Maquereau commun

espèce de poissons From Wikipedia, the free encyclopedia

Le Maquereau (Scomber scombrus), maquereau bleu ou maquereau commun est une espèce de poissons téléostéens de haute mer, apprécié pour sa chair et faisant l'objet d'une pêche industrielle.

Faits en bref Règne, Embranchement ...
Scomber scombrus
Description de cette image, également commentée ci-après
Maquereau
Classification WoRMS
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Infra-embr. Gnathostomata
Parv-embr. Osteichthyes
Giga-classe Actinopterygii
Super-classe Actinopteri
Classe Teleostei
Ordre Scombriformes
Famille Scombridae
Sous-famille Scombrinae
Genre Scomber

Espèce

Scomber scombrus
Linnaeus, 1758

Statut de conservation UICN

( LC )( LC )
LC  : Préoccupation mineure

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Dénominations

Parmi les espèces du genre Scomber, S. scombrus, est celle pour laquelle on observe la plus grande convergence entre les grandes bases internationales et français fournissant des noms vernaculaires, sans doute en raison à sa relative stabilité taxinomique par rapport aux autres espèces. FishBase[1], la FAO[2], l’UICN[3], l'INPN[4], SANDRE[5] et Doris[6] utilisent tous le terme « Maquereau commun » ou parfois simplement « Maquereau ». FishBase précise que ce nom est employé en France et au Canada, tandis que la FAO et l’UICN le reprennent comme dénomination officielle. FishBase et Doris recensent aussi des noms plus locaux comme Tumbulottu ou tombulu en Corse, mais aussi pour Fishbase Lacertu en Corse, et pour Doris : Maquereau bleu, Lisette[7] (nom pour les juvéniles utilisé de Calais à la Vendée), Brezhell (Bretagne), Berdaou (Arcachon), Barrat ou Verrat (Roussillon) et Aurion (Nice). Launets et Cavaille sont d'autres noms communs utilisés respectivement à Granville et à Arcachon[réf. souhaitée].

Dénominations dans la Rome antique

Il a été montré à partir de recherches effectuées sur les inscriptions et le contenu d'Amphores romaines[8],[9] que dans l'antiquité également il existait des dénominations différentes selon la taille des individus :

« Cette conclusion nous a amenés à envisager qu’il existait trois appellations différentes pour qualifier les maquereaux sur les amphores : le lacertus catulus (maquereau juvénile), le lacertus (le maquereau) et le scomber, dont on pouvait supposer qu’il désignait les maquereaux d’une taille supérieure. Aujourd’hui encore, il existe trois noms pour qualifier les maquereaux : la lisette des côtes marseillaises, appelée aussi « pissevin », qui correspond à un maquereau de moins de 9 mois inférieur à 15 cm. Ces petits maquereaux, qualifiés de précoces ou d’immatures, se pêchent également en Normandie sous le nom de « sansonnets », et en Picardie sous l’appellation de « roblots ». Il semble bien que les Romains les qualifiaient plus simplement de juvéniles. Le maquereau commun correspondrait au lacertus romain, c’est-à-dire un maquereau non juvénile de taille moyenne comprise entre 15 et 30 cm. Le maquereau espagnol, qualifié aussi de « biard », de « bayard » ou encore de « barrat » sur la côte du Roussillon, peut dépasser largement le kilo. Dans ce dernier cas, il s’agirait bien du scomber des Anciens. »[9]


Description

Maquereaux communs.

C'est un poisson au corps fuselé. Son dos est bleu-vert, zébré de raies noires, tandis que le ventre est d'un blanc argenté. Ses deux nageoires dorsales sont relativement espacées, il possède aussi des 5 ou 6 petites nageoires, appelées pinnules devant sa nageoire caudale. Sa queue est très échancrée. Ses écailles sont enfoncées dans le derme ce qui assure à ce bon nageur un excellent hydrodynamisme[10]. Les sujets adultes dépassent rarement les 50 cm, leur taille moyenne va de 30 à 40 cm pour un poids de 500 g à kg.

Répartition

Le maquereau commun est présent en mer Méditerranée, en mer de Marmara et mer Noire et dans l'Atlantique, dans les eaux tempérées et froides, le long des côtes orientales et occidentales. En Atlantique Est, il fréquente la zone allant des côtes de l’Afrique septentrionale depuis le Maroc, puis le long des côtes européennes jusqu'au-delà du cap Nord dans l'océan Arctique, y compris dans la mer Blanche, en passant par la mer du Nord et la mer Baltique. En Atlantique Ouest, il est présent du Labrador au cap Hatteras[10],[11].

