Raymond Delaporte

militant breton From Wikipedia, the free encyclopedia

Raymond Delaporte, né le à Châteauneuf-du-Faou et mort dans cette même ville le , est un avocat français et militant nationaliste breton.

Décès
Nom de naissance
Raymond Louis Hervé Marie Delaporte Dubuisson
Nationalité
Faits en bref Directeur Parti national breton, 8 décembre 1940 - 1944 ...
Raymond Delaporte
Fonctions
Directeur
Parti national breton
-
Directeur
Bleun-Brug
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Raymond Louis Hervé Marie Delaporte Dubuisson
Nationalité
Formation
Activité
Père
Raymond Delaporte (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Yves Delaporte (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
A travaillé pour
Parti politique
Membre de
Jabadao (d) ()
Parti national bretonVoir et modifier les données sur Wikidata
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Impliqué dans la collaboration, c'est également grand défenseur de la langue bretonne. Catholique fervent, il est président du Bleun-Brug et du Parti national breton.

Biographie

Jeunesse

Raymond Delaporte naît à Châteauneuf-du-Faou, dans le centre du Finistère, le . C'est le premier enfant de Raymond Delaporte, avocat issu de la petite noblesse locale, et de Caroline Dubuisson, fille de Louis Dubuisson, médecin, maire de la commune et député de tendance gauche radicale[1]. Le couple fait partie des notables locaux : tirant de bons revenus de leurs propriétés familiales, le père est membre de sociétés savantes et considéré comme un « puits de science » ; la mère tient salon deux fois par semaine. Ils ont deux autres fils : Hervé né en 1909 et Yves en 1912. Caroline décède des suites de l'accouchement quelques jours après la naissance de son dernier enfant[2].

Ses premiers engagements politiques

Il adhère en 1928 au Parti autonomiste breton et rejoint en 1931 le Parti national breton[3].

Devenu avocat à Châteaulin, il démissionne du PNB en 1937 car il juge Olier Mordrel trop extrémiste[4] et aussi afin de se consacrer à l'administration du Bleun-Brug dont il devient président en 1938[5]. Il crée et dirige en 1937 l'association culturelle Breuriez ar Brezoneg er Skoliou (la Fraternité du breton à l'école) pour promouvoir l'enseignement du breton dans les écoles libres[6].

Seconde Guerre mondiale

De décembre 1940 à août 1944, il prend la tête du Parti national breton[3] avec l'aide des autorités allemandes[7].

Le Parti national breton dirigé par les frères Delaporte tente une politique de la main tendue avec le régime de Vichy[6]. Raymond Delaporte cherche à apparaître comme un homme affable, prêt à envisager une politique conciliante avec Vichy et, en chrétien sincère, résolu à intervenir auprès de l'épiscopat breton pour lever les mesures d'excommunication de 1940 des nationalistes bretons. Il est aussi sous l'influence de son frère Yves Delaporte, éminence grise du parti. Le troisième frère, Hervé Delaporte, médecin (auteur d'un ouvrage médical sur la syphilis) et responsable au sein du PNB, fut aussi le médecin du maquis de Chateauneuf-du-Faou[6].

Il écrit dans L'Heure bretonne du 28 juin 1941 : « La débâcle des armées soviétiques prépare la défaite des Anglo-Saxons. (…) La dernière phase de la guerre commence avec l'écrasement de la Russie soviétique. Elle marquera pour les Celtes, aux côtés des peuples nordiques, le début d'une nouvelle ère de leur histoire, l'ère de la construction d'une société celtique »[8]. Quelques semaines auparavant, il avait écrit : « La race bretonne doit être protégée de l'extérieur et de l'intérieur. »[9].

Dans L'Heure bretonne du , Raymond Delaporte écrit qu'il souhaite « un État breton autonome dans le cadre de l'État français ». Il se montre nettement plus modéré que des extrémistes comme Célestin Lainé. En , une crise éclate au sein du Parti national breton : Raymond Delaporte décide de cesser de financer les troupes du "Service spécial" de Célestin Lainé, qui fonde alors le Bezen Cadoudal, renommé ensuite Bezen Perrot[4].

Exil

En 1944, Raymond Delaporte abandonne la direction du PNB, se réfugie à Paris puis en Irlande fin-mai 1947, ce qui lui permet d’échapper à une condamnation à 20 ans de travaux forcés pour intelligence avec l’ennemi, prononcée par contumace le 24 mars de la même année. Il devient alors lecteur, puis chef du service reprographie de la faculté de Cork. De 1947 à 1952 il est secrétaire du journal Celtic Times / An Aimsir Ceilteach, mais consacre l’essentiel de son temps libre à des travaux sur la langue bretonne[7].

Retour en France

En 1955, il revient et après un procès en appel, il est blanchi. En 1962, il s’installe à Châteauneuf, comme assureur[10].

Décès

Il meurt à Châteauneuf-du-Faou en 1990[7].

Publications

Archives et fonds

Notes et références

Voir aussi

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