subversives visant à porter atteinte à l’intégrité territoriale de Cuba. Une campagne internationale se déclenche pour alerter sur son cas et obtenir sa libération.
En novembre 2004, il est libéré de prison, et explique avoir seulement souffert du chant d'un grillon la nuit. De santé fragile, Raul Rivero dit ne pas avoir été victime de « mauvais traitement physique » et avoir continué de lire et d'écrire en prison[2]. Il peut quitter Cuba en 2005 et rejoint Madrid où il commence à travailler pour le quotidien El Mundo[3]. L'Unesco lui a décerné son Prix mondial de la liberté de la presse en 2004[2].
Œuvres
- Papel de hombre (1969), (OCLC 492888501) (Rôle d'homme)
- Punto de partida (1970), (OCLC 2902311)
- Poesía sobre la tierra (1973), (OCLC 1052757) (Poésie sur la terre)
- Corazón que ofrecer (Cœur à offrir),
- Cierta poesía (Certaine poésie),
- Poesía pública (Poésie publique),
- Escribo de memoria (J'écris de mémoire),
- Firmado en La Habana (Signé à La Havane) Traduction 1998, (ISBN 2-7071-2842-2)
- Orden de registro (Mandat de perquisition). Éditions Al Dante (2003)
- Souvenirs. Gallimard (2004)
Il est également l'auteur du livre de reportages La nieve vencida (La Neige vaincue) et du recueil de poèmes inédit Puente de guitarra (Chevalet de guitare) et de nombreux articles de presse...