Raymond Aimos
acteur français
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Raymond Aimos ou Aimos[1], est un acteur français né le à La Fère (Aisne)[2] et mort le dans le 10e arrondissement de Paris[3].
| Nom de naissance | Raymond Arthur Caudrilliers |
|---|---|
| Naissance |
La Fère, Aisne |
| Nationalité |
|
| Décès |
(à 53 ans) Paris 10e |
| Profession | acteur |
| Films notables |
La Belle Équipe Le Quai des brumes |
Aimos a été l'un des plus populaires seconds rôles de l'âge d'or du cinéma français de l'entre-deux-guerres.
Biographie
Malgré un avenir tout tracé dans l'horlogerie-bijouterie de son père, Raymond Caudrilliers préfère le spectacle et devenir artiste lyrique sous le nom d'« Aimos ». Selon la légende, il aurait débuté au cinéma à 12 ans, dans un film de Georges Méliès.
Officiellement, il débute dans un film muet de 1910 Pendaison à Jefferson City de Jean Durand.
Mobilisé en 1914, il est très marqué par les combats de la bataille de Verdun, entre 1916 et 1918 : bien plus tard, en 1930-31, il participe au film de Raymond Bernard, Les Croix de bois, où il témoigne à sa manière de sa situation de « poilu ». Aimos resta 4 ans dans les tranchées.

Sa gouaille de titi parisien et sa silhouette dégingandée lui offrent des rôles mémorables : « La ficelle » dans Chéri-Bibi de Léon Mathot avec Pierre Fresnay, « Quart Vittel » dans Le Quai des brumes de Marcel Carné, « Marche toujours » dans La Route enchantée, « Dix de der » dans Titin des Martigues, « Cupidon » le clochard aux côtés de Raimu dans Monsieur La Souris, « Raymond le raccourci » dans Le mort ne reçoit plus de Jean Tarride et « Tintin » dans La Belle Équipe de Julien Duvivier avec Jean Gabin et Charles Vanel[4].
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il organise un grand nombre de collectes et de distribution de repas en faveur des plus démunis ou des prisonniers de guerre[5].
Les circonstances exactes de sa mort ne sont pas connues avec précision. Caporal FFI[6] appartenant au mouvement de résistance Libération Nord[4], on sait seulement avec certitude qu'il a été abattu à la libération de Paris près de la Gare du Nord dans le Xe arrondissement, et qu'il a été déclaré mort à l'hôpital Saint-Louis[7],[8]. Aimos est pris en photo le jour même de sa mort, le , avec le brassard FFI à son bras gauche.
Selon Bertrand Mathot et la presse de l'époque, Raymond Aimos était avec trois autres personnes à bord d'une Citroën Traction Avant des FFI lorsque le véhicule a été mitraillé par les Allemands, lors de l'insurrection de Paris, et a fini sa course devant le café le Cadran du Nord[9] à l'angle du boulevard Magenta et de la rue rue Saint-Vincent-de-Paul qui mène à l'hôpital Lariboisière[10], On ne sait pas exactement si leur voiture a été interceptée par un convoi militaire allemand ou s'il s'agit d'une riposte des militaires à une attaque délibérée de leur convoi par les occupants du véhicule FFI.

Dans la confusion et la précipitation, les corps sont extraits du véhicule et transportés à la morgue de l'hôpital Saint-Louis sans que les familles en aient été informées. Ainsi pendant plus d'une semaine, Renée Lefèvre, la compagne d'Aimos[11], est laissée sans aucune nouvelle et doit lancer un appel à témoins dans la presse[12] pour pouvoir enfin localiser et récupérer le corps de son conjoint[13].
Les obsèques ont lieu le suivant en l'église Saint-Antoine-des-Quinze-Vingts en présence d'une foule de plus de 2 000 personnes. Un détachement de FFI y présente les armes[14], ce qui confirme qu'Aimos faisait bien partie de leur réseau de résistance.
Mort à l'âge de 53 ans, Aimos était divorcé depuis le de Rosa Kapuralich-Martinich, une artiste italienne d'origine croate qu'il avait épousé quelques mois auparavant[15], et de Madeleine Pauline Botté depuis le 20 décembre 1938[16].

Il est inhumé au cimetière de Chennevières-sur-Marne (Val-de-Marne) où il s'était fait construire une maison, la Villa Chez Nous, au début des années 1930[17].
Aimos est le frère du journaliste Robert Caudrilliers (1888-1959).
