Robert Doisneau

photographe humaniste français From Wikipedia, the free encyclopedia

Robert Doisneau, né le à Gentilly et mort le à Paris, est un photographe français.

Décès
(à 81 ans)
Paris (France)
Sépulture
Cimetière de Raizeux (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Faits en bref Naissance, Décès ...
Robert Doisneau
Robert Doisneau photographié par Bracha L. Ettinger
dans son studio de Montrouge, en 1992.
Biographie
Naissance
Décès
(à 81 ans)
Paris (France)
Sépulture
Cimetière de Raizeux (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domicile
31 rue des Martyrs
Formation
Activité
Conjoint
Pierrette Chaumaison (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Enfants
Annette Doisneau (d)
Francine Deroudille (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Mouvement
Maître
Personne liée
Site web
Distinction
Œuvres principales
Le Baiser de l'hôtel de ville
La série de la galerie Romi
Plaque commémorative.
Vue de la sépulture.
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Il est, aux côtés de Willy Ronis, d'Édouard Boubat, d'Izis, d'Émile Savitry ou d'Albert Monier l'un des principaux représentants du courant de la photographie humaniste française et l’un des photographes les plus populaires du XXe siècle.

Biographie

Maison natale de Robert Doisneau à Gentilly.

Robert Sylvain Gaston Doisneau est né au no 21 de l'avenue Raspail à Gentilly, une commune populaire de la proche banlieue parisienne, limitrophe du sud de la capitale[1],[2], au sein d'une famille bourgeoise. Il étudie les arts graphiques à l’École Estienne et obtient son diplôme de graveur et de lithographe en 1929[3].

En , il entre dans l’atelier de Léon Ullmann en tant que dessinateur de lettres. Il y rencontre Lucien Chauffard qui dirige le studio photographique de l’atelier[4]. Celui-ci l’initie à la photographie et l’oriente vers André Vigneau qui, à l’automne 1931, cherchait un assistant et avec lequel il découvre la Nouvelle objectivité photographique[3],[5]. La même année il rencontre Pierrette Chaumaison (1912-1993)[6] avec qui il se marie en 1934 à Choisy-le-Roi.

En 1932, il vend son premier reportage photographique, Le marché aux Puces, consacré au marché aux puces de Saint-Ouen, au journal Excelsior qui le publie le [7].

En 1934, Lucien Chauffard[5] le présente au chef du service photographique du constructeur automobile Renault à Billancourt, qui l’embauche comme photographe industriel, mais, du fait de ses retards successifs (et après avoir, de son propre aveu, tenté de truquer ses cartes de pointage), il se fait renvoyer cinq ans plus tard, en 1939[3].

Toujours grâce à Lucien Chauffard, Doisneau rencontre peu avant le début de la Seconde Guerre mondiale la photographe Ergy Landau qui le présente à Charles Rado, le fondateur de l’agence Rapho[3]. Son premier reportage, sur le canoë en Dordogne, est interrompu par la déclaration de guerre et la mobilisation générale.

Désormais sans emploi, Doisneau tente de devenir photographe illustrateur indépendant. Il sera un des plus prolifiques collaborateurs de la revue artistique et littéraire Le Point fondée en 1936 par Pierre Betz et l’éditeur d’art Pierre Braun, pour laquelle il réalise ses premiers portraits de Picasso, Braque, Paul Léautaud[8].

Après la Libération, Robert Doisneau devient un photographe indépendant en intégrant officiellement, dès 1946, l’agence Rapho.

Il se met alors à produire et à réaliser de nombreux reportages photographiques sur des sujets très divers : l’actualité parisienne, le Paris populaire, des sujets sur la province ou l’étranger (URSS, États-Unis, Yougoslavie, etc.). Certains de ses reportages paraîtront dans des magazines comme Life, Paris Match, Réalités, Point de vue[9], Regards, etc[3].

En 1947, Robert Doisneau rejoint le Groupe des XV aux côtés de René-Jacques, de Willy Ronis, de Pierre Jahan. La même année, il rencontre Robert Giraud, chez l'antiquaire Romi, c’est alors le début d'une longue amitié et d'une fructueuse collaboration. Doisneau publiera une trentaine d’albums dont La Banlieue de Paris (Seghers, 1949), avec des textes de Blaise Cendrars. Il met notamment en scène, en 1949, la croix de l'Évangile de Paris, avec l'actrice Nicole Courcel[10].

