Roman colonial
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Le roman colonial, au sens large, est un sous-genre de roman dont l'intrigue se déploie dans une colonie. Il prend son essor au XIXe siècle, en même temps que le colonialisme européen, et s'épanouit surtout avant la Première Guerre mondiale. Il disparaît définitivement après la Seconde Guerre mondiale, qui entraîne l'effondrement des empires coloniaux européens.
Histoire
À La Réunion
Le terme renvoie, de façon plus particulière, à un mouvement littéraire apparu à l'extrême fin du XIXe siècle à La Réunion et qui produisait justement des romans coloniaux, leur action se déroulant sur l'île de l'océan Indien, alors contrôlée par la France.
Initié par Georges Athénas (1877-1953) et Aimé Merlo (1880-1958), qui écrivaient ensemble sous le pseudonyme de Marius-Ary Leblond, et qui théorisèrent son objet, ce mouvement domina la littérature réunionnaise jusque dans les années 1950 et la parution de l'ouvrage de Marguerite-Hélène Mahé intitulé Sortilèges créoles : Eudora ou l'île enchantée. Inspiré par des conceptions racistes et une foi profonde en la supériorité de l'Homme blanc sur tous les autres, il milita activement en faveur d'une prise en compte plus soutenue de l'Outre-mer en métropole, s'ingéniant constamment à rappeler le caractère finalement très français des possessions ultra-marines. Un ouvrage de ses fondateurs, En France, reçut le prix Goncourt en 1909.
Exemples de romans coloniaux
- Armand Dubarry, Aventures périlleuses de Narcisse Nicaise au Congo, 1892 (pour la jeunesse).
- Rudyard Kipling, Le Livre de la jungle (The Jungle Book), 1894.
- Jean Ajalbert, Raffin Su-Su, 1917.
- Francis de Croisset, La Féérie cinghalaise, 1926.
- George Orwell, Une histoire birmane (Burmese Days), 1934 (roman anticolonial).
- René Guillot, Frontières de Brousse, 1938 (Grand Prix du Roman colonial).