Scomberomorus

genre de poissons From Wikipedia, the free encyclopedia

Scomberomorus est un genre de poissons de la famille des Scombridae. La plupart des espèces sont appelées « thazards ».

Description

Les espèces du genre Scomberomorus se distinguent de celles des genres apparentés Acanthocybium et Grammatorcynus par l’absence de vessie natatoire, et de la ligne latérale supplémentaire présente chez Grammatorcynus et du museau allongé caractéristique des Acanthocybium. Les caractères morphométriques employés pour séparer les espèces incluent la longueur de la tête, la profondeur du corps, la longueur de la nageoire pelvienne, la hauteur de la deuxième dorsale et de l'anale, ainsi que la largeur de la quille présente sur le pédoncule caudal médian. La coloration adulte varie selon les espèces : certaines sont barrées (cavalla, commerson, semifasciatus), d’autres portent des lignes horizontales interrompues (regalis, lineolatus, plurilineatus), d’autres présentent des taches de tailles et de nombres divers (maculatus, sierra, tritor, guttatus, koreanus, niphonius, queenslandicus, sinensis), tandis que quelques‑unes sont pratiquement dépourvues de marques (concolor, multiradiatus). Le nombre de branchies varie de 1‑4 chez S. multiradiatus à 21‑27 chez S. concolor, et le nombre de vertèbres va de 39‑42 chez S. sinensis à 55‑56 chez S. multiradiatus[1].

Habitat

Les scombridés en général sont hautement adaptés à une existence mobile en pleine mer, tant sur le plan anatomique, physiologique que comportemental. Les membres moins évolués du groupe, comme les genres Scomber, Rastrelliger et Scomberomorus, tendent à vivre plus près des côtes, tandis que les membres plus évolués, comme les thons, sont plus typiquement pélagiques hauturiers et nomades[2]. Scomberomorus sinensis est signalée comme « entrant dans le bassin du Mékong », et qu’elle fréquente les eaux douces ou saumâtres du fleuve[3].

Répartition

Le genre Scomberomorus possède une distribution géographique étendue essentiellement tropicale et subtropicale, répartie sur les bandes côtières des trois grands bassins océaniques, Atlantique, Pacifique et Indien. Dans l'Indo-Pacifique, de part et d'autre de la ligne Wallace, les espèces S. koreanus, S. lineolatus et S. guttatus se répartissent au nord, alors que S. multiradiatus, S. semifasciatus, S. queenslandicus et S. munroi ne se trouvent qu'au sud de la ligne. Scomberomorus commerson présente la répartition la plus vaste au sein du genre en étant présente depuis l'Afrique du Sud, la mer Rouge et jusqu'à la Chine et le Japon à l'Est et au Sud jusqu'en Australie et aux îles Fidji[2]. C'est une espèce lessepienne qui a pénétré en mer Méditerranée par le canal de Suez[4].

Étymologie

Le genre Scomberomorus tire son nom du grec ancien σκόμβρος, skómbros, « maquereau », et homoros, dérivé de ὁμός, homós, « qui ressemble à, apparenté », en raison de sa grande proximité avec le genre Scomber[5].

Liste des espèces

Selon FishBase (28 novembre 2017)[6] :

Systématique

Le nom valide complet (avec auteur) de ce taxon est Scomberomorus Lacepède, 1801[7].

Scomberomorus a pour synonymes[7] :

Historique

Cladogramme du groupe Scomberomorus regalis, d'après Colette et Russo (1985)
Cladogramme du groupe Scomberomorus regalis, d'après Colette et Russo (1985)

Sept sous‑genres de Scomberomorus furent initialement reconnus par Munro en 1943, sans tenir compte des Lepidocybium (appartenant à la famille des Gempylidae) et de Cybiosarda (appartenant à la tribu des Sardini). Par la suite, Fraser‑Brunner réduisit la classification à deux sous‑genres : Cybium (avec les espèces cavalla et commerson) et Scomberomorus (comprenant sept espèces). Ensuite, de nouvelles espèces ont été ajoutées, portant le total aux dix‑huit aujourd'hui reconnues[1]. Comme Scomberomorus maculatus dans l’Atlantique Ouest qui était considéré comme présent depuis le Cap Cod dans le Massachusetts, jusqu'au Brésil au sud. Cependant, il a été montré que les populations de cette espèce présentes en Amérique Centrale et du Sud ont entre 47 et 49 vertèbres, alors que celles de la zone nord ont entre 50 et 53 vertèbres. En 1978, ce constat, ainsi que d'autres caractères morphométriques et anatomiques, ont conduit a considérer les populations du sud comme étant une nouvelle espèce, S. brasiliensis[2]. Les caractères méristiques pertinents pour la différenciation spécifique comprennent le nombre de branchies, d’épines dorsales, de rayons des nageoires dorsale et anale, le nombre de vertèbres et de plis intestinaux. Un groupe monophylétique clairement défini, le groupe regalis, se caractérise par la présence de denticules nasaux, avec des sous‑groupes définis par des caractères particuliers du système artériel antérieur, de la ceinture pelviene et du crâne[1]. Les phylogénies basées sur la morphologie concordent avec les distributions géographiques, elles placent S. tritor comme espèce la plus plésiomorphe et montrent les relations étroites entre S. regalis, S. brasiliensis, S. sierra et S. concolor[8],[9],[1].

Ces quatre espèces plus les espèces tritor et maculatus constituent un bon exemple de vicariance et illustrent la corrélation entre répartition géographique et phylogénie. Parmi les barrières vicariantes pertinentes, on compte l’élargissement de l’écart entre l’Atlantique Est et Ouest, datant d’environ 80 millions d’années, ainsi que l’émergence de l’isthme de Panama, survenue il y a environ 3,5 million d’années, séparant l’Atlantique Ouest de l’océan Pacifique Est. L’espèce de l’Atlantique Est, S. tritor, occupe la position la plus primitive, étant la sœur plésiomorphe du reste du groupe. La succession de maculatus dans l’Atlantique Ouest, suivie des deux espèces du Pacifique Est, concolor et sierra, reflète une spéciation consécutive à la formation de l’isthme de Panama. Les deux espèces les plus avancées, brasiliensis et regalis, résident dans l’Atlantique Ouest, regalis occupant spécifiquement les récifs coralliens, un habitat atypique pour ces taxons. Ainsi, les divisions phylogénétiques les plus anciennes coïncident avec la barrière géologique la plus ancienne, tandis que les séparations plus récentes correspondent à la fracture entre les lignées de l’Atlantique Ouest et du Pacifique Est[2].

Publication originale

Le genre apparaît sous le nom de « Scombéromores », page 380 dans :

  • Citoyen La Cepède (Bernard-Germain de Lacépède), Histoire naturelle des poissons, vol. 3, Paris, Plassan, , 472 p. (DOI 10.5962/bhl.title.125512, lire en ligne), p. 1‑472 ; (La couverture indique « An VIII de la République », soit du 22 septembre 1799 au 22 septembre 1800, mais ECoF[10] indique que la date de publication indiquée par Hureau & Monod en 1973, et confirmée par Derijst en 1997, est 1801).

Notes et références

Liens externes

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