Il travaillera pour Vogue, de 1948 à 1953 en qualité de collaborateur permanent[11]. Il est aussi ami de Jacques Yonnet et ses photographies illustrent son fameux Enchantements sur Paris (Denoël, 1954) devenu La Ville des maléfices (Biblio).

Le photographe a effectué de nombreuses escapades en Limousin. Durant son enfance en Corrèze, puis lors de séjours à Saint-Céré des années 1930 à 1991. En 1951, il a photographié Saint-Léonard-de-Noblat pendant la Quintaine. Quelques années plus tard, il y rencontre Jean-Joseph Sanfourche[12],[13].

Robert Doisneau (à gauche) et André Kertész, Arles, 1975.

Son talent de photographe sera récompensé à diverses reprises : le prix Kodak en 1947, le prix Niépce en 1956. En 1954, Doisneau monte une exposition au musée d'Art contemporain de Chicago[14]. En 1975, il est l'invité d'honneur du festival des Rencontres d'Arles. Une exposition lui y est consacrée.

Il recevra d'autres prix pour son travail : le prix du livre des Rencontres d'Arles pour L'Enfant et la Colombe (1979) et pour Trois secondes d'éternité en 1980, chez Contrejour, le Grand Prix national de la photographie en 1983 et le prix Balzac en 1986.

En 1986, le festival des Rencontres d'Arles présente une exposition intitulée De Vogue à Femmes, Robert Doisneau.

En 1992, Doisneau présente une rétrospective au Modern Art Oxford. Ce sera la dernière exposition de ses œuvres organisée de son vivant. En 1994, le festival des Rencontres d'Arles présentait Hommage à Robert Doisneau.

Sa femme Pierrette meurt en 1993 alors qu'elle souffre de la maladie de Parkinson et d'Alzheimer.

Robert Doisneau meurt six mois plus tard, à 81 ans, le , à Paris 14e[15],[16]. Il est enterré à Raizeux près de Rambouillet, aux côtés de sa femme[3].

Œuvre

Robert Doisneau est l'un des photographes français les plus connus notamment grâce à des photographies comme Le Baiser de l'hôtel de ville. Ses très nombreuses photographies en noir et blanc des rues de Paris d'après-guerre et de sa banlieue et de photos d'écoliers ont fait sa renommée. Il aura réalisé environ 450 000 photographies.

Doisneau est « un passant patient » qui conserve toujours une certaine distance vis-à-vis de ses sujets. Il guette l'anecdote, la petite histoire. Ses photographies sont souvent empreintes d'humour mais également de nostalgie, d'ironie et de tendresse.

Robert Doisneau travaillait sur Paris, ses faubourgs et ses habitants en saisissant chaque instant de leur vie : artisans, bistrots, clochards, gamins des rues, bateleurs, etc. Les amoureux sont notamment représentés dans Amoureux aux oranges, rue Mazarine. Il enregistra pendant près d'un demi-siècle des milliers de portraits du petit peuple de Paris.

