Reichsgau
District administratif d'État et organe d'autonomie dans certaines parties du Reich allemand 1939–1945
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Le Reichsgau [ˈʀaɪ̯çsˌɡaʊ̯] (Reichsgaue au pluriel) est un district à l'époque du Troisième Reich. Il s'agit d'une division territoriale et administrative du Reich allemand.

Contexte historique
Les Gaue du NSDAP dans l'Altreich
Dès 1926[1] les Gaue étaient des subdivisions territoriales du NSDAP désignant les provinces allemandes.
Placé sous l'autorité d'un gauleiter, représentant politique du NSDAP, le Gau était administré localement par le parti nazi.
Circonstances de la création des Reichsgaue
À partir de 1938, les territoires annexés au Reich en Autriche, dans les Sudètes, en Pologne, en France, en Yougoslavie, en Union Soviétique et en Italie, sont organisés en Reichsgaue, similaires aux Gaue allemands, ou incorporés dans des Gaue existants, le Gauleiter disposant dans ces territoires de compétences spécifiques, en matière raciale, politique et religieuse notamment.
Objectifs
Plusieurs objectifs sont assignés aux Gauleiter de ces territoires.
En Autriche annexée, les Gauleiter ont pour mission d'imposer le régime légal en vigueur dans le Reich[2]. Ils doivent également nazifier la population autrichienne[3].
En Pologne, la mission des Gauleiter de ces territoires évolue ; ils doivent d'abord germaniser la province[3].
Compétences du Gauleiter
Conformément au cadre légal en vigueur dans le Reich, le Gauleiter a autorité sur l'administration civile établie sur le terrioire dont il a la charge et le parti[3].
Cadre administratif
Cette autorité est cependant renforcée en raison de la coïncidence entre les limites du Gau et les limites des unités territoriales au sein des Länder allemands[3]. De plus, en vertu des objectifs de germanisation, les Gauleiter en poste dans les Reichsgau en Pologne, en Slovénie et en Alsace-Moselle disposent de pouvoirs spéciaux spécifiques[4].
Conflits avec l'administration centrale
Dans les Reichsgau, les Gauleiter ont rapidement souhaité nommer des administrateurs en accord avec leurs idées.
Dès les premières semaines d'existence des Reichsgau créés à l'automne 1939, les fonctionnaires envoyés sur place place par les ministères du Land de Prusse ou du Reich sont simplement renvoyés à Berlin et remplacés par des fonctionnaires du NSDAP, totalement incompétents en matière administrative, mais décidés à appliquer la politique raciale du NSDAP[4].
De même, la nomination des maires et conseillers municipaux renforce les antagonisme entre le NSDAP et le ministère de l'intérieur du Reich[4].
Dans le Reich

Anschluss de l'Autriche
L'Anschluss de l'Autriche le entraîne la création de sept Reichsgaue supplémentaires : Salzburg, Oberdonau, Niederdonau, Wien, Steiermark, Kärnten et Tirol.
Annexion de la région des Sudètes
À la suite des accords de Munich qui mettent un terme à la crise des Sudètes le , l'Allemagne annexe la région des Sudètes en majorité germanophone et crée le Reichsgau Sudetenland (Reichsgau de la région des Sudètes). Son siège est à Reichenberg.
Invasion de la Pologne
L'invasion de la Pologne du au , qui entraîne de facto le début de la Seconde Guerre mondiale, amène le pouvoir allemand à créer deux nouveaux Reichsgaue :
- le Reichsgau Danzig Westpreußen (siège à Danzig) ;
- le Reichsgau Wartheland (siège à Posen).
Des districts sont adjoints aux Gaue existants, en Silésie, en Prusse orientale ; dans ces territoires, le Gauleiter hérite des prérogatives propres à celles de leurs collègues administrant un Reichsgau.
Annexion de l'Alsace-Moselle
Peu après la défaite française et l'armistice du 22 juin 1940, l'Alsace et la Moselle sont annexées une seconde fois à l'Allemagne, et deux nouveaux Gaue sont créés à l'Ouest le pour légaliser cette annexion de fait :
- le Gau Westmark qui comprend l'ancien « Gau Saarpfalz » des provinces de Sarre et du Palatinat, auquel est adjoint le département annexé de la Moselle rebaptisé CdZ-Gebiet Lothringen. Son siège est à Sarrebruck ;
- le Gau Baden-Elsaß également appelé « Reichsgau Oberrhein » qui comprend l'ancien Gau de Bade, auquel sont adjoints les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin de la région Alsace. Son siège est à Strasbourg.
La Belgique
Durant le mois de , alors que le territoire belge est le théâtre de combats, les collaborateurs belges, d'accord avec Himmler, alors ministre de l'intérieur, mettent en place deux Reichsgaue :
- le Reichsgau de Flandre (l'actuelle Région flamande dans ses anciennes délimitations provinciales, incluant donc Comines-Warneton mais excluant Fourons), dont le siège est Anvers ;
- le Reichsgau de Wallonie (l'actuelle Wallonie dans ses anciennes frontières provinciales, excluant donc Comines-Warneton mais incluant Fourons, sauf Eupen-Malmedy et le territoire du Moresnet), dont le siège est Liège.
L'actuelle région de Bruxelles-Capitale constituait un district séparé.
La transformation des territoires belges en Reichsgaue signifie de fait leur annexion au Reich, avec pour seule conséquence tangible la possibilité d'enrôler dans la Wehrmacht et la Waffen-SS les collaborateurs belges présents dans les territoires contrôlés par le Reich.
Voir aussi
- Divisions administratives de l'Allemagne nazie.
- CdZ-Gebiet : nom donné à certaines régions annexées, placées entre les mains d’un administrateur civil, en vue de leur intégration complète au IIIe Reich.
- Gauliga
- Reichsreform
Bibliographie
- Martin Broszat, L'État hitlérien : L'origine et l'évolution des structures du troisième Reich, Paris, Fayard, , 625 p. (ISBN 978-2-213-01402-9).

- Richard Overy : Atlas historique du IIIe Reich, éditions Autrement, Paris 1999 (ISBN 2-86260-763-0).