Rugles
commune française du département de l'Eure
From Wikipedia, the free encyclopedia
Rugles est une commune française située dans le département de l'Eure, en région Normandie.
| Rugles | |
Mairie et église Saint-Germain de Rugles. | |
Blason |
|
| Administration | |
|---|---|
| Pays | |
| Région | Normandie |
| Département | Eure |
| Arrondissement | Bernay |
| Intercommunalité | Communauté de communes Interco Normandie Sud Eure |
| Maire Mandat |
Denis Guitton 2020-2026 |
| Code postal | 27250 |
| Code commune | 27502 |
| Démographie | |
| Gentilé | Ruglois |
| Population municipale |
2 199 hab. (2023 |
| Densité | 156 hab./km2 |
| Géographie | |
| Coordonnées | 48° 49′ 23″ nord, 0° 42′ 39″ est |
| Altitude | Min. 171 m Max. 236 m |
| Superficie | 14,1 km2 |
| Type | Bourg rural |
| Unité urbaine | Rugles (ville-centre) |
| Aire d'attraction | L'Aigle (commune de la couronne) |
| Élections | |
| Départementales | Canton de Breteuil (Eure) |
| Législatives | Deuxième circonscription |
| Localisation | |
| modifier |
|
Ses habitants se nomment les Ruglois.
Géographie
Localisation
Rugles appartient au pays d'Ouche, dans le sud de l'Eure. Elle est située dans la vallée de la Risle, un affluent de la Seine[1].
Les communes limitrophes sont Ambenay, Bois-Arnault, Chéronvilliers, Saint-Antonin-de-Sommaire et Saint-Martin-d'Écublei.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par le Cauche, le Sommaire, la Risle[4] et le Robillard[5],[6],[Carte 1].
La Risle, d'une longueur de 145 km, prend sa source dans la commune de Planches et se jette dans la Seine à Berville-sur-Mer, après avoir traversé 52 communes[7]. Le Robillard, ruisseau qui prend sa source sur le territoire de la commune, se jette dans la Risle[8].
Le Cauche, d'une longueur de 11 km, prend sa source dans la commune de Saint-Symphorien-des-Bruyères et se jette dans la Risle sur la commune, après avoir traversé cinq communes[9].
Le Sommaire borde la commune au nord-ouest. D'une longueur de 19 km, il prend sa source dans la commune de Saint-Symphorien-des-Bruyères et se jette dans la Risle à Neaufles-Auvergny, après avoir traversé sept communes[10].
Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : l'étang de Montigny (3,05 ha)[Carte 1],[11].

Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000[12]. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche[13]. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat océanique et le climat océanique altéré[14] et est dans la région climatique Normandie (Cotentin, Orne), caractérisée par une pluviométrie relativement élevée (850 mm/a) et un été frais (15,5 °C) et venté[15]. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves[16],[17].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 13,8 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 751 mm, avec 12,1 jours de précipitations en janvier et 8,4 jours en juillet[12]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de L'Aigle à 9 km à vol d'oiseau[18], est de 10,6 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 729,7 mm[19],[20]. La température maximale relevée sur cette station est de 39,5 °C, atteinte le ; la température minimale est de −15,4 °C, atteinte le [Note 2].
Urbanisme
Typologie
Au , Rugles est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à 7 niveaux définie par l'Insee en 2022[21]. Elle appartient à l'unité urbaine de Rugles, une agglomération intra-départementale dont elle est ville-centre[22],[23]. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de L'Aigle, dont elle est une commune de la couronne[Note 3],[23]. Cette aire, qui regroupe 32 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[24],[25].
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (75,6 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (78,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (49,4 %), zones agricoles hétérogènes (13,7 %), forêts (13,7 %), prairies (12,4 %), zones urbanisées (8 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (2,7 %)[26]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Ruga, Rugia au XIe siècle (cartulaire de Saint-Père de Chartres) et Ruglæ en 1249 (charte du comte de Leicester)[27].
Ces formes montrent, si elles sont justes, que le « L » est apparu tardivement. Altération possible du bas-latin ruga > rue[28]. Sans rapport avec le latin regules (régles), comme l'indiquent les formes anciennes.
Histoire

La ville abrite deux églises : l'église Saint-Germain, du XIVe siècle, et surtout l'église Notre-Dame-Outre-L'Eau, considérée comme une des plus anciennes églises de France[29].
Rugles fut occupée par les Anglais de 1417 à 1450. En 1590, elle fut un refuge pour les Ligueurs et fut dévastée et pillée.
La pierre métallique de son sous-sol permet à Rugles d'être un centre très important de l'industrie des pointes, épingles puis des aiguilles. De nombreuses entreprises et moulins le long de la Risle ont contribué à la production massive de ces articles. En 1827, Fouquet frères, fabricants d'aiguilles en cuivre, est cité par Adolphe Blanqui[30].