Filmographie
- 1910 : Pendaison à Jefferson City de Jean Durand
- 1912 : Onésime et le Nourrisson de la nourrice indigne de Jean Durand
- 1912 : Onésime a un duel à l'américaine de Jean Durand : un homme dans le salon
- 1912 : Onésime horloger de Jean Durand
- 1922 : Vingt Ans après d'Henri Diamant-Berger
- 1930 : Sous les toits de Paris de René Clair : un gars du « milieu »
- 1930 : Accusée, levez-vous ! de Maurice Tourneur : le joueur de belote
- 1931 : Bric-a-brac et compagnie d'André Chotin : le préposé aux réverbères
- 1931 : Mistigri de Harry Lachman
- 1932 : Les Croix de bois de Raymond Bernard : le soldat Fouillard
- 1932 : Pas de femmes de Mario Bonnard : Albert
- 1932 : Les As du turf de Serge de Poligny
- 1932 : Le Champion du régiment de Henry Wulschleger : le caporal Tiroir
- 1933 : Rivaux de la piste de Serge de Poligny : Alex
- 1933 : Quatorze juillet de René Clair : Charles
- 1933 : Un certain monsieur Grant de Gerhard Lamprecht et Roger Le Bon : Charlie
- 1933 : L'Étoile de Valencia de Serge de Poligny : un matelot
- 1934 : Le Secret des Woronzeff de Arthur Robison et André Beucler
- 1934 : Taxi de minuit d'Albert Valentin
- 1934 : Le Paquebot Tenacity de Julien Duvivier : un joueur
- 1934 : Nuit de mai d'Henri Chomette et Gustav Ucicky : Stumm
- 1934 : Le Dernier Milliardaire de René Clair : le mendiant
- 1934 : Au bout du monde d'Henri Chomette et Gustav Ucicky : le hussard
- 1934 : La Garnison amoureuse de Max de Vaucorbeil : le portier de l'hôtel du Lion
- 1934 : Le Miroir aux alouettes de Hans Steinhoff et Roger Le Bon : Dimitri
- 1934 : L'Auberge du petit dragon de Jean de Limur
- 1935 : Barcarolle de Gerhard Lamprecht
- 1935 : Sous la griffe de Christian-Jaque : Marcel
- 1935 : Amants et Voleurs de Raymond Bernard : un clochard
- 1935 : Justin de Marseille de Maurice Tourneur : le fada
- 1935 : La Bandera de Julien Duvivier : Marcel Mulot
- 1935 : Les Yeux noirs de Victor Tourjansky : un serveur du restaurant
- 1935 : L'Équipage d'Anatole Litvak : le crieur de journaux
- 1935 : Une bonne affaire, court métrage de Victor de Fast
- 1935 : Soirée de gala, court métrage de Victor de Fast : Paulo
- 1935 : Taxi de minuit de Albert Valentin
- 1936 : Sous les yeux d'Occident / Razumov de Marc Allégret : le clochard
- 1936 : La Reine des resquilleuses de Marco de Gastyne : Georges
- 1936 : Puits en flammes de Victor Tourjansky : Yanko
- 1936 : L'Homme sans cœur de Léo Joannon : Rouskiki
- 1936 : Le Grand Refrain de Robert Siodmak : le clochard
- 1936 : Le Golem de Julien Duvivier : Toussaint
- 1936 : Mayerling d'Anatole Litvak : le 1er policier
- 1936 : Les Bateliers de la Volga de Vladimir Strizhevsky : Broïnka
- 1936 : La Belle Équipe de Julien Duvivier : Raymond dit Tintin
- 1936 : Les Amants terribles de Marc Allégret : le gendarme
- 1936 : Les Mutinés de l'Elseneur de Pierre Chenal : un marin
- 1936 : Les Gais Lurons de Paul Martin et Jacques Natanson
- 1936 : La Brigade en jupons de Jean de Limur
- 1937 : À nous deux, madame la vie de René Guissart et Yves Mirande : Toto, un prisonnier
- 1937 : L'Homme à abattre de Léon Mathot : Vic
- 1937 : La Fille de la Madelon de Jean Mugeli et Georges Pallu : Mochu
- 1937 : Feu ! de Jacques de Baroncelli : Sabin
- 1937 : Arsène Lupin détective d'Henri Diamant-Berger : l'ami de Barnett
- 1937 : Aloha, le chant des îles de Léon Mathot : Pantois
- 1937 : L'Homme du jour de Julien Duvivier : le vieil acteur
- 1937 : Courrier Sud de Pierre Billon : le sergent
- 1937 : Le Mensonge de Nina Petrovna de Victor Tourjansky : le berger
- 1937 : L'Appel de la vie de Georges Neveux
- 1937 : Le Gagnant, moyen métrage de Yves Allégret : le préparateur
