Famille de Montgommery

famille noble anglaise d'origine normande From Wikipedia, the free encyclopedia

La famille de Montgommery (ou Montgomery, Montgomerie) est une famille anglaise originaire de Normandie, tirant son patronyme du fief de Montgommery, aujourd'hui réparti entre les communes de Saint-Germain-de-Montgommery et de Sainte-Foy-de-Montgommery, dans le Calvados.

BlasonnementD'azur au lion d'or, armé et lampassé d'argent.
FondateurRoger Ier de Montgommery († av. 1048)
PériodeXIe siècle – XVIIe siècle
Faits en bref Blasonnement, Fondateur ...
Famille de Montgommery
Image illustrative de l’article Famille de Montgommery
Armes de la famille

Blasonnement D'azur au lion d'or, armé et lampassé d'argent.
Fondateur Roger Ier de Montgommery († av. 1048)
Période XIe siècle – XVIIe siècle
Origine Drapeau du Duché de Normandie Duché de Normandie
Allégeance Drapeau du Duché de Normandie Duché de Normandie
Drapeau de l'Angleterre Royaume d'Angleterre
Drapeau de la Grande-Bretagne. Royaume de Grande-Bretagne
Pays France, royaume d'Angleterre et duché de Normandie
Fiefs tenus en France : Alençon, Bellême, Hiémois, Ponthieu, Sainte-Foy-de-Montgommery
en Angleterre : Eye, Holderness, Lancastre, Pembrokeshire, Shrewsbury
Titres obtenus vicomtes, comtes
Fonctions ecclésiastiques abbesse d'Almenêches
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Étymologie

La famille tire son nom d'un simple hameau à l'origine, qu'elle tenait en fief. C'est seulement au XIIIe siècle qu'il est fait mention de l'existence de deux paroisses, à savoir Sancta Fides de Monte Gomerico en 1244 et parrochia Sancti Germani de Monte Gomeri en 1263, c'est-à-dire respectivement Sainte-Foy-de-Montgommery et paroisse Saint-Germain-de-Montgommery[1] transcrites toutes les deux dans un texte rédigé en latin médiéval. En revanche, le nom de ce hameau du pays d'Auge, aujourd'hui situé dans le département du Calvados, est attesté antérieurement sous les formes latinisées in Monte Gomeri en 1027-1035, de Monte Gomerii en 1042 et de Monte Gomerico en 1067-1083[1].

Il s'agit d'une formation toponymique médiévale en Mont-, appellatif toponymique signifiant « colline, élévation, petit mont », suivi d'un élément -gommery pour lequel il existe deux explications possibles. Dans un premier cas, il peut s'agir d'un toponyme primitif en -(i)acum, suffixe d'origine gauloise servant à localiser ou à indiquer une propriété, auquel a été ajouté l'appellatif mont postérieurement, d'où un hypothétique *Gomariacum « propriété de Gomoharius ou Gomarius » (Förstemann, I, 691), nom de personne de type germanique[1]. Le suffixe -(i)acum a régulièrement donné la terminaison -i > -y dans les régions situées au nord de la France. On retrouve d'ailleurs ce type de formation par exemple dans Mont Canisy, autre lieu du Calvados[1]. Cet anthroponyme est bien identifié dans Gommery (Belgique, Gumerei 1222 ; Gomerei 1230) et dans des formations en -ville comme Gommerville (Eure-et-Loir, Gomario villa 690) et Gommerville (Seine-Maritime, Gomervilla 1181-1183)[1]. Dans un second cas, on peut identifier directement le nom de personne germanique Gomericus (Marie-Thérèse Morlet, I, 116)[1].

Remarque : la désinence -(i)us latinise les noms de personnes germaniques rencontrés dans les textes rédigés en latin médiéval. Albert Dauzat préfère les citer sous une forme germanique, en l’occurrence Gumarich[2], comprendre Gumarik. L'élément guma / gumo « homme » est issu du proto-germanique occidental *gumō (vieux saxon gumo, vieux haut allemand gumo / gomo, vieux norrois gumi > islandais gumi et norvégien gume ; gotique 𐌲𐌿𐌼𐌰 guma; apparenté au Latin homō) se retrouve dans des noms de personnes composés comme Gumohar et Gumarik, des noms de familles comme Gom(m)ery ou Gomez / Gomes ou des noms communs comme le vieil anglais brydguma > bridegroom.

Histoire

Lors de la conquête de la Normandie, un fidèle compagnon d'armes de Rolf le Marcheur à son baptême en 912, se serait appelé Gomer[3]. Cependant les Montgomery ne sont pas nommés dans le partage des fiefs de la Normandie entre Rollon et ses fidèles[4].

Le nom apparaît après la concession en 933 à Guillaume Longue-Épée de la « Terre des Bretons »[note 1], par le roi Raoul, où les Montgomery sont en possession de biens dans le Nord-Cotentin, ce qui pourrait laisser supposer une origine franque.