Expositions

Expositions personnelles

Expositions collectives

Publications

  • 1944 : La Semaine héroïque, Éditions S.E.P.E, avec quelques photographies de Robert Doisneau.
  • 1945 : Imprimeries clandestines, Le Point.
  • 1945 : La délivrance de Paris, quelques-unes de ses photos y figurent avec celles de Jules Dortes.
  • 1947 : Le Bestiaire de la tapisserie du Moyen Âge, Genève, Éditions Pierre Cailler. Texte de Jean Lurçat, photographies de Robert Doisneau.
  • 1949 : La Banlieue de Paris, Blaise Cendrars et Robert Doisneau, Éditions Seghers.
  • 1951 : L'Automobile de France, Régie nationale des Usines Renault, Imprimerie Draeger Frères.
  • 1951 : Les Travaux et les Jeux, R. Doisneau et Willy Ronis.
  • 1952 : Picasso, Le Point.
  • 1952 : Sortilèges de Paris, François Cali, Éditions Arthaud.
  • 1952 : Métiers curieux de Paris, Albert Fournier, Éditions Jehebe.
  • 1953 : Braque, Le Point.
  • 1953 : Paul Léautaud, Le Point.
  • 1954 : Les Parisiens tels qu'ils sont, Robert Giraud, Michel Aragon et Robert Doisneau, Éditions Robert Delpire.
  • 1954 : Paris, publié par le ministère des Travaux publics, des Transports et du Tourisme.
  • 1954 : Lyon, Jean Deniau avec plusieurs photographies de Robert Doisneau, Éditions Arthaud.
  • 1955 : 1, 2, 3, 4, 5, Albert Plécy et Robert Doisneau, Éditions La Guilde du livre & Éditions Clairefontaine.
  • 1956 : Pour que Paris soit, Éditions Cercle de l'art.
  • 1956 : Gosses de Paris, Jean Donguès, photographies de Robert Doisneau, Éditions Jeheber, Paris.
  • 1956 : Le Ballet contre l'opéra, Le Point, Revue artistique et littéraire.
  • 1960 : Bistrots, Le Point, Revue artistique et littéraire, Jacques Prévert, R. Giraud, R. Doisneau.
  • 1960 : Vacances des quatre saisons, Millaud et R. Doisneau, F. Germain, Roger Schall et Yan Dieuzaide.
  • 1962 : Cognac, Rémy Martin, Louise de Vilmorin et Robert Doisneau.
  • 1963 : Bien vivre. Vendée (11e année), plusieurs clichés légendés en page de couverture et illustrant des articles.
  • 1963 : Nicolas Schöffer, Guy Habasque, Dr Jacques Ménétrier et Robert Doisneau, Éditions du Griffon.
  • 1965 : Épouvantables Épouvantails, Robert Doisneau et les Éditions Hors Mesure.
  • 1966 : Métiers de tradition, réservé aux amis du Crédit lyonnais, Roger Lecotté, André Desvallées, Jacques Dubois et Robert Doisneau, avec emboîtage.
  • 1966 : Enchantements sur Paris, Jacques Yonnet et photographies de Robert Doisneau, Denoël.
  • 1966 : Catherine la Danseuse, Robert Doisneau et Michèle Manceaux, Éditions Nathan.
  • 1971 : Témoins de la vie quotidienne, réservé aux amis du Crédit Lyonnais, avec emboîtage.
  • 1974 : Le Paris de Robert Doisneau et Max-Pol Fouchet, Les éditeurs français réunis.
  • 1978 : L'Enfant et la Colombe, Éditions du Chêne.
  • 1978 : La Loire - collection Journal d'un voyage, Éditions Filipacchi-Denoël.
  • 1979 : Trois secondes d'éternité, Éditions Contrejour.
  • 1980 : Le Mal de Paris, Clément Lepidis et Robert Doisneau, Éditions Arthaud.
  • 1980 : Vitrines de Paris, texte d'André Barret, photographies d'Olivier Garros et Dominique Souse et le concours de Robert Doisneau, André Barret éditeur.
  • 1981 : Passages et galeries du XIXe siècle, Le piéton de Paris, Éditions ACE.
  • 1981 : Ballade pour violoncelle et chambre noire, Maurice Baquet et Robert Doisneau, Éditions Herscher.
  • 1981 : Versailles aux quatre saisons, avec Jacques Dubois, Jean d'Ormesson et Pierre Arizzoli-Clémentel, Hachette Réalités, Paris, 1981, réédition en 2005, Éditions de La Martinière.
  • 1982 : Portraits, Fondation nationale de la photographie.
  • 1983 : Vin des Rues, Robert Giraud avec les photographies de Robert Doisneau (l'édition originale de 1955 ne comporte pas de photographies de Doisneau bien que l'ouvrage lui soit dédié).