Biologie

C'est une espèce pélagique qui vit sur le plateau continental, de la surface jusqu’à 200–250 m de profondeur[10]. C'est un poisson migrateur qui vit l'été dans des eaux froides avant de repartir vers des eaux plus chaudes en automne. Le réchauffement climatique a entraîné un déplacement de l'aire de répartition de cette espèce, qui se trouve désormais dans les eaux bordant le Groenland[12].

Il atteint sa maturité sexuelle à 3 ans à la taille d'environ 30 cm en Manche, mer du Nord et Golfe de Gascogne, et autour de 22 cm dans le golfe du Lion, à la fin de sa première année de vie. Sa période de frai varie selon la latitude. De mars à juillet en mer Celtique, de mai à août en mer du Nord et de décembre à mai dans le Golfe du Lion. Sa longévité est de 20 ans[10].

Il vit en bancs et se nourrit essentiellement de zooplancton. Cependant, pendant sa période de reproduction, de mars à juillet, il devient prédateur et chasse les poissons de petite taille comme les sardines ou les anchois, ainsi que de mollusques et petits crustacés. Ses principaux prédateurs sont les dauphins, les thons, et bien sûr les hommes, qui en pratiquent une pêche industrielle.

Pêche

Maquereaux au marché.

Pêche commerciale

La flotte européenne assure près de 98 % des débarquements mondiaux de maquereau commun, la quasi‑totalité provenant de l’Atlantique Nord‑Est où l’espèce est majoritairement capturée au chalut pélagique (Norvège 294 086 t, Royaume-Uni 197 003 t, Fédération de Russie 148 600 t, Îles Féroé 133 815 t, en 2022 selon la FAO). En France, où Boulogne-sur-Mer est le plus grand site de débarquement (avec 50 % du total), la production, essentiellement réalisée par de grands chalutiers congélateurs, a fluctué depuis 2010, avec des captures variant de 13 705 t en 2010 à 26 244 t en 2015, pour atteindre 18 038 t en 2022. La Belgique, quant à elle, ne vise pas spécifiquement ce poisson, ce sont des prises accessoires représentant 110 t en 2021 et 242 t en 2022[10].

Pêche sportive et de loisir

Le maquereau est un excellent poisson pour apprendre à pêcher. En effet en certaines circonstances les bancs de maquereaux se jettent littéralement sur les cannes à pêche équipés de « mitraillettes » (longue série d’hameçons). On pouvait observer cette pêche soudaine et miraculeuse sur la jetée de Dunkerque[réf. nécessaire].

On le capture principalement à la dandine, car si un banc est juste sous le bateau, les prises peuvent sortir 5 par 5[réf. nécessaire]. Le maquereau donne toute sa puissance lorsqu'il est piqué sur des petits leurres[réf. nécessaire]. Il possède une défense assez médiocre[réf. nécessaire].

En cuisine

Maquereau fumé.

Le maquereau est un poisson disponible presque toute l'année, abondant et bon marché. Sa chair est fragile, il faut le consommer rapidement après l'achat. Il fait partie des poissons gras, comme le thon, la sardine, le hareng ou le saumon. Sa teneur en graisses varie toutefois de manière importante suivant la période de l'année. Sa teneur calorique va de 190 à 262 kcal pour 100 g.

Il est cuisiné principalement grillé, par exemple en barbecue, souvent accompagné de moutarde. Les Japonais consomment aussi sa chair, en sushis au vinaigre par exemple ; en effet, les Japonais ne mangent pas le maquereau cru par précaution sanitaire, à l'inverse de nombreux autres poissons. En conserve, il est souvent apprêté au vin blanc, ou à la manière des sardines (à l'huile, à la tomate, etc.).

Pour la santé

La chair du maquereau contient 12 % de corps gras. La graisse du maquereau présente la particularité d'avoir une forte teneur en acides gras essentiels, en vitamine A (antioxydant) et en vitamine B (B2, B3, B5, B6, B12) (neuro-protectrices).
D'autre part, le maquereau est une excellente source de phosphatidylsérine dont il contient approximativement 480 mg / 100 grammes de poids.

Systématique

Le nom valide complet (avec auteur) de ce taxon est Scomber scombrus Linnaeus, 1758[13].

Scomber scombrus a pour synonymes[13] :

  • Scomber glauciscus Pallas, 1814
  • Scomber punctatus Couch, 1849
  • Scomber scomber Linnaeus, 1758
  • Scomber scriptus Couch, 1863
  • Scomber vernalis Mitchill, 1815
  • Scomber vulgaris Fleming, 1828
  • Scomber vulgaris Wood, 1837

Publication originale

  • (la) Carolus Linnaeus, Systema naturae per regna tria naturae, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis, vol. 1 (10) [iii], Holmiae [Stockholm], Laurentius Salvius, , Editio decima, reformata éd., 824 p. (lire en ligne)

Notes et références

Voir aussi

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