Roberta González

peintre et sculptrice française From Wikipedia, the free encyclopedia

Roberta González (née dans le 14e arrondissement de Paris le et morte à Chauconin-Neufmontiers le [1]) est une artiste peintre et sculptrice française.

Nom de naissance
Roberte Maria GonzálezVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Faits en bref Naissance, Décès ...
Roberta González
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Biographie

Julio González
Joan González Pellicer
Hans Hartung

Roberta González est la fille unique du sculpteur Julio González (1876-1942) et donc la nièce du frère aîné de celui-ci, le peintre et sculpteur Joan González Pellicer (1868-1908)[2]

Elle développe très tôt un talent artistique que son père encourage en lui disant : « tu seras peintre et tu réaliseras en tant que peintre ce que ni ton oncle, ni moi-même, ne sommes parvenus à exprimer en peinture »[réf. nécessaire]. Catherine Valogne conformera : « la nervosité qui accompagne la création paternelle marqua au plus profond Roberta González. Elle a hérité de l'inquiétude du sculpteur, de sa sensibilité frémissante. Sa fille par le sang, elle l'est encore par l'esprit, malgré les affinités qu'elle se découvre avec l'oncle Joan »[3].

Après un séjour de cinq ans en sanatorium à Berck-sur-Mer (1919-1924)[4], c'est en 1927 qu'elle suit les cours libres de l'Académie Colarossi à Paris en même temps qu'elle fréquente les musées parisiens. Ses œuvres sont proches de celles de son père. Elle représente des maternités et des paysans, œuvres empreintes d'une grande mélancolie marquées par la guerre civile espagnole. En 1939, elle expose pour la première fois en compagnie de Hans Hartung qui doit faire face à de grandes difficultés matérielles, la maladie de sa femme, leur divorce, le retrait de son passeport par l'ambassade d'Allemagne, Hartung bénéficie de l'hospitalité d'Henri Goetz et travaille dans l'atelier du père de Roberta González, puis il s'inscrit sur la liste des volontaires contre l'hitlérisme en cas de guerre. Roberta González et Hans Hartung se marient la même année le .

La Seconde Guerre mondiale éclatant, la famille fuit dans le Lot. Roberta González ne sera pas auprès de son père lorsque celui-ci meurt en à Paris. Hartung est obligé de quitter le Lot en 1943 pour éviter la police nazie. Le couple se retrouvera après la guerre, Hartung ayant subi une amputation de la jambe droite à la suite d'une blessure de guerre.

Rentrée à Paris après la Libération, elle produit une série de portraits de femmes mélancoliques, « des œuvres qui renvoient à la guerre », observe Amanda Hérold-Marme à travers « plusieurs tableaux montrant des femmes apeurées ou implorantes, aux corps fragmentés et aux mains levées, comme La Supplication (1945-1946)[5] qui se situe dans la ligne droite des Montserrat effrayées de son père défunt »[6]. Très marquée donc par les années de conflit et la disparition de son père, elle continue sa carrière en exposant en France et à l'étranger.

En 1952, Hans Hartung revoit pour la première fois Anna-Eva Bergman depuis leur divorce et ils renouent une relation, ce qui provoque les divorces de chacun avec son époux respectif en 1956. La même année, Roberta González connaît quelques ennuis de santé. Découvrant en fin de la décennie 1950 la région de Bormes-les-Mimosas, elle établit alors elle-même les plans cubistes de sa résidence-atelier « d'où elle domine Le Lavandou et les îles du Levant et où elle veut que le paysage soit omniprésent »[4].

En juillet 1976, quatorze jours après qu'elle ait disparu, Roberta González est retrouvée morte dans un champ de blé à Chauconin-Neufmontiers (Seine-et-Marne) : « la vie s'achève dans la solitude d'un champ de blé comme pourrait s'achever un roman de Marguerite Duras » écrira Marie Zawista[7] ; « sujette à des amnésies, Roberta González avait disparu de la maison de campagne où elle séjournait et aurait succombé à une insolation » lit-on dans le quotidien Le Monde[8],[9],[10].

Expositions et salons

Collections publiques

Allemagne

Espagne

États-Unis

France

Œuvres dans des musées Djakarta et Hambourg.

Reconnaissance

Récompenses

Parc Roberta González, Bormes-les-Mimosas

Hommages

Réception critique

  • « Elle a une force de taureau, cette fille ! » - Pablo Picasso[29]
  • « Voici un art qui n'ambitionne que son silence et semble tout fermé et concentré sur une modestie, sur une fierté foncières […] Dans ce dialogue curieux entre la forme pure et la forme figurée, l'on découvre cette réponse de l'Art à la Nature, l'image qu'il s'en fait, et le don qu'il apporte. » - Charles Estienne[réf. nécessaire]
  • « Je n'ai jamais compris pourquoi Roberta González n'était pas la plus célèbre de nos femmes peintres. Sa peinture, à la fois plaisante de grande qualité, se tient en marge du mouvement artistique actuel […] Ses femmes, ses oiseaux, son dessin, ses couleurs sont parmi les meilleurs choses de la peinture indépendante d'aujourd'hui. » - Pierre Descargues[12]
  • « Comme son père Julio et son oncle Joan, elle pratique indifféremment la sculpture et la peinture. Ses premières œuvres présentent une stylisation géométrique et surréalisante héritée de son père, mais sa personnalité commence à s'affirmer en 1948, et vers 1950 sa peinture s'enrichit, propose des espaces parfaitement équilibrés. Ses dessins d'oiseaux (1956-1957) font penser dans leur raffinement, leur spontanéité, à l'art oriental ; tandis que dans les années 1960, ses portraits et ses nus présentent une sorte de synthèse de son œuvre. » - Gérald Schurr[38]
  • « Après s'être intéressée aux œuvres des peintres surréalistes qui fréquentaient l'atelier de son père, elle se trouva tout à fait en accord avec le travail de Hans Hartung, de qui elle fut la femme. Elle peint des têtes, des nus, des éléments de natures mortes, des oiseaux, les réduisant à leur signe le plus simple, plusieurs de ces signes voisinant sur une même toile dans des relations narratives de sujet à complément d'objet direct. » - Dictionnaire Bénézit[39]
  • « Les œuvres de Roberta González sont peuplées de personnages féminins dont l'agonie se reflète dans la forme et le fond. Sans titre (1939) montre une femme assise au corps fragmenté et disloqué, dans une posture ambigüe entre supplication et autostrangulation. Son visage, encadré d'une chevelure flamboyante semblable à un masque africain, est penché en arrière, son regard vide tourné vers le ciel. Tout en créant des œuvres marquées par une grande détresse, la famille González prend part à "toutes les manifestations destinées à soutenir les républicains", selon Hans Hartung[40]. » - Amanda Herold-Marme[6]

Notes et références

Annexes

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