  • 1983 : Robert Doisneau entretien avec Sylvain Roumette, coll. « Photo Poche ».
  • 1983 : Doisneau, Jean-François Chevrier, Éditions Belfond.
  • 1985 : Les Photographes de Dubout, Éditions Hoebeke.
  • 1986 : Le Paris de Robert Doisneau et Max-Pol Fouchet, Éditions Messidor.
  • 1986 : Un certain Robert Doisneau, Édition du Chêne.
  • 1987 : Pour saluer Cendrars, Jérôme Camilly et Robert Doisneau, Actes Sud.
  • 1988 : Doisneau, Éditions Hazan (avec logo Renault, étui rouge en métal).
  • 1988 : Nationale 7, Christian Louis.
  • 1988 : Marchés passion, Colette Ellen, Sylvie Girard, Monique Houssin et Robert Doisneau, Éditions Londreys.
  • 1989 : Les Doigts pleins d'encre, Robert Doisneau et François Cavanna, Éditions Hoëbeke.
  • 1989 : Paysages photographiés, Mission DATAR, Éditions Hazan.
  • 1990 : La Science de Doisneau, Éditions Hoëbeke. Préface de Théodore Monod, postface d'Alain Foucault.
  • 1991 : La Compagnie des Zincs, Caradec et Doisneau, Éditions Seghers.
  • 1991 : Portrait de Saint Denis, Éditions Calmann-Levy.
  • 1991 : Les Grandes Vacances, Doisneau et Pennac, Éditions Hoëbeke.
  • 1993 : Les Enfants de Germinal, Cavanna et J.P. Charbonnier, Robert Doisneau et Willy Ronis, Éditions Hoëbeke.
  • 1993 : Question de lumières, Robert Doisneau et Henri Alekan, Éditions Stratem.
  • 1994 : De la Résistance à la Libération, Robert Doisneau, Éditions Hoëbeke.
  • 1996 : Robert Doisneau, introduction Brigitte Ollier, Éditions Hazan.
  • 1999 : Les Auvergnats, avec Jacques Dubois, Éditions de la Martinière.
  • 2000 : Pour la liberté de la Presse, Reporters sans frontières.
  • 2003 : Travailleurs, Éditions du Chêne.
  • 2004 : Le Mariage de Paul et Odette, Éditions Alain Beaulet-Mango.
  • 2005 : Doisneau chez les Joliot-Curie, Romain Pages Éditions.
  • 2006 : Doisneau rencontre Cendrars, Éditions Buchet-Chastel.
  • 2008 - Doisneau, un voyage en Alsace, 1945, Flammarion (ISBN 978-2081217201).
  • 2012 : Les Alpes de Doisneau, Éditions Glénat.
  • 2012 : Robert Doisneau. Pêcheur d'images, Quentin Bajac, Éditions Gallimard.
  • 2016 : Robert Doisneau. Saltimbanques, Éditions de la Martinière (ISBN 978-2732472485).
  • 2017 : Robert Doisneau, les années Vogue, Flammarion (ISBN 9782081408494).
  • 2018 : Doisneau et la musique (catalogue de l'exposition Doisneau et la musique à la Cité de la Musique de Paris), Clémentine Deroudille, Éditions Flammarion (ISBN 978-2-0814-4584-0).
  • 2019 : Paul Fuchs (photogr. Robert Doisneau), La maison Picassiette, Les amis du musée des Beaux-Arts de Chartres, , 26 p. (ISBN 978-2-9568595-1-2).

Autobiographies

  • Robert Doisneau, Un certain Robert Doisneau : la très véridique histoire d’un photographe racontée par lui-même, Chêne, Paris 1986 (ISBN 978-2812305641).
  • Robert Doisneau, À l’imparfait de l’objectif, souvenirs et portraits, Pierre Belfond, Paris, 1989 (ISBN 2714422705).

Hommages

La gare Robert-Doisneau à Carlux.
  • En 1988, Renaud publie dans l'album Putain de camion la chanson Rouge-gorge, portrait de Robert Doisneau et de son univers.
  • En , un espace consacré à Robert Doisneau est ouvert à la gare  désaffectée  de Carlux, le lieu prenant le nom de « La gare Robert-Doisneau »[28]. Bénéficiant des premiers congés payés, des vacanciers avaient été photographiés par Robert Doisneau en 1936, sur un quai de cette gare[29].

À Gentilly, sa ville de naissance

En 1992, la ville de Gentilly donne son nom au centre d'exposition de photographie, la Maison de la photographie Robert-Doisneau, au no 1 rue de la Division-du-Général-Leclerc à Gentilly, inauguré en .

Établissements scolaires

Notes et références

Annexes

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