Roger Lumbala
homme politique congolais
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Roger Lumbala Tshitenga, né à Mweka dans le Kasaï-Occidental le , homme politique de la république démocratique du Congo, fondateur du Rassemblement des Congolais démocrates et nationalistes. Il est marié et père de six enfants.
| Roger Lumbala | |
| Fonctions | |
|---|---|
| Député à l’Assemblée nationale pour Miabi | |
| – (20 ans) |
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| Ministre du Commerce extérieur | |
| – (3 ans, 7 mois et 6 jours) |
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| Gouvernement | gouvernement de transition |
| Biographie | |
| Date de naissance | |
| Lieu de naissance | Mweka (Kasaï-Occidental, Congo belge) |
| Nationalité | Congolaise |
| Parti politique | Rassemblement des Congolais démocrates et nationalistes |
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Biographie
Pendant la deuxième guerre du Congo, Roger Lumbala est le leader du Rassemblement congolais pour la démocratie - National (RCD/N). Lumbala participe à la campagne militaire Effacer le tableau, au cours de laquelle sont perpétrées de nombreuses atrocités contre des civils[1]. En , son groupe rebelle est accusé de crimes de guerre, et notamment d'actes de cannibalisme [2].
En , il devient ministre du Commerce extérieur dans le gouvernement de transition après le dialogue inter-congolais[3], jusqu'en , lorsqu'il est déposé de ses fonctions à la suite d'un remaniement ministériel.
En 2006, il se présente comme candidat à l’élection présidentielle congolaise de juillet 2006. Il est élu député national de la circonscription de Miabi, élu aussi sénateur à la même législature. Il est le président du groupe parlementaire de l'opposition Ordre des Démocrates Républicains.
En 2007, président de la commission parlementaire de Kahemba sur le différend frontalier entre la RDC et l'Angola et en 2008, président de la commission parlementaire des députés séquestrés par des ressortissants libanais. En 2011, il crée la plateforme Soutien à Étienne Tshisekedi (SET) pour promouvoir la candidature d'Étienne Tshisekedi, président de l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS). Ses stations de télévision et de radio à Kinshasa comme dans la ville de Mbuji mayi ont été plastiquées par le régime en place. Sa résidence privée de la ville de Mbuji Mayi a été le théâtre des affrontements à l'arme de guerre. Lumbala subit les affres du régime Kabila[réf. nécessaire].
Il s'est réfugié à l'ambassade d'Afrique du Sud à Bujumbura au Burundi après avoir été interpellé puis interrogé par les services secrets burundais. Il est accusé de haute trahison par le régime qu'il combat pour avoir travaillé avec le mouvement rebelle M23[4] et d'extradition irrégulière parce que le pouvoir de Kinshasa avait dépêché un jet privé pour récupérer monsieur Lumbala clandestinement.
Le , le site officiel du M23, annonce la présence de Roger Lumbala à Bunagana [5] comme invité aux pourparlers de Kampala entre le M23 et le gouvernement de Kinshasa. Il est nommé chef de la délégation adjoint aux négociations. Roger Lumbala s'est déclaré candidat à l'élection présidentielle de 2016 au cas où Étienne Tshisekedi ne serait pas candidat.
Arrestation
Le , Roger Lumbala est interpellé et mis en examen pour « complicités de crimes contre l'humanité » qui aurait été commis en 2002 auprès du parquet anti-terroriste français. C’est une première procédure lancée sur la base du rapport Mapping de l’ONU, qui recense les crimes les plus graves commis en RDC entre 1993 et 2003. Son mouvement, le RCD-N, est accusé entre autres d’avoir commis des actes de cannibalisme en Ituri[6]. La procédure avait été ouverte en 2016[7].
Ordonnance de mise en accusation
En , un juge d’instruction en France a rendu une ordonnance de mise en accusation contre Roger Lumbala et un procès aux assises a été ordonné : Roger Lumbala doit être jugé pour complicité de crimes contre l'humanité commis en RDC entre 2002 et 2003[8]. Le , La cour d’appel de Paris confirme, la mise en accusation de Roger Lumbala « pour complicité de crimes contre l’humanité »[9].
Procès
Le , le procès de Roger Lumbala s'ouvre à Paris. Les débats sont enregistrés dans le but de constituer des « archives historiques de la justice »[10].
Lors de l’ouverture du procès, la défense conteste la compétence de la justice française pour juger Roger Lumbala. Elle soutient qu’une preuve écrite de la Cour pénale internationale (CPI), attestant que ce dernier ne fait pas l’objet de poursuite devant cette juridiction, est nécessaire. Toutefois, le , la Cour d’assises de Paris rejettera l' exception d’incompétence formulé par la défense, confirmant sa compétence universelle pour traiter cette affaire[11].
Lors de cette première audience, Lumbala conteste l'ensemble des faits qui lui sont reprochés[10], et la légitimité du procès. Il dénonce une cour française dépourvue de représentation congolaise et une enquête mené sans investigation sur le terrain en république démocratique du Congo (RDC), qualifiant la procédure de « parodie de justice »[12]. Il récuse ses avocats et ne se présente pas lors des audiences suivantes. Le , il déclare dans un communiqué, avoir entamé une grève de la faim[13],[14],[15]. Dans une lettre adressée à Jean-Pierre Bemba le , il sollicite son témoignage et l’incite à encourager d’anciens cadres du Mouvement de libération du Congo (MLC) à en faire de même. Il affirme ne pas avoir exercé d’autorité militaire durant la période concerné par les faits qui lui sont reprochés. Selon ses déclarations, son rôle se limite à la signature d’un accord négocié entre Jean-Pierre Bemba, alors chef du groupe rebelle du MLC, Antipas Mbusa Nyamwisi, dirigeant du Rassemblement congolais pour la démocratie-Kisangani/Mouvement de libération (RCD-K/ML), et des représentants étrangers[16],[17].
Lors du procès, les enquêteurs font état d'une enquête « longue, exigeante et complexe » fondée sur des témoignages, des rapports d’ONG et des documents de la CPI, établissant le rôle de Roger Lumbala dans les violences attribuées au Rassemblement congolais pour la démocratie-National (RCD-N), qui « ne pouvait ignorer les exactions qui avaient été commises sous son autorité »[18]. Les contraintes sécuritaires en RDC empêchent toute enquête sur place. Selon un enquêteur « malgré son incarcération, Roger Lumbala conserve une forte capacité d'action et de contact » en RDC. Les écoutes téléphoniques présentées à l’audience révèlent des tentatives de contacts avec des personnalités et des médias congolais depuis sa détention, et l'évocation de certains témoins[18].
Le 12 décembre 2025, l'accusation requiert la réclusion à perpétuité[19].
Le , il est reconnu coupable, par la cour d’assises de Paris, et condamné à 30 ans de prison[20].
