Roger Fauroux
haut fonctionnaire et homme politique français
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Roger Fauroux, né le à Montpellier (Hérault) et mort le [1] à Paris 15e[2], est un haut fonctionnaire et homme politique français. Ancien président directeur général de Saint-Gobain, il est ministre chargé de l'Industrie et de l'Aménagement du territoire dans les deux gouvernements Rocard. Il a été directeur de l'École nationale d'administration et maire de Saint-Girons.
| Roger Fauroux | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Maire de Saint-Girons | |
| – (6 ans) |
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| Prédécesseur | Maurice Fauroux |
| Successeur | Bernard Gondran |
| Ministre de l'Industrie et de l'Aménagement du territoire portefeuille du Commerce extérieur jusqu'au | |
| – (3 ans et 3 jours) |
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| Président | François Mitterrand |
| Premier ministre | Michel Rocard |
| Gouvernement | Rocard I et II |
| Prédécesseur | Alain Madelin |
| Successeur | Dominique Strauss-Kahn ministre délégué à l'Industrie |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Roger Jean Louis Fauroux |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Montpellier (France) |
| Date de décès | (à 94 ans) |
| Lieu de décès | Paris 15e |
| Sépulture | Cimetière des Moutiers-en-Cinglais (Calvados) |
| Nationalité | Française |
| Conjoint | Marie Le Roy Ladurie (1928-2021) |
| Diplômé de | École normale supérieure |
| Distinctions | |
| modifier |
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Biographie
Jeunesse et formation
Roger Fauroux est originaire de l'Ariège. Fils de proviseur, il prépare le concours de l'École normale supérieure de la rue d'Ulm au lycée Henri-IV. Il est admis à l'ENS en 1947[3]. Après un stage en Allemagne en 1948, il est reçu au concours de l'agrégation d'allemand en 1952[4]. Il est aussi licencié en théologie[5].
Il est admis ensuite à l'École nationale d'administration (promotion Guy Desbos, 1954-1956), pour en sortir à l'Inspection des finances[6].
Carrière
Carrière dans l'administration et dans l'industrie
Après un court passage au ministère des Finances (1956-1960), il rencontre l'industriel Roger Martin qui préside la Compagnie de Pont-à-Mousson, entreprise lorraine de sidérurgie et de tuyaux en fonte. Il quitte alors la fonction publique pour le suivre dans la ville éponyme du groupe, sise au bord de la Moselle. L'année suivante, en 1961, il devient directeur général du groupe[7]. Pressentant la fin inéluctable de la sidérurgie, il fait sortir le groupe de cette activité pour ne conserver que celle des tuyaux de fonte et des plaques d'égouts. En 1970, Roger Martin rachete le groupe Saint-Gobain qui avait fait auparavant l'objet d'une OPA de la part de BSN (futur Danone)[8]. Roger Fauroux opère la fusion entre les deux groupes qui prend le nom de Saint-Gobain. En 1980, Roger Martin lui cède la présidence du nouveau groupe[9].
L'année suivante, les socialistes arrivent au pouvoir et nationalisent les grands groupes industriels dont Saint-Gobain. Grâce à ses multiples amitiés au sein de la gauche, dont notamment Michel Rocard et Jacques Chérèque, il parvient à conserver son poste et à préserver les intérêts de son groupe[10]. Il tente de diversifier Saint-Gobain dans l’électronique, une usine de semi-conducteurs puis dans les ordinateurs Bull. Mais l'aventure plombera le groupe et sera vite défaite.
Parallèlement à ses activités industrielles, il participe à la création de la fondation Saint-Simon voulue par l'historien François Furet[11]. Dans ce think-tank de tendance libéral-socialiste se croisent notamment Pierre Rosanvallon, son beau-frère et historien Emmanuel Leroy Ladurie, Alain Minc, Jean-Claude Casanova et Jean Peyrelevade[12]. Ils vont alimenter ensemble le débat économique au sein du PS, l'amenant à se réconcilier avec le capitalisme français.
Ministre de l'Industrie et de l'Aménagement du territoire
En 1986, arrive la première cohabitation. Le nouveau gouvernement mène une politique de privatisation. Roger Fauroux quitte alors la présidence de Saint-Gobain au profit de Jean-Louis Beffa[13].
Roger Fauroux est nommé directeur de l'École nationale d'administration en 1986. Il dirige l'école jusqu'en 1988.
Au retour au pouvoir du Parti socialiste, Roger Fauroux devient ministre de l'Industrie, du Commerce extérieur et de l'Aménagement du territoire (1988-1991) dans le gouvernement de Michel Rocard. C'est un des rares ministres choisis par le nouveau premier ministre[14]. Ami de Michel Rocard, il est mal vu par Édith Cresson qui ne le reconduit pas dans ses fonctions après sa nomination comme Première ministre en 1991[15].
En 1989 il participe à la création du parti Association des démocrates (ADD), « qui veut "regrouper des gens de mon type, actifs dans l'économie et la société et politiquement vacants, pour en faire une force d'appui au président et à la majorité. Ce sont des hommes et des femmes disponibles qui redoutent une victoire de la droite aux législatives en 1993 et la désorganisation désastreuse qu'une nouvelle cohabitation entraînerait[16]. »
Il se définit alors dans la même interview comme un saint-simonien : « Comme lui, je crois au progrès, à l'action humaine et à la raison, à l'éducation et à la morale, à l'esprit d'entreprise et à l'État. Je crois au marché mais pas à ses miracles. (...) Bref, je crois à l'industrie des hommes[16]. »
Autres fonctions
Propriétaire d'une ferme près de Saint-Girons, dans l'Ariège, il est maire de cette commune de 1989 à 1995[17].
Il succède à Simone Veil à la présidence du Haut Conseil à l’Intégration qu'il dirige de 1998 à 2002[5].
Il consacre ensuite son temps à l’Institut catholique et à ses mandats d'administrateur de société et à la rédaction de différents rapports commandés par les autorités politiques : Pour l'École () et La lutte contre les discriminations ethniques dans le domaine de l'emploi (septembre 2005). Il est président du comité de réflexion d'Habitat et Humanisme[18].
Décès

Il meurt le à Paris 15e à l'âge de 94 ans, trois mois après son épouse[1]. Il est inhumé dans la tombe de sa belle-famille au cimetière des Moutiers-en-Cinglais (Calvados)[19].
Vie privée
Il est l'époux de l'archiviste-paléographe Marie Le Roy Ladurie (1928-2021), sœur de l'historien Emmanuel Le Roy Ladurie [7].
Décorations
Grand-croix de la Légion d'honneur Il est élevé à la dignité de grand-croix le [20]. Il était grand officier depuis le [21], commandeur depuis le [22], officier depuis le .
Officier de l'ordre des Arts et des Lettres (1987)[23]
Ouvrages
- Pour l'École, 1996
- États de service, Hachette, 1998[24]
- Notre État (sous la direction de Roger Fauroux et Bernard Spitz), 2001
- Dieu n'est pas un pur Esprit, Éd. Bayard, coll. « Qui donc est Dieu ? », Paris, 2002
- Nous sommes tous des immigrés (avec Hanifa Cherifi), 2003
- État d'urgence (sous la direction de Roger Fauroux et Bernard Spitz), 2004
- En finir avec le mal-logement, une urgence et une espérance (sous la direction de Roger Fauroux et Bernard Devert), Éd. du Cerf, 2010