En 1857, 2 500 ouvriers travaillaient à la fabrication des épingles et 3 600 à la fabrication des clous, en particulier la pointe de Paris — dont Rugles est la « capitale » —, clou très solide, servant à la fabrication des charpentes de bateaux[31],[32].
En 1907, la fonderie Laminoirs et câbleries de Rugles fusionne avec les Tréfileries et laminoirs du Havre.
Économie et industrie
Aujourd'hui, Rugles perpétue la tradition de l'industrie des métaux en abritant deux entreprises de transformation du métal par laminage:
- une usine du groupe Framatome, spécialisée dans la construction de plaques en zirconium permettant l'assemblage de combustible nucléaire pour les réacteurs à eau pressurisée (REP), à eau bouillante (REB) et les réacteurs expérimentaux[33] ;
- une usine Eurofoil (métallurgie de l'aluminium) (usine ex-Pechiney-Rhenalu, puis Novalis, puis Hindalco Industries ; le groupe Eurofoil appartient à American Industrial Acquisition Corporation AIAC[34]) (300 p. en 2014)[35].
Héraldique
Politique et administration
Tendances politiques et résultats
Liste des maires
Démographie
L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations de référence des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[36]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[37].
En 2023, la commune comptait 2 199 habitants[Note 4], en évolution de −2,09 % par rapport à 2017 (Eure : +0,14 %, France hors Mayotte : +2,36 %).
Lieux et monuments
- Église Saint-Germain, église paroissiale, XVIe milieu du XIXe siècle. Protection au titre des monuments historiques : le clocher,
Classé MH (1846)[40] ; le complément,
Inscrit MH (2006), y compris la sacristie[40] (arrêté du ). - Ancienne église Notre-Dame-outre-l'Eau, avec ses parements polychromes de pierres et de briques[41], utilisée en salle des fêtes,
Classé MH (1921) (arrêté du [42]). - Chapelle Saint-Denis-d'Herponcey, XIIe – XIIIe siècles,
Inscrit MH (1990) (arrêté du )[43]. - Le Petit Château.
- Le rond-point des clous. Seize clous qui représentent les seize communes du canton et un rappel du passé de fabrique de clous et épingles dans la ville[44].
- Église Saint-Germain.
- Chapelle Saint-Denis d'Herponcey.
- Rond-point des clous.
Personnalités liées à la commune
- Louis de Coutes († v. 1483), seigneur de Rugles et page de Jeanne d'Arc.
- Denis Le Maréchal (1755-1851), né et mort à Rugles, négociant, propriétaire d'une tréfilerie, maire sous la Révolution, député du tiers état, membre du Comité d'aliénation des Domaines (« où il travailla avec zèle »), secrétaire de l'Assemblée en 1791, haut juré de l'Eure. Il siège à la Convention nationale où « il opin[e] avec la droite » lors du procès de Louis XVI et vote pour une mise en sûreté « en attendant la conclusion de la paix entre la France et ses puissants ennemis », puis déporté hors du territoire de la République, il démissionne le , reprend son commerce, dirige une loge maçonnique[45] et devient conseiller général de l'Eure sous l'Empire, entre à la chambre des Députés, à la Chambre introuvable le , sous la seconde Terreur blanche et quitte la vie politique en 1816.
- On lui prête « l'invention » de l'industrie des épingles, des laminoirs et tréfileries du cuivre. Il semble improbable qu'il soit à l'origine du développement de l'industrie de la fabrication d'épingles. Ce serait oublier la fondation de la tréfilerie de Rugles, au Moulin-à-Papier, attribuée à Nicolas Le Forestier ou à son gendre, Baptiste Letellier vers 1640[46], la réunion des maîtres de Forges à l'hôtel de la Coupe d'Or, le , pour s'entendre entre eux avant de soumissionner, le mémoire rédigé par Jean-Rodolphe Perronet en 1740[47], la visite, pour le compte de Diderot, d'Alexandre Deleyre avant 1755, la prétendue venue d'Adam Smith entre 1764 et 1766, etc.
- Paul-Philémon Fouquet, homme politique né le à Rugles et décédé le à Paris.
- Louis-Camille Fouquet (né le à Rugles et décédé le à Paris), homme politique. Il fut conseiller général ainsi que député de 1889 à 1910.
- Henry Bérenger, né le 22 avril 1867 à Rugles et mort le 18 mai 1952 à Nice, homme politique, sénateur de la Guadeloupe de 1912 à 1940.
- Daniel Vigneux, né le 19 mars 1912 à Rugles, mort le 28 janvier 1946 à Ban Me Thuot (Vietnam), officier du Régiment de marche du Tchad, Compagnon de la Libération.
- Pierre Lepape (1941-2021), journaliste, critique littéraire et écrivain (essayiste, biographe, nouvelliste) est né à Rugles.
- André Treton, Ruglois d'adoption, a joué le rôle de « Lebrac »[48] dans le film La Guerre des boutons en 1961. Né en 1948 et mort le à l'âge de 67 ans.