- 1938 : Titin des Martigues de René Pujol : Dix-de-Der
- 1938 : Un gosse en or de Georges Pallu : Meunier
- 1938 : Sommes-nous défendus ? de Jean Loubignac : un client du café
- 1938 : Les Rois de la flotte de René Pujol
- 1938 : Grisou / Les hommes sans soleil de Maurice de Canonge : Demuysère
- 1938 : Gosse de riche de Maurice de Canonge : Caillat
- 1938 : Ceux de demain de Adelqui Migliar et Georges Pallu : Belette, le moniteur de l'école
- 1938 : Le Capitaine Benoît de Maurice de Canonge : Vic, le policier
- 1938 : Mon curé chez les riches de Jean Boyer : Triboulet
- 1938 : Bossemans et Coppenolle de Gaston Schoukens : l'entraîneur du Daring
- 1938 : Alerte en Méditerranée de Léo Joannon : Huguenin
- 1938 : Chéri-Bibi de Léon Mathot : La Ficelle
- 1938 : Les Gens du voyage de Jacques Feyder
- 1938 : Tempête sur l'Asie de Richard Oswald : Pierre, le pickpocket
- 1938 : Le Quai des brumes de Marcel Carné : Quart-Vittel
- 1938 : La Maison du Maltais de Pierre Chenal : Gégène
- 1938 : Katia de Maurice Tourneur : l'ouvrier parisien
- 1938 : La Route enchantée de Pierre Caron
- 1938 : Accord final de Ignacy Rosenkranz : le chauffeur
- 1938 : Ultimatum de Robert Wiene
- 1939 : Thérèse Martin de Maurice de Canonge : Joseph
- 1939 : Le Paradis des voleurs de Lucien-Charles Marsoudet : Hercule
- 1939 : Le monde tremblera / La Révolte des vivants de Richard Pottier : l'Escarpe
- 1939 : Une java de Claude Orval : Frédo
- 1939 : Raphaël le tatoué de Christian-Jaque : Albert Musse
- 1939 : Les Gangsters du château d'If de René Pujol : Dédé
- 1939 : Rappel immédiat de Léon Mathot : l'électricien
- 1939 : Dédé la musique d'André Berthomieu : Joe la Combine
- 1939 : Ils étaient neuf célibataires de Sacha Guitry : Agénor
- 1939 : Les Trois Tambours / Vive la Nation de Maurice de Canonge : l'engagé volontaire
- 1939 : Sidi-Brahim / L'Esprit de Sidi-Brahim de Marc Didier : l'adjudant Brochard
- 1939 : Ma tante dictateur de René Pujol : Voiturin, le barbier
- 1939 : Le Déserteur (ou Je t'attendrai) de Léonide Moguy : le sergent Lecoeur
- 1940 : Le Feu de paille de Jean Benoît-Lévy : Guérétrain
- 1940 : Young Man's Fancy de Robert Stevenson : le clochard
- 1940 : L'Émigrante de Léo Joannon : un employé
- 1940 : Le Roi des galéjeurs de Fernand Rivers : Falinette
- 1940 : De Mayerling à Sarajevo de Max Ophüls : le valet de François-Ferdinand
- 1940 : Frères d'Afrique, film resté inachevé de Aimée Navarra
- 1940 : Le Café du port de Jean Choux : La Puce
- 1941 : Ceux du ciel de Yvan Noé : Potel
- 1941 : L'Embuscade de Fernand Rivers : un mécano
- 1942 : Pension Jonas de Pierre Caron : l'organisateur
- 1942 : La Femme que j'ai le plus aimée de Robert Vernay : le modèle
- 1942 : Monsieur La Souris de Georges Lacombe : Cupidon
- 1942 : L'Appel du bled de Maurice Gleize : le livreur
- 1942 : Destin, film resté inachevé de Marc Didier et Charles Boulet
- 1943 : Coup de feu dans la nuit de Robert Péguy : Fortin
- 1943 : À la belle frégate d'Albert Valentin : le muet
- 1943 : Lumière d'été de Jean Grémillon : Ernest
- 1944 : Les Petites du quai aux fleurs de Marc Allégret : l'homme qui rapporte le sac
- 1944 : Le mort ne reçoit plus de Jean Tarride : Raymond le raccourci
- 1945 : Fausse Alerte de Jacques de Baroncelli (tourné en 1940) : Honoré Petru
- 1945 : Bifur 3 de Maurice Cam : Gustave
Bibliographie
- Aimos, article d'Odile Cambier paru dans la revue Cinémonde du 23 juin 1938[18].
- Raymond Chirat et Olivier Barrot, Les Excentriques du cinéma français : 1929-1958, Paris, H. Veyrier, , 272 p. (ISBN 978-2-85199-304-5).
- Yvan Foucart, Dictionnaire des comédiens français disparus 694 portraits, 2147 noms, Mormoiron, Y. Foucart, (ISBN 978-2-9531139-0-7 et 2-953-11390-8).