Le premier personnage attesté est Roger Ier de Montgommery, dit Gomer († v. 1040), qui fait partie de l'entourage du duc de Normandie Robert le Magnifique[6]. Son fils Roger II de Montgomery († 1094), accompagna Guillaume duc de Normandie en Angleterre en 1066 avec un contingent. Pour son service rendu, il reçut en plus des terres, le titre de comte de Shrewsbury. La puissance de Roger II est d'autant plus importante qu'il s'est allié matrimonialement avec la famille de Bellême (Roger épouse vers 1050 Mabile de Bellême († 1077) ; puis leur fils Robert II épouse Agnès de Ponthieu, fille du comte Guy), ce qui permit, à lui et à son fils, d'acquérir les titres de seigneur de Bellême, de comte d'Alençon et de Ponthieu.

À la mort de Roger II en 1094, les Gallois profitèrent d'une conjonction d'événements favorables pour reprendre aux Montgommery toutes leurs conquêtes au Pays de Galles, et dévaster le Shropshire[10]. Seul le château de Pembroke résista.

Membres remarquables

  • Roger Ier († v. 1040), se voit nommer vicomte d'Hiémois par le duc Robert le Magnifique. Il s'enrichit principalement en dépouillant l'Église de ses terres. Après la mort du duc, en 1035, il est exilé à la cour de France, probablement après s'être rebellé.
  • Guillaume († apr. 1040[11]), son fils, assassin du sénéchal Osbern de Crépon, alors que celui-ci était l'un des gardiens du duc Guillaume de Normandie pendant sa minorité[12],[11]. Il est lui-même assassiné par le prévôt Barnon de Glos, par vengeance[13].
  • Roger II (° av. 1034-1094), frère de Guillaume et fils de Roger Ier, épouse dame de Bellême, comte d'Alençon et de Ponthieu. Les cinq personnages qui suivent sont ses fils :
  • Robert II de Bellême († v. 1130).
  • Hugues ( 1098), hérite de son père Roger II la plupart de ses terres anglaises et galloises, et lui succède comme comte de Shrewsbury en 1094[14]. Il passe les dernières années de sa vie à combattre au Pays de Galles[14]. Il est tué en 1098 à Anglesey lors d'un raid norvégien[14].
  • Roger le Poitevin († v. 1122/1140), seigneur d'Eye et de Lancastre en Angleterre. Il n'hérite d'aucune des terres familiales. Avant 1086, il épouse Almodis, fille d'Aldebert II, comte de la Marche, et sœur et héritière de Boson III, son frère célibataire et sans descendance. Il devint finalement comte de la Marche en droit de sa femme. Quelque temps avant la rédaction du Domesday Book en 1086, il acquiert, probablement grâce à l'influence de son père, un grand domaine en Angleterre, avec des terres dans les comtés de Yorkshire, Lincolnshire, Est-Anglie et autres. La partie principale de l'honneur était entre ce qui était appelé alors inter Mersam et Ripam, c'est-à-dire entre la Mersey et la Ribble. Ce territoire est aujourd'hui connu comme le Lancashire, et on appela a posteriori ses possessions l'honneur de Lancastre. Il a un statut étrange dans le Domesday Book, qui semble indiquer qu'il était en train de perdre des terres au moment de sa rédaction. Il est rapidement réinstallé en 1087. Peu après, il obtient l'important honneur d'Eye dans le Suffolk. Il soutient peut-être Robert Courteheuse durant la rébellion de 1088 contre le roi Guillaume le Roux. On ne connaît rien de ses activités entre 1094 et 1100. Il est dit ne s'occuper que des affaires du comté de la Marche à partir de 1102.
  • Philippe dit Grammaticus ou Clericus ( 1097/1098), était destiné à une carrière ecclésiastique[15]. Il est emprisonné en 1088 pour avoir soutenu le duc de Normandie Robert Courteheuse face à son frère, le roi d'Angleterre Guillaume le Roux[15]. Il l'accompagna en Terre sainte pour la première croisade en 1096, et mourut à Antioche en 1097 ou 1098[15]. On ne lui connaît aucune épouse, mais sa fille Mathilde succède à sa tante Emma comme abbesse d'Almenêches en 1113[15].
  • Arnoul († v. 1118/1122), seigneur de Pembroke et d'Holderness en Angleterre, est peut-être capturé avec ses frères à Rochester en 1088. Aux alentours de 1090, allié avec son frère aîné Robert, il s'empare du comté gallois de Pembrokeshire, puis fait bâtir un château dans la ville de Pembroke. Peu après 1093, le roi Guillaume le Roux l'aurait créé comte de Pembroke[16]. En 1094, un soulèvement gallois lui fait perdre toutes ses conquêtes à part le château de Pembroke[17]. En 1096, le roi lui donne l'important honneur d'Holderness[17]. Il est probable qu'il aurait dû héritier des possessions et du titre de son frère Hugues, mais son frère Robert réussit à l'écarter de l'héritage[17]. Il soutient toutefois avec lui le duc Robert Courteheuse contre le nouveau roi Henri Ier, en 1101. Ce dernier décide de se débarrasser des Montgommery, et Arnoul s'exile en Irlande[17]. Il y épouse Lafrocoth, la fille du roi suprême d'Irlande Muircheartach Ua Briain[17], et combat pour lui le roi Magnus III de Norvège. Il meurt entre 1118 et 1122[17].

Généalogie

Héraldique

La famille de Montgomerie portait ordinairement « d’azur au lion d’or, armé et lampassé d’argent »[18].

Notes et références

Voir aussi

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